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agrinature fukuoka agrinature marssfarm fukuoka aimer air amour animal animaux argent article automne background base

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photosynthèse continue

L'agrinature tend vers la pratique native d'agriculture n'utilisant que les ressources du vivant en son effort de néguentropie insufflée par l'injection constante dans l'écosystème Terre des photons que lui dispense maître Soleil, étoile moyenne de la galaxie.

deux chaînes trophiques

La nourriture des plantes est pour l'essentiel un triptyque constitué par l'hydrogène de l'eau, le dioxyde de carbone de l'air & par voie indirecte l'azote de l'air.  Utiliser toute l'eau & tout le soleil disponibles en un lieu tout au long de l'année est l'enjeu d'agrinature.

observante attention

Cela signifie que le seul intrant en cette pratique agricole est d'énergie solaire. De ce fait nous prendrons soin à observer que les plantes présentes puissent faire emploi autant que faire se peut de ces deux ressources données à tous. - la lumière solaire & l'eau des précipitations.

prélever part infime

Deux parts au moins de la production est destinée à la fabrication des sols & une part prélevée comme nourriture. Nous intervenons le moins qu'il est possible afin de laisser aux êtres vivants de l'écosystème champ toute latitude d'oeuvrer selon leur nature propre.

simplicité du complexe

Pour que ces êtres puissent exister, nous devons proscrire l'usage des substances de synthèse que le vivant ne sait pas métaboliser.  C'est la diversité qui assure l'ensemble des fonctions requises & ce par le moyen de la complémentarité biologique des êtres.

humus & sens pratique

Les notions de pédogenèse sont l'essence de l'agrinature : la Terre doit redevenir terreuse, refabriquer ses sols. A l'échelle d'un siècle l'agronomie envisagera une combinaison des deux pratiques. Des paysans, paysannes, chercheurs & chercheuses affineront des méthodes applicables à plus grande échelle & éventuellement des machines simples & légères. Celles disponibles ce jour sont trop complexes, trop pesantes sur le sol & de ce fait trop voraces en énergie.

projection en nutriments

Des petites parcelles sont le cas idéal car les lisières & bordures sont des points de grande richesse biologique & parce qu'il est besoin d'arbres pour garder & fabriquer le sol. La production locale permet aussi le retour, le "recyclement" de la matière organique pour l’auto-fertilisation.

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1 les terrasses soli-pluviales

Le nom de l’étoile est Absinthe, herbe noire. /des tsp 5p6K

Le nom de l’étoile est Absinthe. (1°) / des tsp /Publié le 28/04/2016 / éléments art agriculture sauvage agriculture naturelle natural farming love agrinature fukuoka /

Le nom de l’étoile est Absinthe. (1°) / des tsp / 11p6K
  • Voici une pseudo-terrasse en pente légère & bordée de deux haies. Elle fut ouverte & emblavée, formant ainsi une subdivision d'une parcelle plus vaste & de pente ondulée. Nous voyons au centre de la photographie la limite diagonale de la pseudo-terrasse ainsi reformée qui pourrait devenir une tsp par nivellement spontané à l'échelle de dix ans si cette limite était conservée & à fortiori si elle était plantée d'une haie vive d'arbres & buissons pour la production de fruits & rameaux - en brf ou brnf. Agrinature implique de semer un couvert EVA dès le semis de blé réalisé. Le couvert EVA le plus simple est de trèfle blanc nain peu agressif à la densité de cinq kilogrammes par hectare - 5 Kg / ha.

L'âge de la reine chamboule nos idées d'une longévité en lien à la gastronomie, à moins que... Un ethnologue brillant m'expliqua que la cuisine familiale anglaise est excellente. La mort de l'art culinaire en Grande-Bretagne survint dans l'après-guerre lorsque le pays fut inondé de denrées modernes importées des USA - des blés impropres à faire du pain de campagne, des sauces ketchup sucrées, des conserves, and so on...
A propos des chapeaux fantasques d’Elisabeth, il est à noter que leur origine est la même que le foulard des femmes d'Islam. Ain't it funny ?

  • erixbd le 23/04/2016 : On dit que le bonheur est dans le pré... Les soldats de Napoléon formant cette grande armée ne mangeaient pas que les herbes qu'ils découvraient ou redécouvraient car beaucoup étaient des paysans - d'où le "sang impur" de la chanson - mais ils pillaient aussi & l'intendance de visiter les fermes alentour... Pour ce qui est de la nourriture anglaise, les américains, sauveurs du monde libre, vinrent toujours les bagages pleins de promotions nutritives made in USA... Ils sont représentants de commerce jusqu'au bout du fusil & c'est ce qu'ils appellent la guerre économique & c'est pour cela que la France se doit de résister & préserver ce qu'elle a de plus beau : une autre image de la liberté. http://erixbd.centerblog.net

Écrire requiert du temps & de l'énergie, mais comme toute activité pratiquée sans retenue, contient en soi sa propre énergie. La concision est ce qui demande le plus de travail en élagages & clarifications. Un auteur ne met sur papier que le meilleur de lui-même. Il ne faut pas s'attendre à le trouver saint plus qu'un autre.
Écrire ne vaut que si ce qui sera dit n'avait pas déjà été énoncé ou si cela avait été fait, qu'il n'en reste plus trace ou que la trace qui reste demande à être complétée éclairée envolée transcrite en une langue neuve simple.
Écrire n'existe que pour élever - élever l'auteur & les lecteurs en même temps, d'un seul élan, unique tracé trait de plume dans le livre de nos vies humaines reliées en vue de les délier un peu, les ouvrir à des possibles insoupçonnés d’inouï. La bouteille jetée s'échouera un jour sur une berge. Une âme inconnue la trouvera, l'ouvrira, saura lire le mot dont l'encre vibre encore. Alors encore commence le voyage de retour, le trajet à rebours en effort renoué vers la source d'où le message vint. Ainsi naissent les anguilles & les saumons de fleuve en océan & vice-versa.
Le génie de la vie est dans le groupe qu'est l'espèce dont chaque individu n'est qu'une infime parcelle. Chaque espèce aussi vit de la présence de tous les êtres en leur multitude & variété. Les personnes écrivant parlent en mots couchés que les proches qu'elles côtoient ne sont pas prêts à entendre, en l'attente qu'un humain d'un autre temps, autre lieu, autre extraction saura s'en saisir, les utiliser, en user, les user, les dissoudre en gestes de service. Qu'une seule personne les lise, les fasse siens pour les transmuer en actes & ils vivront. Jusqu'alors ils restent lettre morte.

Une altercation verbale me cloua au lit quatre jours, plus violente qu'une bagarre de rue.

  • 5. Le nom de l’étoile se dit : « L’absinthe » / Le 26 avril 16 était le 30ème anniversaire de l'accident à Tchernobyl. Le premier ministre de France aux affaires avait stoppé le nuage à la frontière de son bras - qu'il a long!

A la suite de l'accident, une personne connut l’hyperthyroïdie douze ans durant. Puis le mal partit comme il était venu à l'échéance des douze ans - avant qu'elle n'ait eu le temps de voir un docteur, car c'est une personne réfléchie qui ne croit pas vraiment aux maladies. Son seul remède avait été de boire de l'eau claire. Elle était en un pays de cerf-volants au moment de l'accident, un pays lointain d'Asie hors de portée du nuage radioactif, mais elle prit la maladie à son retour en Europe par une sorte de solidarité reliant le corps, le mental & le groupe. Douze ans est un cycle complet dans notre développement.

  • Le truc de la longue moustache de José,
    c'est de prendre la forme convexe imitant la bouche du gars qu'on vexe & ce comme une menace.
    Par en dessous la bouche peut adopter la forme concave du gars bon garçon au ventre qu'on gave.
    Sous la moustache virile menace se cache le sourire bon enfant de l'homme sage sachant qu'il sait
    que la vie est combat, que rien ne changera, mais qu'il est de notre droit & devoir
    de combattre les gros ventrus & leurs petits cons de fils repus,
    sans oublier leurs filles bobo qui ne souffrent pas le moindre bobo,
    pètent dans la soie les seins arrogants, cachant leur fadeur sous le fard.

« C'est assez qu'on ait vu par là qu'il ne faut point / agir chacun de même sorte. » - Les deux ânes / Jean de la Fontaine

  • La phrase sera censurée / des publicitaires / qui sans se taire
    parlent & nous somment / à agir en bêtes de somme,
    à dormir en somme éveillé, / imitant l'autre à satiété.
photo missing
  • Sur ce cliché pris avec plus de recul, nous voyons le chemin au bas de la tsp, un petit rocher repère, les saints du lieu. A gauche, des bouleaux arbres solaires bénéfiques aux cultures, des fougères aigles indicatrices d'acidité & d'un bon potentiel. A droite, des genêts indicateurs de la roche proche. Il est possible de planter des pommes de terre dans la fougère aigle. Ensuite, à mesure de la pousse des feuilles à partir du rhizome, on les coupe pour pailler, ce qui après renouvellement deux fois de cette opération, finit par épuiser la fougère. La production est moyenne si le sol n'avait pas été fumé à l'automne précédent.

7.1 -  invention d'une espèce humaine néoformée (2 commentaires de 5.) -  lescouleursdemyriam le 29/04/2016 : Tchernobyl : oui, c'est fou la capacité qu'ont les nuages radioactifs de respecter les frontières ! Pour Fukushima au Japon, c'est un peu l'omerta aussi, nous sommes plus informés à l'extérieur qu'à l'intérieur. Les japonais sont obéissants & ne cherchent pas à savoir mais là-bas même les chercheurs sont peu protégés & il risque d'y avoir plusieurs générations touchées.

  • marssfarm le 30/04/2016 : La radioactivité durera 100 000 ans ou plus. Oui, ça en fait des générations !

D'autres accidents se produiront dans le monde. On peut supposer que l'humanité en sera grandement chamboulée en ses gènes & sa biologie pour s'adapter peut-être à une vie biologique en des biotopes radioactifs, pouvant aller jusqu'à la création d'une humanité nouvelle, un peu comme Néandertal & Cro-magnon avaient cohabité dix mille ans durant...

Nous avons déjà bâti de par la Terre presque cinq cents centrales dans le monde & de ce fait le retour en arrière est bloqué. Nous devrons mourir & vivre avec notre créature maléfique - la radioactivité artificielle en peau de léopard. Les riches à millions & leur servants choisiront, se réserveront les zones épargnées pour y dégénérer en douceur engoncés dans leurs coussins de soie. Les gens ordinaires retourneront vivre aux lieux irradiés en vue d'inventer une nouvelle espèce humaine.

  • to be continued... 7.2 light love 2 commmentaires
3. la drogue engrais/ 6.limite basse d'1 tsp en formation/ p
  • 6.  la limite basse d'une terrasse soli-pluviale en formation -  La position de l'endroit fut déterminé avec soin en fonction du relief des zones attenantes. Quelques petits rochers furent apportés pour marquer la ligne où furent plantées & semées des espèces disparues - herbes, fleurs, arbres, buissons. Les pierres en repère nous dissuadent de traverser la ligne. Les plantes plantées en ce lieu devenu bordure, bouchure accentuent par le fouillement que leurs racines opèrent le gonflement du sol que cesser de le tasser avait amorcé. Ainsi le talus s'élève. Ainsi la tsp se constitue. Lorsque la zone plus basse - à droite - sera mise en culture, le dénivelé s'accentuera très vite entre les deux tsp.
photo missing
  • 4. une terrasse de mille ans / prairie céréale / EVA / Nous voyons ici une tsp se constituer. Le talus ancien à gauche surplombe une parcelle en contrebas qui fait partie d'un autre ferme. Nous respectons ce talus au sens où ne nous approchons pas à moins de deux mètres de sa ligne de rupture de pente où furent plantés des arbres & buissons d'espèces variées. Ne pas s'approcher du bord, laisser une bande large de deux mètres intacte, est une mesure anti-érosive, une prévention de l'érosion du sol par la pluie. Planter des arbres & buissons est une mesure de pédogenèse, en vue de fabriquer plus de matière sol & ainsi élever le talus. Ces deux mesures combinées établissement progressivement l'horizontale de la tsp.

L'ouverture du sol fut réalisée à la fouilleuse Actisol à très faible profondeur & uniquement sur les bandes de culture entre les roues du tracteur selon les courbes de niveau. La terrasse ici est ancienne de plusieurs millénaires, mais avait été regroupée au vingtième siècle aux parcelles attenantes. Sur la droite, invisible sur la photo, une zone de granite affleurant justifie la reconstruction de cette mini-terrasse adaptée au maraîchage biologique.

A la différence de la culture biologique basée sur l'existence d'un sol vivant, en agriculture à base d'intrants - que nous regroupons sous le terme générique "humicides" (5) (3) (4) il est possible de faire pousser des céréales sur un sol squelettique constitué pour l'essentiel de roche fragmentée. Ces intrants sont :

  • du pétrole pour le travail du sol (5),
  • les engrais de synthèse (3)
  • & les pesticides (4) en leur triple déclinaison antagoniste des trois règnes * :
  • insectes (1), herbes (2) & champignons (3).

Cette culture de presque tout sans impératif de rotations ou d'assolements pratiquée en l'agriculture à base d'intrants - ou humicides - est rendue possible par le fait des subventions & externalisations excluant du calcul de rentabilité les coûts & les nuisances écologiques & sociales. Ces coûts & nuisances sont :

  • la dépense en énergie (3), la pollution des eaux (4) & de l'air (2), l'érosion des sols (5) & la destruction des paysages (1) d'une part ;
  • la dégradation des climats (2) (4), l'appauvrissement de la nourriture humaine en substances nutritives (3) (5), son imprégnation de substances de synthèse (4) & les pandémies qui découlent de ces deux points (1) d'autre part ;
  • la perte des savoir-faire (1) & du sens du concret que le contact à la terre conférait (5), la disparition des emplois ruraux (4) par agrandissement des fermes (2) & l'accroissement de la distance entre les agriculteurs & ceux qui mangent leurs produits (3) enfin.
  • * On définit souvent cinq règnes : les plantes (2) algues (4) bactéries (5) champignons (3) & animaux (1).
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  • La photographie montre deux planches d'oignons dans un EVA de trèfle blanc après la récolte en avril 2016 - soit à la fin du printemps selon le Tao. L'allée visible en position transversale au centre de la photo est couverte d'herbes ordinaires mêlées au trèfle. Les planches avaient été ouvertes à la fouilleuse Actisol à très faible profondeur en fin d'été 2015 - début de l'automne selon le Tao - puis plantées des bulbilles & semées de trèfle illico. Le sol est squelettique. Aucun désherbage.

3. le martial macho se nourrit d'herbes folles - "Une armée marche sur son ventre." disait Napoléon. En de nombreuses occasions de l'histoire, des peuples ou des armées durent réapprendre à se nourrir des fleurs des champs & plantes sauvages afin de survivre.

Quatre mille espèces des sept mille herbes d'Europe que nous croyons & disons"mauvaises" étaient, furent, sont & seront la nourriture des humains qui nous précédaient, des humains pauvres ce jour & des humains sages demain. Souvent jardiner au potager ou cultiver au champ consiste à arracher des comestibles sauvages (5) pour favoriser des comestibles introduites :

  • potagères (chou) (4),
  • céréales (blé) (2),
  • légumes (haricot) (3)
  • ou fruitiers (cerise) (1).

Les plantes sauvages qui ne furent pas sélectionnées pour devenir obèses sont les plus nutritives de hautes concentrations en éléments rares, & des médecines tout en même temps que d'être des nourricières.

  • Une médicinale ne devrait pas être préparée en décoction, en infusion, en cataplasme ou que sais-je... Il vaut de la manger comme simple nourriture à titre préventif ainsi que le font les grands singes.
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  • une forêt horizontale - En ce lieu de sources nombreuses, contiguës qui était jadis de jardins désormais abandonnés, des arbres s'installèrent. Les marsaults ou saules de mars sont premiers. Ensuite, les vernes dont les nodosités fixent l'azote atmosphérique, puis les frênes qui pourront s'élever un peu plus haut encore & vivre plus longtemps. Nous voyons ici les saules pionniers tombés qui marcottent, accumulant ce faisant la matière organique brute devenant sol où les autres espèces prospéreront une fois le niveau de ce sol élevé par ce moyen au-dessus de la nappe d'eau que les sources alimentent de la manière la plus dynamique, constante.

2. le dormeur du val -  erixbd le 17/04/2016 : Voici le dormeur du val, quelques chansons & un film ou deux qui donnent réponse à cette série de question, mais à l'ouest, rien de nouveau... Lorsque je me rends au cimetière des sénégalais de Chasselay, j'ai la réponse... Ils sont là les soldats & ils n'apprendront jamais les autres. erixbd

  • marssfarm le 17/04/2016 : Le cycle de la chanson commence par la destruction des fleurs. L'agent Orange fut utilisé à la guerre du Vietnam comme remplaçant des bombes nucléaires larguées sur le Japon quinze ans plus tôt. Il s'agissait de tuer les plantes pour affamer les humains en ruinant leur terroir.

De même que les Japonais construisaient après-guerre les centrales nucléaires qui sont en train de stériliser leur terre

& leur culture, parachevant au-delà de l'imagination l’œuvre génocide entreprise par Truman - l'homme vrai -

& Oppenheimer - l'ouvreur de maisons - dans le projet Manhattan - l'homme hutté - en préfiguration boomerang

d'un onze septembre 2001, de même des jardiniers ce jour écoutent les publicitaires experts en menterie

& épandent du glyphosate aux potagers de leur nourriture.

Les techniques de mort guerrière sont toujours converties ensuite vers l'agriculture industrielle. L'humanité un jour sortira de ce cycle continu d'auto-destruction. La question du quand seulement se pose. Il se peut que nous ne le voyions pas. Cette alternative est d'agricultures naturelles : permaculture, hügelkultur & agrinature & peut-être aussi de technologies simples, modestes & douces en maisons passives d'autoconstruction & autres activités bénévoles de socialisation hors taxe, non comptabilisées en p.i.b. - ces productions inutiles & brutales.

  • brigitisis le 17/04/2016 : Excellent article & beau texte. Ici la pluie m'a bien arrosé les nouvelles petites plantations de mon petit jardin nouveau. Si tu voyais comme l'eau leur a plu ! C'est super de se dire qu'on plante, qu'on fleurit même un tout petit coin de terre ou un simple pot de géranium...Très bonne journée. http://brigitisis.centerblog.net

marssfarm le 17/04/2016 : La taille compte peu, oui & les temporalités de la nature nous dépassent. C'est pourquoi nous ressentons le besoin de planter des plantes sans presser trop pourtant de la plante du pied le sol portant, porteur, porte de contact des deux chaînes trophiques, vie & mort conjointes.

  • odeurdelaterre le 20/04/2016 : Will humans ever learn about Hiroshima & Fukushima ? Will humans even learn about Amazonian gold, desert oil & uranium ? We hope. Florent odeurdelaterre

marssfarm le 21/04/2016 :

  • We will learn, for learning is one definition of who we are.
    We all want others to learn, but seldom wish we'll do it ourselves.
    Such is the illusion of ego that makes me think I am so unique,
    without compare & never wrong even of a iota.
    When I recognize I am wrong sometimes,
    that I need others to grow,
    that I  (& all of us) need others in order to grow,
    that it is together only we can expand -
    then learning happens.
photo missing
  • Ce méteil en  prairie céréaleâgé de 6 mois, fut semé aux premiers jours d'octobre 2015.

1. une fleur fille, un mari soldat, une tombe fleurie

  • Where have all the flowers gone, long time passing ? Where have all the flowers gone, long time ago ? Where have all the flowers gone ? Young girls have picked them everyone. Oh, when will we ever learn ? Oh, when will we ever learn ?
  • Where have all the young girls gone, long time passing ? Where have all the young girls gone, long time ago ? Where have all the young girls gone ? Gone for husbands everyone. Oh, when will we ever learn ? Oh, when will we ever learn ?
  • Where have all the husbands gone, long time passing ? Where have all the husbands gone, long time ago ? Where have all the husbands gone ? Gone for soldiers everyone. Oh, when will we ever learn ? Oh, when will we ever learn ?
  • Where have all the soldiers gone, long time passing ? Where have all the soldiers gone, long time ago ? Where have all the soldiers gone ? Gone to graveyards, everyone. Oh, when will we ever learn ? Oh, when will we ever learn ?
  • Where have all the graveyards gone, long time passing ? Where have all the graveyards gone, long time ago ? Where have all the graveyards gone? Gone to flowers, everyone. Oh, when will we ever learn ? Oh, when will we ever learn ?
  • Where have all the flowers gone, long time passing ? Where have all the flowers gone, long time ago ? Where have all the flowers gone ? Young girls have picked them everyone. Oh, when will we ever learn ? Oh, when will we ever learn ?

words by Pete Seeger - the phrase "Will they ever learn ?"

from the original lyrics has been changed here for "Will we ever learn ?"

  • Où sont allées toutes les fleurs, le temps passant ? Où sont allées toutes les fleurs, il y a longtemps ?
    Où sont allées toutes les fleurs ? Les jeunes filles les cueillirent toutes.
    Oh, quand apprendrons-nous un jour ? Oh, quand apprendrons-nous ?
    Où sont allées toutes les jeunes filles ? Parties chercher un mari toutes. Où sont allés tous les maris ? Partis faire le soldat tous. Où sont allés tous les soldats ? Ils partirent à la tombe tous. Où sont allées toutes les tombes ? Elles partirent en fleurs toutes. Où sont allées toutes les fleurs ? Les jeunes filles les cueillirent toutes. Oh, quand apprendrons-nous un jour ? Oh, quand apprendrons-nous ?

(traduction mars'sfarm)

  • On ne parle pas la bouche pleine ! Alain Kruger Des fleurs & des fusils * 17.04.2016 France culture - Biologiste indépendant, George Oxley est un spécialiste de la vie des sols, passionné par le caractère bio-indicateur, alimentaire, médicinal des plantes & les symbioses qu’elles organisent avec leur socle naturel. Les plantes sauvages permirent aux hommes de ne pas mourir en temps de guerre depuis Charlemagne. Elles pourraient aussi nous permettre de vivre en paix. George Oxley  propose des solutions écologiques aux entreprises cosmétiques & de construction & conseille les agriculteurs pour produire avec davantage de goût & de nutriments. Il agit notamment pour la biodiversité & l’agriculture du bassin du Congo, dans l’optique de la création d’une fondation rassemblant les énergies autour de la nutrition & de la santé de l’Afrique. "La Fleur Au Fusil" Gallimard, collection Manifestô 2016.

Il y a vingt ans à Sarajevo les habitants survécurent quatre années de siège en consommant nonante plantes sauvages. Au-delà de cette fonction nourricière les herbes folles jouent un rôle de sentinelles de l’environnement, sont le langage du sol, anticipent les effets des changements climatiques. Leur présence ou absence sont significatives de notre rapport à la vie, au biome humain. L'incroyable biodiversité microbienne & fongique nous fait prendre conscience de notre intime affinité avec le sol vivant pour savoir reconnaître que de sa santé dépend la nôtre à travers des aliments qui protègent entre-autres affections de l'autisme & la dégénérescence nerveuse. Homme de terrain, l’auteur décrit précisément les bienfaits multiples des plantes, faits scientifiques vérifiables pour montrer qu'elles vécurent continuellement à nos côtés, ont encore beaucoup de solutions à nous fournir & qu’il nous faut rapidement brandir la Fleur Au Fusil. (quatrième de couverture)

  • Manifeste Gourmand des Herbes Folles, Editions du Toucan, prix Saveur 2013, Livre Gourmand du Figaro 2013, 3 Etoiles du Frankfurter Allgemeine, Grand Prix de l’Académie Nationale de Cuisine 2015. Gérard Ducerf est ethnobotaniste, Georges Oxley est biochimiste, spécialiste de la régénération des sols, Diana Ubarrechena est photographe. / Saveurs Sauvages de Ré,  ISCP Sarl 2014, Cookbook Award Santé Nutrition 2015. Promenade gourmande des herbes folles de l'île. George Oxley, Stéphane Schein, Diana Ubarrechena, Gérard Ducerf. / projet Tika Papa pour la biodiversité de la pomme de terre au Pérou - relancer la production de la biodiversité des pommes de terre originelles - Médaille d’Or de la FAO 2006, SEED Award des Nations Unies & BBC World Challenge for Development 2007 - * edited from France Culture

47 juste vérité 5 création 6 service / croyances de la Terre / lumière au service de soi / sagesse du cœur / l'être au centre du cœur / l'âme s'envole vers la connaissance / le haubert gardien - 15 réalise 11 génie 3 dialogue / études expression inspiration développer l'entente familiale / linguistique juridique / développe spiritualité facultés de médiation / installer paix expression orale & écrite / les langues / le palais de cristal sur Terre / le soleil sur Terre / le rayonnement de la matière / la Force de la Vie / le Christ solaire à l'intérieur de nous / la joie d'être cœur - 1 élevé exalté au-dessus de toutes créatures 12 méditation 11 humanité / sept péchés la force du péché / désir du réel / matière bien-aimée amour de la matière & de ceux qui nous ont conçus / matérialisation de l'Amour amour de la Vie / Karma destin pardon vies antérieures le spirituel

  • brigitisis le 26/04/2016 : Toujours très beau, les textes traduits.

marssfarm le 10/05/2016 : Au bout du monde trouve ma trace. Au fond du soi, tu me trouveras même. / Alors prends le temps... de travailler - c'est le prix du succès bienheureux respecte les horaires : tu partiras à l'heure. / ... de lire - c'est la source du savoir heureux capable de te reposer dormir comme un sage sans chercher d'excuses. / ... de jouer - secret de l'éternelle jeunesse : ainsi apprivoiser l'autre découvrir l'essentiel invisible aux yeux. / ... de penser - source de l'action car bienheureux si tu sais distinguer une montagne d'une taupinière : il te sera épargné bien des tracas. / ... d'aimer & d'être aimé - c'est une grâce : découvre que l'amour seul, le partage grandit. / ... de rire - musique de l'âme : si tu sais rire de toi-même, tu n'as pas fini de t'amuser ! / ... de faire des amis - c'est la voie du bonheur : admire le sourire de l'autre oublie sa grimace - la route sera ensoleillée. / ... de donner - la vie est trop courte pour être égoïste. S'appauvrir pour aider les autres, c'est accumuler les richesses du cœur. / ... pour rêver - le chemin qui mène aux étoiles. Si tu sais te taire écouter, tu en apprendras des choses nouvelles ! / ... de prier - notre plus grande force sur terre. Heureux si tu sais me reconnaître en tous rencontrés vraie lumière sagesse. Oui lors tu seras enthousiaste réalisé.

edited from Yvon Garel / http://chemindivin.centerblog.net

  • 8. Nous préparer aux mutations induites.

erixbd le 27/03/2016 : Effectivement, les français n'ont pas coupé la bonne tête, si tête il y avait à couper... Les canuts, lors de la seconde révolte furent manipulés par les républicains, puis devinrent des "voraces" prêts à couper toutes les têtes qui ne passaient pas sous la porte. En réalité, nous n'avons pas changé de système car notre société permet l'enrichissement à outrance. Mélanchon - adorateur de Robespierre - veut prendre aux riches & si je partage l'idée, j'ajoute qu'il serait important de le pas creuser les écarts, cesser de surproduire pour produire de la qualité, que l'argent circule pour améliorer cette qualité de vie avec le souci du respect de toute vie & de la nature. Si démocratie il doit y avoir, elle doit être participative & les règles doivent être discutées, débattues & écrites par le bas, & remonter par des gens de compétence concernés, professionnels & usagers de l'encadrement concerné.

  • marssfarm : Que chacun donne la moitié de son travail à un chômeur ! Give more. Get less. Do not forget forgiving.

Le changement du climat planétaire est un de ces phénomènes qui voient nos paroles contredire nos actes. Chacun se plaît à gaspiller autant d'énergie que le permet sa bourse. En revanche nous feignons de nous inquiéter des conséquences qu'aura ce brûlage en masse de combustibles sur la vie de ceux qui sont encore à naître. La nature trouvera toujours une solution, mais la nouvelle configuration du climat transformera la géopolitique & induira des migrations plus massives encore que celles en cours ce jour. Puisque aucun ne veut réduire sa dépense énergétique, nous devons nous préparer à ces mutations induites.

  • 9. Let it be.  Accepter seul engendre. Commentaires de l'article 7. -  Florent le 02/04/2016 : Wind is travelling around the Earth ; water is travelling through seas & oceans ; tectonic soil is moving on Earth, & the dirty air, soil & water are also travelling.

brigitisis le 01/05/2016 : C'est obligé que le monde évolue comme il a déjà évolué... les transformations naturelles mais aussi celles dues à la pollution, au réchauffement, à des catastrophes humanitaires provoquées par la main de l'homme... C'est peut-être pour cela que nous sommes tous de passage finalement... En tout cas je viens en courant t'amener un joli brin de muguet... Je suis admirative & tellement intriguée par la beauté de cette fleur de mai... C'est bien qu'elle ait été choisie pour porter bonheur.

  • marssfarm le 02/05/2016 : Ces paroles de sagesse nous éclairent. Merci.

1-3.gestion hydrique / terrasses soli-pluviales / drainage d'irrigation de pédogenèse / Publié le 26/03/2016 / agriculture sauvage agriculture naturelle natural farming agrinature fukuoka /

1-3.gestion hydrique ter.soli-pluviales did.pédogenèse 3p1K
  • 1. gestion hydrique - Les bocages étaient il y a cinq mille ans des systèmes de terrasses & rigoles perchées en tous points comparables aux rizières de Hong Kong & des Philippines. Avec la politique agricole du vingtième siècle, les terres devinrent prés & les arbres laissés à grandir. Désormais les terrasses redeviennent pentes & les arbres des haies disparaissent un à un. Le mot bocage lui-même parle déjà de régression, car ce n'était pas les arbres qui caractérisaient ces paysages en leur invention, mais la gestion en commun de la ressource eau pour des cultures irriguées.
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  • 2. terrasse soli-pluviale / drainage d'irrigation de pédogenèse / tsp / didp / Nous voyons ici une haie disparue, ce qui entraîne l'arasement naturel du talus (& ses deux rigoles) & ipso facto la cessation d'existence des terrasses, la réapparition de la pente sous l'action du lessivage dit horizontal. Le processus total est lent tant que la prairie est conservée ou permanente. Il s’accélèrera si la globalité de la parcelle était mise en culture du fait que dénuder le sol amplifie grandement son glissement vers le bas que mobilise l'écoulement de l'eau reçue. Avec ouverture du sol selon les courbes de niveau en épargnant le talus, les deux terrasses se reconstruiraient. Si le talus était laissé libre d'intervention, il se reboiserait d'épineux aux graines apportées dans les fientes des oiseaux, puis d'arbres aux graines apportées par la faune & les vents. (deux com. transférés)

3. L'eau sourd - la parcelle se ressuie. / Publié le 07/05/2016 / agriculture sauvage agriculture naturelle agrinature fukuoka natural farming éléments nature /3. L'eau sourd - la parcelle se ressuie. / p

  • 3. L'eau sourd - la parcelle se ressuie. -  Voici une terrasse soli-pluviale ou tsp en formation. L'eau visible ici est le ru de la fontaine nord du Mas.

A quelques mètres à l'aval de ce point (invisible à gauche de la photo) une grosse pierre forma un seuil, ce qui permet aux matériaux charriés par l'eau de se déposer. Nous curons ce bassin de rétention régulièrement pour en déposer la matière organique & minérale sur le bord de la tsp. Ce dépôt de bordure élève le niveau général de la parcelle en pente légère, l'établissant ainsi en une tsp, c'est à dire une terrasse sans mur de soutènement obtenue par le jeu seul des éléments :

  • la pluie (4),
  • la photosynthèse (3),
  • la croissance des racines des plantes & arbres plantés sur le talus en formation (2),
  • la présence de la faune du sol (1),
  • les apports en minéraux (5),
  • les lessivages vertical & horizontal (4),
  • la fabrication & la transformation continue de l'humus (3),
  • la décompaction (1) & la restructuration (3) du sol par l'action des êtres qui y vivent & meurent (2),
  • le jeu des pressions (1) entre sol (5) & eau (4),
  • & la digestion par les racines de la roche-mère en sol (5).

Nous voyons ici en un avril pluvieux l'eau de la parcelle sourdre à travers la berge vers le ru reconstitué. La parcelle se ressuie lentement depuis sa nappe vers le le ru, de l'eau reçue en pluies les jours précédents & que la végétation n'est pas capable d'utiliser en totalité en ce printemps un peu frais. C'est pourquoi nous parlons de drainage d'irrigation de pédogenèse - didp - car l'eau en cette configuration est utilisée à l'optimum de ce que la nature sait faire : nulle goutte n'en est perdue. Le bocage & les tsp offrent de ce fait - comme les paddies des rizières irriguées par intermittence - un optimum de productivité agronomique en climat tempéré. Il fut inventé il y a plus de cinq mille ans & couvrait alors la totalité de l'Europe. Les tsp se constituent lorsque leurs habitants paysans & jardiniers appliquent la discipline consistant à circuler sur les bords des parcelles établis selon des courbes de niveau afin de réduire l'effet d'érosion autant qu'il est possible. Au fil des ans, ces limites deviennent les bordures des terrasses.

  • erixbd le 08/05/2016 : Lorsque j'étais enfant, je passais mes vacances dans le Beaujolais, dans une ferme, près d'un château. Au cours de mes aventures entre les vignes et chemin escarpés, j'ai vu des paysages et aujourd'hui en lisant cet article, j'en comprend un peu mieux le sens.
marssfarm le 08/05/2016 : Merci de ce commentaire. Savoir dire beaucoup en peu de mots est une vertu rare.
  • L'enfant dont le mental n'a pas déjà été formaté par trop d'école trop de temps perdu à briser sa résistance & son invention sur des bancs égarés de la vie - l'enfant jeune est encore capable de voir ce jeu des éléments qu'il aime à explorer de ses cinq sens unis.

Plus tard nous pourrons nous ressouvenir & revenir à cette connaissance innée qui dès le début nous avait été donnée.

  • marssfarm le 23/06/2017 : le potager paysager / le jardin solaire-pluvial / l'agriculture soli-pluviale / sun-rain gardens / sun-rain-fed farming
Il s'agit ici de réaliser des potagers paysagers selon la pratique
du jardin solaire-pluvial. Plus tard ils feront naître une agriculture soli-pluviale.

We are about to set up landscaped vegetable gerdens according to the practice of the solar-pluvial garden. Later those gardens will impulse the appearance of a sun-rain-fed agriculture. As we invent sun-rain gardens, a sun-rain way of farming is going take shape.
  • marssfarm le 29/06/2017 : Un verger potager paysager (1), jardin solaire dynamique (3) est établi au fil des saisons (2) selon la pratique de l’agriculture soli-pluviale (4) autrement nommée agrinature (5).
The landscaped vegetable-orchard (1): a dynamic solar garden (3), is established over time & seasons (2), according to the practice of solar-rain-fed agriculture (4) otherwise called agrinature (5).
  • (1) Le printemps selon le Tao caractérisé par l'éclairement, l'élément espace ou bois commence en février au mi-temps entre solstice & équinoxe.
  • (3) L'été caractérisé par la chaleur, l'élément feu, débute en mai.
  • (2) L'automne, saison du vent, de l'élément air ou métal, vient avec l'août.
  • (4) L'hiver apporte les pluies, l'élément eau, en novembre.
  • (5) Les périodes d'intersaison ou de transition sont les 18 derniers jours (un cinquième) de chaque saison de 90 jours, dominés par le recentrement vers une tendance continentale en résonance avec l'élément terre.

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  • the gros caillou in Lyons

" Il existe à Lyon au bout du boulevard de la Croix Rousse un gros caillou.

D'aucuns disent qu'il serait vestige abandonné par la fonte des glaces,

d'autres assurent qu'il s'agit d'un mégalithe dédié à un culte solaire pré-celtique...

Par beau temps les habitants vont s'installer à côté du gros caillou regarder Lyon

qui semble s'étirer jusqu'aux Alpes.  Pour ma part je crois à la légende du gros caillou.

Elle raconte qu'un huissier voulait chasser une famille de canuts qui ne pouvaient payer le loyer.

Le "bon dieu" passant par là, agacé par l'attitude du "pousse cul", condamne icelui

à pousser son cœur de pierre au travers Lyon jusqu'à trouver un pire que lui...

L'huissier pousse à grand renfort d'effort jusqu'à parvenir au bout du boulevard

où il trouve un pire que lui en la personne d'un marchand de biens...

Depuis, le cœur de pierre de l'huissier est là. " *

  • Le Gros Caillou est composé de quartzite triasique métamorphique, roche typique de la Haute-Maurienne & Haute Tarentaise, dans les Alpes à près de deux cents kilomètres de Lyon d'où le bloc fut déplacé par le glacier du Rhône au Riss il y a environ 140 000 ans.

Sa découverte remonte à 1861 lors du percement de la ficelle reliant la presqu'île à la Croix-Rousse : les travaux de percement du tunnel durent être interrompus car les travailleurs étaient bloqués par une roche extrêmement dure qu'ils n'arrivaient pas à briser.  La roche en question dut donc être dégagée, extraite du substrat ce qui mobilisa de grands moyens & du retard dans les travaux. Finalement exhumé le Gros Caillou, symbole à la fois de la force persévérance des Lyonnais face aux obstacles & du rattachement de la Croix-Rousse à Lyon que le funiculaire matérialisait, fut déposé à la rupture de pente à l'est de la Croix-Rousse d'où il domine le Rhône & toute la plaine jusqu'aux Alpes. **

  • ** edited f'rom Wikipedia / * edited from erixbd.centerblog

Flo le 20/11/2015 : Si les roches millénaires pouvaient parler...elles nous conteraient leurs légendes. Florent

  • Je te crois Flo capable d'entendre ces légendes.

Les montagnards souvent aiment leur montagne.
Les roches sont vivantes. Les montagnes s'élèvent & sont détruites par les vents, les rayons du soleil, le gel, les précipitations... Les minéraux parlent en couleurs, sons, vibration, texture & leur présence surtout.
A l'échelle minuscule de la vie humaine une montagne semble immobile, immuable. A l'échelle de la vie de la Terre, les minéraux émergent du manteau, deviennent continents & bien plus tard sont engloutis à nouveau. Les planètes dont les roches sont immobiles comme Mars n'ont plus d'atmosphère & ne portent plus de formes biologiques de vie. Le minéral est la première forme de vie dans l'univers. Sa matière possède les fréquences vibratoires propre au minéral & le niveau de conscience qui lui correspond.
Les continents sont comme des radeaux qui flottent sur le manteau. Le sol est un fluide mer à la surface des continents. Les arbres sont les vaisseaux de cette mer lagon. Les herbes en sont l'écume.

  • Flo le 21/11/2015 : J'ai mes arbres confidents. Les eaux entendent le son & le transportent. Les elfes dansent dans l'invisible. Le magma semence de la terre est une alchimie fabuleuse, une soupe d'atomes à l'origine de l'or, de la silice, du cuivre, du carbone, du fer : atomes géométrie sacrée en matière. Flo

erixbd le 20/11/2015 : Merci d'en parler ainsi. Tout est dit en précision. Il ne vous reste plus qu'à venir vous poser à côté du gros caillou avec ou sans bouquin & apprécier ce petit moment.

  • Donc on t'emprunte ton texte & tu dis merci !  Il y a des personnes comme ça...  Les phrases en leur poésie de cristal furent gardées en en polissant quelques aspérités – espérant n'en avoir pas trop fait...

Cros Jacques le 21/11/2015 : Tiens j'ai eu l'occasion de voir le gros caillou de Lyon !

  • erixbd le 04/12/2015 : Là est le lien qui doit unir les arbres et les hommes, car, lorsque vous marchez dans la forêt, les arbres vous parlent et lorsque que vous rentrez chez vous, vous n'êtes plus le même. Chaque fois un peu plus instruit de la vie. En réalité, le langage n'est pas un parler comme nous le concevons, mais un véritable échange et l'homme est normalement continuellement connecté aux vibrations de la terre, de l'air, de la nature.

marssfarm le 04/12/2015 : Oui. Percevons-nous les 5 éléments à travers les sens ou est-ce le mouvement inverse de création des éléments par le mental? La vie est à l'interaction. Il y a en fait les deux mouvements - perception & création - comme en un dialogue qui construit ou établit des liens. Si nous prenons conscience que nous sommes cela, lors nous cessons d'exploiter & partant détruire ou dégrader quiconque ou quoi que ce soit. La nature est auto-nettoyante & de ce fait n'a pas besoin qu'on la nettoie hormis serait-ce de nos pensées superflues inutiles d'ego.

the gros caillou in Lyons / roches d'une planète vivante / Publié le 04/12/2015 / agrinature fukuoka /the gros caillou in Lyons / roches d'une planète vivante p1K
  • reconquête d'un chemin par les plantes des 5 types - Le trèfle blanc ou hybride qui produit lui-même sa fertilité & progresse par stolons est un précurseur remarquable.  Dans le creux de sa rosette d'autres graines viennent germer.

Aux débuts comme le montre la photo, les plantes sont nanifiées par l'aridité du sol inexistant, l'absence d'humus, d'argiles & de mycorhizes. Celles qui germeront plus tard bénéficieront du sol peu à peu créé par ces pionnières.

dessiner l'esquisse la tsp didp le potentiel planète 8p5K

dessiner l'esquisse / didp / Publié le 12/10/2018 / agrinature fukuoka

tsp : la terrasse soli-pluviale / Publié le 15/05/2015 /

w dessiner l'esquisse / terrasse soli-pluviale / p

dessiner l'esquisse - Création des terrasses soli-pluviales par interruption sur une bande étroite de la fréquentation agricole.  La bande se plantera de buissons & nous y planterons des fruitiers.

  • It seemed as if the breezes brought him, It seemed as if the sparrows taught him,
  • As if by secret sign he knew Where in far fields the orchis grew.
  • C'était comme si la brise l'avait apporté, C'était comme si l'hirondelle l'avait enseigné,
  • Comme si par signes secrets il savait Où en un champ lointain l'orchidée pousse.

C'est le poème écrit à la mort du jeune Thoreau par Emerson son ainé.

oblation / Khalil Gigran / terrasses soli-pluviales en formation /  Publié le 07/05/2015 /

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les terrasses soli-pluviales en formation

  • oblation / offrir la force du pardon l'élan du sacrifice

En automne, je récoltai toutes mes peines &
les enterrai dans mon jardin.
Lorsque avril refleurit & que la terre &
le printemps célébrèrent leurs noces,
mon jardin fut jonché de fleurs splendides &
exceptionnelles.

Khalil Gibran (sent by khadijamine)

 

  • In the autumn I gathered all my sorrows & buried them in my garden.
    And when April returned & spring came to wed the earth,
  • there grew in my garden beautiful flowers unlike all other flowers.
    And my neighbours came to behold them, & they all said to me, “When autumn comes again,
  • at seeding time, will you not give us of the seeds of these flowers that we may have them in our gardens?”

 

  • A l'automne je rassemblai toutes mes peines & les enterrai au jardin.
  • Et en l'Avril revenu, le printemps épousa la terre & de ce jardin jaillirent des fleurs en beauté
  • semblables à nulle autre fleur.
  • Et les voisins les vinrent contempler & me dirent, "Au retour de l'automne, au temps de semer,
  • ne nous donneras-tu pas les graines de ces fleurs pour que nous les ayons en nos jardins?"

traduction mars'sfarm

une terrasse soli-pluviale /  Publié le 29/04/2015 /

w terrasse soli-pluviale 1 photo*
  • Une terrasse soli-pluviale se reconstruisit en dix ans, créant ce dénivelé d'un mètre.  Les talus se replantèrent d'arbres & buissons.  Nous voyons la terrasse suivante dans la perspective.

terrasses soli-pluviales /  Publié le 25/04/2015 /

w terrasses soli-pluviales / 1 photo*
  • reconstruction des terrasses soli-pluviales à la Terranche

construction d'une terrasse soli-pluviale /  Publié le 16/03/2015 /

12.8 construction d'une terrasse soli-pluviale** / 2p
  • Nous voyons ici la construction de ce qui deviendra une terrasse soli-pluviale.  La rigole ci-présente est le lieu où coule le ruisseau de la fontaine haute du Mas issu de deux sources voisines - une source captée en fontaine & un ancien lavoir asséché.  Le ruisseau coula autrefois il y a longtemps dans le sens de la plus grande pente par une ouverture passage à travers le mur, formant une mare au sein du bois visible à droite, au temps où il se trouvait être un pré de frais sous un verger.

Nous avons détourné le ruisseau pour des raisons liées à l'histoire, car nous n'étions pas lors propriétaires du bois ci-désigné.  Un des intérêts de ce détournement vers le second ruisseau du haut du Mas fut de former comme une lagune de ralentissement de l'écoulement pour servir comme un bassin de rétention des colloïdes lessivés depuis les sols de la parcelle.  Le second intérêt est que l'eau courant sur la roche granite, en accélère la décomposition vers l'argile.

  • Nous apercevons à droite, au bord du bois, les vestiges d'un mur érigé jadis pour marquer la limite des propriétés, dont les pierres proviennent des épierrages soigneux & répétés qui avaient lieu à l'occasion de chaque labour.  Ces terres fraîches & lourdes ne peuvent pas être labourée au tracteur à cause du poids excessif de la machine, mais elles pouvaient l'être en traction animale.

A cause des broussailles & jeunes arbres présents à l'époque en bordure de parcelle, la rigole fut creusée à distance du mur de limite.  A mesure que nous curerons encore le ruisseau, sa position se rapprochera au fil du temps de la limite où ce mur sied.  Beaucoup des pierres seront emportées, utilisées pour la fondation du chalet en prenant soin de laisser en place la base du muret de soutènement de la terrasse en reconstruction.

  • Nous avons disposé en andain des branches & rameaux rémanents après la coupe éclaircie d'une partie des arbres au bord du bois.  Lors des curages fréquents à réaliser, nous déposerons ensuite sur ces branchages la terre extraite de la rigole.  Le talus fait de branches & terre mêlées forme ainsi un cordon plus haut que la parcelle haute - la parcelle située à gauche sur la photo.

Selon nos observations, le niveau de cet andain certes s'abaissera par la décomposition des branchages, mais celui de la dite parcelle s'élèvera à l'inverse par nivellement & expansion biologique, pour rejoindre le talus andain & former la terrasse.  Il s'agit de mouvements complexes résultats d'une combinaison de nombre de phénomènes du vivant, de la physique, de la biochimie & de l'hydrologie.  Leur description demanderait à elle seule tout un ouvrage.  A terme, le dénivelé entre la parcelle à gauche & le bois à droite - que nous transformerons en verger potager tridimensionnel - sera de l'ordre d'un mètre à la perspective d'une vingtaine d'années.

  • L'eau courant sur la roche - oxygénée par ce mouvement - la décompose de ce fait & par voie de conséquence son niveau s'abaisse.  Le sol par accumulation d'humus & parce que nous cessons de le tasser, s'élève.  Les arbres présents notamment en bordure du mur talus, en développant leur enracinement élèvent encore ce talus.  L'humus qu'ils produisent nourrit les êtres animaux, végétaux & microbes qui fabriquent, structurent, édifient, élèvent le sol.  Les racines croissant & mourant, & les humus assurent les liens vecteurs vers le haut & vers la bas entre la nappe d'eau du sol, le sol lui-même & l'atmosphère.
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  • croissance d'une terrasse soli-pluviale, le drainage de pédogenèse, le drainage d'irrigation

Nous observons ici le stade début du phénomène croissance d'une terrasse soli-pluviale.  Au premier plan, une rigole reconstituée marque la limite ancienne des parcelles.  A droite, coule le ruisseau reconstitué de la fontaine du haut du Mas, alimenté par deux sources voisines sises plus haut.  Des arbres & buissons furent plantés & semés le long du ruisseau & de la rigole pour ouvrir la couche d'argile sous-jacente & produire de l'humus - chênes rouges, châtaigniers, noyers, saules marsault, saules osiers, frênes, bouleaux, chênes rouvres, noisetiers, framboisiers, cassis, mure, groseille, alisier...

  • Avant d'entreprendre toute action, nous avions creusé un peu en aval de ces lieux un bassin de rétention anti-érosif.

Le ruisseau coule vers nous avec une pente de quelques pour-cents.  La parcelle future terrasse est d'une pente générale d'environ un pour-cent en direction du ruisseau, mais horizontale en sa partie basse que nous voyons sur la photo.  En son état actuel, ce bas de la parcelle est apte à accueillir des espèces à rhizomes ou hygrophiles telles que les joncs, les chiendents, les renoncules, le lotier des marais, les saules marsaults, les trembles & chênes sessiles, ainsi que nombre d'herbes & fleurs des marais - peu d'espèces agricoles, nous le voyons.

  • L'idée est de provoquer la montée par gonflement biologique de cette zone au sol compact & tassé en vue d'y planter des pommiers ou autres arbres fruitiers.

Les matériaux extraits par curage du ruisseau & de la rigole devant nous, sont déposés en bordure de la parcelle à constituer en terrasse sans qu'ils ne soit besoin de les épandre.  Dans cette configuration de reconstruction des rigoles & même du ruisseau, il est besoin de les curer souvent & la quantité de matière ainsi extraite chaque année est considérable.  L'observation par le passé sur d'autres parcelles nous indiqua qu'effectuer ces dépots suffit à ce que le niveau général du sol de la parcelle s'élève pour s'établir en une terrasse horizontale - ou en une pseudo-terrasse légèrement pentue lorsque la pente originelle est plus forte.

  • Mêler des branchages & rameaux à ces dépôts accélère grandement le processus, mais sur cette parcelle, nous ne l'avons par déjà fait.

Dans le processus de terrassement naturel, trois niveaux de référence interagissent selon la pression exercée par chacun d'eux.  Ces trois niveaux qui s'ajustent sont respectivement la nappe d'eau du sol, le niveau de la parcelle en son centre, & le niveau des dépôts effectués près du ru & de la rigole.  D'une part, l'activité biologique - la croissance des racines des plantes présentes & l'activité de forage des macrofaune & mésofaune du sol - élève le sol dans la parcelle en augmentant sa structure, sa portance & partant son volume.  D'autre part, les précipitations reçues, en en lessivant les éléments fins, tendent à abaisser la hauteur des dépôts de matière organique & minérale se trouvant à la périphérie de la parcelle.  Ces éléments fins issus des produits du curage des rigoles & du ruisseau ont un effet fertilisant notable.  La pression supplémentaire exercée par la présence nouvelle de ces dépôts périphériques tend à chasser un peu de l'eau du sol pour favoriser son écoulement vers les rigoles & en direction du ru.  C'est par la combinaison de l'ensemble de ces facteurs interagissant que la terrasse soli-pluviale s'établit.

  • En permettant à l'eau d'y circuler à nouveau, nous rendons possible une augmentation de l'activité biologique dans le sol.  Sous l'énergie des forces de vie citées plus haut - les racines & la faune souterraine notamment - le sol s'expand, enfle, gonfle.  En s'élevant, il se dissocie plus encore de la nappe d'eau en excès qui paralysait, freinait l'intensité de la vie & les transformations de l'humus en son sein.  C'est pourquoi l'amorce de drainage que nos rigoles initièrent peut être nommée "drainage de pédogenèse".  Ce drainage naturel par rigoles, loin de priver le sol de l'eau dont il a besoin, tout à l'inverse la lui rend disponible en offrant à la parcelle un potentiel de croissances végétales nouvelles.  Les plantes nouvellement présentes sont à leur tour elles-mêmes génératrices d'humus & partant, d'une fertilité accrue.  C'est pourquoi nous pouvons aussi nommer le dessin de ces modestes rigoles judicieusement situées un "drainage d'irrigation".

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commentaire de brigitisis le 29/03/2015 :  Autrefois les rigoles étaient entretenues; cela faisait partie du travail quotidien des cantonniers & des paysans. brigitisis

  • marssfarm le 29/03/2015 :Ils disposaient d'outils manuels spécialement conçus à cet effet : des taille-prés, des pelles droites.

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la terrasse soli-pluviale, basse & vaste butte - établir la parcelle en une basse & vaste butte

  • Les données de l'archéologie suggèrent que le labour fut inventé en Syrie il y a dix-mille ans.  comme tout ce qui touche au passé, il est probable que cette assertion soit fausse & que l'invention de l'agriculture ait eu lieu plus loin de nous dans le temps & vers l'est.

Prenons-la cependant comme hypothèse.  L'ouverture du sol en vue d'y semer le blé ou l'orge était obtenue par traction par un animal d'une araire de bois qui ouvrait un sillon.  L'animal ne pouvait effectuer ce labeur qu'à l'horizontale, soit selon les courbes de niveau pour que l'effort en soit minimisé.  L’utilisation de l'animal suggère aussi qu'une part des terrains disponibles devaient être en adéquation consacrée à produire le fourrage de sa nourriture, ce qui indique la complémentarité entre labourage & pâturage, les assolements qui lui correspondent & l'organisation probablement des rotations entre ces usages complémentaires du sol.

  • La prairie reconstitue dans le stock du sol en volume - érosion des argiles & limons fins - & en nutriments - l'azote surtout - en trois ou cinq ans ce qu'une culture & les façons culturales qu'elle implique détruisent ou consomment.  Enfin, & compte-tenu de la modestie de la puissance impliquée, il est probable que cette ouverture du sol par l'araire était réalisée juste avant les semailles afin que les adventices n'aient que peu le temps de recoloniser le sol ainsi ouvert, hormis les plantes dites messicoles qui sont des compagnes naturelles des céréales dont l'effet bénéfique est reconnu.

Cette agriculture de Golan n'était déjà plus de l'agriculture naturelle du fait qu'une part de l'énergie solaire reçue par les champs était consacrée aux travail consistant à dénuder le sol pour un temps.  En ces deux points, elle divergeait de l'agrinature : l'usage d'énergie pour une façon de culture & le dénudement du sol.  Ces principes pourtant sont un guide en ce qui concerne les travaux du sol que nous devrons effectuer lorsque ils s'avèrent indispensables - divergeant en cela de l'agrinature en sa pureté idéale.

  • La 1ère règle pour peu éroder un sol & réduire l'effort mécanique est de travailler si possible selon les courbes de niveau.
  • La 2ème sera d'ouvrir le sol le temps le plus court que faire se peut.
  • La 3ème est de consacrer un part de l'assolement à des cultures qui fabriquent du sol, des prairies, des engrais-vert, des jachères vertes ou des prairies-céréales.

Avec l'usage du tracteur, tout devient possible en ce qui concerne la règle première & c'est pourquoi nous devrons la décliner, la détailler.  L'utilisation de la machine se fera dans le cadre de terrasses soli-pluviales qui sont une assurance dune érosion peu opérante.

  • Autant que faire se peut, toujours remonter la matière du sol, car l'infiltration des eaux toujours l'attire vers le bas.  Lorsque nous devrons tirer les outils en descendant la pente d'une terrasse en train de se construire, nous le ferons en arrêtant ce travail à plusieurs mètres du bord  de la parcelle en sa partie aval & en la bordant si possible en son bord bas d'un trait de charrue qui remonte la dernière bande de sol, la versant vers le haut de la pente générale du lieu.  En ces cas d'exception, le mouvement qui tend à faire descendre un peu la matière du sol sera considéré en le fait qu'il contribue ainsi à la mise en niveau de la terrasse.

La règle qui consiste à border le tour de la parcelle d'un trait de charrue doit être appliquée en général & ce en l'idée d'une protection du sol, un ramassement sur lui-même & un sillon de protection à l'entour de la parcelle.  Ce sillon présente de plus l'avantage de transformer la parcelle en comme une basse & vaste butte, de marquer mieux l'emplacement du talus entre deux parcelle, de couper les racines de surface - traçantes - des arbres que ce talus porte pour les inciter à approfondir leur enracinement.

  • Aux points de la parcelle au sol squelettique - soit de profondeur inférieure à quinze centimètre ou six pouces - l'outil en grattant quelque peu l'horizon - du pédon, nommé C - de la roche-mère altérée contribue de manière active à accélérer son altération, sa transformation en sol par effet mécanique & les effets biochimiques induits - la pénétration des racines que la fragmentation de la roche facilitera.

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L'activité biologique va s'en trouver accrue.

Les parents de la terrasse soli-pluviale : la rigole du drainage d'irrigation & le talus de pédogenèse.

  • Les terrasses soli-pluviales s'établissent par l'entremise de 2 parents.  Dans le cas d'un terrain proche de l'horizontale & bien alimenté en eau, la terrasse apparaîtra en suite du creusement à son entour de rigoles qui réaliseront un drainage de surface.  Parce que la fonction des ces rigoles sera à terme une utilisation optimale de la ressource eau que le climat du lieu rend disponible, elles sont nommées rigoles du drainage d'irrigation.
  • Dans le cas de terrains en pente ou ne souffrant pas d'une carence ou trop grande lenteur de circulation des eaux d'écoulement, les terrasses seront formées par l'établissement de talus autour des parcelles.  Ces talus s'établissent d'eux mêmes & au fil des ans pour l'essentiel des phénomènes impliqués.  C'est pourquoi nous les nommons talus de pédogenèse.
  •  
  •  Le drainage de surface par creusement de rigoles favorisant l'écoulement des eaux en excès que nous nommons drainage d'irrigation, concerne le cas de parcelles de fraîcheur excessive, voire à tendance hydromorphe.  Aux points stratégiques définis avec soin, souvent les lignes de rupture de pente, de rupture géologique ou de changement dans l'économie du sol, une rigole en bordure de la parcelle est creusée.  A compter de cet instant, elle contribuera à réduire l'engorgement du sol en eau lors des pluies abondantes ou répétées.  Lors du creusement de la rigole, la matière extraite est disposée comme un petit dépôt de matière, un talus de dépôts meubles au bord de la parcelle dont nous voulons réduire l'hydromorphie, la parcelle la plus haute selon la pente générale des écoulements, mais qui ne l'est pas nécessairement en ce qui concerne le terrain à première vue.
  • Par la suite, au cours des semaines, des mois & des ans qui suivront, par un phénomène d'équilibre des fluides vivants que sont les sols des deux parcelles de part & d'autre de la rigole, le niveau de la parcelle où le dépôt fut fait s'ajustera avec celui de ce talus de dépôt, essentiellement par gonflement, expansion de son sol.

Creuser les rigoles autour de la parcelle constitue un moyen de réduire les effets qu'induisait un excès d'eau dans le sol.  Cet excès avait pour effet essentiellement de rendre le sol froid, asphyxié, sans capacité de portance, prompt au tassement, & d'un pH trop bas ou trop élevé selon la nature de la roche-mère.  Une fois le sol libre de l'eau stagnante, l'activité biologique en son sein s'en trouvera accrue en suite surtout de meilleurs ajustements en ce qui concerne sa température & de sa teneur en oxygène.

  • Comme nous l'exposons au chapitre définissant le sol selon les 5 éléments, l'activité des êtres vivants - animaux, racines & micro-organismes - en s'accroissant dans le sol va y développer son volume, son espace, le faire gonfler comme un soufflé, le récréer, le réinventer pour tout dire, car l'élément espace étant le plus subtil, il est aussi le plus essentiel en matière de sol & de toute forme de vie en général.   Tout se passe comme si le dépôt au bord, au bas de la parcelle constituait un niveau de référence qui attirera tout le sol de la pièce de terre - sous l'effet combiné de toute l'action des êtres de vie dont nous le savons la plus large part & de loin vit sous terre - à s'en approcher en s'élevant à son tour.

Il s'agit en ce cas de parcelles sans pente ou à tendance hydromorphe, surtout en premier abord d'une pédogenèse par le haut, par inclusion, insufflation par la vie biologique dynamisée, d'espace dans le pédon.

  • Les talus de pédogenèse concernent le cas de parcelles au sol trop peu profond ou dont la profondeur pourrait s'accroître, de forme trop concave ou à l'inverse soumises à l'érosion.  Aux points stratégiques définis avec soin, le plus souvent selon les lignes de rupture de pente, de rupture géologique ou de changement dans l'économie du sol, une haie de bordure de la parcelle est établie soit par plantation, soit par semis, soit encore en laissant la ligne se planter naturellement selon l'apport de graines par les vents, les oiseaux & les rongeurs oublieux.  De chaque côté de la ligne ainsi fixée, la terre sera écartée une fois l'an d'un trait de charrue bordant les parcelles.  L'objet de ce trait de charrue est d'inciter les arbres & arbustes de la haie à approfondir leur enracinement.  Toute la production excédentaire de ces plantes de la haie en rameaux & branches est déposée chaque automne en un cordon qui longe la haie.  Comme il est le cas pour les terrasses issues du drainage d'irrigation, cet andain déposé ainsi tout autour de la parcelle représente un petit dépôt de matière, un talus de dépôts meubles au bord de la parcelle.  Par la suite, au cours des semaines, des mois & des ans qui suivront, par un phénomène d'équilibre des fluides vivants que sont les sols des deux parcelles de part & d'autre de la haie ou ligne d'arbres fruitiers, le niveau de la parcelle où le dépôt fut fait s'ajustera par gonflement avec celui de ce talus de dépôt, cet andain de branches, rameaux & toute autre matière organique en voie de se décomposer autour de la parcelle.

Établir ou laisser s'établir les haies en talus autour de la parcelle contribue à augmenter par ces dépôts répétés de matière ligneuse à son pourtour, la teneur générale de son sol en humus léger à décomposition lente.  Le fait qu'un trait de charrue qui versera la terre vers la parcelle soit donné chaque année le long de ces lignes d'arbres fruitiers, forestiers & buissonnants, va stimuler l'approfondissement des systèmes racinaires dans la haie & sur le champ.  Ces systèmes racinaires des arbres, arbustes & plantes diverses ainsi descendant plus bas, s'approcheront progressivement au fil des ans de la roche-mère du sol avec pour effet à plus ou moins long terme de la digérer ainsi que les racines savent le faire.

  • Il s'agit d'une pédogenèse par le bas, par désagrégation de la roche sous-jacente.  C'est par les efforts & effets physiques, chimiques & biochimiques exercés par les racines & les microflores qu'elles convoquent que cette digestion a lieu.  Les racines réalisent ce faisant une inclusion d'espace dans le volume du sol, car en le process d'une roche d'abord désagrégée, puis devenant sol, une expansion phénoménale en volume a lieu.  La part minérale d'un sol vivant n'est qu'un quart de son volume.  Ainsi tout volume de roc détruit par l'activité intense des racines des arbres & plantes va produire à terme quatre fois le même volume de sol.  L'énergie motrice de cette production est le rayonnement solaire convoqué par la photosynthèse.   Par apport d'humus brut & riche autour de la parcelle & approfondissement des enracinements, l'activité biologique au sein du sol va se trouver accrue en conséquence de l'augmentation de ces apports en matière organique & minérale par l'auto-amendement que procurent la présence & l'activité constante & continue des arbres & haies & de la dynamique en ce sens qu'ils intiment à toutes les formes de vie sur & dans les parcelles.  Ces formes de vie que le talus de pédogenèse dynamise sont notamment la présence animale & humaine, la diversité des formes & espèces complémentaires de plantes, & tout d'abord la vie insoupçonnée des bactéries, mycélium, cyanobactéries, algues microscopiques & fungi - les êtres fongiques.  Comme nous l'exposons au chapitre définissant le sol selon les cinq éléments, l'activité des êtres vivants - animaux, racines & micro-organismes - en s'accroissant dans le sol va y développer son volume, son espace, le faire gonfler comme un soufflé, le récréer, le réinventer pour tout dire.  Tout se passe comme si le dépôt sur le talus au bas de la parcelle constituait un niveau de référence qui attirera tout le sol de la pièce de terre à s'en approcher - sous l'effet combiné de toute l'action des facteurs du climat & de celle des êtres vivants dont nous le savons la plus large part & de loin vit sous terre.

Pour conclure cet article qui nous l'espérons incitera de nombreuses personnes à des recherches plus poussées & complémentaires, notons que souvent les deux cas se mêlent : il n'est pas rare qu'un talus de pédogenèse devra être longé d'une ou deux rigoles pour le drainage d'irrigation.  C'est le cas lorsque les terrains sont à la fois en pente & argileux en sous-sol & de ce fait abreuvés par la présence de sources ou micro-sources.  Le sillon de charrue de chaque côté le long de la haie duquel nous versons chaque année la terre vers la parcelle est en soi une petite rigole.

  • Il va sans dire qu'avant toute intervention, nous aurons creusé les bassins de rétention indispensables aux points les plus bas d'un ensemble de parcelles, afin d'empêcher tout emport d'argile & de colloïdes humiques par les eaux d'écoulement, de rendre impossible toute érosion notable.

Les rigoles du drainage d'irrigation & les talus de pédogenèse sont dans les faits toujours plus ou moins établis en concomitance, par le fait que tout creusement d'une rigole crée un talus & qu'un talus bien considéré sera bordé d'une ou deux rigoles.  Le terme de drainage d'irrigation ou drainage de pédogenèse peut lors être utilisé, sachant qu'il ne s'agit pas de drainage ainsi que communément entendu en la science agronomique moderne.  Ces deux outils essentiels du paysage & de l'agronomie naturelle que sont les rigoles - du drainage d'irrigation - & les talus - de pédogenèse - concourent en fait à une régulation subtile car vivante des flux montants & descendants de "l'oxyde de di-hydrogène" H2O depuis les plus hautes couches atmosphériques jusqu'aux nappes phréatiques, aquifères & hydriques les plus profondes de la géologie, & en retour, en vue d'en capter en passant la part qu'il est possible (de ces deux flux) pour le bénéfice global de la biosphère terrestre, l'expansion de la présence du vivant sur notre planète & la production de biomasse & d'humus autant qu'il est possible.

  • Sur une ferme ou en un espace d'ensemble plus vaste - comme il était le cas autrefois des bocages - les rigoles & talus constituent un réseau, une trame où la vie sauvage continue d'exister en cohabitation avec les activités agricoles & humaines.  La présence d'arbres - de dimension modestes pour la plupart - dans cette trame offre une clé de compréhension du système, les arbres étant tout à la fois des vecteurs privilégiés des flux montants & descendants de l'eau, de grands consommateurs d'eau, les attracteurs magnétiques des nuages, les agents premiers d'ouverture d'un sol, d'actifs producteurs de terre & d'humus, des capteurs voraces du carbone de l'atmosphère, des régulateurs précieux du régime des vents, des ensoleillements & des pluies & des hôtes généreux pour habitat d'innombrables espèces.  Les effets que crée la présence d'arbres en un lieu ne sauraient être dénombrés.  Nous n'en soupçonnons que partie.  Ces être ligneux, silencieux, élevés sont nos compagnons de résidence sur la planète terre.  Leur vue réjouit l’œil des passants méditants.  Leur bénévolence réjouit le cœur des poètes paysans.  Leur vie s'inscrit dans le temps.  Leur forme façonne la terre.

terrasses soli-pluviales /  Publié le 24/04/2014 /

w terrasses soli-pluviales / 2p

rupture diaclase magnétisme hydrologie

  • Voici une des sept terrasses équidistantes que nous reconstruisons en les trois parcelles de la ferme de mars d'exposition absurde.  Leur tracé s'appuie sur les ruptures diaclases du granite, lignes de forces du magnétisme, de l'hydrologie reliant trois grands chênes, trois chênes plantés dans le roc, un merisier jumelle, quatre châtaigniers & un pommier ancien.  N'utilisant qu'un tracteur en usage agricole, ne façonnant les terrasses par aucune machine, elles s'étabiront en une dizaine d'années environ par le jeu des pédogenèses & du nivellement par la pluie.

Il s'agit de ce que nous nommons des terrasses soli-pluviales.

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  • Nous recréons ici un ru temporaire disparu en ce processus que nous nommons le drainage d'irrigation. Le dénivelé entre les 2 parcelles est en train d'apparaître pour former 2 terrasses soli-pluviales.
le potentiel phénomène qu'est notre planète / Publié le 04/06/06/02/2019 / agrinature fukuoka / 
la terrasse soli-pluviale /
le potentiel phénomène qu'est notre planète / 2p1K
  • symbiose d'un potimarron & d'un trèfle

l'économie moderne que nous appelons / le potentiel phénomène qu'est notre planète /

  • Les animaux du sol le travaillent, le remuent, le rebattent, le mélangent, le mixent, le meuvent, en affinent la mouture. Dans les tourillons, les taupinières, les déblais de terriers ils extraient du sol de sa substance qui contient des graines enfouies depuis des lustres, des années, des siècles. Ce renouvellement de la terre de surface renouvelle ainsi aussi les espèces plantes d'une prairie & peut faire resurgir des herbes oubliées qui germeront par exemple si des conditions de sol & de climat changées permettent à nouveau la germination de ces espèces ayant prospéré au passé. La dormance de la graine peut être levée par la mise en lumière, par le froid, par la chaleur. Si la parcelle est en pente la terre extraite va glisser vers le bas ce qui est un moteur de l'érosion du sol. Dans la nature l'usure des sols existe mais avec grande lenteur. S'il faut 100 millions d'années pour éroder une montagne de 10 000 mètres de haut, cela représente une perte de hauteur d'un dixième de mm par an en moyenne.  La fréquentation des humains & leurs animaux domestiques peut accélérer de beaucoup l'écoulement du sol vers le bas des pentes du fait d'une fréquentation entêtante résultat des modes d'appropriation des terrains au sein des sociétés humaines.

Si les humains prennent conscience du fait que leur terre s'en va, s'use, se fatigue, s'appauvrit, ils & elles peuvent commencer d'entreprendre des actes pour diminuer l'effet d'une fréquentation trop assidue. Tout d'abord en traçant des lignes courbes de niveau mises en défens - qu'il ne faudra plus traverser. Puis si l'érosion persiste bâtissant sur ce lignes des murets de pierres sèches ou les plantant d'arbres & buissons. Au fil des générations & des siècles des terrasses soli-pluviales s'établissent de part & d'autre de ces lignes mis en défens. Les arbres œuvrent en pédogenèse par leurs racines effacées & leurs rameaux chus. Les pierres des murets deviennent sol. Les terrasses sont dites soli-pluviales car construites par l'action combinée

  • de l'eau & du feu,
  • du soleil capté par les plantes pour utiliser les précipitations,
  • transformant ce faisant soleil & pluie en vie, en biomasse, en vivants,
  • & in fine, en fin de recyclement, en sol.

L’œuvre des paysans & paysannes ayant pris conscience de la dynamique des sol peut s'avérer si positive que non seulement l'érosion qui était naturelle cesse mas que la genèse de sol impulsée par ces actes conscients, volontaires, systématisés peut s'en trouver multipliée, amplifiée, magnifiée d'un facteur remarquable. L'effet humain est crucial. Une présence sans conscience peut ruiner un sol en quelques générations. A l'inverse une activité mesurée accomplie en conscience peut fertiliser les lieux les plus incultes, ceux qui étaient à priori les plus impropres à la culture des plantes nourriture.

  • Par l'effet en boule de neige propre aux processus des milieux vivants, une fois l'appauvrissement d'un lieu amorcé, si les causes demeurent, il va s'amplifier, s’accélérer jusqu'à laisser la roche nue à la fin. Par le même effet l'enrichissement accru par des actions humaines de préservation est pour sa part sans fin. Pour résumer ce propos, disons qu'un écosystème naturel tend à une fertilisation sans fin. Une présence humaine inconsciente des dégâts qu'elle peut causer peut neutraliser cette voie d'enrichissement ou même l'inverser jusqu'à désertifier un lieu. L'érosion causée par les humains peut transformer une région jusqu'au stade désert, car lorsque la végétation se réduit en biomasse en conséquence de la disparition des sols, le climat lui-même à la fin se dégradera. La végétation qui attire les pluies & freine les vents & l'écoulement des eaux ne peut prospérer que dans un sol. Lorsque le sol est détruit ou appauvri par l'action humaine, la végétation régresse & en conséquence le climat se dégrade.

Par ce même effet en boule de neige ou synergie des effets, à l'inverse l'action humaine exercée en conscience de la nécessité de protéger les sols peut multiplier d'un grand facteur les processus naturels de leur fabrication & leur fertilisation.

  • La croissance des sols sans fin
  • est l'économie moderne que nous appelons.
  • L'argent papier brûlera. Il n'en restera rien.
  • Les sols gorgés de vie microbienne sont la rencontre du ciel & de la Terre,
  • le lieu de convergence des énergies venues du cosmos
  • & du potentiel phénomène qu'est notre planète.

une légère dépression circulaire au sol mou / puits / Publié le 29/09/2018 / agrinature fukuoka /

une légère dépression circulaire au sol mou / puits / p0K
  • Ce point de la parcelle présentait une légère dépression parfaitement circulaire au sol mou.
  • Nous y avons donc recreusé l'ancien puits situé sur un ru temporaire souterrain.

élever le sol / stimuler la pédogenèse / tsp didp / 3p40K

élever le sol / stimuler la pédogenèse / tsp didp /Publié le 12/10/2018 / agrinature fukuoka

terrasse soli-pluviale / didp drainage d'irrigation de pédogenèse /  Publié le 04/11/2013 /

terrasse soli-pluviale / DIP drainage de pédogenèse / 3p

aux rencontres de ciel & terre

  • du volume dans le jardin en mouvement - la terrasse soli-pluviale / le drainage d'irrigation par pédogenèse

Nous introduisons du volume dans le jardin en mouvement.

  • Avant les tracteurs, les terres étaient travaillées très en surface & selon les courbes de niveau, non pas parce que nos ancêtres étaient de plus de vertu que nous, mais simplement, car les animaux de trait n'avait la force musculaire que de cela.  En conséquence, les parcelles étaient à taille humaine & disposées en terrasses.

Ce qui rendait la culture en terrasses nécessaire était par exemple l'usage de la jachère qui  consiste à travailler un sol répétitivement, le laissant de ce fait toute une saison sans couvert.  Cet usage des jachères brunes nous montre que les méthodes anciennes étaient fort éloignées de l'agriculture naturelle qui consiste à garder toujours un sol couvert.  Pour trouver trace de l'agriculture naturelle, il nous faut voyager bien plus loin dans le temps vers la Rishi Keti de l'Inde védique ou dans l'espace, avec les traditions de semis sous couverts vivants & des mélanges d'espèces que pratiquaient les natifs des Amériques.

  • Les terrasses d'antan n'existaient pas par une vertu supposée des anciens.  Leurs talus n'étaient en fait que des limites de parcelles ainsi que cela est vu encore de nos jours dans les rizières des Philippines, d'Indonésie ou de Thaïlande.  Lorsque la pente est faible, comme c'est le cas en ces rizières, la terrasse n'est pas ourlée par un muret, mais d'un simple talus de terre.

Pour constituer le talus, il n'est rien à faire - do nothing.  Il s'établira de lui-même s'il est traité comme une limite, c'est-à-dire une ligne pas ou peu fréquentée du pied des humains & du bétail & épargnée de leur dent aussi.  Plus tard, souvent sur le talus ainsi épargné, des épineux s'installent qui le protégeront alors vraiment de la dent trop hardie & du pied trop véloce.  En ces processus d'apparition du talus & de son maintien, nous voyons le caractère spontané à défaut d'être naturel des micro-terrasses.  Elles se construisaient d'elles-mêmes par pratiques & traditions, selon les us & habitus du bon sens : il fallait pouvoir utiliser la terre sans qu'elle ne s'érode & délimiter les parcelles afin que chacun puisse reconnaître sa propriété.  C'est par ces deux nécessités que les micro-parcelles de jadis s'établissaient & se maintenaient, par interaction entre les forces naturelles & la fréquentation d'un lieu par des paysans

  • Pour le résumer en quelques mots, les terrasses existaient jadis par la nécessité du collectif agricole & rural du temps.  Ce qui justifiait leur présence à quadriller les paysages étaient l'absence de moyens mécaniques, la structure des parcelles en petites propriétés, & l'impératif d'empêcher les sol mis à nu de s'écouler avec les pluies de mars ou de juillet.

Ces terrasses spontanées d'antan - spontanées en ce qu'elles sont dépourvues de murets de soutien - nous les nommons "terrasses soli-pluviales" car elles sont bâties toujours par l'action conjuguée de la croissance des plantes & du sol & de l'effet des pluies à niveler le terrain entre deux talus.  Un talus sépare deux terrasses.  De ce fait, il empêche les eaux pluviales de s'écouler, les force à s'infiltrer dans le sol.  Par sa seule présence, son existence même, il permet aux terrasses de se constituer, car l'eau des pluies tend à rendre horizontal le sol de la terrasse en s'y infiltrant du fait qu'elle ne peut ruisseler.

  • Les terrasses soli-pluviales sont bâties, édifiées en continu en un mouvement sans fin ni interruption semblable à une réaction chimique d'équilibre où les deux réactions inverses ont lieu simultanément & de ce fait s'annulent.  Dans le cas des terrasses spontanées, deux forces égales & opposées interagissent aussi.

D'une part, l'énergie du soleil confère aux plantes la capacité de croissance de l'écosystème par production d'une biomasse qui va s'accumuler.  C'est cette énergie qui par les processus de l'humification est  dévolue ensuite aux êtres vivants du sol : les racines, les animaux qui creusent des galeries, les lombrics, les microflores & microfaune du sol.  Par leurs activités en son sein, ces êtres du sol font croître en volume, gonfler celui-ci.

  • La force qui d'autre part agit sur un sol en sens inverse de son gonflement est celle exercée par les précipitations.  L'eau permet la photosynthèse & la transpiration des plantes, mais avant cela, elle doit pénétrer le sol, l'imbiber, ce qui a l'effet inverse de niveler progressivement la terrasse à mesure qu'elle s'élevait par le gonflement dû à l'activité biologique.

Nous voyons ici que l'énergie lumière est une force qui élève le terrain, tandis que l'eau des précipitations rétablit son nivellement toujours.  De l'équilibre de ces deux éléments, le feu qui toujours monte & l'eau qui toujours descend, la terrasse soli-pluviale naît.  L'équilibre des deux forces continues ou alternées - vers le haut & vers le bas - est trouvé dans la formule biochimique de la photosynthèse qui utilise en égale proportion l'eau & l'air, la chaleur & la lumière.

  • eau + dioxyde de carbone + énergie = glucose + oxygène / H2O + CO2 + Energie = CH2O + O2

terrasses soli-pluviales - sun-rain terraces

  • Hors de la présence humaine il nous semble bien qu'il n'y aurait pas de terrasses, n'est-ce pas ?  En revanche, du fait que les humains subdivisent un lieu en parcelles, des terrasses spontanées apparaissent si une des deux conditions suivantes sont réalisées.  La première condition est celle d'une société humaine où les moyens d'action sont limités.  La seconde est celle de la prise de conscience par la société comme collectif du fait que nos actes, actions & pratiques induisent un risque d'éroder les sols, de favoriser l'emportement par les eaux d'écoulement ou les vents de leurs éléments les plus fins, les plus précieux que sont les argiles.

Il existe une corrélation souvent entre ces deux conditions.  Avec l'augmentation des moyens mécaniques & de la chimie que l'usage du pétrole permit, le développement des techniques & la multiplication des machines, se trouve menacé notre niveau de conscience en la matière de la fragilité des sols & de l'impératif qui en découle de les protéger.  Lorsque nous disposons de petits moyens, nous portons une attention extrême à chaque acte afin d'économiser autant que faire se peut nos efforts.  Avec l'augmentation des moyens, notre attention diminue en égale proportion.  C'est lors que nous commençons d'éroder les terres.  Redécouvrir les terrasses soli-pluviales s'inscrit à cet égard en une voie vers une reprise de conscience en agronomie, un retour à la pédogenèse, la reconstruction des sols.

  • En pratique, en agrinature nous recherchons sur un terrain donné les positions possibles des talus qui deviendront des ruptures de pente, ces courbes de niveau où par choix nous cesserons nos déambulations vers le haut & vers la bas.  C'est la rupture de notre circulation sur ces lignes qui fera naître des ruptures de pente qui plus tard deviendront des talus.

Par lecture du paysage, nous pouvons déterminer, définir quelle sera la position, le lieu de ces limites entre terrasses, pour ensuite les reconstruire selon les traces du passé ou selon des tracés nouveaux.  En pratique, le choix sera souvent un compromis entre ces deux options car ancien & nouveau ne sont que des cadres de référence approximatifs, indéfinis.  Les passés eux aussi connurent bien des variations & ne sauraient à cet égard être une référence unique selon l'échelle de temps choisie.

  • Bâtir un talus entre deux terrasses soli-pluviales est un non-faire.  Ce talus naîtra de interruption de notre circulation sur une ligne de terrain que nous avons déterminée par avance, discernement & choix.  Le processus en entier d'établissement en terrasses demandera environ une dizaine d'année.  Il peut être accéléré par des semis ou plantations sur la ligne du talus.  Même si nous n'y faisions rien, nous abstenir de circuler sur cette ligne du terrain suffirait à ce que des plantes, arbres & arbustes spontanés s'y installent.  Ces plantes aussi, pérennes & annuelles, par expansion de leurs racines contribuent à fabriquer le talus, en désigner la position, en fortifier la structure.

Certes, ce temps fixé de dix ans peut paraître long.  Il n'est cependant pas un temps d'attente où rien ne se passe.  Au cours de ces années délicieuses, la configuration du jardin advient, les parcelles agricoles nouvelles se dessinent comme sorties de terre.  Au fil de ces ans, nous observerons avec attention, utilisant la mémoire du corps. Goûter ce spectacle d'un mouvement immobile de la terre convoquera en nous de l'imagination, de l'anticipation & de la subjectivité.

  • A chaque saison au cours de l'élaboration des terrasses, nous assisterons à un théâtre silencieux que les oiseaux égaient, la motion souterraine de ce sol qui contient les quatre cinquièmes des êtres vivants & de la biomasse des continents, le soulèvement de cette marée vivante que tant d'humains ne savent pas déceler.  Le sol qui nous porte flotte sur la croûte terrestre qui elle-même flotte sur le manteau.  Le sol aussi se mêle aux aquifères & porte comme un radeau les êtres vivants.  Comme la coque d'un navire est dans la mer, le monde vivant aussi est en sa plus grande part dans le sol, ce fluide.

Ayant introduit du volume dans le jardin en mouvement, nous prenons conscience de cette expansion possible d'un sol qu'on aime.  Au cours de ce court laps de dix ans, nous verrons le sol gonfler & notre joie s'expandra en proportion.  Ensuite, ce mouvement se poursuivra sans fin.  Nous ne nous y habituerons pas pourtant & il nous deviendra tout aussi indispensable que le vent, le soleil & la pluie, que l'hiver & l'été, que les joies & la peine. 

  • le drainage d'irrigation - irrigation drainage

Il est une seconde motion apparue sur la ferme de mars au fil des ans.  Nous pourrions la nommer le drainage d'irrigation ou drainage de pédogenèse.  Elle possède un lien organique à la terrasse soli-pluviale.

  • Dans le bocage conçu comme un système ancien de terrasses, ainsi qu'il fut exposé à l'article 7.5 apparaît le triptyque talus, haie, fossé.  L'essartage au néolithique érode le sol, faisant apparaître les pierres qu'il contenait.  Les paysans les collectent pour les déposer au bas du champ.  Ainsi apparaît le talus.  Entre les pierres du talus, les oiseaux sèment des fruitiers épineux qui progressivement tissent une haie vive.  Dans le berceau d'épines, s'installent plus tard des arbres de haut jet.  Selon la présence de sources ou d'écoulements, des fossés devront être creusés ensuite, parfois en amont du talus & parfois en aval de celui-ci.  Le fossé creusé en amont d'un talus sert à l'écoulement des eaux pour qu'elles traversent le talus & s'infiltrent en sous-sol à la faveur du système racinaire profond de la haie.  Un fossé creusé à l'aval recueille l'eau qui provient de la parcelle du dessus pour la faire s'écouler sans gène dans la parcelle basse.

Avant l'existence du réseau de terrasses qu'est le bocage, ces eaux qui s'écoulent étaient des ruisseaux temporaires, voire permanents.  La délimitation des parcelles au temps de leur création respectait à l'origine le faisceau des rus temporaires qui exista avant la venue des humains.  Il était calqué sur la position des sources, adapté aux lignes de talweg qu'elles tracent.  Avec le temps par érosion, le relief s'use, s'arrondit.  Till en Anglais provient de l'Allemand ziel qui donna cible en Français.  Avec l'invention du travail du sol, dès le début de l'usage de l'araire de bois, le sens d'origine de ce travail le limitait à tracer des lignes sur la terre, de petits sillons pour y semer les graines..

  • Pour s'adapter à ces pratiques, la configuration des parcelles évolua pour leur donner des limites plus droites, mais tout en maintenant aux eaux de surface la capacité à s'écouler.  Les parcelles étaient à la taille des humains & la gestion de l'écoulement forcément le fait du collectif, ainsi que ce jour toujours pratiqué dans les paysages de rizières.

Avec le regroupement des parcelles & l'extinction de la connaissance fine du terrain, conséquence du génocide de la caste paysanne en 1914, une grande part de ces fossés furent détruits, oubliés, ou disparurent au simple mépris des lois du sol qu'autorisent l'industrialisation du métier agricole avec l'emploi de machines puissantes & de produits de synthèse.  Les plus importants d'entre ces fossés, qui coïncidaient avec des ruisseaux plus permanents, on transforma parfois en drains ou pire en buses souterraines en vue de réunir des parcelles contigües.

  • A l'inverse des rigoles de surface qui fonctionnent en synergie du talus & de sa haie, les drains & buses sont des calamités du point de vue de la pédologie, de la climatologie, de l'agronome & des écologues naturalistes, car ils traitent l'eau comme une ressource accessoire, superflue, voire une ennemie, tendant à séparer le sol de son eau selon la même idée de l'agriculture chimique qui voulut dissocier les plantes de leur sol.

Les rigoles au bord des parcelles ou en d'autres points servent à deux effets.  En la saison hivernale, elles permettent aux eaux des précipitations de s'écouler lentement, nourrissant, fertilisant le sol.  En la saison estivale, elles peuvent jouer le rôle inverse de collecter les eaux d'excès lors de pluies soudaines ou au contraire continues, jouant en ce cas le rôle de canaux d'irrigation temporaires.

  • Ces deux mouvements vers le drainage de surface & vers l'irrigation de profondeur peuvent advenir en toute saison selon le régime des précipitations alternativement rares & abondantes.  Ils confèrent beaucoup de souplesse à l'économie hydrique de l'ensemple qu'est une parcelle habitée des plantes qu'elle porte, puisqu'en Agrinature, le sol n'est pas nu.  Ils permettent ainsi une utilisation maximale ou optimale de l'eau reçue par un sol & ses plantes & ce en tout instant de l'année.

 le drainage de pédogenèse

  • Par observation des parcelles au cours d'une année, nous pourrons creuser ces rigoles aux endroits des parcelles où elles s'avèrent nécessaires.  Elles seront utiles si des point trop humides existent où elles joueront le rôle de drain temporaire.  Elles sont de besoin aussi partout à l'inverse où des écoulements soudains pourraient se manifester pour empêcher ou freiner tout emportement du sol par l'eau en rendant obligatoire son infiltration.

Il s'agit bien d'un drainage d'irrigation, un drainage de pédogenèse qui rendra au sol, aux cultures & aux arbres & arbustes la capacité d'utiliser à l'optimum l'eau, les neiges & les pluies reçues par un terrain.  Lorsqu'un tel système de fossés & rigoles est installé sur des parcelles, les plantes & le sol fonctionneront à l'optimum que le climat & la conformation du lieu permet.

  • Dans de telles conditions, la genèse des sols est très active puisqu'ils sont toute l'année bien alimentés en eau, sans excès ni carence, autant que le ciel le permet & puisqu'ils sont habités de plantes en permanence.

Selon la classification des cinq éléments nous avions défini un sol comme l'espace prospecté par des racines.  Dans les sols ainsi nourris par des rigoles en ce drainage d'irrigation, les racines des cultures, des plantes & des arbres s'approfondissent sans fin.  En descendant plus profond, elles créent plus d'espace dans le sol.  C'est la pédogenèse par le bas.  La pédogenèse par le haut se réalise quant à elle d'une part par le gonflement d'un sol que structurent les activités de vie, croissance & développement des êtres vivants en son espace, les racines, les animaux foreurs, les lombrics & d'autre part par l'incorporation d'humus au sol.  Cet matière humus reçue est la nourriture, la substance & le moteur des activités de vie des végétaux, animaux, microflores & microfaunes du sol.

  • En permettant un usage total de l'eau reçue, si les rigoles creusées en des points des terrasses où elles se révèlent utiles, elles accomplissent réellement bien un drainage de pédogenèse.  Rendant libre & facile l'alimentation d'un sol en eau, elles contribuent à l'abondance de la vie en son sein.  Cette vie des animaux foreurs & des racines aussi définissent, accroissent le volume du sol, son espace. C'est ainsi que le drainage d'irrigation contribue à fabriquer le sol.

Nous définissions la richesse d'un sol par l'abondance des éléments les plus subtils que sont l'humus, l'air & le volume.  Le volume est d'espace, l'élément un, de la plus grande fertilité.

  • Comme dans les rizières, le complexe constitué des terrasses soli-pluviales & rigoles du drainage de pédogenèse permettent aussi un ajustement du niveau d'eau dans le sol, de le limiter en hiver ou en saison de pluies continues & le laisser naturellement monter en été ou pour retenir & mieux absorber les rares précipitations des périodes de déficit hydrique.

C'est un système où l'eau peut régler naturellement son débit à condition que les mesures anti-érosives aient été prévues.  Elles sont notamment des bassins de rétentions & des banquettes herbées en amont d'un talus.  C'est comme en l'écosystème des rizières un réseau de micro-parcelles où la présence humaine est nécessaire.  Il fonctionne par lui-même en incluant en son fonctionnement une très discrète intervention des humains du lieu.  En cela il exprime aussi l'esprit qui préside à l'agrinature.

  •  la marche sans pensée à habiter la terre

Comment se forme le paysage ? Quelles forces contribuent à son élaboration ?

  • Les 5 éléments se manifestent par la géologie, le climat, le vivant, les respirations, l'histoire, la culture & la modernité.

Nous pensons le paysage comme une image,

  • semblable à celle perçue au travers d'une fenêtre ou pire encore comme le tableau d'un maître.  C'est oublier que nous pourrions faire usage des cinq sens & que d'entre-eux la vue est le plus grossier.

Le paysage est en marche.  C'est par la marche surtout que nous pourrons l'habiter.  Randonner en un pays sans pensée, toutes perceptions des sens ouvertes, c'est méditer enfin sur sa réalité supposée.  Apercevoir, ressentir, savoir, traverser un terroir comme chaussés de bottes de sept lieues, portés par l'oxygène pur des contrées libérées.  Écouter la cloche au loin qui échoie l'heure d'un village oublié.  Anticiper les effluves du lavandin sous les neiges de décembre.  Sentir le vent porteur des mémoires effacées.  Goûter le serpolet auprès de la source qu'une lune caressera bientôt.

  • Nous voyageons dans un paysage.
  • Il façonne notre percevoir.
  • Il nous relie aux anciens mondes.
  • Nous le déciderons plus tard.

Par les 5 sens nous formons contact envers les éléments qui se manifestent en 5 formes d'action.

  • L'élément terre sont les roches que l'orogenèse disposa ici il y a de cela long temps.  Des montagnes sortirent de l'océan, élévation verticale sous la poussée potentielle en stock dans le manteau terrestre.  L'eau des déluges, la neige & la glace des froidures, érodèrent la montagne faisant descendre les atomes de son roc vers des plaines nouvelles.

La chaleur du soleil fit pousser les plantes en forêts entières de Carbonifère luxuriance élévation verticale renouvelée.  Ainsi la biosphère à son tour s'édifie, enfle la terre d'habitants qui la peuplent, plantes & animaux en combats singuliers, coalitions fougueuses.  Le vent lors emporte la danse, vecteur horizontal.  Blizzard, il recouvre tout de givre, fœhn il réchauffe, ou vent de mer qui transporte les pluies ce façonneur génial d'un pays.

  • L'élément le plus subtil & qui de ce fait contient les quatre autres est nommé espace en son terme de neutralité,
  • éther si nous le subodorons un canevas qui sous-tendrait tout ce qui entre en existence,
  • le temps enfin lorsqu'il rend possibles les transhumances, les transmutations,
  • les métamorphoses, évolutions, & métempsychoses.

L'espace se manifeste sous les formes des activités biologique & humaine. Il se poursuit en migrations, artisanats, tradition, les formes de la culture, l'historiographie du passé & les décisions de la géopolitique.

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  • Foehn wind : A föhn or foehn is a type of dry, warm, down-slope wind that occurs in the lee of a mountain range. It is a rain shadow wind that results from the subsequent adiabatic warming of air that has dropped most of its moisture on windward slopes through orographic lift.When the wind blows from inland, the result is hot dry foehn winds. The difference in moist adiabatic lapse rate & the dry rate is the cause of foehn wind phenomenon also known as “Chinook winds'' in parts of North America. Wikipedia

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  • keriadenn le 22/03/2014 : Bonjour Ben, je ne donne suite qu'à ton premier paragraphe, l'autre est de ceux que je lis aux moments "olympiens".  Se pose la question de la terre, l'humus, le substrat qui va remplir les godets.  Je viens de transplanter de nombreuses plantules d'artichaut germées à même la fleur fanée du pied-mère, du fait de cet hiver doux quoique tempétueux, dans un mélange à base de broyat de chanvre récupéré près d'une zone de stockage agricole.  Ce mélange me paraît intéressant & je le teste.  En quelques points, il grouille d'animation, de vers de terre.  J'ai un faible inconsidéré pour ces animaux, qui peut faire sourire le psy qui rigole au café du commerce, mais leur fragilité, leur lumière rosée, leur grâce ondulant dans l'épiderme de notre planète me ravissent.  J'ai lu dans un cahier de biodynamie que du sang rouge - avec fer - coulait en eux.  L'autre idée qui me tente est de caler le godet dans le terrain d'implantation définitif, en transférant le volume de terre soustrait dans le godet.  J'aurais tendance à mulcher autour du plant avec des herbes vigoureuses coupées ici et là, tendres ou non. Je peux te communiquer une photo de la "vieille" ! fleur d'artichaut et de sa première plantule !  Quelle joie ce fut alors de la découvrir.

marssfarm le 22/03/2014 : Bonjour Florence.  La photo m'intéresse, oui.  Le substrat des godets & alvéoles est d'humus.  On peut utiliser le terreau de dessous le tas de compost.  Si le godet est petit & la plante peu exigeante en nutriments comme les laitues, tout substrat léger convient.  Pour les plantes plus exigeantes comme les courges, les choux, les tomates & les plus grandes quantités, on peut acheter le terreau du commerce.  Le trou de plantation devra être plus petit que la motte à y introduire afin de planter en très légère butte.  En un sol tendre comme il devrait être le cas en Agrinature, il est intéressant de planter à mains nues, soit sans outil.  Le verbe planter tire son origine du fait qu'il était loisible de tasser la terre avec le pied en finition de l'acte.  A l'inverse, en Agrinature, nous ne tassons pas.  Former au contraire la petite butte avec un peu de sol ou terreau rapportés & planter de préférence avant une pluie qui tassera le sol bien assez.  En cas de sécheresse, c'est le premier arrosage qui installera le plant en sa place nouvelle.

  • Planter sans outil pour peu que nous n’ayons pas à le faire tout le jour ou tous les jours sous peine de voir les extrémités de nos doigts rongés, est un mode de travail qui offre une relation directe du corps au sol.  Pouvoir procéder ainsi est un test de santé du terrain, de l’extrême tendreté qui caractérisera ceux que nous traitons avec la tendresse qui sied au jardiniers en non-violence.
23.12 - résonance de sol, paille & branche - p
  • résonance de sol, paille & branche...

Sepp Holzer invente, enfant, la permaculture. Il illustre ce faisant la réalité de l'avatar capable de puiser à tout savoir disponible aux plans subtils.

  • Modifier la topographie du lieu est un aspect de la permaculture. Cultiver en buttes est-il conforme à l'agrinature ? A l'évidence non à l'instant où le travail est réalisé, car il relève d'une intention mûrie, pensée, prévue, réfléchie, engage lors une dépense d'énergie énorme & demande d'ouvrir le sol comme en une opération de chirurgie.

Une rizière appartient à un maillage plus vaste construit de main d'homme en patience & union. Comme les terrasses d'un bocage, des Philippines ou des Andes, les paddies forment un paysage stable, bénéfique, ancré dans la culture de bien des contrées.  Pour que l'agriculture naturelle agrée le type de travaux consistant à façonner à ce point un territoire, sept conditions nous sont un prérequis : que l'ouvrage ait taille humaine,

  • qu'il soit réalisé par un collectif,
  • qu'il puisse perdurer sans le besoin d'interventions ultérieures,
  • qu'il soit profitable au bien de tous, de préférence dans le cadre précis d'une tradition
  • & qu'il génère une accélération de la pédogenèse, la croissance en profondeur - élément 1 ou espace - du sol au lieu considéré.

Le dernier aspect pour qu'un ouvrage de ce type nous soit agréable sera son résultat en un paysage beau, une harmonie des formes certaine.

  • Par la nécessité du maintien, de l'entretien & l'usage en partage du réseau de canaux qui alimentent les rizières, les peuples d'Asie héritèrent un caractère social.  A l'inverse, la disparition des bocages en Europe coïncidait avec l'affirmation par ses peuples des valeurs & droits des individus au détriment des communs jadis gérés par les communautés locales de vie.

Un sol fertile est facile à définir : il est l'accumulation antique de déchets, débris & excréta non toxiques.  Le Limousin à ce jour tout arrondi était encore il y a peu terrasses aiguës & micro-terrasses en demi-lune. 

  • commentaire de keriadenn le 01/11/2013 :  Trouver, découvrir ou concevoir ce nouveau commun, quels que que soient nos moyens, ce nouveau commun ou ces communs, tenus que nous sommes de valeurs individualistes encore récentes, immatures, venant de nos itinéraires variés. Nous sommes en Occident ancien, Celtes, romains, barbares du nord : héritages profonds, largement guerriers, teintés du goût de l'organisation, de la pénible hiérarchie. Je ne renâcle ni à l'individualisme, ni à la solitude, ni à l'abstraction. Ce sont des ingrédients valides, & je voudrais les faire déguerpir, qu'ils riraient de moi. L'épiderme d'un seul est contact & reste ouverture. L'intérieur s'harmonise à l'occasion, en respiration. Je suis architecte de déformation, le suis à tout propos, quoiqu'au ban. Il se pourrait que l'être humain soit architecte par nature. C'est toujours avec celui-ci que je dialogue. De par ma déformation, l'aigu des moyens que l'on m'a transmis, je "réflexe" et perçois spécifiquement. Et la liberté conceptuelle de l'espace m'est acquise, liberté dramatique & possiblement pathologique, essentielle en partie & tout. Communauté, société, non-agir, donné - au sens philosophique que j'emprunte à Maurice Merleau-Ponty - agriculture naturelle en sont des chemins plausibles de réalisation, tout comme celui de l'architecte pèlerine de l'ami japonais que je deviens, maladroitement sans doute. L'on peut toujours s'ébrouer & enlever ou fissurer la peau devenue écorce. Il y a quelque chose de sacré - de je ne sais quel sacrifice - qui soutient. Fukuoka tient la lanterne. Le tâtonnement est du lot. La lecture de ton blog en entier m'a donné une flamme intense. Mais je ne suis pas de lignine & les champignons préfèrent le déchet. Keriadenn est au fond d'un vallon. La dernière terrasse des agriculteurs barbares contemporains. Tous les déchets y confluent, immondes & bienfaisants, en mélange. J'ai tendance à me baisser pour l'instant, ça ressemble à me cacher quand leurs machines passent. Nulle question de voir s'éteindre la flamme pour autant.

laisser s'élaborer le jardin en mouvement

  • L'orient & l'occident sont jumeaux.

Un japonais d'éducation moyenne maîtrise pour le moins deux langues & cinq alphabets.  Un citoyen de Bharat (1) parle au moins trois ou quatre langues, celle de son village, celle de son État, l'Hindi ou le Tamil & du dialecte d'Elisabeth.  Les habitants de nombreux pays d'Afrique connaissent le même cas.  La connaissance de chaque langue implique une part au moins de la culture qu'elle convoie.  En Europe, il en était ainsi avant quatorze. Désormais en occident, nous parlons plusieurs langues très modernes & plus riches en chiffres que de lettres - la langue de la technologie, de l'administration, de la mathématique, de l'économie mâtinée de finance, de la publicité, de l'informatique & celle très répétée des journaleux.  Ici est une différence encore entre est & ouest.  Elle a trait à l'histoire, un temps défini du temps qui se déroule avec décalages en divers lieux.

  • Existe toujours la tentation à voir un jardin à la manière d'un architecte, à nous rebeller contre le naturel de la nature

Sur la ferme de mars, il est un lieu où se bâtissent des terrasses telles que j'imaginai qu'elles étaient il y a sept mille ans, selon les diaclases que le granite brisa il y a sept millions d'ans.  Donner l'occasion à des terrasses de se rebâtir de cette manière prendra dix ans au cours desquels j'observe, regarde, contemple un spectacle grandiose au ralenti.   Je le vois rapide pourtant puisque la célérité de croissance du sol au bas d'une terrasse est de l'ordre de quatre pouces l'an.

  • Sepp Holzer avec son bull ferait l’œuvre en dix heures, car il raisonne à la manière économique de ce temps, pour que le travail rapporte rente.  Ne vous trompez pas sur mon sentiment : j'admire la vigueur de cet homme énergique à l'invention & l'intervention sans détour, sa capacité à réaliser une ferme viable au plan économique sur des terrains que nul ne voulait plus coloniser.

Le pétrole n'est pas encore très cher & une grue possède une puissance de plusieurs centaines de chevaux-vapeur.   Un cheval-vapeur équivaut à trois chevaux animaux, car Denis Papin était un modeste.  Un cheval animal dispose en chacune de ses pattes de la force d'un homme.  Nous voyons ici que la grue que Sepp utilise accomplit l'effort d'une cohorte de trois mille hommes au moins.

  • Ces dimensions révèlent que nous aurions perdu toute notion de ce qu'est le travail au sens physique du mot, celui de transporter une charge vers le haut par exemple ou de cuire un plat.  Ce que la langue commune désigne sous les vocables des énergies fossiles nous brûlons depuis deux siècles.  Si la terre âgée de quatre milliards six cents millions d'ans avait quarante six ans, Papin serait né il y a deux minutes & en ces quelques instants nous brûlâmes une bonne part des matières carbonées fixées par les fougères arbres au Carbonifère du Paléozoïque & des pins (2) au Trias du Mésozoïque il y a de quatre à deux cents millions d'ans.
  • Selon cette échelle de comparaison, un siècle équivaudrait à environ trente secondes.  Par lecture de cette même échelle, les énergies fossiles sont de la lumière de rayonnement solaire stockée pendant quatre ans & que nous brûlons en deux minutes.  La proportion illustre bien l'âge des destructions que nous traversons quand nous sommes si aptes à consumer & si peu à inventer une économie de long terme.  La proportion devient vertige si nous mettions en balance, non pas les quatre ans - quatre millions de siècles en réalité - de photosynthèses très intenses, mais les quarante-six ans de la planète au regard d'une pincée de minutes de notre culte de Vulcain.

Dans la construction d'un jardin, des alternatives se font jour.

  • Nous pouvons le concevoir à la manière d'un architecte pensant - & je crois avoir insisté sur la misère de la pensée en comparaison de la contemplation, de l'ouverture à ce qui est – qui dépensera de l'énergie & de l'argent pour le résultat orgueil d'un paysagiste jardinier.
  • Nous pouvons aussi soumettre le mental bavard, commencer d'écouter, chercher dans d'infimes détails ce que l'architecte granite en la Pangée voulut pour ce lieu depuis toujours, pour au fur & à mesure de la captation de cette perception nous plier à sa volonté ainsi que les plantes le font, captant au long terme la rotondité du soleil & la courbure de la roche, l'ellipse des lunes & l'angularité du cristal...

L'architecte qu'est la planète vaincra quoi qu'il arrive, maintenant ou après nous - lorsque l'humanité aura quitté ce monde.  Je vous propose d'être le canal de ce qu'il décide, qu'il vous utilise en vos méditations.   Vous verrez lors devant vos yeux réjouis surgir manifestées des forces que vous ne soupçonniez pas.

  • Laisser s'élaborer le jardin en mouvement (3) par ce chemin de traverse prendra dix ans durant lesquels l'être, le sol, les plantes, le lieu, la beauté grandissent devant les yeux éblouis de ceux seuls qui savent voir - selon les mots mêmes de Saint-Ex, habitant désormais de l'astéroïde B 612 (4).

J'aperçois désormais que les deux perspectives ne se contredisent pas.

Tout est possible en matière de jardinage.

Un jardin par définition est l'espace ultime où exercer notre liberté.

Les trois mots qui me guident sont pédogenèse, recyclements, discrétion :

construire du sol ici, ne pas rejeter de déchets là,

ni dans l'atmosphère en brûlis, ni dans la nappe en écoulements ou lessivages chargés

& n'utiliser de machines que dans le cadre d'un strict indispensable.

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  • (1) Bharat est le nom ancien de l'Inde. - (2) La haine des pins que confessent bien des écolos me laisse songeur quand je pense que la terre les inventa avant même les dinosaures.  Nous devrions les vénérer pour leur capacité extraordinaire à fixer le carbone.  Nombre d'espèces de conifères sont en voie d'extinction.  La photosynthèse des archées apparut quand à elle quatre milliards b.p. (before present).  Ces êtres simples inventèrent & fabriquèrent aussi les roches calcaires, subsratum des plaines à blé.  Dans le pragmatisme de leur être, inventer & fabriquer ne sont qu'un seul acte.  Elles firent enfin abonder l'oxygéne, ce poison devenu bien plus tard notre comburant. - (3) idée inventée par Gilles Clément. - (4) asteroid 46610 or Besixdouze (1993TQ1) belongs to the asteroid belt between Mars and Jupiter.  Its diametre may be a few dozens kilometres.

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le bocage, rizières d'Europe - gestion en commun des eaux, des sols & des plantes - paddies of Europe

  • Le bocage était un mode de gestion collectif des terrasses, haies & fossés en tous points comparable aux systèmes des rizières toujours en cours en de nombreux pays. Les rus d'origine y étaient quelque peu déviés pour former des fossés qui suivaient un tracé nouveau pour leur écoulement en limite des parcelles afin de laisser la place de leur espace libre.  Dévier un peu un ru de son cours naturel avait l'avantage de mieux abreuver les sols en en ralentissant quelque peu son écoulement, mais sans l'arrêter pourtant.  C'est ainsi que ces rigoles jouaient le rôle de minuscules canaux tenant lieu d'un moyen d'irrigation aux saisons du printemps & de l'automne.

Ces mêmes fossés & rigoles devenaient en cas de pluies soudaines ou durables les voies d'un drainage de surface.  C'est ce que nous nommons le drainage d'irrigation ou drainage de pédogenèse.  Parfois il existait des possibilités de dérivation vers une rigole ou l'autre en vue de les alimenter plus ou moins en eau selon les besoins. Je suppose que la profondeur d'écoulement aussi pouvait être réglée selon la saison pour rendre une parcelle plus fraîche ou plus sèche en fonction du besoin de la saison. Les châtaigneraies d'Ardèche pouvaient être ainsi irriguées par dérivation des rus descendant de la montagne à la fonte des neiges.

  • Les terrasses gardaient la terre & permettaient de ce fait l'irrigation.  Les arbres fabriquaient du sol & utilisaient la totalité de l'eau disponible en la profondeur du terrain.  L'eau, en droit romain moderne n'appartient à personne.  Le système du bocage relevait d'un autre mode d'organisation du commun où l'eau appartenait à tous & devait être partagée, où les arbres limitrophes eux aussi devaient être exploités en commun.  La production de fruits offrait une base alimentaire tout aussi solide que les moissons annuelles telles que céréales & légumes cultivés sur les minuscules terrasses des pentes.  Le bois que fournissait les arbres permettait la construction d'un habitat sain, solide & léger ainsi que la cuisson des aliments.

En notre modernité caractérisée par son machinisme, le mépris des ressources naturelles que sont l'eau, le soleil & la terre par exemple, & l'individualisme, l'abandon des communs & du sens d'appartenance à une communauté, les bocages ne survivent pas & devront s'effacer pour un temps.

  • A la ferme de mars nous recréons un bocage vieux de 7 000 ans.

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Le paysage du Pays Ouest Creuse est façonné par l’activité agricole.  Elle participe à l'accomplissement des aménités de notre territoire, ces aspects agréables de l'environnement ou de l'entourage social qui ne sont ni appropriables, ni quantifiables en termes de valeur monétaire.  Les agriculteurs aménagent le terrain afin de satisfaire leurs besoins & de fait ils créent des mosaïques paysagères composées de cultures & pâtures, très changeantes suivant les saisons.  La richesse en qualité de paysage & de nature du territoire est également liée à la présence des groupes & structures arborés, bosquets, haies & arbres isolésaux formes diverses qui rythment le pays et y assurent les fonctions sans nombre qui concernent l'écologie, l'agronomie, l'économie, l'hydrologie, l'énergie, la pédogenèse, le climat, l'épuration des eaux & de l'air & le tourisme enfin.

d'après la présentation de l'université du paysage, Dun-le-Palestel animée par Gilles Clément

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  • Avoir la terre comme jardin... de jeu.
  • Être de la terre comme d'un jardin... ouvert.
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  • un muret virtuel - a mind-made stone-wall

Il s'agit ici d'une terrasse antique.  Le paysan d'avant nous y avait ouvert une brèche pour passage, mais à cause de la pente, cela impliquait nécessairement de l'érosion, une migration de la matière sol depuis la parcelle haute vers le bas.  La conséquence d'une fréquentation libre par les humains, les machines & les animaux tendit au fil de trente années de surpâture sans gestion, à abolir les terrasses, les remplacer par une morne pente continue d'un sol tassé, engorgé & carencé.  Notre seul acte ici fut la décision de cesser de passer en ce point à fin de protéger les sols, leur donner une chance de revivre.  Les personnes avant nous étaient des écologistes à leur manière, mais voulant ignorer les règles de l'agronomie que les algues vertes inventèrent en sortant des lagons saumâtres il y a cinq cent millions d'années.  Nous vîmes en quelques années le dénivelé entre les deux parcelles se reconstruire par les jeux combinés des pédogenèses & des lessivages.  Sur les deux terrasses qui se recréent d'elles-mêmes, le sol reprend sa croissance & cesse d'être usé.  Les terrasses soli-pluviales apparaissent par la seule discipline consistant à ne plus traverser cette limite.  Nous utilisons pour passer d'une parcelle à l'autre deux points où l'érosion ne peut pas jouer du fait de leur configuration particulière en pente presque nulle, à chacune des extrémités de la limite recréée.  Replanter ici quelques arbres aurait accéléré le processus & marqué mieux la limite pour empêcher le passage des humains.  Nous aurions pu aussi s'il y avait eu un danger d'érosion, reconstruire au préalable le muret de pierres disparu en ce point.  Il est d'intérêt de constater que la terrasse se reconstruit même sans l'appui de ces deux auxilliaires puissants pour freiner l'érosion des sols que sont les arbres & les pierres.  Elle se rebâtit aussi sans action directe, par le seul non-faire.  Le non-faire découle d'une entrée en conscience elle-même née d'une observation fine qui se répète & ne cesse pas.

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invention des terrases soli-pluviales / tsp / la prairie céréale / Publié le 24/05/2012 /

invention des terrases soli-pluviales / tsp pc 2p*
  • à la Terranche / non-faire des plantes / doubler la surface.

la terrasse soli-pluviale, basse & vaste butte / Publié le 08/09/2014 /

  • de l'intérêt de conserver les terrasses dans les pentes - intuition & initiation de l'idée

Aux lieux en la parcelle où le granite affleure, nous laissons s'installer des arbres. Ils vont fabriquer du sol, offrir une barrière mécanique aux lessivages & ainsi reconstruire les terrasses.   La terrasse n'est pas naturelle.  Elle n'est pas non plus artifice ou artéfact.  Elle se trouve au point de contact du paysan & de sa terre.  Elle apparait plus ou moins spontanément lorsque l'agriculteur est attentif à ne pas éroder son sol.   Sans présence humaine, certes nulle terrasse n'existe. Le terrain d'une ferme s'établira en terrasses comme résultante du jeu des forces de la physique, de la chimie & du monde vivant lorsque le cultivateur a pris conscience par enseignement ou observation, de la somme complexe des forces en jeu.

  • ôter en un seul geste l'exposition & l'érosion

Il se trouve sur la ferme 3 parcelles pentues d'exposition nord-ouest au sol squelettique en une situation qui du point de vue de l'agronome ne fait pas sens. La forme de petites terrasses qui avaient existé au passé, graduellement depuis dix ans avaient commencé de ressurgir de la topographie. Je vis un jour soudain que quelques arbres subtilement alignés soulignent l'existence en sous-sol des failles sur lesquelles les micro-parcelles d'antan calquaient leur contour simple. J'entrepris lors de rebâtir ces terrasses par un labour selon les courbes de niveau, prenant soin de verser la terre vers le haut des terrasses. L'an prochain, sur neuf terrasses  reconstituées, le sol recommencera de se construire, croître en volume, en espace, affiner sa texture, fortifier sa structure.  Nous cesserons lors les opérations de travail du sol pour revenir au semis direct de plantes réputées pour leur fort enracinement telles l'avoine, la moutarde, le seigle.

  • Les 3 parcelles de fertilité médiocre d'exposition nord-ouest seront devenues neuf terrasses - sans exposition donc - dont le sol s'expand, s'élabore, s'accumule sans plus s'éroder. Les marches du terrain que nous sommes en train de reconstruire, comme dessinées par un architecte de génie, s'étageront chacune en bandes de 18 pas de large & de 210 de long.

J'entrevois encore déjà, dans quelques années d'ici, sur la banquette de soutien de chaque terrasse de jeunes châtaigniers pommiers, pruniers qui les drainent, maintiennent, protègent, édifient, renforcent...

  • 7 000 ans d'attente - Mountains know patience.

Ces 3 parcelles au sol stérile d'exposition dénuée de sens m'interrogeaient sans que je puisse y découvrir quelque réponse. Une haie demeurait au milieu d'elles, mais selon la plus grande pente, ce qui la rend sans objet. J'ai travaillé, ainsi que la science agricole & la technique de l'usage des tracteurs l'enseignent, dans le sens de la pente & seulement à la montée. Remontant ainsi de la matière, j' avais anticipé de voir la pente augmenter. Pourtant, c'est le contraire qui se produisit : la parcelle s'arrondissait comme un ventre où l'embryon germa.

  • Scrutant mieux, je vis des ruptures dans la pente.  Il se trouvait des zones de roche affleurante où j'avais laissé de jeunes arbres croître dans l'espoir qu'il fabriqueraient un peu de sol en ces points là.

Autour des 3 parcelles, des bois.

  • En leurs lisières, réminiscence des haies anciennes, quelques gros chênes ça & là marquent les points de quelque fissure du roc où leur racine s'insinue.

Par une vision plus pénétrante tournée au-delà des temps, plus loin que futur & passé fixant l'intensité du cours des ans, je découvris peu à peu les correspondances subtiles entre ces signes divers que la terre me donnait. J'y scrutais un entendement, une cohérence. Un jour de découverte enfin, je vis les plus aiguës parmi les pierres des murets coïncider aux lieux de rupture de pente & en même temps à la présence des arbres remarquables. - chênes énormes poussés sans sol.

  • Je trouvai plus tard encore que ces arbres s'étaient disposés selon des lignes qui courent d'une parcelle à l'autre, comme quelque trait d'union tiré par l'architecte d'antan, la force orogénique elle-même en une ère d'avant, celle de la sortie de l'océan du continent Pangée, avant la force érosive plus tard ensuite appliquée par l'eau, les tempêtes, les incendies, le gel, à l'Himalaya Massif-central.

Je commençai de voir lors que les 3 parcelles du cadastre de la fin du vingtième siècle étaient le résultat démembré par le parcours abêtissant des tracteurs propulsés à l'huile de pétrole.

  • Arpentant les pentes enfin, je découvris que ces lignes sont effectivement des parallèles faisant face au nord-ouest & d'une équidistance de dix-huit pas plus ou moins très exactement.   Les diaclases auxquelles ces lignes correspondent étaient apparues lors de la constitution du massif hercynien il y a 300 millions d'années.

La géométrie de rigueur des cristaux quartz & orthose se multiplie, s’agrège, enfle, élabore ce faisant le design de perfection d'un pan de montagne. L’aléa que trop souvent la nature aime à divulguer, toutefois introduira parfois dans la macrostructure une très légère irrégularité qui en son rôle va démanteler en la renforçant cette rigueur mathématique dans l'ineffable altérée pour y voir naître la beauté d'un pays.

  • Les terrasses dont la direction suit le sens des diaclases furent bâties par le génie des premiers agriculteurs venus de sud & d'est il y a dix mille ans.

Le dessein de leur sagesse sut d'emblée que l'exposition nord-ouest est la plus favorable, bénéficiant du feu brûlant de l'août & des pluies adoucies de mai & novembre tout à la fois, à l'abri des tempêtes de sud-ouest. 

  • Nous reconstruirons les neuf marches de 18 pas & les parcelles seront tantôt les plus fertiles du lieu.
  • Je ressens que le granite ici s'y attend - il nous attendit 7 000 ans durant.

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  • un plant de seigle si grand que rouvre

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  • L'arbre de Mars laisse place à l'arbre à pain. - La photographie est prise depuis la parcelle du bas.  Le dénivelé entre les deux terrasses s'accroît d'année en année.  Il est d'environ deux mètres, soit le triple de ce qu'il était il y a dix ans.  Notre principale œuvre pour reconstituer ces terrasses consiste à utiliser cette limite haute de la parcelle basse comme chemin du tracteur.  Nous devinons au centre, mêlées à de la terre & des pierres les racines d'un vieux chêne chablis par le vent d'ouest il y a quelques années.

A sa chute plusieurs raisons contribuèrent.  Le facteur premier fut de rouler en tracteur sur ses racines les plus fortes du côté ouest.  Le second facteur est le chamboulement du terrain que cette simple circulation occasionnelle occasionne : un dénivelé de deux mètres créé en dix ans.  Sous la terre du talus on trouve les pierres du muret des terrasses antiques dont l'âge remonte à plusieurs millénaires.  Le troisième facteur qui fit chuter le centenier étaient une longue période de pluie qui satura & ameublit le terrain à l'extrême.  Un coup de vent porta l'estocade à notre géant dont le gland avait germé en 1914 dans les pierres du talus.

Il est un cinquième facteur qui contribua à la chute de l'ami, c'est le défrichement de la parcelle à l'ouest - d'où est prise la photo - qui modifia le régime de l'eau du sol, affaiblit le réseau des racines & exposa plus aux vents le houppier du grand arbre.  A la suite de la coupe des autres chênes, deux Castanea ses voisins - visibles à l'arrière & à droite - reprirent de l'ampleur.  Cette expansion nouvelle surprirent notre vieillard.

Les chênes peuvent vivre vieux, mais les châtaigniers sont immortels en produisant de nouveaux troncs à l'infini.

1914 était le temps des guerres, le temps de Mars qui gouverne les chênes, le temps de la fuite des paysans vers le front d'abord, vers les villes ensuite.

2014 est un temps où le châtaignier en Limousin doit reprendre sa place.  On le nomme arbre à pain.

Son espèce est la meilleure aussi pour la construction légère, la production de bois de faible dimensions qui peuvent être manipulés sans les machines monstres des exploitants de ce jour.  Elle convient enfin à l'agro-sylviculture du fait d'un enracinement discret, diffus fasciculé, à la différence des chênes indigènes qui sont des êtres typiquement sauvages ou sylvatiques.

Les chênes savent aussi s'installer en pionniers de seconde génération après les bouleaux & les trembles.  Ils sont parmi les feuillus des champions en matière de pédogenèse.  Leur pivot s'enfonce dans la roche ou dans l'argile pour la fragmenter, l'éclater, la percer, la digérer.

  • restanques* d'Occitanie & terrasses illuviales

Nous devons parler des inondations qui se produisent régulièrement dans le sud-est de la France lors de pluies fortes & soudaines.  Il existait il y a cent ans encore en Provence, en Lozère, en Ardèche des techniques de construction des terrasses, rigoles & canaux élaborées au long de millénaires.  Comme c'est le cas dans les pays de rizières, la campagne était organisée comme un commun, un manteau d'Arlequin où chaque parcelle de terre, pré ou bois jouait sont rôle pour la conservation des sols (5), la protection du climat (2), le recyclement des matières (3), le maintien du paysage (1) & la régulation de l'hydrologie (4).

Il s'agissait de terrasses soli-pluviales & de drainage d'irrigation de pédogenèse avant la lettre.

Cette région de Provence ne compte plus guère de paysans.  Ces techniques, méthodes & pratiques anciennes sont oubliées de ce fait.  La densité de population & le niveau de vie sont élevés en cette région.  On voit beaucoup de maisons qui s'entourent d'un terrain :

  • dont une part porte un jardin artificialisé sans lien à la terre ou au ciel – jardin du type 4 -
  • & l'autre part est carrément bétonnée – jardin du type 5.

Il plut hier sur la côte d'azur l'équivalent de deux mois de pluie en trois heures.  En dessous d'une densité minimale de lieux arborés, un paysage ne peut pas absorber de tels volumes.

  • Il faut des arbres nombreux,
  • répartis partout afin que les sols soient ouverts à la pluviométrie.
  • L'aménagement des terrains doit être conçu en pentes inverses afin d'absorber la pluie.

S'il pleut peu, chaque goutte acquiert un caractère précieux & ne doit en aucun cas être envoyée à l'égoût, mêlée aux eaux sales.  Collecter l'eau des toits pour arroser ensuite est sagesse élémentaire.  S'il pleut dru, envoyer l'eau reçue par vous chez le voisin en contrebas ne peut que provoquer l'amorce d'une catastrophe en cascade.

  • * Restanque est la francisation de restanco employé en basse Provence & désignant au sens propre un mur de retenue en pierres sèches construit dans le lit d'un torrent.*  En occitan normalisé restanca est un mur de retenue en pierres sèches, parementé sur les deux côtés, barrant le lit d'un torrent intermittent pour provoquer un atterrissement en amont tout en laissant passer l'eau & créer ainsi une terrasse de culture.  Le sens premier de « retenue » est attesté au début du XVIIIe siècle en Vaucluse.  À la différence du mur de soutènement, qui est à un seul parement, la restanque comporte deux parements.  Elle ne devient mur de soutènement que lorsque le colluvionnement en arrière du mur a abouti à la constitution d'une terrasse.  L'idée à retenir est que l'agriculteur provençal s'est attaché non seulement à aménager en terrasses les versants de collines mais aussi à combler les ravins provoqués par les déboisements.

Aujourd'hui, sous l'influence d'une littérature touristique peu soucieuse d'exactitude, le terme a pris le sens de muret de soutènement en pierres sèches, construit sur un flanc de colline plus ou moins escarpé, pour établir une terrasse de culture.  Pour Edmond F. Barbier, la « restanque, synonyme de terrasse, est destinée à lutter efficacement contre le glissement des terres cultivées sur des terrains en pente ».  La mécanisation des sols a accentué leur disparition, mais on trouve encore des murets constituant des paliers perpendiculairement à la dénivellation des terrains.  Les restanques se sont généralisées en Provence à partir de la fin du XVIIIe siècle avec la conquête des terres incultes suscitée par l'accroissement démographique & l'introduction du mûrier.  Leur construction se poursuivit durant la première moitié du XIXe siècle avec le partage des biens communaux.  Elles ont été aussi un moyen de lutte efficace contre l'érosion provoquée par les déboisements importants des siècles précédents.

Le terme provençal bancau, prononcé bancaou, en languedocien bancal, signifie au sens propre « plate-bande ou planche cultivée » & au sens large « banquette de terre ou gradin de culture », étant entendu que le mot n'implique pas automatiquement la présence d'un mur de soutènement.

Le vieux mot français faisse & son pendant occitan faissa refrancisé en faïsse désignent dans un contexte foncier ou agricole, une bande ou lanière de terre en terrain plat comme en terrain pentu.  Ce sens premier, conforme à l'origine latine du terme — fascia signifiant « bande » — est attesté dans les archives notariales du XVIIe siècle.  Aujourd'hui le sens du mot tend à se restreindre à celui de bande de terre soutenue par un mur, en particulier dans les Cévennes, le Rouergue mais rien n'interdit de parler, selon le cas, de faïsses sur mur, faïsses sur talus, faïsses en terrain plat.

Les rideaux de culture ou talus qu'on ne rencontre que sur les versants, sont des aménagements destinés à lutter contre l'érosion par ruissellement & ayant pour résultat le formation de terrasses - à distinguer des terrasses diluviales* formées par les restanques en leur sens d'origine.  Ces aménagements sont désignés par un très grand nombre de vocables selon leur situation géographique.  En Picardie & au pays de Caux ils ont pour nom royons & sont attestés dès les XIIIe & XIVe siècles. - edited from Wikipedia

  • * terrasse alluviale ou fluviatile : zone plane située sur les versants d’une vallée, alluvions déposées par le cours d’eau en un temps donné - illuvial / illuviation : accumulation progressive dans une couche du sol ou horizon de substances déposées par l'infiltration des eaux - diluvial /diluviums : terrains d'origine fluviale de l'ère quaternaire (soit depuis l'apparition de l'espèce humaine).

agrinature le 13/11/2015 :  Un séjour à la ferme de mars ressemble à un stage de survie dans la nature. Il faut aimer ce genre d'immersion. L'agrinature est une manière de voir, ressentir, deviner, d'être. Il ne s'agit pas d'apprendre le geste car le geste survient de lui-même lorsque notre perception est bonne. Il s'agit d'ouvrir le cœur au sens ancien du mot.

  • Avez-vous un terrain d'expérimentation disponible?  Il serait bon de commencer dès maintenant car toute saison est pour semer & planter.  Mon premier semis en agrinature fut simple.  Je pris un bâton & traçai une ligne sur un sol plutôt stérile.  J'y semai du persil avant de recouvrir les graines.  Le semis réussit - aux ignorants les mains pleines!  Commencez donc, ne serait-ce que dans un pot de fleur.
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  • cèdres désert & taillis - (Indre)  Dans l'Indre en août 15.  Le sol agricole est squelettique d'un horizon unique (C1) de roche altérée.  Les taillis sont peu productifs sur ces sols saturés en calcium.  Les cèdres d'Algérie & Maroc viennent accomplir une nouvelle pédogenèse.
les paysannes sages affrontent les techniciens chauves - (Inde) (paysannes, techniciens & Hopis) - Dans les villages d'India - Bharat - la nourriture est des plus frugales mais du fait d'une grande diversité de plantes consommées, les maladies étaient jadis rares. Les semenciers arrivent dans ces lieux reculés & donnent des graines supposées plus productives. Certes, elles le sont parfois, mais réclament surtout de l'engrais qu'il faut acheter & il est conseillé aussi de racheter les graines modernes pour qu'elles maintiennent leur qualité.

Les vielles femmes s'aperçurent que des maladies étaient en train d'apparaître depuis que les paysans plantaient ces haricots supposés meilleurs. Les grands-mères & les petites filles sont en général les personnes en charge du potager familial & du jardin de médicinales. Elles partirent à la recherche des graines qui étaient en danger de se perdre. Les paysans maintenant retrouvèrent leurs centaines de variétés de haricots, pois, sojas & fèves & la santé aussi.

  • agrinature fut inventée par les natifs d'Amérique (indiens)

Fukuoka prit de l'inspiration chez les Hopis d'Arizona. Leurs maïs étaient petits nourrissants & de climats arides. Quand les plantes avaient trop soif en fin de saison, les hommes paisibles dansaient sur un rythme précis pour les fortifier. Les yankees alcoolisés crurent que ces danses appelaient la pluie. Non : ce sont des danses pour parler aux plantes, prendre patience, attendre encore un peu. En Inde aussi on expérimenta au sujet des danses traditionnelles, trouvant que la vibration du pied des danseuses sur le sol rendaient la végétation alentour plus luxuriante.  Au cours de ces expériences il fut observé à l'inverse que des musiques disharmoniques pouvaient nanifier les plantes & même abréger leur vie au bout d'un temps plus ou moins long selon les cas.

  • bodhisattvas sortis de la terre.

Debout entre ciel (1) & terre (5) désigne la position de l'humain selon le Tao.  Si nous prenons la séquence des éléments du plus grossier au plus subtil, nous trouvons le feu (3) au centre entouré de l'eau (4) & de l'air (2).  La lumière du feu soleil (3), l'hydrogène de l'eau (4) & le dioxyde de carbone (& l'azote) de l'air (2) sont en effet les trois nourritures des plantes.  C'est pourquoi les bouddhistes considèrent que chaque plante est un bodhisattva, un individu ayant réalisé sa nature réelle (de Bouddha) puis décidé de revenir à l'existence pour servir autrui sans rien demander en échange.

  • Le feu ou énergie est l'élément centre du cosmos qui engendre d'une part l'espace au moyen des particules de la matière selon la formule de la masse que multiplie le carré de la vitesse des photons dans le vide (E = m.C²)
  • & en simultanéité le temps nécessaire pour relier ces points créés selon la formule de la masse que multiplie la moitié du carré de la vitesse du corps en mouvement (E = 1/2.m.V²)

Les plantes insufflent la lumière soleil dans la planète pour fabriquer ce que les éconologistes nomment la biomasse & qui est en fait la matière vie des vivants sur Terre.  Elles créent ce faisant

  • l'espace (1) du sol qui est le lieu prospecté de leurs racines
  • & l'espace (1) du paysage

en façonnant le relief (5) par des terrasses soli-pluviales,

& le climat en matière de vents (2), températures (3) & précipitations (4) d'un lieu en fonction de ses coordonnées

  • en longitude (vent 2), latitude (température 3) & altitude ( précipitations 4)
  • & de la nature de la roche-mère (5) du sol.

Surtout - & c'est là de leur travail l'incidence la plus quotidienne - elles abritent (2), nourrissent (3) & abreuvent (4) toutes les autres formes de la vie, tous les vivants - "you & me" ainsi qu'on le dirait aux USA.

  • Le réaliser sera un grand pas.
1 Ciel éther arbres espace bois lumière plantes non-violence vide février
2 atmosphère oxygène nitrogène air métal vent fer amour gaz août
3 Soleil carbone humus feu m.C² chaleur 1/2.m.V² vérité énergie mai
4 Lune hydogène climat eau nappes pluie sources paix liquide novembre
5 Terre silicium climax terre roche-mère froid minéral droiture solide jan.juil.avr.oct.
  • une agriculture qui nourrit la terre - 1. une butte de quarante-mille kilomètres deux-cent-trente-six (nourrir la terre dialogue d'énergie & phytotron)

Si le sol est inculte & le jardin de la taille d'un timbre-poste, c'est l'occasion de faire une butte de permaculture.  La butte peut mesurer quatre pieds de large à la base & jusqu'à un mètre de hauteur.  La longueur de la butte est comprise entre un mètre & treize-mille kilomètres selon la taille du jardin dont on dispose...

Trouver de la matière végétale brute & la disposer en tas.  Toute matière convient même des branches de toutes espèces si les plantes n'ont pas poussé en un lieu pollué par des métaux lourds.  Couvrir le tas de ce compost non déjà décomposé d'une terre quelconque en couche fine - dix centimètres par exemple.  Toute terre convient aussi avec la seule restriction énoncée plus haut de la prélever en un lieu non pollué par des substances non biodégradables.  (Il est une exception cependant en ce qui concerne l'uranium 236 qui stimulera la croissance & donnera des fruits uraniens inouïs durant les 23 millions d'années à venir.)  Le plus simple est de butter en creusant la terre de l'allée pour la déposer sur notre andain.

Sur la butte on sème soixante-dix espèces en mélange & en sur-densité.  Les plantes sont des potagères, des engrais-verts & des compagnes semées, spontanées & introduites.  On ne récolte pas tout. Une partie des plantes peut être mangée en pousses jeunes par éclaircissage des plantules en surnombre en un point donné. Une part minime des potagères sera laissée jusqu'à maturité.  Les potagères en racines se plaisent sur ces buttes ainsi que les plantes à fruits.  Les engrais-verts couvrent le sol en fabrication & le fertilisent.  Parmi eux il est des comestibles comme les lentilles ou les fèves dont on peut manger les pousses ou les graines immatures.  Un voisin de la ferme pratique la permaculture car son jardin est petit & le sol pauvre.  Nous allons nous rendre & apprendre auprès de lui.  Il obtient aussi en culture magnétique - dite électro-culture - cinq cents kilogrammes de pommes de terre sur un seul mètre carré !  Nous le verrons à un article à venir.

  • 2. un ratio d'énergie de 1 à 100 entre les agricultures permanentes jardinées -agrinature,  permaculture, hügelkultur - & l'agriculture industrielle
erixbd le 05/08/2015 : Ton blog est toujours très intéressant.  Il me permet de comprendre une autre nature...  J'aime venir découvrir tous ces aspect de l'agrinature, d'autant que l'actualité des agriculteurs entre manifestations & sécheresse montre à quel point ce monde qui pourrait être simple est devenu complexe, parfois par la seule action de l'homme...  Je voudrais en visitant ton blog croire que le sommet prévu dans quatre mois pour "sauver la planète" soit un succès, mais aussi une ouverture vers un autre univers culturel...  On croise les doigts.
  • marssfarm le 05/08/2015 : En permaculture ou en agriculture du non-faire, nous acceptons de consommer une calorie de travail humain - sans dépense mécanique ou animale - pour dix calories de nourriture produite par soleil & pluie.

En l'agriculture industrielle la dépense en énergie est dix à vingt calories par calorie de nourriture espérée.  Il y a donc un facteur cent de différence.  Selon ce calcul, nous pourrions dire que l'agrinature a une efficacité ou un rendement énergétique de 0.9 ou 90 %.

Pour ce qui est du rendement de l'agriculture mécanisée sur de grands champs, le ratio ne peut en revanche pas être calculé car ce type de donnée suppose un nombre compris entre 0 & 1 (de 0% à 100%).  L'efficacité de l'industrie agricole est largement négative : elle consomme dix ou vingt fois plus qu'elle ne produit.  Il ne s'agit dont pas d'agriculture.  N'étant de ce fait pas rentable, elle doit être subventionnée à 100%.  Les subventions versées à la surface contribuent en retour à accroître encore la mécanisation par la disparition des plus petites fermes & le regroupement subséquent des terres en fermes géantes dont les parcelles s'étendent à l'horizon. (C'est la définition de la lieue.)

La politique agricole s'inscrit ainsi en un cercle vicieux, un vortex d'exploitation des terres & des hommes qui augure de pertes biologiques par la disparition des paysages & milieux variés où la vie s'abritait.  Le processus s'arrêtera avec la fin de l'humus dans les sols ou la fin du pétrole dans le sous-sol peut-être.  Avec la chute de notre niveau de santé sans doute, par le coût économique qu'elle induirait.  Avec la fin de nos idées préconçues sur la nature surtout.
L'élevage est particulièrement touché car les animaux ne sont plus nourris d'herbe mais d'aliments achetés à vil prix.  Nous savons que manger trop de produits animaux n'est pas raisonnable du point vue de l'agronome, de l'écologue, de la diététique ou même des humanistes.

Dans ces produits, ce ne sont pas vraiment les protéines que nous recherchons, mais aborder la question nous fait entrer un domaine qui touche à la fois à la santé physique & mentale, à la nutrition, à la psychologie, au spirituel & même à la géopolitique.  C'est donc là un espace d'investigation si vaste que le ciel & le soleil réunis.  Pourtant là est bien la question car agriculture & nutrition sont bien les deux faces d'une même pièce.

  • le daimon & Socrates  (daimon dialogue agrinature & non-faire)

La non-violence est comparable au dialogue de Socrates avec son daimon.  L'esprit susurre à Socrates ce qu'il doit faire & lui, vieux singe d'expérience, vieux sage exemplaire, sait qu'écouter & obtempérer le guidera à accomplir ce pourquoi il vint au monde.

A la fin, Socrates donne sa vie en obéissance à qui il nommait par humilité "mon daimon".  Cette humilité des grands sages est la virilité ou vertu ultime.  C'est pourquoi tant d'entre-eux passent inaperçus aux yeux de l'humain ordinaire.  Ils donnèrent tout ce qu'ils avaient & allant nus & crasseux, passent pour l'idiot du village ou un petit vieux sans lustre ni perspective.

  • le dialogue agrinature par fragments - Tout ce blog n'est que le fruit de conversations selon les traditions les plus anciennes de l'oralité.  Une grande part des articles furent écrits en suite de dialogues & en les restituant ils devenaient un simple article écrit de mémoire.  Il y a aussi des dialogues par écrit dont des bribes peuvent être utilisées lorsqu'elles indiquent une bonne matière de présentation de l'agrinature en cette écriture par fragments.  En l'absence d'interlocuteur attentif & connaisseur du sujet, la nature en soi parle au cours des visites & travaux de la ferme ou au moyen des clichés pris.  Ce mode écrit par fragments informels est très lié à la tradition orale des discussions paysannes.  C'est par elles que l'agriculture fut inventée il y a vingt-mille ans au moins sur les piémonts des Himalayas - la zone circum l'ancienne mer Téthys disparue il y a cent millions d'année - les bouches de la Meghna & les rives du Brahmapoutre ou Tsangpo & de l'Indus de Kailash, la Salween & le Yang-tsé ou Dri chu des monts T'ang-ku-la, le Mékong de Viêt Nam, Laos, Thaïlande & Cambodge, le fleuve Jaune ou Huang He ou rMa chu des monts Kunlun, la Ganga de Rishikesh, la Yamuna & la Saraswati, la Godâvarî, la Narmadâ & la Kâverî, le fleuve Krishna & la Chitravathi...

C'est le sujet de ce siècle 21 - unir les humains entre eux, au ciel & à la terre pour qu'ils ne disparaissent pas.  God acts. Man reacts.  C'est là une des cent manières de définir le non-faire.  Aborder une difficulté le mental vide signifie que l'on est prêt à écouter la voix intérieure.

Un athée n'est pas sans Dieu puisque le mot "athée" contient le "Théos".  Sur la planète la majeure partie des humains parlent à Dieu & spécialement les pauvres qui ne disposent que de peu de ressources.  Un individu seul ne peut rien sans le bon-vouloir ou pour le moins la tolérance du groupe.

En France un philosophe peut se targuer d'être athée.  C'est un luxe que permet tout le système divin des cotisations & assurances sociales.  Entrant en l'humanité globale, nous trouvons que se dire athée résulte d'une situation de privilège parmi les peuples de la planète.  En rejetant Dieu, nous nous coupons des racines de la culture qui consiste à rendre culte.  Il s'agit en cela juste de rendre comme de juste ce qui nous fut pour un temps confié, acceptant notre infinitésimalité.  Ce que nous mangeons fut tiré par un effort considérable, de l'union entre la terre & le soleil.  Comment remercier, redonner la merci accordée ?

Croire en Dieu n'est pas croyance à celui qui croit mais une expérience psychique intérieure qu'un œil autre ne peut juger.  C'est la part tierce de l'humain sans quoi nous penchons vers la bête.  Yung parla du Soi.  Freud parla du Ça.  C'est ce point que le "Je" désigne.  Ceux qui le rejettent le nomment l'inconscient car c'est ce qu'ils en espèrent : qu'il se taise.  En sa nature de silence grandiose, le Soi n'est pas gêné qu'on lui demande de se taire.  Notre action la plus vive se veut tout au contraire l'intimer à parler, susurrer, suggérer, chanter, rire & dire.  Croire pour croître.  La foi, c'est être fidèle au Soi.  Le Soi est le moi libéré des entraves par lesquelles nous avions choisi de l'attacher, un moi dont on a tranché les amarres & largué les ris.  Le Soi est le moi libéré des préjugés.

  • nkc : On se sent libéré, léger en esprit.  Comment définir la fidélité au Soi ?

Avoir le mental vide est un premier stade.  Ensuite il faut invoquer Dieu ou ses saints.  Puis ne pas cesser.

  • C'est une constante qui nous garde, l'attention centrée spontanément sur l'essentiel du moment.

Comment Michel Onfray trouve-t-il ses inspirations ?  C'est la question qu'il faut poser à un athée de haute stature.

  • Il se nourrit de la pensée des auteurs qu'il lut.  Comme une pelle mécanique, il travaille en profondeur.  Altruiste de la pensée, il ne parle pas de lui, mais aide à la compréhension des autres.

Dans ses cours, il est plus professeur que philosophe.  Celui qui m'importe est au contraire plus l'homme Socrates que l'enseignant Platon.

  • Mais l'homme en enseignant dit qui il est tout comme un paysan le dit en cultivant.  Le Soi est en cela.

Oui.  On sent l'ecclésiastique en lui.  C'est pourquoi ses quelques paroles contre Dieu peuvent exaspérer.  C'est un homme qui obéit à son Soi.  Le Soi nous dit & répète ce pourquoi nous prîmes forme humaine en ce monde.  Entendons-nous un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout ?  Nos différences y résident - en ce message de départ & en la capacité ou le bon vouloir à l'ouïr, l'écouter puis l'entendre.  En accord ou fidèle à la voix intérieure, on sent léger & ça marche presque mieux dans la tempête que par mer calme.  La confiance en soi, en la vie présente au départ va se transmuer peu à peu ou soudain en la confiance que notre daimon nous guide & que donc rien n'est à craindre sauf la crainte.  Je est le nom le plus ancien de Dieu - ce je que les philosophes moralistes évitent...  On ne possède vraiment que ce que l'on donne.  C'est en donnant que nous sommes pauvres.  Cette pauvreté est notre joie.

le non-faire en action intérieure vers l'infini (commentaires de ce qui précède)

  • Lise le 26/07/2015 : Je partage votre avis selon lequel il ne faut pas éviter à autrui de se faire l'expérience de la douleur pour s'aguerrir.  D'ailleurs il est arrivé à mon fils de me dire que je ne l'aimais pas quand je ne le protégeais pas assez jusqu'à ce qu'il comprenne que c'était l'inverse.  Mais lorsqu'on l'a éprouvée, & que par expérience on la voit venir, je trouve qu'il est naturel & humain, à moins d'être masochiste, de vouloir l'éviter.  La recherche de la non violence peut passer par des étapes de douleur, simplement à slalomer entre les pics & les vallées dont vous parlez.  Bon mais, je suis très humble, je ne me suis donné aucune mission dans la vie, ceci explique peut-être cela !

marssfarm : Je vois Lise que vous lisez bien.  C'est une qualité rare.  "Ne pas se donner de mission dans la vie" est possiblement la plus haute mission, mais j'avoue lors que c'est là une question que je n'ai pas encore résolue...

  • Enfin, cela dépend ce qu'on appelle mission.  Si c'est mettre au quotidien ses actes simples en accord avec ses idées, & de manière concrète, c'est une mission qui peut rendre très heureux.  Et au bout du bout, quand on regarde dans le rétroviseur, on finit par faire des choses pas mal du tout.

Unity in thought, words & deeds is a reflection in an individual life of the oneness of nature, humankind & the cosmos.  L'unité de pensée, parole & action peut être réalisée en un individu comme reflet de l'union primordiale entre la nature, l'humanité & le cosmos.

  • Lise le 31/07/2015 : Merci encore pour ce petit texte qui donne une autre vision plus accessible de la foi en contrepoids des mots ci-dessous. L’enseignement de Dieu - Au nom de Dieu est une police.  Au nom de Dieu est injustice. Au nom de Dieu les sacrifices.  Au nom de Dieu viols & supplices. Au nom de Dieu science maléfique.  Au nom de Dieu toutes ses reliques. Pourquoi ?  Qui créa Dieu Monsieur le curé ? Y a pas de pourquoi.  Faut pas être causal ni linéaire.  Tout est cyclique. Pourquoi ?  Mon père fut tenté - Grisé de liberté - D’être un athée, Ivre. « A » privatif - Du dieu inventé - Des dieux antiques. Rien ne se perd.  Rien ne se crée.  Dieu Lavoisier. Ainsi sereine ; ainsi soit-il.  Mon corps vivra en terre - Juste autrement. Et mon esprit - Dans les souvenirs - De mes amis.

marssfarm le 01/08/2015 : En français, il n'est pas de mot spécifique pour "love".  Cette pauvreté de la langue présente des avantages.  De la même manière, le mot "mental" fut perdu, remplacé par "esprit".  “Le corps poursuit sa vie dans la terre & notre souvenir en la pensée de ceux que nous aurons aimés.”  Certes.  Il est une troisième part plus difficile à définir.  En Inde, on considère cinq enveloppes d'illusion concentriques autour de la parcelle divine que nous sommes - anna l'enveloppe de nourriture qui correspond au corps - prana l'enveloppe du souffle ou énergétique qui vitalise le corps, l'anime - manas l'enveloppe du mental qui nous permet la gestion des sens en lien aux éléments - vijnana l'enveloppe de l'intellect qui nous permet d'évaluer & décider – ananda enfin, l'enveloppe de béatitude ou corps causal en lien avec le sommeil profond & qui possiblement transmigre après la perte du corps.

Les discussions portent sur cette troisième part difficile à définir du monde réel.  En védanta on la considère comme le réel vrai puisque tout le reste tend à fluctuer toujours & on ne peut de ce fait se fier aux choses & aux êtres du monde.  Peut-on pourtant se passer d'elle, cette troisième part cordiale qui semble parfois nous embarrasser ?  Cette réflexion fait penser à un prisonnier qui préférerait ignorer la vie de la rue & se concentrer sur son univers fermé, n'espérant pas sortir de la geôle qui en quelque sorte le protège.  Les pesanteurs du spirituel naissent d'une part des gens de pouvoir - prêtres, mollahs ou politiciens - qui cherchent à nous imposer leur point de vue & d'autre part des désaccords à son sujet. (Ces désaccords naissent du premier point en fait.) Pourtant ce domaine du ciel est pour nous unir, notre point d'union possible.  Nous parlons d'amour, d'argent ou de Dieu - trois valeurs virtuelles qui nous relient possiblement & nous divisent souvent.  Beaucoup tentèrent de s'en abstraire.  Nous sommes offusqués par exemple par la corruption, & si on nous ment, nous chercherons à séparer le vrai du faux, à retrouver une vue claire, à recoller les morceaux.  C'est là éthique innée que tous ont en partage.  Nous la constatons parfois même chez les animaux.  Qui connaît les plantes sait qu'elles obéissent à la loi de l'univers & accomplissent tout de leur nature sans y déroger.  Le sens de justice ou éthique, la bonté, le Soi, l'amour, le ça : nous ne pouvons pas nous en défaire car ces cinq génèrent & gèrent les motions de la vie.  Des personnes regroupent ces valeurs en un mot unique, tandis d'autres préfèrent les garder comme des concepts juxtaposés.  En Inde, on dirait d'Onfray qu'il est une très vieille âme.  Là sont sa puissance & son charme faits de courage & d'honnêteté intellectuelle.

  • Je ne saisis pas tout ce que vous écrivez parce qu'il me manque une part de cette culture mais il me semble bien que les états que vous décrivez sont successifs en ce sens qu'il faut passer dans un certain ordre mais aussi gigognes en ce sens que, comme nous ne serions être coupés de nos racines, les états inférieurs font partie intégrante de nous & sont nécessaires.  L'état ultime dans lequel nous passons par phase oscillatoire est en effet un état de béatitude, de dégagement absolu, d'illumination dans lequel il est douloureux de s'établir longtemps parce qu'on se sent terriblement isolé.  C'est un état extrêmement lumineux avec des fuites de perspectives & une démultiplication des facultés intellectuelles où plus rien ne vous atteint que le coeur qui occupe tout l'espace.  On ne saurait y rester trop longtemps sans se couper du monde.  Enfin la liberté n'est pas de vouloir absolument partir d'une feuille blanche.  Bien sûr, il faut éviter de bourrer le crâne avec des idées toutes faites trop tôt mais d'un autre côté il y a des enfants qui ont besoin de références pour être heureux & créer plus tard. La clef est plus pour moi dans la posture à donner des idées & laisser libre & sans jugement de penser autrement sinon cela est la porte ouverte à toutes les dictatures.

J'en déduis Lise que tu as atteint un jour à ce point lumineux.  En tant qu'enveloppe la plus intime, nous l'imaginons comme le tégument de la graine au cœur du noyau.  Mais puisqu'elle est en même temps ultime, elle touche probablement aussi tout à la fois aux confins de l'univers. Me trompé-je ?

  • Mais non, mais non ; vos lecteurs vont finir par penser que je suis "illuminée".  Heureusement, que je n'ai pas touché de limites car sinon que me resterait-il à vivre.  Ce dont je parle est juste un état singulier "naturel" qui n'a sans doute rien de bien extraordinaire mais qui éclaire le reste en procurant une grande sensation physique de dégagement.  C'est tout.

Les êtres réalisés le cachent pour la plus grande part.  Mais nous sommes hors sujet depuis longtemps car c'est la voie qui importe, pas un stade supposément atteint. La vie nous donne au début des aperçus, comme des éclairs de lumière.  Ils peuvent éblouir & aveugler ou au contraire nous inciter à avancer.  C'est là que la difficulté commence.  Aux saints du dernier stade, il reste vingt-&-un jours, pas plus.

  • Qu'appelez-vous les saints du dernier stade ?  Que voulez-vous dire par « Il ne reste que 21 jours ? » ou « C'est là que la difficulté commence. »  D'où vient le 21 ?  De quelle difficulté parlez-vous ?  Où en êtes-vous personnellement ?

Vous pouvez aller sur le blog agrinature en lien ici - au chapitre genèse / base : le spirituel - aux repères g sp a) b) & c). Ramana Maharshi je crois fut le dernier des saints devenus une étoile.  On parle de Samadhi ou absorption du mental dans le Soi.  Au stade ultime du samadhi, comme l'ego s'efface tout à fait, la personne quitte son corps en pleine conscience au bout de vingt & un jours.  Henri Cartier Bresson fit une photo de l'étoile, mais je n'ai pas vu ce cliché.  Ramana quitta ce monde avec un cancer au bras gauche.  C'était je crois une manière de prendre un peu de la douleur du monde sur lui-même.

Vingt-&-un correspond aux nombre d'agrégats qui constituent un être humain.  Les cinq organes d'action – 1 voix, 3 mains, 2 pieds, 5 anus, 4 sexe - les cinq organes de perception – 5 yeux, 1 oreilles, 2 nez, 4 langue, 3 peau – les cinq énergies – 2 inspir, 5 expir, 4 éther, 3 digestion, 1 élévation – les cinq enveloppes – 5 nourriture, 4 souffle, 3 mental, 2 intellect, 1 joie sans objet - & enfin l'être individuel.  La difficulté active commence après avoir aperçu un peu de la réalité.  La nier induirait mal & maladie. S'y rendre demande l'abandon & l'effort – deux actions d'apparence contradictoires.

  • le 02/08/2015 : Demain, je serai quelques temps sans internet mais après cela je ne manquerai pas de vous rendre à nouveau visite.  On perçoit parfois d'autres réalités extrêmement subtiles comme la transmission de pensée que je ne puis que constater & que j'attribue au hasard ou à une connivence exceptionnelle entre des êtres mais je pense qu'il ne faut pas courir après ces "réalités nouvelles" & les laisser venir au présent sans effort sinon on aboutit sur la contradiction dont vous parlez qui ne peut pas apporter la sérénité rayonnante sur les autres.  J'espère que vous n'êtes pas souffrant.  Lise.

« Où en êtes-vous personnellement ? » « J'espère que vous n'êtes pas souffrant. » Merci Lise de vos questions.  Il est difficile d'y répondre.  Les transits de Saturne nous plongent dans l'introspection & à faire les bilans de ce qui précéda.  L'action semble alors lourde & paralysée, mais une maturation s'ensuivra pour préparer la suite.  Au sens courant du mot, je ne suis pas souffrant.  Ce siècle qui s'ouvre verra le grandiose & je crois que la permaculture & l'agrinature participent de ce mouvement.  Nous travaillons trop & délaissons notre œuvre d'humains véritable.  L'action entendue avec sagesse ne consiste pas s'agiter ainsi que nous l'envisageons le plus souvent.  Elle demande plutôt un travail d'entrée en notre destinée, une élévation sans fin.

La théorie des quanta (quantique) s'applique aux particules élémentaires qui nous constituent.

  • du potager énergétique au phytotron -  1.  l'agriculture potagère énergétique

En climat tempéré, chaque mètre carré de terrain reçoit en énergie solaire lumière de l'ordre de trois mille kilowatt.heure par an (3 000 kW.h/an). Si le sol y est en bon état, des plantes présentes sur l'unité de surface pourraient produire un kilogramme de nourriture, ce qui correspond en calories d'aliment à un rendement maximal d'un quart de pour-cent en rapportant ces calories à la lumière qui fut disponible au cours de l'année sur la même surface.  Pour produire ce kilogramme de nourriture, les plantes doivent aussi édifier leur soma & ce faisant fabriquer de l'ordre d'un kilogramme de feuillages, un kilogramme de racines & un kilogramme de tiges.  Si elles le faisaient, cela pourrait équivaloir à un rendement énergétique total d'un pour-cent.  Il s'agit ici d'un maximum rarement obtenu en pratique.

Ne nous moquons pas de ce qui peut sembler une faible efficacité.  C'est ce un pour-cent qui fabrique & fabriqua tout ce que la planète porte de vraiment précieux, digne d'intérêt ou d'étude.  Nous humains si fiers de toute nos techniques & technologies sommes en la matière d'une efficacité toujours négative car en tant qu'hétérotrophes nous ne savons que consommer & détruire. Le rendement de nos actes à cet égard est de l'ordre de moins mille pour cent surtout, souvent, au moins.

En utilisation de la biomasse, on peut prélever environ la moitié de cette production car il est sage de ne pas diminuer la fertilité du lieu, sa capacité à continuer à produire au cours des années suivantes.  L'autre moitié doit rester ou retourner à la terre pour restaurer, reconstituer son stock d'humus qui est une substance labile & dont le stock doit de ce fait toujours être reconstitué.

  • 2. quatre quarts de un pour-cent

En production de nourriture, il est bon de ne prélever qu'un quart ou un tiers de ce un pour-cent produit car il constitue en tout état de cause un maximum & parce qu'il est vital en ce cas nutritif d’œuvrer à l'augmentation de la fertilité.  L'auto-fertilité a pour intérêt notable de fournir des fertilisants d'origine garantie exempts de polluants & métaux lourds.

Sous les climats des faibles latitudes, nous pouvons évaluer double la quantité d’énergie lumière disponible & double aussi le rendement possible de la croissance des plantes.  Avec une irrigation par rigoles, une efficacité de photosynthèse d'un pour-cent est assez facile à trouver en climat chaud.  En ces zones tropicales & intertropicales, le facteur limitant premier peut être l'absence d'eau en saison sèche.  Sous les climats plus froids, les facteurs limitant la photosynthèse sont en saison sombre, le manque de lumière & de chaleur & en saison claire, éventuellement la carence hydrique ou sécheresse.

Cette question du facteur limitant la photosynthèse peut se résoudre en construisant des phytotrons, des serres, des rigoles d'irrigation par gravité & en employant des micro-algues comme capteurs photosynthétiques.  Le drainage d'irrigation de pédogenèse, les terrasses soli-pluviales, l'hügelkultur & la permaculture sous couvert d'un verger sont des exemples de pratiques allant dans le sens de cette optimisation à la capture de notre unique source de vie :

  • luz del sol - les particules photons que nous dispense frère soleil.

Dans un phytotron, le rendement de la croissance des plantes est possiblement trente fois supérieur à ce qu'il est en plein air.  C'est là une des solutions qu'adoptera l'humanité en ce siècle, pour faire de la permaculture sur les toits & façades des maisons, réservant les forêts à la production de biomasse à grande échelle.

  • Plus la production de nourriture est proche du lieu du repas, plus la capacité à recycler les nutriments & partant le maintien & l'accroissement de la fertilité sont d'autant augmentés.

3. memo data de la photosynthèse :

  • 1m² produit 1kg de nourriture/an + 1kg de feuilles + 1kg de racines + 1kg de tiges.
  • 1kg de glucides contient 4 000 kcal = 16 720 kJ = 4.65 kW.h = 4.5 kW.h = 0.25% du soleil reçu.
  • constante solaire : 1.37 kW/m² = 1.41 kW.h en janvier & 1.32 kW.h en juin
  • constante solaire en climat tempéré : 1.12 kW/m²
  • énergie lumineuse disponible au centre de la France : 1 274 kW.h
  • éclairement de tout lieu : 4 383 heures/an.
  • ensoleillement 1 800 kW.h/m² / an si on compte 5 h/jour en moyenne à 1kW en climat tempéré.
  • productivité utilisable : 20 t/ha/an = 2 kg/m²/an - équivalant 9 kW.h/m²/an pour un rendement de 0.5% utilisable.
  • productivité racines + petit bois = 9 kW.h/m² avec un rendement de 0.5% destiné au sol, la reconstitution de l'humus labile.
  • soleil reçu : 2 kW.10 h.360 jours = 7 200 kW.h/m² /an en climat tropical = 4 fois plus qu'en climat tempéré.
  • avec un rendement de 1% : 72 kW.h disponibles = 8 fois plus qu'en climat tempéré.
4. le soleil de dix ares - La production (par photosynthèse) sur dix ares ou mille métres carrés (1000 m²) présente un potentiel en climat tempéré de huit millions de kilocalories (8000000 kcal) en biomasse utilisable (ou 9000 kW.h) & autant en matière stockée dans la terre pour la pédogenèse.*
  • Par un champ de céréales ou de soja sur la même surface, nous pourrions obtenir cent kilogrammes (100 kg) de moisson par an ou quatre-cent-mille kilocalories (400000 kcal) ou la nourriture d'un adulte pendant six mois.
  • En y établissant un potager, nous pourrions alimenter au cycle de l'an une famille en produits frais.

* 9000 kW.h correspond à un rendement minimal de 0.2 %.  Il est possible d'atteindre 1% en climat tropical & beaucoup plus en un phytotron.

  • 5. cultiver habiter :cinq données très favorables d'une présence humaine / serres, toits, murs & phytotrons

La proximité de murs de pierres permet  par exemple une production remarquable de fruits à la manière de ce qui était jadis pratiqué à Montreuil, Bagnolet, Vincennes & Charonne - des vergers linéaires devant un mur dressé exposé sud.  Dans le cas particulier de deux murs parallèles dans le sud de la France comme dans le jardin route numéroté 51, l'exposition importe moins : les deux murs en eux-mêmes créent un climat réchauffé dans l'allée qui acquerra de ce fait un potentiel d'hyper-productivité pour peu que l'on y organise un système de récupération des eaux courantes pour qu'elles entrent dans le sol ici plutôt que de rouler sur la route.  La pluie lave les polluants de l'air que des bactéries du sol ensuite digèrent.

  • Nous sommes dans le paradoxe que deux murs, une route & une rigole de récupération des eaux que le ruissellement perdrait, peuvent presque équivaloir à un effet de serre ou un phytotron,

montrant ainsi que l'urbanisme & l'habitat humain ne sont pas en contradiction avec une haute production agricole, du fait que la présence humaine si elle sait être une nuisance - & nous le voyons souvent - peut aussi constituer une source de fertilité du fait qu'elle fournit à son entour cinq données très favorables à la croissance des plantes :

  • de la chaleur (prana 1)
  • du dioxyde de carbone (air 2)
  • du compost (feu 3)
  • & des eaux usées (eau 4)
  • & de ruissellement (terre 5)

Combiner les lieux d'habitat & de production permet de construire des bâtiments plus bioclimatiques d'une part, & de réduire les excès du climat par l'effet modérateur de ce dernier qu'offre toute végétation.  Il s'agit d'un cercle vertueux.  Pour qu'il fonctionne, les polluants non biodégadables -

  • métaux lourds
  • & molécules de synthèse - doivent en être exclus.
6. la maison phytotron - Nous avions parlé du phytotron le plus simple qui consiste à placer une plante sous cloche de verre.  Sous l'action de la lumière solaire la plante transpire & fabrique son soma par photosynthèse.  Elle consomme ce faisant le carbone contenu dans l'atmosphère de la cloche.
  • L'intérêt d'avoir un système ainsi fermé est qu'il ne consomme pas d'eau.  La vapeur d'eau d'évapotranspiration se condense sous la cloche pour retourner au sol.
  • Le second intérêt de la cloche de verre est aussi d'augmenter la chaleur sous la cloche par effet de serre.  La serre de verre laisse entrer la lumière & presque toute la chaleur rayonnante.  Les infra-rouges surtout transportent la chaleur & du fait que les rayons réverbérés sont de plus haute longueur d'onde, ils se trouvent en partie piégés sous le dôme de la serre.

En culture, le facteur limitant le plus immédiatement modifiable est la sécheresse ou manque d'eau & ce type de phytotron hermétique présente l'avantage d'éliminer cette contrainte des arrosages & de l'irrigation.  En climat tempéré, un facteur très limitant est aussi le froid & la serre atténue ce point à nouveau.  Il est donc possible en de tels phytotrons de voir des rendements de photosynthèse très élevés.

Dans le phytotron d'origine, la plante sous cloche peut vivre très longtemps sans apport extérieur autre que de la lumière.  Elle va cependant épuiser le stock de carbone dont elle dispose.  Des parties végétales tombant au sol s'y décomposent, consommées par la flore bactérienne présente.  Cela restitue du carbone libre au système fermé qui peut ainsi fonctionner en boucle avec pour facteur limitant de la photosynthèse, la quantité de carbone disponible.

Les aliments premiers des plantes vertes sont le dioxyde de carbone, l'hydrogène arraché à l'eau par réduction & la lumière solaire. Dans un phytotron clos, si les plantes ne consomment rien du fait d'un recyclage intégral, elles ne produisent rien non-plus car cette production est empêchée par carence en carbone.

Pour palier cette question de l'épuisement du carbone sous le phytotron deux voies s'offrent.

  • Si nous disposons d'une source de dioxyde de carbone provenant d'un système de chauffage, de l'air respiré d'une habitation ou d'un bâtiment d'élevage, voire même la fumée filtrée d'un moteur à combustion interne, nous pouvons injecter du carbone gaz dans le phytotron.  Il est à noter que les lieux habités produisent également de l'humidité en bonne quantité & des eaux chargées.
  • La seconde voie sera d'utiliser une source de compost à laisser décomposer en douceur comme un mulch sur le sol de la serre phytotron par exemple.  Ce compost est indispensable en tout état de cause pour restituer au sol des oligoéléments & éventuellement de l'azote.  Cette décomposition aussi est une source de chaleur & l'humus produit est le meilleur moyen donné au sol pour stocker l'eau & les nutriments des racines & de la rhizosphère.

Les habitations humaines & les jardins produisent d'abondance d'une part

  • du carbone gaz & de la chaleur dissipée ou au contraire accumulée par les murs chauffés au soleil,
  • & d'autre part des déchets organiques en surquantité & des eaux d'écoulement, de ruissellement & d'épuration.

En incluant ces serres phytotrons dans l'architecture des habitations & autres bâtiments, nous, pouvons construire des maison passives qui produisent en même temps une part des légumes frais, condiments, calories, protéines végétales & fruits dont les locataires du lieu ont besoin.  Il ne s'agit pas de viser l'autarcie qui n'a que peu de sens, mais de diminuer, voire annuler l'empreinte écologique des bâtiments en utilisant la complémentarité des types vivants divers – plantes, animaux, humains, fungi & les flore & faune du sol.  Dans ce même esprit, l'épuration des eaux sales par les sols & les plantes peut être une grande source de production végétale en bois, en humus & en nourriture.

Sous les faibles latitudes, la maison phytotron peut atteindre à une très haute productivité végétale & la présence des plantes y jouer le rôle d'un climatiseur fonctionnant à l'énergie solaire : on ne cherche pas à chauffer la maison mais si besoin était, à la tempérer.

  • * phytotron : laboratoire servant à l’étude des plantes & permettant de faire varier notamment tous les facteurs du climat, lumière, température, humidité, & les périodismes correspondants.  Construction de serres expérimentales complexes & rigoureuses d’un type nouveau.  Le premier exemplaire en fut inventé par le professeur F. W. Went à Pasadena en 1942. - edited from wikipedia

3. 5 sens de cultiver jardin en mouvement stone wall 7p5K

soils life inhabits / le jardin en mouvement/ low-tech modest wind turbines

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  • antiques terrasses - ancient terraces - Nous voyons ici d'antiques terrasses abandonnées sur des montagnes érodées par surpâturage il y a cinq mille ans & que nul depuis n'entreprit de reboiser, ni de remettre en culture.

Par la proximité de la ville & ses déchets organiques comptés en milliers de tonnes chaque jour, ces lieux ont un potentiel énorme de production. Sur les sols disparus, seul le pin d'Alep pourrait pousser & de tels reboisement causeraient sans doute un risque trop grand pour la cité en cas d'incendie. L'option alternative pour reverdir & utiliser cet espace consisterait à planter des noix & autres noyaux de fruitiers par exemple en lignes à grand écartement selon les courbes de niveaux - densité mille graines ou noyaux par hectare : 1m sur la ligne X 10m entre lignes.

  • A l'échelle d'un siècle ces lignes d'arbres établiraient des terrasses soli-pluviales. Les déchets organiques de la ville peuvent être épandus sur ces terrains en gestation en vue de cesser de polluer la mer & l'atmosphère & y accélérer la fabrication du sol.

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  • earth (5) heart (2) hearth (4) heaven (1) & humus (3)
  • terre (5) centre (2) lien (4) ciel (1) & sol (3) -1 wood 3 fire 5 earth 2 metal 4 water

12. des terreux sur la terre / gousse ailée

12. des terreux sur la terre / gousse ailée / p
  • gousse ailée  Le robinier dit acacia est une fabacée acclimatée en Europe, une nitrifère de type tige donc. Cet arbre à croissance rapide rejette de souche avec vigueur lorsque coupé. Il est très utile à fixer les talus. En son âge jeune il protège les parcelles alentour & nourrit le sol. Nous voyons ici une gousse ouverte posée au sol où les graines sont exposées. Soumises au froid des nuits d'hiver alternées des calories du soleil, à la mouillure rosées & pluies de printemps, leur dormance fut levée & elles commencent à germer.

Le réveil de l'embryon s'amorce.  Si un mouton ou un chevreuil posait le sabot sur cette demi-gousse une de ces graines ne manquerait pas de compléter sa germination. Lorsque la gousse s'ouvre ainsi en conservant ses graines adhérentes, elle joue le rôle d'une aile pour la dissémination par le vent. Les plantes développèrent un million de stratégies pour disséminer leurs graines. Elles inventèrent ainsi les règles d'assolement (4) & rotations (2) à la base de l'agronomie. Une espèce particulière utilise le milieu (5) selon une manière qui lui est propre, y prélevant des substances données & en accumulant d'autres (3).

C'est pourquoi ces deux principes furent répétés par les plantes afin de bénéficier au milieu & ainsi à l'écosystème global. Dans la nature où le principe de vie s'incarne, la vie ensuite se doit de retourner au subtil. Ainsi l'action (3) est favorisée au dessus de l'inertie (4). Ainsi le mouvement (2) est favorisé au dessus de l'action. D'autres noms en toutes les cultures furent donnés à ce principe de mouvement - l'équilibre, le non-faire, la libération, le sacrifice, le commun, le don, le lâcher-prise, la confiance... Bien d'autres encore.

  • 12. des terreux sur la terre

erixbd le 20/02/2016 : Érudit, sage, observateur & peut-être un peu visionnaire... l'homme que tu es sait-il - certainement - ce qu'attend dame Nature des humains ?

  • 04/03/2016 : La formule est belle.
    Ce qu'elle attend de nous hommes & femmes est simple :
    que nous acceptions notre condition de terreux (5),
    que nous laissions ce faisant la terre-mère être ce qu'elle est (3),
    afin qu'elle produise l'abondance (1) contenue en son essence (4).
    L'abondance en son tour nous apaisera (4).
    Nous pourrons alors réaliser en ce monde ce que nous avons au cœur (2).

A partir de ce temps, de ce stade, il est possible de jouer simplement le jeu de la vie.
Il est possible aussi que tout recommence pour, à la fin d'un cycle nous reconduire
à nouveau au stade semblable à ce jour qui nous oppresse en turbulences & tribulations.
Chaque humain croît à son pas, à sa mesure. L'humanité est la résultante art algébrique
médiane statistique du groupe de ses membres. Selon les écrits des diverses traditions
un âge de repos, de paix est en vue mais peu en savent le "quand" avec précision.

  • Les sages qui voient le futur nous disent
    que le visage de l'avenir change de jour en jour.
    Il s'adapte en fonction de ce que nous sommes.
    Chaque victoire en nous-mêmes ouvre une porte.

14. Learning is love. / la brume, la lumière, le pin

14.1 learning is love / la brume, la lumière, le pin / p
  • Un pin pousse dans la roche d'un paysage mille fois détruit par des activités humaines erratiques. Les pins sont parmi les épiphytaires les plantes les plus fortes. Les résineux contribuèrent au passé des temps géologiques à une bonne part de la construction de notre planète, fabriquant les sols & l'atmosphère. On dit parfois que ces arbres acidifieraient les sols. Oui : ils y fixent du carbone. Le carbone humus est la base de tout. Charge à nous ensuite de fertiliser ces sols bruts. A une terre sans résineux il manque les plus actifs des êtres à la pédogenèse.

Lorsque toutes les énergies fossiles auront été brûlées (3),
le bois (1), les herbes (2), l'humus (3),
le charbon (5), le pétrole (4), le gaz (2), l'uranium (5),
alors la Terre sera devenue enfin sœur de la planète Mars,
un roc rouge nu qui parle de passés glorieux.
Frère pin (& sa famille) lors repartira de rien avec comme ressource
juste un peu d'eau amour (4) & de lumière intelligence (3).
Trouverons-nous d'ici là la voie médiane médiocre médiatrice
du milieu sage entre ciel (1) & terre (5),
entre la guerre économique (4) & sa matrice la guerre militaire (3),
entre les religions belliqueuses (2) & la spiritualité Bételgeuse (1),
la voie permettant aux petits d'exister aussi ?

  • 14.  learning is love /  la brume, la lumière, le pin

lescouleursdemyriam le 20/02/2016 : Je ne vois que la première image : si les jardiniers vont au bistrot au lieu d'aller au boulot, on aura du trèfle. J'aimerai aussi l'oseille.

  • marssfarm : Oui l'oseille source de vitamines pour les gosses du quartier. A Marseille, l'oseille peut-elle pousser?  Quant à aller au bistrot plutôt qu'au boulot, c'est une forme intéressante du non-faire...

erixbd le 20/02/2016 : Et toujours la nature reprendra ses droits jusqu'à ce que les humains comprennent qui ils sont... Cela dure dur bien au-delà des seuls 2000 ans d'histoire. Autrefois... il y a bien longtemps, les humains avaient déjà engagé ce bras de fer avec la nature... Ils l'avaient naturellement perdu, & repartant de rien, recommencèrent. Il n'est alors d'admirable, que notre obstination persévérance... Il n'est aussi de déplorable que le travers de notre entêtement... Apprendrons-nous un jour de notre passé ?

  • marssfarm : A quelle époque historique le passage fait-il référence ?

erixbd le 21/02/2016 : Il faut aller chercher l'histoire au-delà des textes d'école... Il faut chercher Atlantide, les Incas, les très vieux textes d'orient & même dans la bible & on se rend vite compte que l'histoire "ne commence pas où on la commence". On dit que les écrits restent & ils ont donc valeur de témoignage. Atlantide n'est qu'une ville très avancée parmi d'autres. Les Incas sont un mystère à travers leurs sculptures. Les vieux textes parlent de combats aériens & la bible utilise des images révélatrices décrivant vaisseaux volants & explosions atomiques.

  • Il faut chercher au delà de ces textes donc.
Elles offrent une ode à l'heure. / jardin de parfums / quart-paysage
elles offrent une ode à l'heure / jardin de parfums / qp p0K
  • Elles offrent une ode à l'heure. - texte soufflé par Sapoork

Il est des jardins conçus par l'horloger

en lesquels un arbuste différent émet le parfum de l'heure.

Attirer un insecte qui viendra transporter les pollens d'une fleur à l'autre

est la stratégie qu'une co-évolution conféra à chaque espèce.

L'odeur émise lors coïncide à la disponibilité d'icelui.

Dans le jardin qu'est un coin de nature loin des jardiniers en pétarade

& des exploitants experts en chimiques poisons,

l'heure aussi nous est donnée par la fragrance que vent disperse.

Convoyer un atome seul suffit à diffuser trace d'un buisson, bosquet ou bouquet sis à trente pas.

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  • misuse of the elements / useless grass / gazon ou atrazine
  • une voiture & une poubelle

Devant chaque maison, une voiture & une poubelle.

La voiture est une sorte de poubelle à quatre roues
le conducteur, une ordure, tueur potentiel, destructeur de toute beauté
dessine des autoroutes, coupe les forêts, asphalte la terre.

Les passagers sont des déchets humains, cul-de-jatte aux membres impotents
les sens oblitérés par la carcasse d'acier, aveugles à l'abri des vitres aveuglées,
sourds à tout son autre que l'assourdissant moteur, drogués aux vapeurs de pétrole.

La poubelle est une sorte de voiture.
Je signifie en cela qu'elle regorge de tout ce que l'on peut acheter aisément
si on possède une automobile.

 Puis jeter.

  • a car & a bin

In front of each house, a car & a bin.

The car is sort of a bin on four wheels
the driver a piece of rubbish, potential killer who hates every aspect of beauty
carves highways across the country, draws awful scars through forests, covers the land with tar.

The passengers are decaying humans, their limbs impaired unfit for use
their senses foreclosed by the steel cage they are in, blinded people behind a blind windscreen

 deaf to any sound other than the engine's roar, petrol addicts who lost their sense of smell.

The bin is sort of a car.
I mean by saying so, that it is so full of everything we can easily buy
provided we've got a car.

Then, discard away.

  • seigneurs des châteaux aux cœurs arides

Un petit carré de gazon évoque un coin de paradis.
Si le gazon s'étend, se répand, ras tondu:
ses propriétaires se sont fermés, enfermés en leur inconscient.
Ils reproduisent sans y songer l'illusion,
l'apparence du cadre de vie
de leurs anciens, très lointains ancêtres,
bergers des steppes arides de l'Altaï,
seigneurs des châteaux au cœur aride,
agriculteurs dont la vache unique était la principale richesse,
moutonniers moutonnant sur les estives fraiches.

  • a castle of glass surrounded by grass

A tiny piece of lawn is a bit of Heaven on Earth.
Let the lawn be wide & neatly cut:
its owners have closed their mind on itself.
Unconscious, they recreate surroundings to their house
that look like where their fore-ancestors
used to live,
be they shepherds in central Asia,
landlords proud of their hunting games,
small farmers, single owners of a single cow,
keepers of sheep grazing too short the mountain commons.

  • trois-cent-soixante-cinq jours un quart

terre – un lieu où nous pourrions décharger nos déchets.
eau – Est-ce là où déverser nos effluents?
feu – le moteur de nos moteurs, de nos centrales.
air – Avons-nous le droit de le transformer & l'utiliser à la combustion de tout ce que nous pouvons brûler?
éther – l'espace où nous avons pouvons ou pouvons cesser de nous connecter.

terre – Y poussent toutes pousses.
eau – le bain de la vibration prana où je peux boire.
feu – le soleil notre père qui fit croître & façonna tout ce qui est beau.
air – j'y respire & j'y pète, inspir & expir.
éther – le ciel des anciens, sans limite enfin.

Cinq élements : du dense au subtil.

  • elemental five - from gross to subtle

earth – a place where we could throw our rubbish.
water – Are we allowed to mix it with toxic effluents ?
fire – it powers our engines, motors, factories & electricity plants.
air – Shall we really use it for combustion of everything we burn ?
ether – a space where we could or could cease to connect & unite our minds.

earth – there grows all that glows with beauty.
water – a bath in pranic power where we drink.
fire – Father-Sun, who grows many foods & evergreen plants.
air – we breathe it, smell it, feel it, inhale & exhale.
ether – our ancients' sky.  Limitless, it lasts.

Elemental five.

  • écouter un peu de la vie

Lasmier était un indigène de cette terre, natif d'ici.  Il partit travailler au loin, puis revint à l'âge de la retraite.  Il passait des journées entières à tondre l'herbe de son terrain.  Une fois la tonte complétée, il recommençait, car le terrain est grand.  Voir sa silhouette, assis sur la tondeuse, évoquait en mémoire les enfants sur leur petite voiture à pédales ou le mythe du tracteur auquel tout jeune en son temps dut rêver.  Imaginez l'arrivée des tracteurs depuis l'Amérique après chacune des guerres du siècle passé, l'aura de puissance qui devait éclairer la machine déifiée !  Il n'est pas hasard que les tondeuses autoportées soient comparables en taille, design, puissance & niveau sonore aux tracteurs d'après-guerre, car elles relèvent du même imaginaire qui vise la puissance pure en vue de maîtriser la nature, car elles semblent actualiser le potentiel inouï d'un homme assis qui pourrait tout.  Avec le tracteur d'abord & la tondeuse ensuite, chacun accède au statut d'empereur...  Ils ne réalisent pas cet homme mythique & les femmes qui l'imitent, que ce pouvoir apparent que confère la machine n'est exercé qu'à détruire.  Pour ce qui est de produire en matière de biologie, il n'est que les plantes.

  • Ce genre de machine consomme plus d'énergie à transporter son pilote qu'à proprement tondre.  Pourquoi les engins de ce type sont-ils si bruyants?  Est-ce pour donner à leur utilisateur l'impression qu'il accomplit un travail qui serait utile, qualifié, important ?  En la pensée des personnes qui vénèrent les moteurs, l''importance & le sérieux d'une tâche se mesure en décibels, en valeur proportionnelle au volume sonore que la bête  dispense à l'attention des environs!

Entre deux jounées de son labeur de Sysiphe, Lasmier entassait l'herbe frais tondue pour y mettre le feu.  La matière humide ne brûle pas vraiment.  Elle se consume avec lenteur, diffusant alentour une âcre fumée épaisse chargée de microbulles de vapeur d'eau & de gaz imbrûlés toxiques.  Le tas d'herbe en combustion lente empoisonnait l'air de dioxyne des jours & des nuits durant.

  • Brûler les produits du jardin dut être interdit par une douzaine d'articles de lois au vingtième siècle, mais à ce qu'il semble, le vingtième siècle n'a pas encore atteint la Creuse.  Le poison aérosol produit par le tas d'herbe de Lasmier aimait surtout à venir s'assoir la nuit en un banc de brume blanche à l'odeur piquante flottant, fantôme fantoche auprès des ruisseaux de la ferme.  Plus je pestait contre ses nuisances de bruit & de fumée, & plus l'homme persistait à persévérer à son œuvre de tonte & de brûlis

Où avait-il acquis cette haine de l'herbe  & des gens ?  Je ne sais.  Tenter à savoir la racine du mal nous ouvrirait peut-être à des mondes obcènes que nous préférerions ne pas approcher.  Nous pouvons imaginer les vibrations de la tondeuse produisant l'effet d'un vibromasseur géant, un sex-toy grandiose.  Peut-être Lasmier trouvait-il en cette tonte sans fin ni but, l'ivresse, la satisfacion du travail accompli ?  L'absurde & l'inutile de l'oeuvre en l'occurrence nous suggère un fourvoiement.  Je lui avais sugéré un jour de planter son terrain d'un verger, pour que l'herbe, à l'ombrage des arbres, pousse moins.  Il m'avait ri au nez avec tant de mépris que je n'avais pas osé lui demander pourquoi.

  • Lasmier était vieux.  Un jour il partit.  En y repensant, je vois désormais ce voisin tel qu'il est, un être miséreux, vide en son âme.  Persiter est diabolique dit-on.  Si j'avais été un homme digne de ce nom, j'aurais pu aller lui tendre la main, lui rendre visite de temps en temps pour écouter un peu de sa vie.

Le nouveau voisin n'a pas de tondeuse, ni d'allumettes pour faire brûler l'herbe qu'il ne coupe pas.  Il arrosa l'hectare du terrain de ce fameux désherbant si toxique, dont nous tairons le nom que tous connaissent.

Nous ne devons pas nous plaindre de ce qui est, car il est toujours possible que pire se produise.

  • Brigitisis : Très bel article... on peut toujours rencontrer pire... sourire...
5 un pas en la culture oralité.
  • composts, bois raméal & toilettes sèches - four steps.

Selon la nomenclature des éléments du subtil au grossier, gardons aussi en constance devant l'oeil du mental que les quatre sens empilés du verbe cultiver consistent en une plongée dans la matière & que les sens premiers toujours devraient nous guider:

  • habiter la plaine (3)
  • remercier la terre (5) & le ciel (1)
  • exprimer notre joie (2)
  • dessiner le paysage (4).

Les anxieux de la VAT - value added tax - objecteront peut-être qu'en ces quatre termes, la production se trouve délaissée & que le cinquième donc est à ajouter.  Je leur propose lors de couper le contact d'un tracteur qui développe la puissance motrice de mille chevaux de trait.

  • Regarde la plaine, colosse aux pieds d'argile !

Il est dans la nature de la nature toujours de produire toujours à l'optimum de toute sa capacité sans cesser toujours le chemin vers un optimum successif avancé à son tour sur l'accumulation précédente des déchets, de l'humus & des informations précédentes.  C'est là ce que la terre - ???? / Gaîa toujours fit & il est urgent aux petits d'hommes nés des femmes de le voir à nouveau.  Agriculteur au regard fier, regarde ton tracteur subventionné & vois le bosquet au loin dans la plaine.  Tourne tes yeux vers le vers.  Tu sais au tréfonds de ton âme que le vers & le versoir de ta charrue ne sauraient coexister encore longtemps.  Certes, les tentacules des villes s'étendent à la vitesse de l'éclair sur celles qui était il y a peu des terres agricoles aux sols profonds.  Les bannis du faubourg qui rentrent dormir dans les banlieues habitent-ils la plaine au sens ou nous l'entendons?  Nous voyons désormais les meilleures plaines bétonnées & couvertes des échangeurs des autoroutes.  Détruire la plaine est le contraire de l'habiter, car une ville vit sous perfusion de ce que lui procurent les ruraux.  L'agriculture en ce siècle devra trouver d'autres lieux & l'agrinature propose de nombreuses voies à fabriquer des sols nouveaux.  Les bocages & forêts jardinées de la permaculture en sont un exemple de fame.

  • Devenir des jardiniers & jardinières (2)
  • retrouver le chemin de l'humus (3)
  • prendre l'égout en dégoût (4).

Flo le 13.06.2012 : Above the blacks clouds, the sun is shining.  Have a good day.

  • odeurdelaterre le 12/05/2014 : Je cultive le topinambour. Il suffit de planter un bulbe pour récolter dix bulbes & avoir des légumes en hiver. Mais on doit laisser le sol se reposer un ou deux ans avant de replanter.  Flo

marssfarm le 14/05/2014 : En cas d'arrachage, il faut prendre soin à ce que l'érosion du sol soit impossible, ce qui devrait être assez facile si on cultive en planches fixes avec couvert permanent dans les allées & si on a agencé les parcelles en terrasses soli-pluviales. La pomme de terre se plait en compagnie d'un peu de lin & on ne peut les remettre au même endroit qu'au maximum tous les cinq ans.

  • ITAN le 21/01/2013 :  Je ne sais ni lire ni écrire, qu'épeler. Olivier

marssfarm le 24/01/2013 : L'oral est la langue native des paysans.  Appeler & se répondre de vallée en mont fut le moyen de créer la communauté d'agriculture - culturer le champ ou replat.  Épeler évoque le temps récent quand l'homme brisa son épée pour la fondre en outil.  L'outil créé nous permit ensuite de forger la forme pays pour s'y fondre en élément du paysage.  Le paysan naturel nourrit d'humus son humanité.

  • les 5 niveaux de connaissance -fonder un lieu / une réserve de nature / marcher sur la terre /

Tous les articles ont quatre origines, d'abord, les actions entreprises sur la ferme, puis une observation du terrain, des phénomènes & de la société, ensuite encore, des dialogues ou conversations qui donnent l'occasion de clarifier ou énoncer ce qui peut être dit & enfin l'écoute à la radio d'émissions en relation au sujet.

Nous retrouvons ici les quatre niveaux de connaissance - par l'agir, par récollection mentale, par observation, par ouï-dire.  Les quatre sont de valeur décroissante.  Il existe une source première cependant, l'intuition ou perception directe.

Les actes & la perception directe sont notre source la plus sure de connaissance de qui nous sommes.  L'observation empirique se réalise lorsque le mental en ses projections au futur & ses regrets & blocages psychologiques du passé, se fait silence.

Les dialogues – à distinguer de la discussion ou dispute- avec d'autres praticiens sont une source proche sise entre le mental & le perception directe.

L'observation d'autres pratiques proches, des phénomènes & de la société est une source complémentaire de savoir.

Le niveau de connaissance le plus bas vient de la compilation des connaissances en cours ce jour & l'écoute ou la prise en notes du résultat des travaux de recherche en tous les domaines.

L'intuition ou perception directe est propre à celles &  ceux qui savent entrer en l'espace au-delà de la pensée, les artistes, les créatifs, les êtres simples, les méditants, les chercheurs, les vieilles âmes...  Ce plus haut niveau de connaissance résulte d'une synthèse des quatre autres, plus une part de mystère.  En elle se combinent les cinq sens mêlés, mais libérés du carcan de la pensée, des modèles, des schémas, des habitudes, de l'imitation, des peurs, & projections, de toutes ces marottes qui entravent la vision.

  • walk the earth

Lorsque le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt. - proverbe chinois.

Lorsque qu'un homme te montre la lune, regarde ses mains. - proverbe paysan.

Lorsqu'un être parcourt un paysage, regarde ses pieds. - proverbe creusois.

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En l'occurrence d'une rencontre sur la ferme, je décompose la cinétique de nos pas sur la terre.

Ce pas n'indique à priori rien de l'éthique de la personne rencontrée, mais en sa danse sur un sol vivant il révèle notre manière de reliance à la mère de toute nourriture terrestre, ce qui en fin de compte est la définition la plus pure de l'éthique.

Aimer est quoi qu'il en soit plus important que toute autre considération.

 
le jardin des papillons & des berces / surface / lire le paysage
le jardin des papillons & des berces / surface / lire / 4p0K
  • Que serait le jardin sans son gardien en mouvement ? Les deux mots ont la même étymologie.
23.14 * la terre comme jardin - there once was a garden 2 p
  • la terre comme jardin - there once was a garden - le texte dans la vallée des papillons de Gilles Clément, le jardin des berces, près du lac à Crozant

« Notre jardin,  celui des hommes en quête de savoir

n'est pas un lieu d'épuisement des sciences, un objet observé à distance.

C'est un système sans limite de vie, sans frontière & sans appartenance,

nourri au rêve des jardiniers

& sans cesse remodelé par les conditions changeantes de la nature.

C'est un lieu de sauvegarde des réalités tangibles & intangibles.

Un territoire mental d'espérance. »

  • Le film "le jardin en mouvement" retrace le parcours atypique de Gilles Clément, jardinier & architecte paysagiste, mais aussi écrivain.  Pour lui, le jardin ne se résume pas à un carré de belles fleurs, il est un lieu où s’exercent les utopies politiques, où se pratique la pensée scientifique.  Marqué par l’écologie, il remit en question l’art des jardins de la fin du XXe siècle en pratiquant le jardin en mouvement & développant les notions de jardin planétaire & tiers-paysage.
23.10 - un jardin riche d'espèces n'a pas de surface - p
  • un jardin riche d'espèces n'a pas de surface

L'influence du jardin en mouvement impulsé par Gilles Clément libère la biodiversité en matière des plantes tolérées à habiter nos villes.

  • Ici, une jardinière sur le mur qui borde un bâtiment nouvellement construit révèle plus d'espèces végétales que dans les immenses jardins de tous mes voisin réunis, hantés de machines fumeuses & herbicides de collection, armes de destruction sans perception, vision d'avenir, ni discernement de ce qui pourrait être ou advenir.
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  • Cette plante pousse aux lieux arides & exsude en permanence des gouttes sur son feuillage.

Les alchimistes la crurent magique.

  • un pays à lire & à tracer - to read & till  a country

Si loin que je me souvienne, je fus lecteur des paysages,

à les lire jour & nuit, tel un prieur des bois, tel un crieur de foire.

Même en une ville des arbres existent,

nous parlent de la terre au dessous, nous parlent de l'eau en son sein.

Les ciels sont la nuit, reflet des activités des humains.

Le paysage résulte d'une infinité d'interactions.  En l'équilibre qui en naît peut surgir une harmonie.  Nous trouvons en ce constat la limite d'un jardin qui ne serait conçu que par peu de personnes ou par l'application d'un nombre trop limité de domaines du savoir-faire.

  • La réalisation des lieux dédiés au loisir devrait faire appel à toute connaissance – la botanique, l'horticulture naturellement, mais aussi la pédologie, l'hydrologie, la foresterie, le génie rural, la symbolique, la sémiologie, l'esthétique, l'éthique, l'éthologie, l'ethnologie, la science des parfums & enfin & surtout, celle de l'agronome en ce qu'elle est pratiquée de main d'homme sans monstre machine ni chimie de synthèse.

En un court mémoire, nous présenterons le travail réalisé à l'automne dernier, transformer trois parcelles agricoles au sol stérile en sept terrasses de haut potentiel.  Les seuls outils à cette tâche étaient l'observation de la conformation du terrain & un tracteur équipé d'une charrue.

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  • theop le 10/03/2016 : J'imagine Gilles Clément comme un artiste, qui poète qui interroge notre rapport au monde. Le fait qu'il soit décrit comme poète, paysagiste, écrivain, philosophe etc. est à cet égard assez parlant : cela pourrait être la caractéristique principale d'un artiste d'être imprévisible et indéfinissable. Cet un homme très à la mode dans certains milieux et ce sont ces mêmes milieux qui le mettront en valeur. Cet ainsi qu'il navigue de grands jardins en conférence d'école d'architecture, car au final son discours est bien ancré. Il est la figure de proue d'un certain milieu social, milieu social dont il vient certainement. Quelque part il est une caution. C'est ainsi qu'au jardin du Rayol où j'ai travaillé avec les jardiniers, j'ai pu ressentir cet ambiguïté, celle d'une certaine idée bourgeoise universaliste, d'un idéal de l'humain, qui doit être poli dans son sens, d'où qu'il parte. L'"ascension sociale"ouvrière et paysanne y est exception en ce qu'elle confirme la règle. Comme on peut ressentir un terroir ou une mentalité d'après le "paysage" de celui-ci, on peut ressentir la culture bourgeoise quand on s'immerge dans un tel parc. Qu'il soit la vitrine d'un groupe social ou de sa relation avec son environnement, c'est une chose. Qu'il soit la vitrine d'un ordre social, c'en est un autre. Le grand paysagiste peut venir pendant trois jours et être payé deux fois plus que les jardiniers sur un mois. Les jardiniers "jalousés" par la beauté de leur lieu de travail sont obligés de vivre à des dizaines de kilomètre d'un jardin remarquable isolé sur une côte prisée par les nantis.Assumer l'ambition scientifique et universaliste de cette culture bourgeoise, c'est aussi comprendre l'ordre social qu'elle légitime et qu'elle nous pousse logiquement à intégrer.
    J'aimerai voir Gilles Clément comme il le prétend dans ses livre, un simple jardinier, et visiter son jardin comme je visiterai celui de mon grand père, avec la même attention et curiosité.

marssfarm le 10/03/2016 : Oui. C'est le mouvement qui compte, le mouvement insufflé.
En tant que professionnel il est besoin de nos jours de faire de l'argent & personne n'y échappe. C'est un cercle vicieux qui nous prend tous.
C'est la réussite économique de l'artiste qui fait qu'il est reconnu. Et l'inverse.
Le talent, la persévérance, l'intention seront reconnus. Plus tôt ou plus tard selon chaque destinée.
Le vrai jardin est un potager. Sinon pourquoi clore un lieu, s'il ne contient pas une nourriture précieuse? Dans un potager, des fleurs viennent trouver refuge & aider à la culture. Ainsi les fonctions médicinale & décorative se développent.
Une agriculture née d'une observation fine, gestion bienveillante du tout disponible, crée les beaux paysage de notre mémoire ce jour disparus. Cette agrinature façonne la terre en créant le pays. Elle est œuvre d'art, ouvrage d'artisans, commun collectif d'êtres différents en harmonie, voire en amitié.

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dry stone walls /  buckwheat fava bean rye soybean.

buckwheat favabean rye soybean seigl. sar. soy. fév. 5p0K
  • Dry stone walls.

Dans les cas extrêmes d'une trop grande fréquentation ou présence humaine on peut construire un mur de pierres sèches. Ce sont les racines des plantes qui tiennent le talus : le mur en soi est juste un parement contre l'érosion. Le léger fruit ou inclinaison du mur donne aux pierres une pente vers l'intérieur pour que l'eau entre dans le sol plutôt que ruisseler. C'est ce stratagème qui est anti-érosif car l'eau fortifie les racines qui sont le ciment vivant du muret - un ciment qui se renouvelle à l'infini. La force du mur de pierres dites sèches nait du fait qu'il laisse le terrain vivant, permet au relief de continuer à évoluer tout en étant stabilisé. On dit les pierres sèches mais en fait c'est bien la circulation de l'eau pour la vie des plantes qui est la clé des murs sans ciment.

  • Ensuite si on veut que le talus se maintienne il faudra recéper les arbres qui l'habitent tous les 5,  10 ou 20 ans selon leur espèce & leur capacité de croissance. Des arbres peu élevés tiennent la pente. Des arbres laissés trop hauts, en tombant un jour, vont recommencer l'érosion & ébouler le muret. Ici on  utilisa des pierres d'origines géologiques, de formes & de tailles diverses pour créer un effet esthétique. En pratique il est plus aisé d'employer un stock homogène de pierres du fait qu'il est crucial de croiser les joints. Avec des pierres de tailles variées respecter cette clé de force est plus difficile. Pour le moins on regroupera sur chaque rang des pierres de hauteur identique afin de garder le rang horizontal. Dans l'idéal chaque pierre est assise en sa position la plus stable. Elle touche deux pierres en-dessous & deux latéralement. Son cinquième point de contact est vers l'arrière où on la calera avec des pierres plus petites ou un cailloutis drainant. Par intervalles on placera une pierre dite racine dont la plus grande longueur s'enfonce dans le talus & présentant ainsi en parement sa face la plus petite. Le fruit donne au mur sa stabilité à long terme car à cause de cet angle, par leur poids même les pierres restent en place & au contact les unes des autres latéralement.

Un mur de pierres sèches produit une impression de beauté. Cela est dû au fait qu'il fallut pour le bâtir respecter les règles d'équilibre des éléments.  Les pierres sont soumises à la pesanteur & disposées de manière à résister aux intempéries, au vent & à la fréquentation du lieu tout en permettant la croissance des plantes & la continuation de la pédogenèse. Cet équilibre est le même que dans la nature. Par distinction un mur cimenté enfreint une partie de ces règles d'équilibre. Le ciment du mur sans ciment sont les racines des plantes & la vie de l'humus qu'elles génèrent.

  • buckwheat fava bean rye soybean / seigle sarrasin soja féverole / assolement 17-20

erixbd le 07/04/2019 :  Sur les monts du lyonnais, il y a tout un tas de chemins bordés de ces murets. Les bergers à une certaine époque, les ont construits.

2 aigre-doux chênaie-pinède séquence agrinature 2p6K

paysage habiter la terre culture / l'humus aigre-doux de la chênaie-pinède

  • 5.2 - "Connais ton soi." (2 commentaires de l'article 5.1)

erixbd le 02/03/2016 : Le problème n'est pas de croître... Le problème est de croître dans en même temps le respect de la nature... Ce mode de pensée se heurte à l'égoïsme qui n'est que l'expression de la peur de ne pas survivre... Ça, c'est ancestral. Hélas, pour qu'un processus d'œuvre commune se mette en place, il faut de la confiance, hors, nous n'avons pas confiance... pas confiance en nos élites, en nos dirigeants, en nos patrons, en nos voisins... Le levier est dans l'écart. Tant que les écarts pourrons se creuser, les personnes qui subissent les réformes s'y opposerons... par peur de ne pas survivre... & tant qu'il n'y aura pas de confiance, les gens qui subissent s'opposeront au changement.

  • marssfarm le 02/03/2016 : Merci de ce commentaire d'ange.

Oui, sachant que selon la nature on ne peut croître à l'infini.
Un vieillard sage apprend toujours, mais son corps ne grandit plus & ses besoins diminuent.
Cette histoire de confiance rappelle que tout comme crédit le mot trouve son étymologie dans la foi, proche de la fidélité.
Être fidèle à qui nous sommes, à notre nature d'humains.
Les crédits bancaires seuls n'ont pas la vocation de remplacer la confiance indispensable en tous les domaines de la vie.
La séquence courante roule ainsi : de la confiance naît la satisfaction.
La satisfaction permet le sacrifice. Le sacrifice seul produit la réalisation.
Cette séquence est valable pour chacun pris individuellement & pour la société en son entier.
Il n'est ni raccourci ni alternative à cette suite mathématique universelle.
The first thing is to have self-confidence. After which alone will we get self-satisfaction. Once we have got self-satisfaction, then we can acquire the virtue of self-sacrifice. And after self-sacrifice alone, do we come to self-realisation.
Prenons l'exemple d'un jardin-forêt.
Les jeunes arbres utilisent tout ce qui est disponible pour leur croissance vers le futur.
L'ancien continue de produire tout autant & tout son œuvre est donné à l'écosystème.
Dans les sociétés humaines basées sur l'ego, l'effet inverse est obtenu.
Ayons un peu de la sagesse des arbres. Connais ton soi.

  • theop le 02/03/2016 : Je crois aussi qu'il faut passer déjà par la confiance en soi - la confiance dans le Soi. Le manque de confiance envers les autres n'est pas systématique, il y a une sorte de méfiance plutôt. Cela naît sans doute de la schizophrénie dès le départ entre la famille & la société. Quand les deux ne sont pas en concordance, ou surtout se tire l'une sur l'autre, cela peut provoquer de graves problèmes psychiatriques. Où l'enfant peut il se situer dès lors ? La sociabilité étant dictée par l'école ou le travail ou toute sorte d'institution ou collectif organisé, il faut alors tout un travail sur la confiance en soi pour oser la rencontre non organisée, accueillir la rencontre spontanée. Il y a parfois lieu de se méfier, c'est un instinct de survie. La croissance spirituelle étant un tel tabou, nous nous raccrochons au peu de sécurité personnelle que nous laisse la société, c'est à dire rentrer dans son foyer le soir par exemple, sans envie d'être "dérangé".
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  • merveilleuse épiphytaire - (photo effacée) Le chiendent pied de poule Cynodon dactylon nous offre un feu d'artifice de graines. Il est une épiphytaire typique qui peut s'installer sur une absence de sol & produit une surabondance de graines envoyées aux quatre azimuts.

5.3 divin tropique (deux commentaires de l'article 5.1 du chapitre 3)

  • lescouleursdemyriam le 04/03/2016 : C'est vrai : si je pouvais vivre dans l'Oise sous un climat tropical, ça ne me gênerait pas & je ferais des économies d'énergie. Le problème est toute cette faune & cette flore vouées à disparaître.

marssfarm le 05/03/2016 : Les animaux & plantes ne disparaîtront pas : il migreront plus au nord. En fait on prédit un climat de type méditerranéen sur toute l'Europe d'ici à... nul ne sait vraiment quand. Il y a certes la question des ours polaires qui voient leur banquise fondre. Déjà des individus commencèrent à quitter leur écosystème en régression pour se croiser avec des grizzlis & induire une nouvelle espèce formée.

  • Florent le 10/03/2016 : Peut-être une distinction entre la matière, divine matière composée d'une énergie sacrée d'atomes, & le matérialisme qui n'est qu'orgueil futile. La matière est spirituelle. Mais le matérialisme est une notion de pouvoir & de domination sur les autres, & de fait nous ne sommes plus dans la matière mais dans le mental. http://odeurdelaterre.centerblog.net

marssfarm le 17/03/2016 19:29:07 : Quand on rencontre des personnes enfermées en leur mental, en une idée figée du monde selon les critères définis par leur culture particulière, l'impression forte qui nous vient est celle qu'ils s'égalent à leur corps. Ils se pensent comme un corps physique, des atomes avant tout & parfois en tout & pour tout. Ils peuvent ignorer ou même rejeter le fait que ces atomes soient spirituels.

  • Même des personnes fort spirituelles peuvent tomber en cette auto-limitation d'étrécissement mental

6.1 moutons bandits / berger étranger Pinus sapiens

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  • Pinus sapiens, l'étranger

Quand les humains ont tout détruit, ils regardent la roche nue de leur désastre & s'exclament "Que la nature est belle!"
"Quelle nature?" dit le naturaliste : "Il n'y a plus rien. Nous avons presque tout détruit de la vie présente ici!"

***

Les pins aux graines ailées sèment au vent.
Parfois, un petit germe dans un creux du rocher.
Ce jeune pin de quatre ans n'a pas de cerveau dit-on.
Il reconstruira pourtant une planète détruite par l'espèce Homo sapiens.
Le latin de sapiens signifie raisonnable, judicieux, sensé, sage, habile, expert, doté de discernement, discret, philosophe.
Les écolos de France qui roulent en de belles voitures n'aiment pas les pins, les disant étrangers, immigrés, métèques, musulmans même...
Un seul pin sans cerveau est plus sage que nous tous nous disant sapiens.
La vie biologique est bien plus qu'un individu, bien plus qu'une espèce.
Elle est esprit souffle qui porte au lointain les graines de Pinus sapiens.
Le pin naît, croît, éclot, fructifie, dissémine. Il parle
des forêts du passé & des verts paysages fertiles que la vie reconstruira.

  • 6.1 - les moutons, les loups, les bandits, le berger

Quand la Terre se fendit / c’était sous le règne des bandits / qui avaient tout défiguré.
Chaque ville entourée par / son cortège de hangars, / ses parkings alignés.
Les autoroutes étaient pleines / des camions en file indienne, / de convois bloqués au péage.
On se parlait presque pas / & chacun pressait le pas, / son écran au ras du visage.

On séparait par croyances / les leçons d’auto-défense, / les rues interdites d’entrée -
la fumée ou le brouillard / - impossible de savoir - / chaque soir plus épais.
On noyait dans du plastique / des repas automatiques / que la mer rejetait sur les plages.
Braves gens dignitaires, / tout le monde laissait faire / par profit ou manque de courage.

Sous les pieds bousculés des moutons qui s’affolent, / le berger à genou qui cherche la boussole,
& les loups affamés qui attendent au grillage. / Tombé juste au milieu de la cour d’une école,

l’arc-en-ciel démonté qui traîne sur le sol / & tout le monde croit à des enfantillages.

Quand la Terre se fendit / c’était sous le règne des bandits / qui avaient bien prévu le coup :
bien tirer la couverture, / profiter de la nature / disparue on ne sait où.
Sous les casques & les enceintes / des télés jamais éteintes / tournait le même message :
"Pardon de le répéter, mais / y a pas lieu de s’inquiéter."

Le pays d’à côté est couvert de nuages.
"Y a pas lieu de s’inquiéter : / c’est le pays d’à côté, / le pays d’à côté qui est couvert de nuages."
"Ne ressemblez jamais à ces moutons qui s’affolent." / disait le berger un jour qui cherchait la boussole.
Le pays d’à côté est couvert de nuages.

  • le pays d'à côté - Ce poème de Francis Cabrel décrit ce jour.

Nous sommes les bandits, les loups & les moutons tout à la fois. Le pays d'à côté est celui dont nous pillons les ressources - la nature, les paysans, les travailleurs, l'étranger... Les nuages sont la souffrance de la misère, l'espoir de la religion, le danger lointain imaginaire que nos policiers sauraient tenir à distance...

  • Les trois sont identiques. Le pillage induit la misère. La misère induit le besoin de croire & l'espérance. L'espérance induit la révolte de survie. Les arbres pourraient être notre berger.
transmute           transforme
pas d'engrais engrais-vert nitrifères humus 3 fruits 1 printemps février espace
ni taille ni greffe forme naturelle érudérales en tige 1 bois tige 3 été mai 2 mouvement 1
ne pas traiter rotations érudérales en rosette 4 feuilles inter-saisons 5 3 chaleur 4
non-désherbage mélanges épiphytaires en touffe 2 fleurs 2 automne août 4 inertie 5
non-labour couvert constant épiphytaires rampantes 5 racines 4 hiver novembre terre

 

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  • semi-déserts au sol fossilisé.

La plaine de la Crau est un semi-désert en France. Au plan biologique elle possède un potentiel énorme. Pour la protéger des bétonneurs, des reboiseurs en pin pour l'industrie, des plastiques de pétrole, elle fut déclarée réserve, est maintenue comme relique du dix-neuvième siècle façonnée par les moutonniers. Elle possède un potentiel d'exception en agrinature & permaculture avec ses 3000 heures d'ensoleillement par an & sa nappe phréatique proche. L'agriculture moderne la détruirait en dix ou vingt ans, en faisant un désert ultime & polluant son eau pour des siècles. Le boisement en résineux l'exposerait aux incendies. Le bétonnage a lieu partout ailleurs & jusque dans les jardins des particuliers : qu'il laisse la Crau ! C'est une zone précieusement épargnée. L'agriculture naturelle seule pourrait permettre de l'habiter sans détruire son potentiel. Pour l'heure ces sols fossilisés depuis l'antiquité attendent - ici comme en tant d'autres lieux de méditerranée. L'humanité n'est pas mure déjà pour l'agrinature.

  • En méditerranée, les sols profonds sont comme fossilisés du fait de la capacité à absorber la faible pluviométrie de ce climat que leur confère cette profondeur. Les sols superficiels à l'inverse furent emportés il y a longtemps par les orages courants en ces régions. Ce sont pour ces raisons des régions semi-désertiques à très grand potentiel de reconstruction.
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  • 4 groupes d'arbres à la Crau.

Nous voyons ici les arbres spontanés résiduels de la plaine de la Crau. Les quatre arbres reliques caractéristiques sont les peupliers, les pins, les chênes & les fruitiers. Parmi les peupliers citons le noir, le blanc, les baumiers, le grisard, le tremble. Parmi les pins, le pignon, l'Alep, les noirs, le maritime, le sylvestre. Les chênes sont la yeuse, le blanc ou pubescent, le tauzin, le liège. Les fruitiers seront l'amande, l'abricot, les pêchers, la prune, les cerisiers, le mahaleb, l'aubépine, les prunelliers, l'argousier, l'églantine, les pommiers, les vignes, le kaki, le kiwi, les noyers, les agrumes en leur extensive diversité & des espèces arbustes en grand nombre. En France le cyprès d'Italie ne semble pas se semer spontanément. En ces régions ventées ses haies sont encore utilisées bien que moins que jadis du fait de l'agrandissement des parcelles pour la mécanisation & l'expansion de la culture du blé sous l'impulsion des subventions agricoles qui multiplient l'usage des intrants - humicides & pétrole. Sans intervention humaine, la Crau se boiserait de bosquets & fourrés de peupliers aux semences légères. Près des peupliers, des pins & des fruitiers sauvages peuvent s'installer, semés de vents & d'oiseaux. Près des pins & fruitiers, des chênes peuvent s'établir dont les fruits doivent être apportées par des animaux, les geais & les planteurs d'arbres.

  • 6.2 la forme en œuf (six commentaires de l'article 6.1)

vousamoi le 03/03/2016 : Ça c'est très beau - je ne sais pourquoi mais cette pousse me plaît de par sa forme & sa couleur.

marssfarm : C'est la forme en œuf rencontrée partout, depuis l'atome d'hydrogène jusqu'à l'orbite des planètes.

  • erixbd le 03/03/2016 : Cabrel sait bien décrire ces choses & à chaque fois ses mots son ceux d'un homme qui observe & médite.

lescouleursdemyriam le 04/03/2016 : Ah bon, les écolos bobo n'aiment pas les pins ? De la jalousie parce que contrairement à eux ils ne perdent pas leurs feuilles ???

  • marssfarm le 18/03/2016 : On dit les pins sempervirents ou toujours verts. A la différence des feuilles caduques qui ne vivent que la belle saison & des feuilles marcescentes qui sèchent sur l'arbre à l'automne & tombent en mars sous la poussée des bourgeons qui gonflent, les feuilles des conifères vivent plus d'un an. Puis elles redonnent leur chlorophylle à l'arbre qui les porta, sèchent & choient au sol en vue de le fertiliser en nourriture carbone. Avoir des feuilles cireuses de faible surface mais présentes toute l'année est une stratégie pour résister aux climats froids, & à la vie sur sols pauvres & en climats arides. La perte en hiver des feuilles larges des caducifoliées est la stratégie symétrique d'adaptation aux climats froid l'hiver & doux l'été des régions dites tempérées. On trouve aussi sous les tropiques cette adaptation consistant à avoir de larges feuilles qui s'effacent à la traversée de la saison sèche. Il existe des stratégies intermédiaires. Les troènes par exemple perdent en hiver leurs feuilles de printemps mais conservent les feuilles d'été. En des situation difficiles, un individu adoptera une stratégie selon la capacité que lui permet la plasticité de ses gènes & de sa constitution & le besoin particulier d'une année en la météorologie qui la caractérise. Les plantes, n'ayant pas de pieds pour courir, disposent d'une large palette de gènes qui leur permet de voyager sous la forme graine pour ensuite s'adapter en race locale en une région plus loin. La plante pourtant conserve son grand potentiel génétique qui lui permettra de traverser des changements ultérieurs en ce lieu donné ou de migrer encore plus loin au besoin. Des mutations & croisements peuvent de plus faire surgir des gènes nouveaux. Les humains lorsqu'ils sélectionnent les plantes – & les animaux – ne savent qu'écarter des types & ce faisant éliminent des gènes. Cela explique pourquoi les plantes sélectionnées sont plus fragiles que leurs consœurs sauvages ou spontanées. Il est besoin de sélectionner : c'est un processus naturel. Il est besoin pourtant de le faire avec une intuition artistique & en une grande lenteur à l'instar de ce que fait la nature. Toute autre méthode présente un danger pour la diversité & résultera en l'invention de maladies que causent les excès humains.

Florent le 10/03/2016 : La grande intelligence, la nature nous enseigne du monde qu'elle est équilibre, géométrie sacrée, chiffre d'or, créations d'étoiles par compressions d'atomes d'hydrogène par les courants magnétiques de l'espace, fusion atomique dans l'univers, principes mathématiques des étoiles, la gravité des planètes, la création des éléments venant des soleil étant une soupe d’électrons & formant les atomes les plus divers, le fer, l'or, l'oxygène, l'hydrogène, sur toutes les planètes.

  • L'ADN, mystique alliance moléculaire née des bactéries & donnant toutes les formes de vie terrestres, lesquelles tiennent chacune un rôle défini & en équilibre : herbivores, prédateurs, plantes & arbres. C'est tout cela l'intelligence de la nature, de l'univers, des particules d'atomes.
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  •  En ce lieu au sol disparu en suite d'excès de pâture, nul mouton ne vient plus. Sur les points hauts, des pins que le vent souffle.

En cette combe à peine marquée, des ornes. On a du mal à imaginer le pays moutonné & désert il y a un siècle. Plus difficile encore de l'imaginer quelques siècles auparavant, verdoyant, cultivé, peuplé d'enfants, d'adultes & de vieillards.

  • 7.1 - la voie enseignée sur la terre du temps

Les arbres pourraient être notre berger. Ils ne possèdent pas de cerveau,
ne développent pas de technologie, n'ont pas de bras pour aimer ou combattre.
Leur voix sont les vents sept. Leurs yeux sont les feuilles vertes. Ils sentent,
écoutent, regardent, odorisent l'air alentour. Les signes qu'ils nous adressent
en l'instant sont sans nombre. Ils savent dire le temps de leur courte vie.
Ils savent dire le temps qu'il fit, & dire aussi le temps qu'il fera sans doute.
Le temps est leur outil, leur milieu, leur courage. Ils savent s'effacer
devant le tempétueux tempérament des vents de septentrion
& des zéphyrs déchaînés, tomber au sol enfin pour le fertiliser. Ils savent dire
la vie de Terre depuis avant l'invention des mammifères. Ils se tournent
en croissant vers le ciel pour ses lumières, ses jours, sa rosée, ses nuées.
En leur vieil âge ils cessent de croître, consacrent toute énergie eau & feu reçue
à fabriquer le sol pour leurs rejetons. Les abeilles, le vent les fécondent en
hybridations éternelles. Chaque arbre est différent de son voisin, chaque feuille
une forme qui lui est propre. Au vu de l'arbre, la notion d'espèce s'évanouit.
Nous petits hommes combattons ou méprisons une personne si un seul gène
diffère du notre ou si - détail encore plus minime - une seule de ses pensées
s'écarte de la doxa capitaliste enseignée aux facultés des décérébrés - de la haute
technologie pour gaspiller plus tandis que les pauvres ont froid, ont faim.
Les arbres travaillent jours & nuits sans projet décelable, dans l'instant seul.
Ils s'adaptent à tout, inventent sans cesse la vie nouvelle à venir - triple pléonasme.
Quand nous prendrons exemple sur un seul arbre livré à lui-même, un arbre
que nul humain armé d'un sécateur châtié n'aura mutilé, alors il y aura espoir.
Les humains filles & fils des arbres en voulurent s'écarter & devinrent dégénérés.
Les enfants sont des arbres.

  • Ce que nous dîmes des arbres vaut de tout être de nature à la génétique non altérée d'intention.
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  •  Nous voyons ici un talus moderne entre deux terrasses façonnées au bull. Le dénivelé est presque vertical, sans muret. Il tient car couvert de végétation & parce que les parcelles sont en vignes & arboriculture au racines profondes. En ce lieu l'enjeu d'érosion n'est pas net du fait que le propriétaire est le même des deux côtés du talus & que la parcelle du bas est capable d'absorber & recueillir la matière qu'une pluie d'orage peut faire ruisseler.

7.2)  les arbres, seuls producteur de la terre.

  • brigitisis le 08/03/2016 : J'adore les arbres. Quel beau texte ! J'aime les toucher, les entourer de mes bras comme, puiser en eux une force pour continuer d'avancer. Chaque arbre a son propre charme. C'est pour cela que j'aime les photographier. Aucun n'est semblable.

erixbd le 08/03/2016 : Connaît-on plus grande générosité que celle de l'arbre qui donne, nourrit & abrite tout un monde ?

  • Florent le 10/03/2016 : L'humain est un drôle animal, un bug de la nature - il a le savoir mais oublie la sagesse.

marssfarm le 08/03/2016 : Des arbres on peut dire qu'ils sont des espèces parapluie. Le terme est mal choisi. Il évoque une influence étendue au-delà du seul espace occupé. Il vaudrait mieux parler d'espèces hôtes, observant que les arbres hébergent & nourrissent des êtres en nombre, mais ce mot fut déjà attribué aux porteurs de parasites, ce qui est une idée assez différente. Umbrella species - "dont le domaine vital est assez large pour que sa protection assure celle des autres espèces appartenant à la même communauté" - Ramade, 2002. Les humains furent dès l'origine une espèce parapluie. Avec l’avènement de la technologie qui induit notre perte de contact à la terre, nous tendons à réduire notre action au rôle de prédateurs pilleurs à l'image d'une personne retournant le parapluie pour s'en servir de lavabo... Les arbres occupent dans la nature une place très particulière plus cardinale que ce que convoient les idées réunies d'espèce parapluie & clé de voûte. Ils créent leur environnement :

  • les sols alentour (5),
  • l'hydrologie de la région (4),
  • les chaînes trophiques (3),
  • le climat - vent (2), températures (3), aridité, régime des pluies (4) -
  • les reliefs, l'espace, le cadre de vie, l'habitat & le paysage (1).

C'est l'association des arbres & des humains qui accomplit les plus belles réalisations de ce monde. Les plantes conversent entre-elles & avec les éléments. A cause d'une durée de vie longue, les arbres acquièrent leur grande taille qui par sa dimension même génère un potentiel d'action puissant.

Francis Hallé montra qu'un arbre est plus qu'un individu. Il le compare à une colonie de coraux. Il montra aussi que le seul déchet que produisent les arbres est la lignine, source unique de l'humus, seule fertilité d'un sol à long terme & dans le flux du temps.

* espèce parapluie ou paravent - en écologie, dont l'étendue du territoire permet la protection d'un grand nombre d'autres espèces si celle-ci est protégée. Il s'agit donc d'une espèce dont l'espace vital est très grand, comme la loutre par exemple : pour protéger la loutre, la restauration de son habitat est essentielle, ce qui par voie de conséquence améliorera l'habitat d'un grand nombre d'espèces aquatiques. En utilisant des espèces au statut très médiatisé, comme le tigre ou le panda géant, on peut également permettre la sauvegarde de l'ensemble de leur biotope.

  • * La taille du territoire n'est pas le seul critère. On peut étendre la définition plus générale d'une espèce dont les besoins en niche écologique incluent ceux de nombreuses autres espèces. En la protégeant, on étend la protection à toutes les espèces qui partagent son habitat ou interagissent avec sa niche écologique. Les espèces parapluies sont souvent de grands mammifères, mais aussi des papillons par exemple ou en France, le Pique-prune, insecte typique des boisements anciens riches en bois mort ou en décomposition. Facile à détecter, la protection de son habitat permet de sauvegarder ces écosystèmes devenus rares qui peuvent également accueillir des rapaces nocturnes par exemple.
  • * espèce clé de voûte "Dans un écosystème, espèce dont la perte entraînerait un changement supérieur au changement induit par n’importe quelle autre espèce de cet écosystème. Exemple : certains vers de terre sont clés de voûte pour le fonctionnement des prairies ; les termites pour le recyclage de la matière en milieu tropical ; les éléphants pour leur impacts sur la dynamique de la végétation des savanes. Il ne s'agit pas nécessairement d'une espèce de grande taille, ni d'une espèce ayant un effectif important ou une productivité importante, mais d'une espèce qui structure son écosystème ou en assure l'équilibre écologique."
  • * écosystème "Ensemble de la communauté vivante biocénose & de son milieu physico-chimique biotope, incluant un compartiment de production primaire basé sur la photosynthèse végétale & considéré comme unité fonctionnelle de relations complémentaires transferts circulations matière énergie. Les habitats naturels sont des écosystèmes."
  • *edited from EUNIS European Union Nature Information System - typologie des habitats d'Europe.
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  • 7.3 restanco.

Voici une restanque ancienne envahie par la ronce. Dans la ronce des arbres peuvent s'installer. S'ils sont laissés grandir vieux, ils ébouleront progressivement le muret. En Agrinature, on ne fait pas de terrasses autres que les tsp qui se bâtissent d'elles-mêmes par la principale discipline d'une fréquentation du lieu selon les courbes de niveau. Pour accélérer la constitution d'une tsp, planter des arbres au point haut est utile ou comme ici les laisser se semer naturellement. Les murets se justifient lorsqu'on désherbe & met le sol à nu. Dans le cas de la photographie, si des arbres germent & grandissent au sommet du muret, cela aboutira au bout d'un siècle à la transformation de la restanque en tsp avec recouvrement du mur par de la terre, des racines & de la végétation. C'est le cas idéal car la tsp induit le didp qui est fabrication de sol & optimisation du climat.

  • restanco ‘restanque’ - "écluse, digue, morceau de bois qu’on place au travers du pétrin pour empêcher la pâte de s’étendre". L’étymologie est la même que celle de pétanque - de tancar, fermer, boucher, arrêter qui donna étang & tank (anglais). Dans la région de Nice les restanques sont les terrasses qu’on appelle "traversiers" à Valleraugue, "bancels" en Lozère, "ribo" à Pont-de-Montvert, "faissa" ou "paredon" dans l’Aveyron. / restanco retanco restanglo restrango restranglo (restanca restanqua) barrage digue (rebouto) écluse (resclauso) barre d'une porte (tanco) arrêt pour la pâte à pain (estanco) chaîne de pierres d'une route / Il est des restancos sur les pentes du mont Faron à Toulon. Les cultures en terrasses traditionnelles (restanco) c’est à dire avec un système d’écoulement des eaux de ruissellement intégré se font de plus en plus rares. Et on n’y fait plus guère pousser de légumes, seulement des fruitiers. Celles-ci sont très belles & curieusement quasiment en ville. Cette description explique l’évolution sémantique. Restanco vient du verbe stanticare "arrêter" qui aussi donna tancar. En ancien occitan est attesté le verbe restancar "étancher le sang" ou restanchier en ancien français. Dans les parlers occitans modernes on trouve restanca(r) "faire une digue, un barrage, retenir l’eau". A Cavalaire près de Draguignan un restanco est "une barrière en bois le long d’un chemin pour empêcher les eaux pluviales d’y passer". Quand on crée plusieurs de ces barrières en pierre sèche plutôt qu’en bois sur la pente d’un colline on obtient des restancos ou terrrasses. A Ampus au nord de Draguignan on appelle ces murets de pierre sèche & les terrasses qui sont ainsi formées, des "berges". L’évolution sémantique alla de berge "bord d’un cours d’eau" vers "muret avec système d’écoulement d’eau" puis vers "terrasses formées avec ces murets". -  edited from www.etymologie-occitane.fr / Robert Geuljans.
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  • l'arbre le sol & l'agriculture.

Voici des boisements spontanés sur des terrasses anciennes de déprise agricole en climat de méditerranée. Nous voyons des pins sylvestres, maritimes, noirs, parasols, des peupliers blancs, noirs, gris, des chênes verts & blancs, des fruitiers sauvages...

  • 7.4  lumière & vent (un commentaire de 7.3)

vousamoi le 16/03/2016 : Oh qu'il est vilain ce pylône haute tension en arrière plan.

  • marssfarm le 18/03/2016 : Oui. En ce pays de Mistral, venté 300 jours l'an & de presque 3000 heures de soleil par année, les moulins à vent d'avant furent chassés, remplacés par des centrales nucléaires & barrages hydroélectriques.

Des lignes à très haute tension doivent exporter l'excédent d'énergie produite dans la vallée du Rhône vers d'autres lieux de consommation. Il est probable que le même lobby industriel qui favorisa ces productions centralisées des années 1960 sous l'impulsion de l’État & des corps de métier formés aux grandes écoles, ait donné naissance aux mouvements qui œuvrent à freiner le développement des panneaux photovoltaïques & autres éoliennes domestiques. On a vu le président Giscard militer contre les éoliennes. Le président Sarkozy démantela le modèle de financement des entreprises d'installation de panneaux solaires. Ainsi le pays réside en sa nostalgie d'un temps glorieux que les destructions de la guerre & le colonialisme avaient permis. Il est temps d'avancer.

  • Trois mille heures de soleil par an équivalent 150 000 kWh en thermique pour une surface de vitres de cent mètres carrés, un dixième de cette énergie si on la convertit en électricité, & un cinquantième si on l'utilise à la croissance des plantes - pour le bois de chauffage ou du biogaz par exemple.
transmute           transforme
pas d'engrais engrais-vert nitrifères 3 humus 3 fruits 1 printemps février espace
ni taille ni greffe forme naturelle érudérales en tige 1 1 bois tige 3 été mai 2 mouvement 1
ne pas traiter associations érudérales en rosette 4 4 feuilles inter-saisons 5 3 chaleur 4
non-désherbage semis direct épiphytaires en touffe 2 2 fleurs 2 automne août 4 inertie 5
non-labour couvert constant épiphytaires rampantes 5 5 racines 4 hiver novembre terre
exemples érudérale tige potimarron nitrifère tige haricot épiphytaire tige pommier
  érud. touffe blé nitrif. touffe trèfle blanc épiphyt. touffe seigle
  érud. rosette bette nit. rampante lotier marais épiph. rampante chiendent
  •  
2.(5-8) l'humus aigre-doux de la chênaie-pinède 10p5K
  • 8. (image missing) Voici un talus né d'un terrassement au bulldozer. Il est tenu par les racines de la chênaie-pinède spontanée. Le profil n'est pas stable : des arbres du bord en vieillissant seront chus par le vent un jour de pluie & le talus se stabilisera avec une pente de deux pour un. Cela se peut à deux conditions - que le talus devenu pentu demeure protégé de végétation & que les humains & leur troupeaux ne le franchissent pas. Au temps jadis ces talus étaient moins hauts & toujours tenus par un mur. Les pierres utilisées à la construction étaient souvent les pierres résiduelles laissées par l'érosion emportement du sol par les pluies des orages d'été. Ainsi se jouait un équilibre différent en chaque point du terrain entre une destruction des sols par une présence & des actions humaines aléatoires & leur préservation par des travaux de compensation. Le nombre de cas trouvés est sans fin avec comme résultats tantôt des sols disparus quand l'équilibre ne fut pas trouvé & en d'autres lieux des terrasses dont les sols parfois sont très profonds - soit de plus d'un mètre. Les sommets souvent arrondis au sol emporté en conséquence des excès de pâture non contrôlée se sont en notre temps souvent spontanément reboisés. La chênaie-pinède à l'humus aigre-doux & aux enracinements complémentaires est une fantastique fabricatrice de sols.

quatre groupes d'arbres à la Crau - (image missing) Nous voyons ici les arbres spontanés résiduels de la plaine de la Crau. Les quatre arbres reliques caractéristiques sont les peupliers, les pins, les chênes & les fruitiers. Parmi les peupliers citons le noir, le blanc, les baumiers, le grisard, le tremble. Parmi les pins, le pignon, l'Alep, les noirs, le maritime, le sylvestre. Les chênes sont la yeuse, le blanc ou pubescent, le tauzin, le liège. Les fruitiers seront l'amande, l'abricot, les pêchers, la prune, les cerisiers, le mahaleb, l'aubépine, les prunelliers, l'argousier, l'églantine, les pommiers, les vignes, le kaki, le kiwi, les noyers, les agrumes en leur extensive diversité & des espèces arbustes en grand nombre. En France le cyprès d'Italie ne semble pas se semer spontanément. En ces régions ventées ses haies sont encore utilisées bien que moins que jadis du fait de l'agrandissement des parcelles pour la mécanisation & l'expansion de la culture du blé sous l'impulsion des subventions agricoles qui multiplient l'usage des intrants - humicides & pétrole. Sans intervention humaine, la Crau se boiserait de bosquets & fourrés de peupliers aux semences légères. Près des peupliers, des pins & des fruitiers sauvages peuvent s'installer, semés de vents & d'oiseaux. Près des pins & fruitiers, des chênes peuvent s'établir dont les fruits doivent être apportées par des animaux, les geais & les planteurs d'arbres.

soils life inhabits/ low-tech modest wind turbines

9-10.soils life inhabits/ low-tech modest wind turbines 3p
  • humus doux - Dans l'humus doux & fort de feuilles de cèdres, les graines ailées du frêne, du robinier & du cèdre de l'Atlas.

9. fabricants des sols que la vie habite - makers of soils life inhabits - soils life inhabits- Le réchauffement de la planète ne sera pas enrayé quelles que soient les décisions prises, car chacun - chaque pays, chaque personne - veut accroître son revenu & dépenser de l'énergie est à la base de toute activité. Si nous voulons un job, nous devons avoir un véhicule, prendre des douches, etc... Si nous voulons une famille, nous devons chauffer la maison, vivre comme tout le monde, etc... Pour ne pas produire de gaz à effet de serre, il faudrait accepter de s'appauvrir & cela n'arrive jamais dans les faits. Nous ne nous appauvrissons en argent ou autrement qu'en soumission à des faits têtus qui nous y obligent. La finance qui nous gouverne & que nous élisons par politiques interposés, vise le toujours plus & fait feu de tout bois – tout autant pour construire que détruire sans distinction. C'est le cas de chacun avec de très rares exceptions : pour la plupart nous prenons le job qui se présente. Rares sont ceux qui refuseront un travail pour des raisons d'éthique, à cause d'un mode de vie qu'ils réprouvent ou de considérations écologiques. Seule la sagesse peut nous inciter à limiter nos désirs besoins. Par définition, le sagesse est rare.

  • La planète se réchauffera donc. Nous pourrons de ce fait développer des productions végétales nouvelles. Elles seront nouvelles en les espèces concernées en combinaisons de plantes en synergie, nouvelles en techniques culturales, nouvelles en la diversité des lieux de culture. Nous planterons & produirons dans les jardins, sur les toits, dans les rues, au long des routes, sur les talus, dans les pentes, dans les maisons phytotrons... Ces productions elles-mêmes à terme tempéreront le climat à l'échelle d'un siècle ou deux. Vivre avec les plantes est la solution à la question du climat. Les énergies fossiles furent fabriquées par photosynthèse en les ères géologiques anciennes. Les roches de sédiments, vaste majorité de la surface des continents, sont nées de l'accumulation des squelettes de bactéries vertes. Elles sont issues aussi donc de la photosynthèse.

Nous brûlerons probablement tous ces fossiles sans limite. Ces combustions ouvrent une ère géologique nouvelle – l'anthropocène. Le carbone étant la brique de la photosynthèse, le calcium & le magnésium des roches sédimentaires étant à la base de la fertilité minérale des sols, ces substances libérées par l'agriculture & les combustions joueront en faveur des productions à venir qui les consommeront en vue d'une abondance en humus, une surabondance écologique & les productions d'énergie à base soleil. La sagesse collective des humains saura éviter les désastres les plus cuisants & la disparition ultime. Il sera fait à ce sujet à l'instar du fait que les grands désastres en guerres nucléaires furent écartés contre l'attente des perspectives les plus pessimistes des années septante au siècle passé.

  • Désherber & labourer induisent l'érosion usure destruction des sols. Dans beaucoup de jardins de nos jours on voit surtout du béton, du minéral & du gazon mangeur de pétrole à tondeuse. Sur les toits, on ne trouve que rarement des plantes en culture. Les pratiques agricoles impliquent le plus souvent de dénuder les terres plusieurs mois par an. Sur les places & les squares aussi, le minéral tend à devenir la règle. Ces exemples sont exactement l'inverse de ce que nous apprendrons à faire pour retrouver un climat propice sur notre planète bleue. Nous serons à nouveau tous & chacun des jardiniers de la terre, fabricants des sols que la vie habite, des sols qui abritent - par en dessous - la vie.

10. micro-éolien de basse technologie - Sur chaque maison une micro-éolienne de basse technologie produit ce que peut. - low-tech small wind turbines.

  • L'éolienne industrielle présente ces inconvénients d'une base énorme bétonnée.
  • L'éolienne domestique en revanche a toujours existé. Ça s'appelle un moulin à vent. On peut s'en servir pour pomper de l'eau, moudre du grain ou produire du courant. Elle est jolie, coûte peu, prend peu de place, freine les vents & tourne au moindre zéphyr

Les éoliennes (même industrielles) peuvent montrer vertu :

  • si on ne les construit pas de trop grande taille,
  • pas sur des terres à bon potentiel de production,
  • & si elles sont dessinées selon des technologies basses, de la plus grande simplicité,
  • & de ce fait réparables avec quelques outils
  • & donc bon marché.

Les autres nuisances évoquées par les personnes qui croient s'affirmer en s'opposant par un principe couard à tout ce qui est minoritaire - les "anti-tout" comme nous pourrions les nommer - sont sans réel objet. L'ancien président Giscard d'Estaing fut un opposant aux éoliennes en son vieil âge, qui avait auparavant initié en nombre des centrales nucléaires & des autoroutes dont l'impact écologique est bien plus néfaste & durable en radioactivité & métaux lourds dispersés aux quatre ciels. Chaque maison pourrait avoir une micro-éolienne sur son toit. Elle produirait ce que peut.

1 séquence muret talus planté tsp séquence agrinature 3p40K

1. la séquence muret/talus instable/planté ou tsp

dialogue des pétales de pavots dans l'esprit vent sans désherbage (photo effacée)

  • le 16/12/2015 : A la ferme de mars on ne connaît que 3 saisons pour les photos. Le printemps - février, mars, avril - éclate les bourgeons préparés en été & automne. Les pavots plantes spirituelles, pharmacon - tout à la fois poison & médecine - nous font l'effet d'une drogue par l'image du dialogue silencieux qu'ils savent dire au vents d'été - mai ,  juin, juillet. L'automne - août, septembre, octobre - est pour semer. En hiver - novembre, décembre, janvier - les jours sont si courts que le temps de se saisir de l'appareil photo, la nuit est déjà tombée ! C'est le temps de couper les arbres & les planter.

1. La drogue pétrole - La drogue pétrole induit gaspillages & pollutions par emploi des technologies dont l'objet est de nous droguer au pétrole.

  • L'écosystème nature ne connaît pas le déchet, donc pas de pollution; mais seulement deux types de boucles trophiques.

Une de ces boucles (1) est vers la fabrication de vie (2) par la captation de l'énergie lumière soleil par les plantes, algues & cyanobactéries (3). L'autre est la chaîne trophique de consommation (4) vers l'humus (3), la fabrication des sols (5).

Dans la société humaine tout se complique car elle ne compte que trois types de producteurs : les forestiers (1), les agriculteurs (2) & les opérateurs de moulins d'énergie renouvelable - qui sont des formes diverses de l'énergie solaire (3). Tous les autres humains sont des consommateurs (4). Une seconde difficulté vient du fait que les productions se font à la campagne & les consommations à la ville (5).

Dans le monde vivant les plantes produisent (3), les consommateurs mangent le surplus (4) & les déchets deviennent du sol  (5) en la boucle trophique vers l'humus (3). Dans les sociétés anciennes tout le monde ou presque était un tant soit peu producteur. Elles fonctionnaient à la manière des systèmes de nature. A cause des deux handicaps de la société moderne

  • qui raréfie les producteurs d'une part (3)
  • & déplace les consommateurs vers les villes d'autre part (4)
  • & à cause d'une pression de démographie croissante, il y a lieu de gérer les ressources disponibles (5). Dans cette gestion la nature & les sociétés agricoles nous offrent une infinité de modes à suivre.

Il est une différence notable cependant - celle du rendement ou efficacité. Les systèmes naturels & anciens peuvent être de faibles rendement car d'une part ils absorbent sans cesse de l'énergie solaire (3), d'autre part toute ressource inutilisée par un être - ce qu'un humain pourrait nommer déchet - le sera par un autre (2) & ainsi vie & mort se mêlent en un tourbillon permanent (4). Au moyen de ces trois faits l'idée d'efficacité dans la nature & dans les sociétés agricoles n'a que peu de sens.  Il faut noter aussi que lorsque les sociétés d'antan dégradaient leur lieu de vie & leurs sols, elles migraient ensuite vers des contrées voisines ou lointaines.

  • Ainsi les guerres (1).
  • Ainsi la création des déserts si nombreux sur la planète (5).

Cette société moderne que nous voudrions n'a pas plus de rendement ou d'efficacité que les sociétés anciennes. En cela nous le voyons nous sommes demeurés des êtres de nature.

Pourtant avec l'industrialisation rendue possible par les trois sources fossiles d'énergie (3) – charbon (5), pétrole (4) & gaz (2) - gaspillages & pollutions apparaissent (1). Ces sources fossiles d'énergie sont des drogues, des dopants qui démultiplient nos actes. Pourtant nous demeurons toujours aussi inefficaces en tout. S'il nous était demandé d'être efficaces en permanence nous mourrions sous le stress en quelques heures ou quelques jours car notre constitution ne le permet pas. Aucun être de nature n'est efficace longtemps. Cela ne peut se produire que par bribes. Cette idée d'efficacité qui nous obsède est en fait une projection du mental du capitaliste qui souhaite exploiter la force de travail des personnes qu'il emploie en vue de faire croître son profit.  Ici nous trouvons le lien entre finance, exploitation, gaspillages & pollutions.  L'objet du capitalisme est de dégager un profit pour quelques individus désignés comme supérieurs en externalisant une partie des coûts à charge de la collectivité, de la nature ou d'une contrée lointaine.  A force d'à force de répétitions l'idée nous fut infusée malgré nous.

Sous l'influence de la drogue pétrole (3) nous nous sommes départis des voies naturelles (4). Nous voudrions bâtir une civilisation mondiale coupée de la terre (5). Le pétrole nous donne l'illusion que cela se pourrait. Mais c'est impossible : tout l'indique en ce que nous voyons autour des êtres qui se disent ou se croient efficaces...

Il nous faudra regarder comment les êtres de nature fonctionnent, nous inspirer d'eux & recommencer de nous mêler à eux. Des inventions véritables apparaîtront mais il faudra tout de même retourner vers la terre au sens de s'humilier.

  • erixbd le 14/03/2016 : Riche & dense cet article amène beaucoup de questions mais répond aussi à pas mal d'interrogations. Je crois que l'esprit de l'homme ingénieux est dévié par le besoin de richesses & de pouvoir lié à un manque évident & la peur de manquer qui entraîne nécessairement de grands excès. Celui qui aura compris le rôle de l'humanité dans la spirale des vies entre l'infiniment grand & l'infiniment petit, entre l'atome neutre & le complexe héréditaire se devra de l'expliquer patiemment pour qu'un jour l'instruit cultive à son tour la vie.

Si j'étais président, nous écririons un décret
pour que les automobiles roulent à gauche.
Et une semaine après, les camions aussi.
J'emmènerai le gouvernement tout en haut
de la tour Cifelle & nous contemplerions le carambolage,
le bouchon géant que sera devenu Paris.
Au bout de vingt-quatre heures d'embouteillage,
les véhicules tomberont en panne sèche l'un après l'autre.
Dans la ville paralysée, nous irons gambader.
Les automobilistes interloqués diront :
"Monsieur le président, faut-y rouler à droite ou à gauche ?"
"Faites comme vous voulez !
Je suis fatigué d'avoir à décider pour vous."
Dans les voitures immobilisées, nous planteront des arbres.
Sur les routes éclatées, nous sèmeront des haricots.

(photo effacée)

  • Voici un semis direct d'une courge dans le couvert spontané EVA.  Pour que la courge se développe bien il faudra déposer à son pied une masse énorme de compost en paillage du sol.  Une meilleure méthode consiste à planter le jeune plant élevé auparavant en serre chaude avec dépôt de compost dans le trou de plantation.  Le paillage avec des pailles, du compost ou des herbes sèches est nécessaire si on réclame une production abondante.  Sans paillage, les fruits seront plus petits.

2. déchet, efficacité, gaspillage : recycler ou polluer

  • Les notions telles que déchet, efficacité, gaspillage, recycler, pollution sont des perceptions du moi, de l'ego au moyen du mental. La langue française teintée d'athéisme nomme esprit le mental humain en une tentative vanité à retrouver du spirituel d'où on le chassa. Ce fait est liée à l'histoire de la France & au caractère rebelle de son peuple qui choisit ses membres les plus brillants pour le représenter. Or la brillance est un critère pauvre. Il vaut mieux se tourner vers les valeurs d'intégrité, de cohérence intérieure pour désigner une personne appelée à endosser des responsabilités. On risque de juger intelligente & par translation compétente une personne aux bonnes capacités mentales. Les faits têtus révèlent cependant que ce type de personnes en général échouent en tout hormis parfois quelque pécune, quelque pécule accumulé. L'observation montre que l'argent en surabondance est sauf exception employé à perte le plus souvent pour créer du brillant. Ainsi les brillants brillent à la manière d'une géante rouge avant que d'exploser en supernova. Lorsque aucune éducation n'est dispensée pour le limiter, le moi tend de son propre effort à se placer au centre du monde en vue d'organiser son espace selon ce qu'il perçoit. Le moi est une notion liée au corps : nous nous assimilons au corps physique. Or c'est bien cette corporéité qui nous lie à la nature, aux êtres divers de notre écosystème terre.

La nature si elle est très efficace - & tout ce que nous voyons alentour fut créé par les photosynthèses : les montagnes, les sols, les arbres & tous ce vit sous les cieux & sous la terre – l'est d'une toute autre manière que ce que le petit mental du petit homme perçoit :

  • dans le monde réel par opposition à ce qu'imagine l'ego, il s'agit de mettre en œuvre une haute efficience du groupe. Au sein du groupe fut-il une population, une espèce, un écosystème, l'individu s'efface pour le commun.

En la communauté d'un écosystème chaque espèce même n'est rien qu'en ses liens aux autres. La structure solide inébranlable de la communauté est tissée des forces sans limite que sont :

  • la complémentarité (4), la convergence (5), la coopération (3),
  • la commensalité (1), la complexité (3), la diversité (2) & la simplicité (1) - toute valeurs féminines.

(photo effacée)

  • romarin or de roc - Ce petit buisson de romarin existe sur le roc nu. En la saison hivernale toutes les feuilles du printemps passé prirent une teinte d'or afin de réduire le besoin en eau de la plante. Seules demeurent vertes les menues pousses dites d'été, sachant qu'en le climat de méditerranée la pousse d'été se fait souvent en automne au retour des pluies. Ces menues pousses vertes attendent les averse de printemps pour une croissance nouvelle.

3.1La dualité douleur génère de la misère.

  • erixbd le 16/12/2015 : Nous élevons l'individu pour considérer qu'il sera parfait en tout tout le temps... La réalité est tout autre car personne n'est capable de briller par son excellence en permanence. Le principe des missions selon les compétences pourrait servir à l'aboutissement de projets d'intérêt général... Au lieu de cela, les mêmes individus occupent des fonctions pour le seul prestige & sont rémunérés pour cette seule position sans obligation d'efficacité.

marssfarm le 16/12/2015 : Erix ce n'est pas la première fois que tu anticipes sur la suite d'un article - déjà écrite mais pas encore publiée. "Like minds are alike."

  • le 27/12/2015 : L'humour de la vie c'est que des personnes capables souvent sont humbles. Ainsi les plus simples & belles réalités sont imperceptibles à qui sont obnubilés par eux-mêmes. Les formes d'humour subtil excluent toute méchanceté en la conscience que nous sommes semblables en tout en tous points. En naît cet humour discret comme la brise au matin parfumé qui adoucit la vie sans ostraciser les êtres singuliers. Selon les six darshans de l'Inde l'ego est un élément de l'univers parmi vingt-sept. Il est un outil pour l'existence de l'individu. L'individu traverse des états multiples & l'humain n'est pas son stade ultime. Lui-aussi doit être un jour dépassé. Nos misères naissent de ce que des êtres en transitions se prennent, se voient déjà comme maîtres du monde, les possesseurs de l'univers. C'est ainsi qu'ils séparent l'univers entre "moi" & le reste des humains ou entre les humains & la nature. Dualité est misère. Le doute qu'est la dualité sépare les êtres, coupe le monde en débris que le mental ne sait réconcilier. Observer d'un regard un, offre la félicité à portée.

Nous voyons le monde selon notre disposition intérieure.

  • 3.2 - le chaos vu au travers d'un chas

L'observation de la vie nous montre un monde loin bien loin de l'idée d'efficacité telle que la conçoivent & perçoivent le mental, l'ego. Les techniques d’ingénierie sont des émanation des pensées (mental) dont la vue est par nature étriquée, tronquée. Aux problèmes générés par les carences en perspective du mental, nous confions au mental de trouver des solutions qui génèrent plus de difficultés encore. Le cercle ainsi tourne.

Les ingénieurs techniciens intelligents peuvent créer la mort, la destruction, le conflit car ils regardent le monde du point de vue étroit par deux minuscules fentes. Par les deux fentes l'ego regarde. Il cherche à comprendre, prendre en lui-même le vaste cosmos sans début ni fin.
La plupart des technologies & techniques sont inventées tout d'abord pour la guerre. Il n'est que peu d'exceptions. Les énergies fossiles aussi sont tirées du sous-sol auquel la mort toujours fut associée. Observez une automobile moderne. Son efficacité en énergie en l'usage courant par un conducteur ordinaire est de l'ordre de un pour-cent, soit la même efficacité que celle des charrettes de jadis, la même aussi que celle des premières voitures inventées il y a presque deux siècles. Chaque progrès permis par la technique s'annula d'un gadget superflu ajouté qui contredit le gain en efficacité qui aurait été possible.
Cet exemple pris au courant de nos vies voudrait juste montrer que la voie vue depuis l’œil de l'ingénieur technicien ne fonctionnera pas. C'est notre vision sur le monde & partant notre vision du monde qu'il nous faut élargir.  Le cosmos semble chaos lorsque perçu à travers le chas de l'ego.

  • L'univers si vaste ne peut entrer en le moi infime. Il nous faut nous décentrer, nous placer hors du moi.
photo missing
  • Un romarin pousse dans la fissure d'un mur comme une plante épiphyte. En la classification d'agrinature, nous groupons Rosmarinus officinalisparmi les épiphytaires, plantes capables de vivre sur sol pauvre, en sol presque disparu par érosion, dans un sol minéral sans matière organique, voire sans sol comme ici.

lescouleursdemyriam le 26/03/2016 : C'est ainsi que des giroflées et des fougères poussent dans les interstices de mon mur situé à l'ombre. Le mur végétal s'est crée seul.

  • 3.3 - 7 kinds of fossil fuels / 3 énergies inépuisables  / les 7 sources fossiles & les 3 formes inépuisables d'énergie

erixbd le 18/12/2015 : Et du chaos naquit la vie... Nous sommes le résultat d'une pensée. Notre utilité est de rendre concret cette pensée, mais nous avons aussi le rôle de créer ces pensées pour que "l'être en qui nous sommes" grandisse à son tour... Ce tourbillon infernal est comme la conscience qui s'éveille... L'ingénieur pense & crée selon les besoin de... De l'humanité ? De la planète ? Du "système" maintenant, afin que tout soit rentabilité, productivité, & non qualitatif, je crois. http://erixbd.centerblog.net

  • marssfarm : Est-ce du Kant ou du Spinoza ? !!! Le tourbillon peut être infernal, enfermé sur lui-même ou libérateur, en ouverture à la différence. Si nous le voulons enfermé & libérateur, alors s'opère en nous cette douleur de la contradiction.

vousamoi le 18/12/2015 : Les voitures de nos jours fonctionnent au CO2. Autrefois les voitures tournaient au crottin !

  • marssfarm le 18/12/2015 :

Exact. Les sept sources fossiles d'énergie sont respectivement :

  • le bois (1), l'herbe (2), l'humus (3),
  • le charbon (5), le pétrole (4), le gaz (2) & l'uranium (5).

Les trois autres formes d'énergie sont :

  • le soleil (3) qui se décline en panneaux solaires, chauffe-eaux solaires, chauffage direct par effet de serre, moulins, hydroélectricité, barrages, éoliennes, irrigation & agricultures naturelles,
  • la terre (5) qui permet la géothermie, l'aérothermie des puits canadiens ou provençaux & se diffuse en la radioactivité naturelle au centre de la planète,
  • & la lune (4) qui provoque les marées, permet les hydroliennes & déclenche vents & précipitations.

lescouleursdemyriam le 23/12/2015 : La nature & l'humanité ne sont-elles donc pas faites pour vivre ensemble ?

  • Nous disons "homme" pour désigner les humains dont la majorité sont des femmes sauf en Inde & en Chine où les enfants filles furent trucidées pour des histoires idiotes d'héritage & de dot. Du point de vue de Dieu nous sommes tous des femmes.

3.4  épiphytaires & érudérales

  • brigitisis le 14/03/2016 : Les petites plantes sans racines sont très à la mode en ce moment & c'est vrai que c'est assez surprenant...

marssfarm le 15/03/2016 : Les épiphytes ne sont pas sans racines : elles ont des racines aériennes qui parfois contiennent de la chlorophylle. La plante de la photo est un romarin, buisson pouvant dans la nature atteindre deux mètres de haut. Il n'est pas une épiphyte, terme désignant des plantes qui n'ont que des racines aériennes & vivent couramment sous les climats tropicaux. En climats océaniques tempérés les épiphytes sont possibles en des cas d'exception. On voit par exemple des lichens accrochés aux branches des arbres, mais les biologistes ne les classent pas vraiment parmi les plantes.

  • Ce romarin ici n'est pas sans racines, mais c'est une plante capable de croître dans la fissure d'un mur & en climat plutôt sec. A l'article précédent nous voyons un de ses confrères pousser dans la fissure d'un rocher & en milieu aride, chaud & en pleine lumière. Du fait qu'il vit ici sans sol & en hauteur, par extension du terme "épiphyte" nous le nommons "épiphytaire en agrinature. Le mot est formé pour désigner les plantes pouvant vivre sans sol ou plus précisément en sol pauvre, un sol minéral avec peu de matière organique en stock.

Dire que des arbres comme les pins ou le romarin vivent sans sol n'est pas exact. Ils sont capables de débuter leur vie sur un milieu presque exclusivement minéral, ce qui correspond en pédologie à un sol de profondeur nulle. Installé sur ce sol inexistant, le pin ou le romarin insère sa racine en une fissure, fait éclater le roc par la pression de croissance de la racine & dissout le minéral par des substances chimiques secrétées. Les arbres c'est courant fabriquent le sol dont ils ont besoin à mesure de leur développement. Cela est vrai de tous les arbres, mais les résineux & plantes à feuillage persistant sont plus forts en ces processus pour des raisons liées à l'évolution & à la physiologie.

  • En agrinature nous définissons le sol comme l'espace prospecté de racines. Selon cette définition, les épiphytaires ne vivent pas sans sol - hormis les vraies épyphytes des tropiques & quelques exceptions en microclimats tempérés humides. Nous désignons comme épiphytaires les plantes pouvant prospérer avec pour seules ressources l'eau & la lumière - & qui seraient de ce fait capables de vivre sans sol pendant un temps donné. Certes aucune plante n'est capable de cela toujours, car dans la nature & dans l'univers, la pureté, le 100% n'existent pas : les épiphytes ou plantes perchées, outre l'humidité de l'air & la lumière, savent faire usage des poussières & débris infimes qu'elles collectent en leur rosette.
transmute           transforme
pas d'engrais engrais-vert nitrifères 3 humus 3 fruits 1 printemps février espace
ni taille ni greffe forme naturelle érudérales en tige 1 1 bois tige 3 été mai 2 mouvement 1
ne pas traiter rotations érudérales en rosette 4 4 feuilles inter-saisons 5 3 chaleur 4
non-désherbage mélanges épiphytaires en touffe 2 2 fleurs 2 automne août 4 inertie 5
non-labour couvert constant épiphytaires rampantes 5 5 racines 4 hiver novembre terre
exemples érudérale tige potimarron nitrifère tige haricot épiphytaire tige pommier
  érud. touffe blé nitrif. touffe trèfle blanc épiphyt. touffe seigle
  érud. rosette bette nit. rampante lotier marais épiph. rampante chiendent
  • épiphytaires & érudérales / Cèdres / endsam : eva & are
photo missing
  • bois spontané - On voit ici un reboisement spontané de plusieurs espèces pins & chênes ainsi que de nombreux buissons.

3.5 - adaptabilité / endsam au moyen de eva & are / Si on plante un pépin de pomme ou un grain de blé dans la fissure d'un rocher, leurs chances de vie sans aide de notre part sont infimes. Ce n'est pas le cas d'une graine de pin d'Alep ou d'une graminée sauvage. Là est la différence entre les épiphytaires d'une part & les érudérales d'autre part qui ont besoin de sol, de matière organique déjà présente pour prospérer. Dans la nature, beaucoup parmi les plantes dites spontanées - qui sont en fait des installées depuis longtemps en une région - sont des épiphytaires. Dès qu'une plante se déplace ou est sélectionnée pour l'agriculture - en agriculture les deux vont de pair - elle peut devenir une érudérale. Il existe deux sortes de plantes aux semences mobiles.

  • Les épiphytaires les plus typiques sont les colonisatrices des milieux au sol disparu ou ruiné. Les conifères sont les plus remarquables de ce groupe car une fois installés ils peuvent vivre longtemps, fabricant au fil des ans le sol qui les porte.
  • Il est aussi d'autres plantes dont les graines sont mobiles & qui s'installent aux lieux ouverts, délaissés mais au sol conservé & de ce fait riche. On trouve dans ce groupe les arbres aux fruits volants & ceux aux fruits disséminés par les animaux, les oiseaux & les humains qui les apprécient. Les deux stratégies - la graine légère & la graine lourde - se rejoignent. Voyons ci-dessous un exemple remarquable parmi de nombreux autres d'adaptation d'une espèce à presque tout.

Les frênes ont des fruits volants nommés samares qui leur permettent de se déplacer au loin. Ils sont de ce fait des colonisateurs tardifs par exemple d'un vallon ouvert au sol frais & fertile & à ce titre des érudérales typiques. Pourtant dans le cas de sols plus secs & moins nourris, les frênes savent s'adapter en se nanifiant, adoptant une croissance plus lente & une morphologie de plantes de milieux secs. Leur seule exigence stricte semble être un besoin d'une abondance de lumière. Une forêt de frênes n'est de ce fait pas un milieu stable & c'est pourquoi leurs fruits légers, ailés volent.

En ce qui touche à l'observation des plantes cependant aucun savoir n'est définitif : les végétaux plus on les observe nous surprennent toujours, nous révélant tôt ou tard ce que nous croyions impossible.

  • Rosmarinus officinalis commonly known as rosemary is a woody perennial herb with fragrant evergreen needle-like leaves & white, pink, purple or blue flowers native to the Mediterranean region. It is a member of the mint family Lamiaceae which includes many other herbs. The name derives from the Latin for dew “ros” & sea “marinus”, or "dew of the sea". The plant is also sometimes called anthos from the ancient Greek word ἄνθος meaning "flower". It has a fibrous root system & is an aromatic evergreen shrub with leaves similar to hemlock needles, native to the Mediterranean & Asia but reasonably hardy in cool climates. It can withstand droughts, surviving a severe lack of water for lengthy periods. Forms range from upright to trailing. The upright forms can reach 1.5 metre (5 feet) tall, rarely 2 metres (6 feet 7 inches). - edited from wikipedia.
transmute             transforme
pas d'engrais fabacées EVA nutrition couvert nitrifères 3 humus 3 fruits 1 printemps février espace
ni taille ni greffe forme naturelle verger potager érudérales en tige 1 1 bois tige 3 été mai 2 mouvement 1
ne pas traiter mélanges densité date érudérales en rosette 4 4 feuilles inter-saisons 5 3 chaleur 4
non-désherbage semis direct espèce variété épiphytaires en touffe 2 2 fleurs 2 automne août 4 inertie 5
non-labour couvert ARE associations épiphytaires rampantes 5 5 racines 4 hiver novembre terre
  exemples érudérale tige potimarron nitrifère tige haricot épiphyt. tige pommier
    érud. touffe blé nitrif. touffe trèfle blanc épiphyt. touffe seigle
    érud. rosette bette nit. rampante lotier mar. ép. rampante chiendent
1-3.4 & 4 /épiphytaires & érudérales/Cedrus atlantica 5p
  • Cedrus atlantica - Sur sol ancien fossilisé en climat aride, un reboisement en cèdres des montagnes d'Algérie & Maroc. La production de bois d’œuvre est espérée à l'échéance d'un demi-siècle en équivalence d'une forêt de chêne en un climat où les chênes indigènes demanderaient plusieurs siècles pour un résultat équivalent. Autour des arbres plantés, la forêt mixte de pins & chênes se reconstitue. Le cèdres ont en outre la qualité de fabriquer du sol avec la célérité propre aux conifères. Voyez leur verticalité. Elle implique des racines qui s'enfoncent avec dynamique, mangent la roche au-dessous du sol & boivent en l'eau qu'elle retient & contient.

Celles & ceux qui croient le cèdre un étranger hétérochtone pensent-ils que Gibraltar soit une frontière autre que géopolitique ? En des temps reculés, les résineux furent exterminés d'Europe par nos ancêtres qui se chauffaient au bois & chassaient des sangliers mangeurs de glands. L'idée de plante indigène s'efface dès que nous prenons de la hauteur en temps & distance. Il est deux formes en écologie comme en politique.

  • Protéger la vie est notre prérogative.
  • Conserver le décor nature d'un passé imaginé est juste un fantasme de réaction.
  • Les protecteurs de la vie savent qu'elle change en forme tout le temps, ne peut se définir.
  • Les conservateurs du passé veulent surtout reproduire la situation existante qui leur est favorable.
  • La vie par définition travaille sans filet, improvise le nouveau qu'elle est en essais & erreurs.
  • Nous devons apprendre l'erreur prudente.
  • Nous apprendrons lors de l'erreur qui surprend.

4.1 -  la voie du ciel & celle de la terre

  • Deux voies s'offrent. Il est celle du ciel (1) qui nous intime à partager, nous inspire à l'effacement de chacun au bénéfice du commun à la manière de ce qui se passe dans les groupes d'animaux & de plantes (2).
  • Il est celle de la terre (5) qui nous offre un zillion d'exemples sur la manière de procéder pour vivre en terriens : tous les êtres de toutes les espèces savent vivre & ce faisant participent à la vie (4).

Nous le voyons, ces deux voies ne font qu'une, celle du spirituel ou de l'intellect (1)

& celle du pragmatisme ou de la matérialité (5).

Entre ciel & terre petit humain peut se croire centre du monde. Or l'égoïste tôt ou tard se retrouvera seul & c'est bien là ce qui menace notre espèce, une grande solitude de mort lorsqu'elle aura éliminé toutes les autres, un "silent spring" à portée planétaire, la tristesse de ne plus voir d'autres formes de vie que la notre plus des champs de blé clones.

  • Regarder autour de soi nous place au centre du monde. C'est là la vision du petit, de l'enfant (5).
  • Il est une autre manière de regarder lorsque les cinq sens sont utilisés en même temps (3).
  • Le centre alors se déplace, s'éloigne de la tête, du corps (5). Cela commence par observer alentour (3). Peu à peu on voit & perçoit de plus en plus. Il n'est pas de fin en l'élargissement du cercle (4) hormis celle peut-être des confins de l'univers. Dans ce mode de regarder les centres sont multiples, communs, décentrés (2). Il n'y a plus de centre en fait (1).
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4.2 rajeunir les troncs & fortifier ainsi la racine / Deux chênes pubescents jumelles en passe de re-stabiliser le talus. Il est probable qu'ils y réussissent. Il sera bon de les recéper afin de rajeunir les troncs & fortifier ainsi la racine.

  • "farm seeds, agrinature fukuoka, natural farming ou agriculture naturelle sont la vie qui remercie un monde d'hommes-enfants en France, une société belle sans travail-mort vers l'histoire en mode divers. La création-Dieu est argent ou nature. A l'automne l'animaux-animal-Soi sort ses fleurs-livre d'hiver. L'ange du jardin a pensée d'aimer l'air. L'oiseaux-créations sait son pouvoir sur l'éléments pensées-paysage qui devient poème en revenu fantastique. La bonne vie dit merci à Dieu,  cadre nature du Soi en fleurs. L'ange au jardin avoue aimer la création par l'élément pensées d'un paysage poème ou l'usage du pluriel est singulier.

L'empereur de Baroda en Inde institua au dix-neuvième siècle la gratuité de l'eau potable, de l'éducation & de l'accès à la médecine. Ces trois biens vitaux ne doivent pas faire l'objet de commerce : il est criminel d'en faire profit car la vie de chacun en dépend. L'eau pour la santé, l'éducation pour le  mental, & la médecine pour le cœur.

delta17 le 11/04/2016 : Que la nature reprenne ses droits ! La terre gronde - ne pas chercher pourquoi ! L'homme n'en prend pas soin : l'avenir est entre les mains de nos enfants.

  • lescouleursdemyriam le 12/04/2016 : On a l'impression qu'un ruissellement trop fort pourrait les emporter avec leurs racines partiellement découvertes.

erixbd le 15/04/2016 :

  • Article très instructif : je partage totalement l'idée qu'il y ait de accès non négociables comme l'eau, l'éducation & les soins.
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Ici nous avons une idée de ce que le talus peut devenir s'il est parcouru & laissé couvert de végétation.

4.3 les mieux adaptés aux conditions en sol & climat.

  • Au bas, une rigole recueille les eaux de ruissellement & le sol emporté par celles-ci. Cette matière sol en partance peut être retenue & utilisée comme fertilisant. Si les pins sont coupés, ils ne rejettent pas de souche & de ce fait risquent de disparaître de la population du lieu.

Leur présence est nécessaire en mélange des autres espèces car ils sont les plus dynamiques fabricateurs du sol & les arbres les mieux adaptés aux conditions écologiques - sol & climat - ici.

  • lescouleursdemyriam le 12/04/2016 : Ah, je vois la confirmation de l'instabilité dans l'article suivant.
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  • brigitisis le 26/04/2016 : Est ce toi qui a écrit? J'adore...

4.4 destruction & reconstruction / jardiniers de la terre

  • Voici une restanque délaissée couverte d'un roncier. Au temps où les campagnes étaient très fréquentées & parcourues, il était indispensable de tenir les talus au moyen d'un mur de pierre sèche.

La séquence au fil des siècles s'écrit comme suit :

  • parce que les humains dénudent par trop le sol, dans un premier temps, l'érosion emporte ce dernier (5).
  • Les pierres du sous-sol apparues, découvertes par le départ de la terre qui les recouvrait, sont utilisées pour élever des murets perpendiculaires à la pente (1).
  • Les terrasses ainsi constituées freinent l'écoulement des eaux (4),
  • ce qui permet l'installation de plantes dont le feuillage absorbe une part de l'énergie des gouttes de pluie & dont les racines en ouvrant le sol permettent aux eaux d'y entrer. Cette présence d'un couvert stoppe l'érosion du so (2).
  • Les plantes en approfondissant leur enracinement reprennent, recommencent la pédogenèse, fabrication active, biologique du sol (3). Du fait de leur taille, les arbres sont les plus puissants en ce processus & parmi eux les résineux sont les plus dynamiques, qui enfoncent sans fin un pivot de racine en direction du centre de la Terre.

Il est à noter qu'en agrinature, nous procédons de manière inverse, conservant un couvert permanent autant que possible & laissant les tsp* apparaître en conséquence d'un parcours selon les courbes de niveau.

  • * tsp : Les terrasses soli-pluviales ont la particularité de se constituer d'elles-mêmes lorsque les paysans parcourent & les cultivent leurs terrains selon les courbes de niveau afin de freiner l'érosion. Des ruptures de pente s'établissent alors aux limites de parcelles.
4.2-5 / les murs qui portent & les portes qui murent / 4p
  • La photo ci-dessus montre un muret en passe de se voir recouvert par la végétation sur la terre qui s'éboule par dessus ce mur ancien.

lescouleursdemyriam le 17/04/2016 : Je n'avais pas vu le mur, bien caché en dessous. J'aime quand la nature reprend le dessus. Contrairement à l'homme, elle s"adapte & survivra.

  • 4.5 / les murs portent & les portes murent

 

  • Le mur porte. La porte mure.
    L'arbre garde. La paysanne regarde.
    Le cœur découvre. La voix ouvre.
    Les sens relient. Le mental relit.
    La rencontre articule. L'autre transforme.
    Le ciel voit. La voie libre.
    La raison résonne. Le livre arbitre.
    L'oubli remémore. Le don redonne.
1-4 la séquence muret/talus instable/ t.planté ou tsp 11p40K
  • 4.6 la séquence muret / talus instable / talus planté ou terrasse soli-pluviale

Ici la terre recouvrit complètement le muret ancien. Le talus est de ce fait devenu instable & s'érode. L'agriculteur ne se sent pas concerné par ces questions. Il irrigue la vigne & c'est à ses yeux l'essentiel. Nous sommes loin de l'agriculture naturelle. Pourtant ce talus en sa forme moderne correspond à la bordure d'une tsp. Si rien n'est fait, il se peuplera de plantes qui par leur présence le tiendront.

  • Nous ne pouvons pas comprendre l'origine de la douleur
    & des rivalités politiques en jeu. Elle est une très ancienne vendetta.
    Nous avons oublié les raisons origines ou voulons les ignorer
    à cause d'un faisceau complexe de motifs dans le complexe du mental
    & l'inconscient collectif.
    Nous pouvons prendre en revanche une part de la douleur,
    aider ceux qui souffrent des guerres & viennent chercher refuge en Europe.
    Aider à soulager la misère est une solution car cette misère
    créée par les politiques avides est le ferment où les haines couvent.
    Contre les haines, la compassion seule est solution. Elle consiste à
    "souffrir avec", aller à la rencontre de ceux qui souffrent quels qu'ils soient.

5.1 - Zarathoustra / nourrir les pauvres ou l'égoïsme

  • Les pauvres en France sont nombreux & ne chauffent pas leur maison. Ils souhaitent que les hivers soient cléments & courts. Les dix pour cent de la population assez chanceux pour avoir du travail vivent en des espaces climatisés & lorsqu'ils sortent de leur lieu de travail, ces personnes naturellement espèrent que le soleil se montrera, que l'air sera doux. Le poids moyen des voitures augmente sans cesse en SUV & 4X4 dont l'aérodynamisme est nul - cela tend à démontrer que la consommation des véhicules est le cadet de nos soucis, quelques belles phrases nous puissions dire à ce sujet. Ces trois exemples montrent que tout le monde en son inconscient souhaite & veut le réchauffement de la planète. Leonardo DiCaprio parle de la question à la cérémonie des Oscars avant de monter dans un avion comme à son habitude chaque jour que Dieu fait.

Le réchauffement général de la Terre concrétise la puissance du mental humain. Rendons-nous à l'évidence : le fait est que nous souhaitons collectivement ce réchauffement. La chaleur & la nudité coïncident avec notre culture l'idée que nous avons du paradis. Cela concerne surtout les dominants de ce jour, les sociétés les plus riches qui peuplent surtout les régions de climats dits tempérés. Nous nous inquiétons des changements géopolitiques que le réchauffement risque de générer. C'est surtout une réaction conservatrice : nous nous soucions des coûts induits en primes d'assurance que générera l'augmentation de la turbidité de l'atmosphère résultant de la tropicalisation de la planète, & les compagnies d'assurance font de grands profits des tempêtes multipliées. Mais au fonds, ce que nous voulons avant tout c'est croître. Même les personnes qui prônent la "décroissance" en réalité ne vivent pas sans argent. Ils ont des enfants qu'ile souhaitent voir prospérer. La croissance du produit intérieur brut – p.i.b. - implique d'augmenter les dépenses en énergie. La croissance la plus facile se fait par le gaspillages, car il se compte dans la mesure du p.i.b. indistinctement les constructions & les destructions. Ce qui motive l'accroissement du p.i.b. sont les profits en taxes & usure prélevés par les politiciens & les financiers respectivement. Nul surprise donc que ces deux castes dominantes s'unissent à vouloir cette croissance sans fin qui est un suicide collectif de notre espèce. La croissance est le fait des enfants, n'est-ce pas ? Les financiers & leurs serviteurs politiciens sont des vieux qui poursuivent des rêves de croissance enfantillage. Ils nous embrigadent dès l'enfance à le croire.

  • Notre désir à tous donc est de croître. C'est un processus naturel en lequel nous confondons le spirituel & le matériel. La croissance en conscience n'a pas de fin. La croissance du corps en revanche doit se limiter ou même rétrograder souvent si le corps veut survivre. Dans la nature il y a alternance des saisons, d'abondance & de disettes. Cette confusion en nous des deux plans de croissance – le spirituel & le mondain – nous pousse à littéralement manger, dévorer, respirer du pétrole & du charbon. Moins de un pour cent parmi les humains voudraient voir leur revenu diminuer en décroissance physique pour une vie plus légère, plus simple, plus heureuse. Pour le reste de nous, nous n'en voulons pas de cette décroissance nécessaire. Ce que nous souhaitons vraiment c'est que nos enfants aient plus que nous. C'est inscrit dans la Torah, livre de référence de plus de la moitié de l'humanité : les zoroastriens, les juifs, les chrétiens, les musulmans, les soufis. Quant au reste du monde, l'Inde & la Chine sont les deux nations à la croissance la plus forte!

Chacun en occident (& ailleurs) ne rêve que de chaleur, de beau temps, de chauffer la maison les fenêtres ouvertes, de ne plus jamais marcher, même pour se rendre à la boulangerie voisine ou pour faire un kilomètre. Dans les faits donc, nous voulons ce réchauffement. La presse en conformité à son sujet, fait son beurre des inquiétudes & peurs nouvelles apparues que les changements en vue suscitent. Cette peur est celle des gens d'occident de perdre le privilège de classe dominante acquis au cours des siècles passés au moyen de la colonisation.

  • Il est merveille de constater notre vouloir commun se concrétiser devant nos yeux. Cela confirme que nous sommes divins en une certaine mesure. Cette leçon servira pour la suite, pour éviter que notre espèce ne se suicide. En Inde, ce mental humain est Dieu déjà. Il n'est pas pourtant la forme ultime du divin. Le mental humain disent-ils est plus vaste que l'univers même. Il n'est cependant qu'un point dans le mental de Dieu... Notez qu'il n'y a dans cette formule qu'un mental unique. On dit en effet que l'ego ou 'idée de séparation, est une illusion. C'est l'illusion centrale. C'est elle qui sème la confusion entre la vraie croissance & la vie matérialiste. Il y a alors éclatement entre pensées, paroles & actes.
nourrissement           contrôle
pas d'engrais engrais-vert nitrifères humus 3 fruits 1 printemps fév. espace
ni taille ni greffe forme naturelle érudérales en tige 1 bois tige 3 été mai 2 mouvement 1
ne pas traiter associations érudérales en rosette 4 feuilles 5 inter-saisons 3 chaleur 4
non-désherbage semis direct épiphytaires en touffe 2 fleurs 2 automne août 4 potentiel 5
non-labour couvert constant épiphytaires rampantes 5 racines 4 hiver nov. terre
transmute             transforme
pas d'engrais fabacées EVA nutrition couvert nitrifères 3 humus fruits 1 print. fév. espace
ni taille ni greffe form.naturelle verger potager érudérales en tige 1 bois tige 3 été mai 2 mouvem. 1
ne pas traiter mélanges densité date érudérales en rosette 4 feuilles inter-sais. 5 3 chaleur 4
non-désherbage semis direct espèce variété épiphytaires en touffe 2 fleurs 2 autom. août 4 inertie 5
non-labour couvert ARE associations épiphytaires rampantes 5 racines 4 hiver nov. terre
  exemples érudérale tige potimarron nitrifère tige haricot épiphyt. tige pommier
    érud. touffe blé nitrif. touffe trèfle blanc épiphyt. touffe seigle
    érud. rosette bette nit. rampante lotier mar. ép. rampante chiendent
  • oliviers sur un talus
photo missing
  • l'arbre ce saint -quintessence / éther / bois / espace - Des oliviers tiennent un talus. Ils furent taillés sans ménagement. Les arbres sont nos alliés. Nous ne devrions pas les torturer sans raison impérative. Leur faire du tort nous fera du mal en retour ainsi qu'à la terre dont ils sont les gardiens antiques. L'olivier maltraité accepte l'acte. Mais ciel & terre en sont affectés. La douleur nous viendra. Ne soyons pas fier de faire. L'action, le "faire" est trop souvent injustice en mouvement & tôt tend à la violence. En nous coupant de la terre & ses êtres, nous risquons de perdre jusqu'à l'humanité. Nous maltraitons nos enfants aussi. Nous les taillons, les élaguons, les formatons & le cercle de douleur en naît.
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marssfarm le 08/11/2018 : Les photos de cet article montrent les lieux d'une prise de conscience écologique permettant d'apprendre à lire les paysages. C'est un apprentissage constant. Au début on ressent, pressent, découvre la splendeur des forces gigantesques en jeu dans la nature où nous ne sommes presque rien. Plus tard au cours des ans on peut commencer à saisir les mécanismes qui animent l'énergie des atomes & des êtres. Ils sont de 3 sphères - physiques, mentale & spirituelle.

prairie fleurie Vassivière / productivité rendue p40K

prairie fleurie / l'île de Vassivière 13mai14

1. prairie fleurie / l'île de Vassivière 13mai14 p40K
  • prairie fleurie / l'île de Vassivière / 13 mai 14

flowers & weeds - fleurs des campagnes

  • Voici classées selon les botanistes quelques herbes fleuries courantes dans les champs, les prés, les talus & les bords des routes.  Puissent-elles survivre à notre obsession à faire le vide, à détruire sans raison les simples.
familles genres familles genres familles genres
amarantes   Aquifoliacées houx Cistacées hélianthème
Apiacées angélique aristoloches     herbe d'or
  ombellifères berce Arum   cornouillers  
  boucage basalmines impatiente Convolvulacées liseron
  carotte Boraginacées buglosse   cuscute
  cerfeuil   consoude Crassulacées orpin
  cigüe   grémil Cucurbita bryone
  carvi   pulmonaire Dispacacées cardère
  cumin   Myosotis   Knautia
  buplèvre   vipérine   scabieuse
  panais Brassicacées alliaire Eleagnacées argousier
  panicaut   crucifères alysson Erica airelle
  persil   bourse à pasteur   bruyère busserole
  sanicle   cameline   arbousier Calluna
Astéracées achillée   cardamine Euphorbes mercuriales
  composées anthémis   cresson Fabacées astragale réglisse
  armoise   diplotaxis   légumineuses bugrane Ononis
  Arnica   drave   papilionacées coronille
  bardane   herbe.de.Sainte-Barbe   fer à cheval
  bleuet   lunetiaire   genêt
  camomille   Lunaria   gesse (Lathyrus)
  centaurée   moutarde   grande gesse
  chanvrine   passerage   gesse des prés
  chardon   pastel   gesse printanière
  chicorée   ravenelle   gesse de montagne
  cirse Cirsium   tabouret   gesse tubéreuse
  crépis Butomes     jarosse
  épervière Campanule raiponce   lotier
  Erigeron Cannabacées houblon   luzerne
  inule Caryophyllacées céraiste   mélilot
  laiteron   compagnon   minette
  laitue   gnavelle   pied de lièvre
  lampsane   gypsophile   sainfoin
  liondent   herniaire   tétragonolobe siliqueux
  marguerite   Lychnis   trèfle couché
  matricaire   mouron des oiseaux   trèfle doré
  paquerette   nielle   trèfle intermédiaire
  pissenlit   oeillet   trèfle des montagnes
  pas d'âne   sagine   trèfle des prés
  salsifis des prés   saponaire   trèfle rampant
  sarette   silène   trèfle renversé
  séneçon   stellaire   jarosse.Vicia.cracca
  solidage verge d'or chénopode arroche   vesce.des.haies
  tanaisie   salicorne   vesce.à.4.graines
  tussilage       vulnéraire
familles genres familles genres familles genres
Fumaria fumeterre Malva mauve renoncules aconit
Geranium bec de grue Olea troène   adonis
  herbe à Robert onagre circée   anémone
  Erodium   épilobe   ancolie
gentianes erythrée Orchis céphalanthère   clématite
Globulaires     orchidées Epipactis   Helleborus
Guttifères millepertuis   Listera   hépathique
Hydrocharitacées élodée   néottie   pigamon
  nénuphar   ophrys   pulsatille
Iris Crocus   sabot de Vénus   rose de Noël
Lamium brunelle Oxalis     souci d'eau
  lamier bugle Papaver coquelicot   trolle
  calament   pavot corydale Reseda  
  épiaire   chélidoine Rubiacées aspérule odorante
  Galeopsis piroles     gaillets
  germandrée plantains     shérardie
  lierre terrestre Plombaginacées gazon Rutacées fraxinelle
  lycope pourpiers   saxifrage dorine
  menthe polygales   scrophulaires bouillon blanc
  origan marjolaine Polygonacées oseille   faux bouillon blanc
  pied de loup   sarrasin renouée   digitale
  sauge   Rumex   gratiole
  scutellaire       linaire
  thym potamots     mélampyre
Lemnacées lentille d'eau Primula coucou des prés   molène
Lilia ail des ours   primevère mouron rouge   pédiculaire
  lis ail des vignes   monnoyère   rhinanthe
  colchique Rosa agremoine   Veronica
  gagée   pomme Alchemilla Solanum belladone
  hépathique   cerise benoîte   tomate datura
  muguet   fraisier   p.de terre jusquiame
  Muscari   potentille   tabac morelle
  parisette   pimprenelle Typhacées massette
  sceau de Salomon   reine des bois Urtica  ortie
  scille   reine des prés Utriculaires  
lins     ronce valérianes mâche
Lythracées salicaire   spirée Verbena  verveine
        Viola pensée sauvage
  • sur l'amont des talus qu'on arase

En l'esprit fertile de deux enseignants du lycée agricole d'Ahun, germa l'idée d'un renouveau de la prairie fleurie que Gilles Clément sema déjà par deux fois sur l'île de Vacivièra.

Cette longue prairie de bonne pente vient mourir dans le lac.  Tout en bas, le sentier des randonnées & promeneurs l'interrompt.  Ici à Vassivière, le climat est froid & les précipitations abondantes.  L'exposition sud, la proximité de l'eau & la réverbération de la lumière sur la bande de bois au sud, sans doute adoucissent un peu le climat localisé de la parcelle.

Du fait de l'abondance des précipitations, il n'est pas satisfaisant à l'agronome naturaliste vraiment de voir même un pré ainsi sur une si longue pente sans interruption.  Si nous regardons le terrain, nous verrons que jadis existaient des limites, des subdivisions de la parcelle dont quelques traces demeurent.  C'est la mécanisation de l'agriculture qui imposa la nécessité de grouper les petites parcelles d'autrefois.

Les forêts sont capables d'absorber toutes les pluies qu'elles reçoivent.  Une part de ces précipitations ira alimenter les nappes phréatiques ou la nappe d'eau du sol & l'autre sera évaporée pour rendre possible la photosynthèse à chaque strate de végétation du peuplement forêt.  Les racines de leurs arbres ouvrent le sol en profondeur & une fois sa limite atteinte, savent l'approfondir encore, s'insérer dans les fissures de la roche pour y poursuivre leur dynamique.  L'humus qui s'accumule en sous-bois est tendre & brut.  Il rend de ce fait le sol apte à stocker beaucoup d'eau.  C'est pour les deux raisons de la taille des arbres & de leur longévité que les forêts mixtes sont considérées en climat tempéré être le climax de la végétation, la couverture optimale du sol qui partout s'installera au bout d'un temps donné si les humains ne faisaient rien.

La situation d'une prairie n'est pas la même.  Elle a besoin pour pérexister d'herbivores qui la maintiendront.  En un sol utilisé par l'agriculture sur une telle pente, le ruissellement n'est pas nul.  Les précipitations sont absorbées pas la couverture vivante qu'est l'ensemble prairie-sol.  Lorsque l'eau y pénètre, nous nommons ce flux lessivage vertical.  Des éléments minéraux fins comme les argiles & les colloïdes d'humus sont entraînés vers le bas par l'eau qui percole.  A une profondeur donnée, l'eau atteindra la roche mère imperméable de granite ou une forme altérée mais compacte de cette roche, imperméable aussi car riche en argiles blanches du type kaolin.  Lors commence ce que nous nommons lessivage horizontal, une migration lente de l'eau dans le sol vers le bas de la pente.

En cas de précipitations prolongées qui saturent complètement le sol en eau, ou au contraire à l'occasion d'orages d'été soudains, un ruissellement de surface presque invisible advient qui est lui aussi un lessivage horizontal.  C'est ainsi qu'une part des argiles & colloïdes d'humus migrent chaque année vers l'eau du lac sans que jamais personne ne le sache, sans que nul ne l'entende ni le voie.

Autrefois, avant le gigantisme des machines, avant que le lac n'existe, les parcelles étaient plus petites & les talus, interruptions entre elles formaient des barrières qui freinaient, ralentissaient, limitaient ces flux.

Un talus qui demeure en place longtemps au bas d'une parcelle, l'établit lentement en terrasse.  Si le talus n'est pas traversé par les animaux de bétail & peu par les humains, il se trouvera tôt planté d'épineux d'abord, comme les épines blanche – l'aubépine - & noire – le prunellier - dont les graines sont apportées par les oiseaux qui en mangent les fruits.  Les épineux constituent le stade premier - la fruticée ou lande à fruitiers - du boisement de cette forêt en raccourci que deviendra la haie à naître.  A partir de ce point, les épines vont tenir écartée du talus la dent de l'herbivore.  Sous leur protection, d'autres graines d'arbres germeront, apportées par les vents, oubliées par les geais, les écureuils & les mulots.

Lorsque la haie existe enfin, elle remplit le même rôle qu'une forêt en ce qui concerne l'ouverture du sol aux pluies fertilisantes & la digestion du roc en genèse du sol.  Sur la terrasse en voie de se constituer, le lessivage va nourrir plus le bas de celle-ci, juste avant le talus dans le sens de la pente.  Du fait que la migration de l'eau & des micro-nutriments qu'elle contient est ralentie par le talus, en les points les plus bas de la terrasse en train de se construire, le sol & les plantes seront plus nourris. C'est ce différentiel de nutrition entre le haut & le bas de la terrasse est ce qui la constituera, la nivellera au cours des années.

Ici, la pente est longue. Nous allons créer une interruption de l'usage de la prairie au bas de la parcelle.  Nous n'allons pas planter une haie qui pourrait vraiment amorcer la recréation d'une pseudo-terrasse.  La prairie fleurie sera une zone inexploitée, une aire d'observation qui va nous enseigner.  Elle va remplir le rôle de filtrer & recueillir une part au moins des eaux du lessivage horizontal de la prairie.  Voyons au fil des ans qui vont venir si le phénomène cité plus haut se produit, si son sol commence de gonfler aussi comme cela était sur l'amont des talus avant qu'on ne les arase.

  • à la Noël en 1950, la vallée s'emplit - a man-made lake

projet du renouveau de la prairie fleurie de Gilles Clément sur l'ïle de Vassivière le 13 mai 2014

  • la parcelle

L'altitude du bas de la parcelle est de 650 m.  Il s'agit d'un pré de trois hectares orienté vers le sud.  A l'ouest, un bois mixte sur un sol peu profond.  A l'est & en lisière haute, un bois feuillu sur sol de profondeur moyenne.  Un sentier de randonnée borde le lac au bas de la parcelle.

  • la prairie

A une équidistance de 5 à 10 m du chemin courbe, nous envisageons de semer une bande de prairie fleurie sur une largeur de 10 m, ce qui représente une surface de 1500 m².

  • le climat

La région de Vassivière est d'un climat de montagne à tendance océanique, très humide avec des températures basses & de nombreuses gelées.  Les chutes de neige sont fréquentes en hiver ainsi que les brouillards.  Le nombre médian de jours de précipitations supérieures ou égales à un millimètre est de 150 par an.  La température moyenne annuelle journalière est 9° C.  En médiane le nombre de jours de neige est de 25 par an.  La pluviométrie moyenne est 1390 mm à Beaumont-du-Lac & 1550 mm à Royères-de-Vassivière.  La température moyenne minimale à Peyrat-le-Château est 3,4°C.

  • la situation

Le long du bois à l'ouest, l'exposition est plein sud & la pente de l'ordre de 40 %.  Au centre, la pente est de dix pour cents vers le sud-sud-est.  Le long du bois à l'est, l'exposition est sud-est & la pente de 20 % environ.

  • le sol

Le mardi 25 mars; nous explorâmes les lieux.  Les élèves firent un recensement de la flore herbacée & l'observation du profil du sol près de la limite ouest & au centre de la future bande.  Le sol est de couleur sombre & de texture légère, de structure glomérulaire, sans tassement ni hydromorphie.  Au centre de la bande, il est profond, lessivé, très riche en humus brut & humifié sur tout le profil.  La flore inclut un grand nombre d'espèces dont une part notable indiquent une acidité, sans excès cependant.  Aux extrémités ouest & est, le sol est de profondeur moyenne.

  • la flore

Un inventaire floristique de la prairie avant semis figure plus bas.

  • lecture du paysage

La vallée de la Maulde fut mise en eau à Noël en 1950.  Un syndicat exploite les terres agricoles de l'île.  La parcelle est parfois utilisée comme pâture, mais le plus souvent seulement pour la fauche.

  • La forte pente du pré n'est pas régulière & présente des ruptures en plusieurs endroits.  Nous pouvons supposer par l'observation de ces irrégularités du terrain qu'elle était avant 1950 subdivisée en plusieurs parcelles.  Il serait possible par sondages de rechercher la position des limites d'antan.  C'est l'exposition favorable du terrain & sa déclivité modérée en comparaison des autres lieux de l'île qui probablement justifia son maintien en prairie.

façons culturales

  • le mardi 13 mai, préparation du sol par un labour très superficiel selon les courbes de niveau & en versant vers le haut ½ heure

  • hersage en longueur ½ heure

  • semis à la volée par les étudiants 1 heure

  • rouler la prairie 1 heure

Selon la quantité de graines dont nous disposerons, nous ajusterons la quantité par des semences de fabacées ajoutées pour atteindre la densité de 3 g / m² ou 30 Kg / ha.  Les semences sont coupées de 2 volumes de sable sec pour favoriser leur dissémination.  Les graines plus grosses sont semées ensuite.

Le tracteur & la charrue seront loués par le centre.  Jean-Pierre Bény peut fournir au besoin une herse pour le tracteur & alternativement un rouleau de deux mètres à tirer par tracteur ou deux rouleaux plus légers qui seront tirés par les élèves selon les courbes de niveau.

  • semences

Les fournisseurs qui répondirent à ce jour sont :

  • les jardins de Sauveterre de Jacques & Colette Girardeau à Moutier-Malcard,

  • graines de vie de Vincent Bourbon à Mérinchal,

  • le jardin du naturaliste d'Olivier Tranchard dans l'Oise,

  • le Biau-Germe de Philippe Catinaud dans le Lot-&-Garonne,

  • Perrine Garreau, la Valette, 23 110 Saint-Priest.

septembre

  • Septembre est la date naturelle de semis des plantes sauvages selon leur cycle.  Nombre des graines demandent d'avoir subi le froid de l'hiver qui lève leur dormance en un processus nommé vernalisation.

Nous réserverons un quart des semences pour un semis de septembre sur une bande complémentaire de 10 m de large le long du bois à l'est sur une longueur de 50 m au maximum.  Le travail du sol pourrait être l’œuvre des étudiant armés d'une douzaine de grelinettes.  Travailler à la main est une manière d'apprendre sans égale.  Le second avantage de cette façon culturale est sa grande simplicité de mise en œuvre compte-tenu du fait que le centre d'art & du paysage ne dispose pas de matériel propre.

  • continuation

Le même travail pourrait être envisagé ensuite chaque année afin d'entourer au fil des ans toute la parcelle.  A raison de 50 m par an, cela prendrait de cinq à sept ans.  Recommencer l'opération présente plusieurs avantages.  Cela permettrait à plusieurs promotions d'élèves d'y participer, d'élargir & affiner la liste des espèces, de renouveler la présence des annuelles & d'inviter à participer au projet les particuliers, les associations, les botanistes & les étudiants qui y le jugeraient d'intérêt.

Cette continuation offrirait à un grand nombre de botanistes & naturalistes l'occasion aussi d'observer une prairie fleurie dans le temps & sur les divers biotopes de la parcelle.  Selon l'altitude & l'exposition sur cette parcelle de quatre ou trois hectares entourée de bois, il est probable qu'une grande diversité d'espèces se manifesteront diversement à cause des différences de condition du sol  & d'ombrage aux divers lieux.

Des personnes habilitées pourraient par la suite récolter dans la prairie une part des semences en vue de les diffuser ou simplement les ressemer en d'autres points de la prairie fleurie.

  • voir & apprendre

Le caractère intensif de l'agriculture moderne induit les paysans à regrouper les parcelles & de ce fait réduire les marges où les plantes sauvages trouvaient autrefois par habitude leur habitat.  Nous allons ici volontairement récréer une marge large qui deviendra un lieu permanent d'observation de ces plantes que nous connaissons si peu.

Nous avons encore, inscrite en nous la peur du sauvage, tandis que nous découvrons par intuition surtout que sans la diversité biologique, notre espèce même serait menacée.  Les fleurs des champs inventèrent toutes une stratégie différente de survie en un monde où peu savent même les regarder.  Il est parmi elles des comestibles aux qualités nutritives précieuses, reconnues, des médicinales aux vertus parfois même oubliées, des plantes enfin autrefois cultivées pour un usage industriel, comme les tinctoriales par exemple.

Hormis la joie que beaucoup ressentent à les apercevoir sans raison, c'est de la sagesse des simples que nous pouvons apprendre : c'est de leur persistance à exister quoiqu'il arrive & sans aide dont nous sommes affamés.

  • Il est paradoxe de semer des plantes supposées sauvages ou spontanées.  Ce paradoxe révèle l’ambiguïté de ce temps où notre perception du monde commence à grandir, où nous décidons d'élargir notre perspective.  Des pionniers nous précédèrent en cette découverte.  L'objet de cette prairie des paradoxes est que chacun poursuive à sa mesure cette voie.
Annuelles Bisannuelles Vivaces
bleuet des champs bouillon blanc achillée millefeuille
bourrache officinale cardère achillée ptarmique (perle)
chénopode blanc chicorée ancolie commune
chrysanthème des blés digitale pourpre campanule agglomérée
lin bleu usuel julienne des dames campanule à feuilles rondes
nielle des blés mélilot officinal campanule raiponce
phacélie  onagre de Lamarck à sépales rouges fenouil
coquelicot onopordon acanthe (pet d'âne) géranium des prés (champs)
violette des moissons vipérine commune scabieuse des champs Knautia arvensis
adonis Reseda luteola lotier corniculé
dracocéphale de Moldavie matricaire inodore marguerite des prés
lin rouge mélilot blanc mauve musquée
nigelle de Damas carotte sauvage oeillet des chartreux
anthemis des moissons molène noire saponaire officinale
corydale pâle molène phlomoides scabieuse colombaire
fumeterre officinal onagre bisannuelle compagnon blanc Silene latifolia
immortelle annuelle salsifis des champs véronique en épi
mouron des champs sauge sclarée lin jaune
myosotis molène blattaria lin vivace
pied d'alouette pavot de Californie millepertuis
ravenelle lupin blanc plantain lancéolé
renouée des oiseaux   verges d'or
spergule des champs   pimprenelle
violette commune   tanaisie
tournesol   centaurée scabieuse
moutarde   compagnon blanc Lychnis dioica
potimarron   Lupinus perennis
potagères mélange   mauve alcée
cameline   valériane rouge (des murs)
gesse   agastache anisée
trèfle incarnat   bec de grue
trèfle de Perse   buglosse
trèfle d'Alexandrie   campanule fausse raiponce
vesce des champs   campanule des prés
vesce des haies   campanule à feuille de pêcher
vesce cracca   épilobe en épi
vesce d'automne   lin jaune
vesce velue   lin vivace
    lupin de Russel
    millepertuis
    pavot de Californie
    potentille
    Reseda lutea
    silène blanc
    topinambour
   ---  
  • paysan & jardinier - a farm as a garden

La haute philosophie de Gilles Clément ouvre nos perceptions vers une voie nouvelle d'agriculture.

C'est bien l'idée du jardin en mouvement qui se mit en place dans la prairie céréale à la ferme de mars, avant que nul d'entre-nous n'ait lors encore lu ses ouvrages.  Il est des divergences entre le "ne rien faire" de l'agriculteur Fukuoka qui comme paysan cherchait toujours à enrichir le sol en vue de produire autant qu'il est possible tout en continuant à le fertiliser, & le "faire avec" de l'ingénieur horticole Clément qui appauvrit quelques points choisis d'un terrain, sachant que de la diversité surgira du besoin de combler le vide ainsi créé.

Notre rencontre avec le concepteur de ce jardin naturel où les plantes décident avant le jardinier, nous oriente en des horizons nouveaux, nous permet d'apercevoir la richesse qu'engendre la pauvreté.  Un milieu pauvre se voit colonisé de beaucoup d'espèces qui chacune développe une solution différente à la question que cette faible fertilité pose.  En un milieu riche en revanche, le nombre d'espèces se réduit, laissant la place aux quelques unes d'entre-elles les plus adaptées au lieu ou les plus voraces.

La nature enrichit toujours les lieux où nous la laissons faire.  Elle le fait par les excès d'une production optimale & continue.  Elle le fait par accumulation des déchets du vivant qui par recyclage tôt deviendront nourritures à l'étape suivante dans la chaîne alimentaire & ainsi une source de fertilité.

Ce que recherchent les jardiniers naturalistes comme Gilles Clément & Oliver Tranchard est d'appauvrir des points particuliers du jardin pour y laisser les phénomènes spontanés advenir, des plantes s'y installer en suite de la libération d'espace ainsi créée.  Le travail des jardiniers en un jardin en mouvement sera surtout d'observation & d'observance, puis d'interventions précises, ponctuelles & volontairement limitées dans le temps & l'espace.

En agrinature, nous visons surtout à enrichir le sol, à le protéger des érosions.  La perspective de ne plus craindre la pauvreté, allant jusqu'à la créer en quelques points choisis, ouvre une porte vaste vers une agriculture à naître.

Observer sans cesse, n'intervenir que par occasion, laisser aux processus naturels toute leur place sont trois êtres communs à l'agrinature & au jardin en mouvement.

En la pratique du jardinage fondé en certitudes & habitudes, l'appauvrissement est une action constante, largement dominante par le moyen des tontes, tailles, désherbages, brûlis & brûlage, destruction des rémanents ou même leur envoi en déchetterie désormais courant.  En son jardin d'agrément, le jardinier détruit sans cesse les productions en une recherche constante de l'apauvrissement du terrain.  Fertiliser signifierait une production accrue & donc d'avoir à couper, tailler ou tondre plus encore.  A l'inverse en la part souvent restreinte du jardin dévolue au potager, il lui est loisible d'importer des fertilisants achetés à vil prix.  Ces deux attitudes antagonistes sont rendues possibles par l'usage d'un grand nombre de machines, par une surabondance de l'énergie tirée du pétrole.  Elles sont héritées d'un passé où la conscience écologique n'avait pas encore germé.

Les jardiniers bio en la force de l'âge, conscients du caractère précieux de toute biomasse, recyclent quant à eux toutes les matières produites par le jardin.  Ils savent que rien ne vaut l'autofertilisation par laquelle des composts & mulchs riches de nombreux micro-nutriments & dépourvus de polluants ou toxiques sont obenus.

Sur une ferme d'antan, ces phénomènes d'appauvrissement & fertilisation différentiels existaient aussi.  Le fumier était utilisé surtout au potager familial près de la maison, ce qui représentait une migration de la fertilité depuis la totalité de la ferme en direction concentrique vers le lieu d'habitation, le corps de ferme.  Une exploitation des parcelles les plus éloignées des bâtiment pour la fertilisation des parcelles les plus proches existait bien, mais ces migrations se limitaient sur l'espace global d'une ferme qui fonctionnait comme une entité autonome en matière de fertilité.

L'éco-système de la ferme familiale fonctionnait par l'usage de deux voies.  D'une part, les eaux sales de la maison étaient recyclées dans la nutrition du sol.  D'autre part, il s'agissait à l'échelle de la ferme d'une auto-fertilisation : les migrations de matière se limitaient à la ferme, depuis ses parcelles périphériques vers les plus centrales.

Dans l'assolement classique d'une céréale en suite de plusieurs années de prairie, les mêmes processus de transfert de fertilité sont manifestés, mais dans le temps : la moisson prélève une grande part du stock d'azote d'une parcelle sur sol pauvre, puis la prairie ensuite, avec l'aide précieuse, l'action naturelle des animaux de bétail domestiqués, se charge de reconstituer en trois à cinq ans ce stock prélevé.

Pourquoi Masanobu Fukuoka voulut-il être le champion du monde de la productivité en son champ de céréales ?  Sans doute voulut-il démontrer la validité de sa méthode.  Sa pratique pourtant n'était pas d'auto-fertilité.

En la rencontre avec Gilles Clément, je perçois la direction que doit prendre désormais l'agrinature, celle d'une méthode inspirée de Fukuoka, mais avec comme guide de conduite de volontairement limiter à l'auto-fertilisation la capacité de production de l'entité qu'est une ferme ordinaire de petite dimension.

Si nous parvenions à ce compromis, nous unirions ainsi deux visions grandioses, complémentaires, celle du jardinier planétaire & celle du champion en rendement énergétique d'un champ.

  • Keriadenn le 01/04/2014 : Pourquoi Masanobu Fukuoka voulut-il être le champion du monde de la productivité en son champ de céréales ?  Est-ce pour illustrer comme tu le supposes délicatement la validité de son rapport à la nature ?  Si j'ai parfois lu des résumés de l'Agriculture naturelle par ce biais, je n'ai vraiment pas retenu cet objectif dans son travail...  Comment échapper aux règles & pressions si fortes de notre environnement humain demeure le fonds certes, d'autant qu'il nous façonne dès le plus jeune âge.  L'ayant rencontré en son grand âge & l'accomplissement trouvé, peux-tu aller jusqu'à entériner finalement que ce ne fut jamais son objet ou objectif que d'être le champion, ou encore que la performance ne l'a pas motivé, mais la révélation d'une vertu naturelle, celle de l'agradation spontanée des sols, & de l'abondante production comestible pour l'être humain qui peut s'ensuivre ?

marssfarm le 01/04/2014 : La remarque est fertile.  Le champion est un héraut, un émissaire qui au besoin combattra au risque de sa vie pour éviter que les armées ne s'affrontent selon l'adage : "Il faut qu'un meure pour que tous soient épargnés."
A ce titre, Fukuoka fut celui qui annonça le besoin d'un retour aux fondamentaux de la nature, la nécessité de produire avec franchise, voyant l'agriculture moderne glisser par paliers vers une industrie dévoreuse de pétrole, des techniques qui consomment plus d'énergie qu'elles ne produisent de calories en nourriture.
Au sens moderne du mot, il fut champion aussi de la productivité rapportée à l'unité de surface & en ce qui concerne le rendement énergétique de sa pratique.
Il est du devoir d'un paysan de produire autant que possible, disait-il.  Jadis en agriculture, on ne cherchait pas forcément la production maximale, sachant que des récoltes trop abondantes feraient baisser les prix & que le revenu tiré d'une terre en fin d'année risquait ainsi d'en pâtir.  Les vieux savaient par expérience, empirisme & intuition que produire trop pouvait ruiner les stocks de nutriments de leurs sols & ce faisant exposer la caste des paysans à l'échéance d'une décennie à la ruine ou la famine.  C'est bien ce qui advint à la fin de la mécanisation en agriculture, rendant nécessaire la solution transitoire du subventionnement des activités agricoles.
En sa déclaration de son intention de produire autant que faire se peut, Fukuoka brise le tabou ancien, entrant franchement en la modernité, voyant le temps se profiler d'une malnutrition toujours en embuscade au coin des champs de la planète.

Son intuition se confirme.  Pourtant, les cours des produits agricoles suivent désormais ceux de l'énergie, calés eux-même sur les cours mondiaux du pétrole selon les transactions des financiers & spéculateurs.  L'intuition de Fukuoka se réalisera vraiment lorsque les sources d'énergie seront devenues si onéreuses que ce lien de prix cessera.  La nourriture retrouvera son vrai prix de bien très précieux lorsque les sols n'auront plus comme fertilisants que les sources organiques, les composts & broyats, les déchets des villes épurés des polluants - ce que nous pouvons envisager à l'échéance d'un siècle environ - cet impérieux nécessaire de produire autant que possible se justifiera alors pleinement.  La seule source d'énergie en agriculture nous sera alors le soleil & nous devrons tous devenir des experts & la captation des lumières qu'il nous offre & dont à ce jour nous ne savons utiliser qu'un cent-millième.
Quant à désirer être le champion par orgueil, nous savons la vanité mesquine de ce type de chimères.  Je crois à cet égard qu'il était libre de ces considérations, affranchi de leur pesanteur.  Au bout de trente années de fertilisations minutieuses, quel sol n'atteindrait pas la productivité maximale de l'agriculture de son temps ?

  • keriadenn le 01/04/2014 :  "Il est du devoir d'un paysan de produire autant que possible", disait-il.  Je garde ce qui est écrit ci-dessus particulièrement, avec tout ce que je conserve de lui en même temps, & ce que tu précises aujourd'hui.  C'est la parole d'un être à point, dégagé des influences néfastes & des calculs intempestifs.  Il sait ; il a réalisé.  Je ne peux m'empêcher d'aimer cet homme - à distance, & tout l'ensemble de sa vie.  J'espère pouvoir te dire aussi quelque chose sur le principal de ton article, Gilles Clément lui aussi architecte paysagiste, & le projet de la prairie fleurie.  Je me contenterai de remarquer une nouvelle porte, un seuil que tu franchis & qui risque de te mener beaucoup plus loin qu'une parcelle, vers un postulat en conciliation intense.

aurores de l'humanité - fonder Agrinature

  • Hanuman est l'image du singe qui réussit à animer sa mâchoire en vue d'articuler le nom.  Il est un singe devenu homme par dévotion à Rama, l'avatar de son temps.  A la fin de l'épique qu'est sa vie, Rama se trouve confronté au terrible démon Ravana, colosse à dix têtes qui symbolise l'homme hautement civilisé, mais limité au sphères du physique & du mental, sans pratique spirituelle vraie.  Dans le combat engagé contre le géant, Lakshmana, jeune frère de Rama est blessé.*
Par sa dévotion hors de notre ordinaire, hanuman développa des pouvoirs grandioses.  Le prince Rama le charge d'aller quérir l'herbe Sanjavani qui pousse sur une colline des Himalayas.  Hanuman part en sa quête, mais arrivant à la colline, immergé à son habitude en la répétition du nom sacré de Rama, il a oublié la physionomie de l'herbe qu'il doit cueillir.  L'alternative d'emporter la colline toute entière s'impose donc, ce qu'il s'empresse de faire.*  La foi transporte les montagnes dit-on.

Dix ans durant, sur la ferme de mars, je décidai de me défaire de toute connaissance en botanique.  Ne cherchant pas à identifier l'espèce d'une plante, j'apprenais simplement à les connaître sans les nommer.  Comment se comporte-t-elle ?  Quels lieux fréquente-telle sur les parcelles ?  Quel est son mode de relation aux autres plantes ?  Veut-elle cette année proliférer & est-ce en réponse à une action fautive en nos façons culturales ?  A laquelle des cinq formes d'adventices pouvons-nous la rattacher ?  Est-elle une fabacées qui enrichit le sol en azote ?  Telles sont quelques unes des questions que je posais à chacune des plantes adventices sauvages messicoles rudérales compagnes que les parcelles de la ferme hébergent en nombre & diversité croissants.

Il s'agit d'un dialogue, le plus souvent par le regard aidé des quatre autres sens.  Ces conversations nous permettent d'entrer progressivement en connaissance des plantes que nous rencontrons, approfondissant en suite de la découverte, chaque jour cette relation.  Les adventices en ces dialogues nous délivrent des informations en nombre sur l'état du sol de nos parcelles.

Se basant sur l'observation que chaque individu d'une espèce est différent d'un autre individu, que la variation du vivant ne saurait montrer une frontière si stricte, Fukuoka contesta l'idée même d'espèce.  C'est sur la base de cette observation qu'il n'est pas de barrière tracée une fois pour toutes entre les espèces nées les unes des autres par divergences & adaptations, que je choisis de ne plus nommer les herbes sauvages des champs de la ferme.  Je pressentais que les nommer présentait le danger de faire écran à les connaître mieux.  Je constate le bien-fondé de cette intuition : en cessant d'étudier les herbes de mes parcelles à la manière des botanistes, je pus les découvrir en une perception bien plus large, plus directe.  Je les connais bien, mais d'une connaissance fine, indéfinie & indicible, d'un savoir qui s'accroît sans cesse & n'a ni fin ni termes.  Ce savoir ne peut être nié.  La question se pose pourtant de comment en parler, puisqu'il s'élabora sans verbalisation, sans nommer les participants à ce dialogue visuel.

Le mode de pensée développé en occident nous demande de nommer les êtres & les choses.  Face à ce qui n'est pas nommé, le risque d'être considéré sans existence surgit.  C'est pourquoi je vais désormais recommencer de considérer aussi les noms d'espèce des plantes, ceux que les botanistes depuis Linné leur donnent, ceux que les personnes qui les utilisent leur accordent depuis les aurores de notre hominisation.

Ayant pratiqué les deux modes alternativement, celui du botaniste & celui du naturaliste holistique, il devrait m'être possible désormais d'observer les plantes tout en les nommant à nouveau, de combiner ces deux manières de la relation aux simples, en vue de pouvoir en parler mieux.

  • * In the epic tradition, towards the end of the story Laxamana, the brother of Rama, is gravely injured in a battle with Ravana. Rama asks Hanuman to fly to the Himalaya’s to gather & retrieve sanjavani, a life-giving medicinal herb that will cure Laxamana. Blessed with special flight powers, Hanuman leaps across peninsular India’s vast forested lowlands & river valleys to find the magic mountain in the mighty, snow-capped Himalaya. He successfully finds the mountain but is mystified by the abundance of different plants growing on it. So, in an ingenious master stoke that only a monkey god can perform, he carries the whole mountain southwards. Hanuman arrives in time & Laxamana is cured.
  • * A lesser-known part of the story is that as Hanuman flew southwards bits & pieces of the mountain are believed to have fallen off. Today, there are dozens of sacred groves & forests hillock along the Western Ghats & in Sri Lanka that host sites where these chunks of “Hanuman’s mountain” were reported to have fallen to earth. They host vegetation & life forms with a unique Himalayan affiliation, which is where the myth & biogeography come together.

façonner le paysage tsp marcher échec d'agrinature 5p7K

façonner le paysage

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  • Aux lieux en la parcelle où le granite affleure, nous laissons s'installer des arbres.  Ils vont fabriquer du sol, offrir une barrière mécanique aux lessivages & ainsi reconstruire les terrasses.   La terrasse n'est pas naturelle.  Elle n'est pas non plus artifice ou artéfact.  Elle se trouve au point de contact du paysan & de sa terre.  Elle apparait plus ou moins spontanément lorsque l'agriculteur est attentif à ne pas éroder son sol.   Sans présence humaine, certes nulle terrasse n'existe.  Le terrain d'une ferme s'établira en terrasses comme résultante du jeu des forces de la physique, de la chimie & du monde vivant lorsque le cultivateur a pris conscience par enseignement ou observation, de la somme complexe des forces en jeu.
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  • Reconstruire des terrasses âgées de cinq mille ans est la manière la plus simple de restaurer le sol des parcelles.  Ici nous avons creusé plus d'un mètre sans trouver la racine du mur & remonté une partie des pierres chues & incorporées au sol d'éboulement.  Lorsque nous aurons atteint la base du muret, nous devrons creuser une rigole de diversion des eaux de drainage de la parcelle haute afin qu'elles ne rendent pas hydromorphe le sol de la parcelle basse. - rebâtir les terrasses de cinq mille ans
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  •  Le ruisseau de la fontaine du mas cessa de couler nonante ans.  Désormais il chante.  Le chant d'un ruisseau est la plus fidèle définition du silence.
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  • Pour construire une passerelle sur le ruisseau, couper le tronc d'un saule ou d'un peuplier tremble sur une de ses rives, qui tombé au sol se bouturera de chacun des côtés.  Nous aurons de ce fait ensuite un pont vivant. - une passerelle vive - a live bridge
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  •  synergie - mutual help.

Sur la gauche, nous voyons un rumex qui pousse en synergie de notre chicorée en train de monter à graine & sur la droite, les feuilles si caractéristiques d'un jonc, vestige de l'état antérieur hydromorphe de la parcelle.  Les pluies abondantes de ce printemps le firent ressurgir pour un temps le jonc.  Il dominait, écrasait toute autre présence au temps où le sol était une éponge gorgée d'acide doux aux allures de tourbe noire l'hiver, grise l'été.  Désormais dominé, il n'existe plus que par le support que lui offrent les deux autres plantes & ne pourra pas revenir aux années à pluviométrie normale : seules des pluies d'exception le font apparaître pour un temps.  Les plantes vestiges d'époques antérieures peuvent se manifester des millénaires après que leur biotope ait été modifié avec le changement des populations & espèces présentes, des conditions de la chimie & la physique du lieu & des données du micro-climat considéré.

  • En l'occurrence, le facteur qui changea récemment le lieu fut le retour d'un paysan sur une parcelle devenue avant lui "un étang de profondeur nulle" par le jeu de la perte progressive des règles de l'art agricole que le siècle passé désormais révolu révéla : un ruisseau & des terrasses disparus en apparence, mais toujours présents cependant, car quatre mille ans de terrasses ne peuvent s'effacer en un siècle, car toute source devient ruisseau en conditions ordinaires.
19.7.c - auprès du ru réssuscité - a chicoree refugee - 0 p
  •  auprès d'un ru ressuscité - A chicoree takes refuge. - Une chicorée devenue pérenne monte à nouveau à graines en tige géante, s'incline & vient prendre refuge au contact d'un bouleau poussé là - près de l'eau du ru de la fontaine du Mas, le ru en mars ressuscité.
6.4 constance patience humilité - fortifude & hope - 3 p
  • constance, patience, humilité - Fortitude begets hope.

La photo montre la reconstruction du bocage, c'est-à-dire des terrasses.  Une terrasse n'est à l'évidence pas naturelle, dans le sens d'une nature sans humains.  Elle résulte de l'interaction des trois facteurs, la photosynthèse ou action du soleil (3), l'érosion due à la pluie (4), & l'agriculteur, c'est-à-dire la présence humaine (1).  Nous n'avons pas voulu recréer les terrasses: elles apparaissent lorsque nous permettons aux terrains - qui étaient morts - de revivre.  Le bocage fut bâti il y a plusieurs milliers d'années & les sources temporaires ou permanentes présentes rendirent nécessaires alors la création de fossés ou rigoles en limite des parcelles agricoles.  Au cours du vingtième siècle, des parcelles furent regroupées & les fossés disparurent.  Ainsi le sol devint hydromorphe par excès d'eau en hiver.  Le sol humide se tassa sous le poids des tracteurs & des animaux qui le parcouraient alors qu'il était saturé d'eau.  A cause de ce tassement, il durcit & ce durcissement en chassa les êtres vivants, animaux foreurs & racines surtout.  Il se stérilisa en conséquence peu à peu.  Au fil des ans, sa partie vivante s'amenuisait & le processus d'appauvrissement ainsi qu'il courant en les milieux vivants s'auto-alimentait.  Après une période de nombreux tâtonnements, nous avons pu recréer les rigoles & rus des limites de parcelles.  Recréant ces fossés, les talus qui leur font naturellement écho réapparurent.  Il faut ensuite replanter les haies qui redonneront vie aux flux du sol & lorsque l'on use du tracteur, veiller à ne plus rompre ces talus & par le moyen de leur surrection, le lessivage horizontal du sol se trouvera interrompu.  Il faut de plus prendre le plus grand soin au sens de travail du tracteur, selon la pente ou - c'est mieux en travers au gré des courbes de niveau, remontant la matière autant qu'il est possible de préférence.  Par cette discipline, le tracteur remonte de la matière vers le haut de la pente générale ou la stabilise en plan plus ou moins horizontal.  Si une parcelle possède plusieurs pentes avérées ou intuitivement supposées, c’est qu’elle résulta de la réunion de plusieurs parcelles & il s’impose alors parfois de la subdiviser à nouveau.  Œuvrer de la sorte en remontant des matières minérales & organiques nous suggère que la pente des parcelles devrait augmenter; or c’est le contraire exact qui se produit & nous observons que la terrasse d’antan se rebâtit.  J’explique ce phénomène surprenant par une différence de vitesse de genèse du sol – ou pédogenèse – entre le haut & le bas: un peu de lessivage du haut vers le bas de la parcelle crée une activité biologique supérieure aux points bas & la pédogenèse y est donc plus forte.  La terrasse se nivelle de ce fait plus par une croissance du sol au bas de la pente que par l'érosion de sa partie haute.  L'érosion en bas est neutralisée en reconstruisant les talus & fossés & comme sa situation bénéficie de plus de nutriments, elle permet la croissance du sol.  Pour résumer ce que j’observe, je dirais que le sol s’accroît en profondeur partout sur la parcelle, du fait que l'eau de pluie peut désormais s'y infiltrer sans s'écouler, & que cette croissance est encore supérieure en les parties situées les plus bases – dans le sens de la pente générale du relief s'entend, puisque nos parcelles devenant terrasses auront de moins en moins de pente.  La croissance des sols est un phénomène ordinaire qu'un paysan qui n'en a pas la conscience peut interrompre ou même inverser.  Les sols de la ferme de mars croissent, simplement par notre prise de conscience, & le non-agir qui en nait.

  • Le non-agir ne signifie pas paresse, mais obéir sans délai à l'observation continue de ce qui est.  C'est une œuvre de constance, patience, humilité, une œuvre de douleur & félicité.

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  • La photo nous révèle la perfection du paddy en Indonésie, coopération entre le collectif des humains & les saints cinq.

Fukuoka suggère de l'améliorer encore en semant le riz au lieu de le planter...

1. prémonition de la dynamique du paysage

  • par les usages du temps, des énergies.

Arrivant sur un lieu, nous pouvons décider d'observer tout d'abord sans dire ni penser, laisser la nature de la géologie s'exprimer & pour peu que nous agissions le moins qu'il soit possible, cette force née de l'antique tectonique sortira du terrain, fera émerger des formes nées des lignes de forces magnétiques puissantes qui circulent au travers de ce qui pourrait nous paraître la matière la plus dure, le roc.  Nous connaissons le flux des marées.  Au passage de la lune, le continent aussi se soulève d'environ trente centimètres.  Sur la croûte terrestre, le sol est un fluide habité par les racines des plantes.  Il peut se contracter ou s'expandre selon les cas, gonfler, croître ou couler ainsi que l'y poussent les circonstances & les forces qui lui sont appliquées.  C'est pour cela que nous devons au lieu qui nous porte de le laisser parler, exprimer dans le temps son énergie.

2. la beauté des parcelles importe

  • échecs & réussites d'Agrinature - Did Fukuoka fail ?

L'agriculture naturelle telle que Fukuoka la définit peut paraître magique lorsqu'on la décrit, mais sa pratique tôt nous renseignera qu'elle obéit seulement aux lois ordinaire de l'agronomie.  Comment pourrait-il s'agir de se libérer de ces lois?  Son propos est plutôt de les redéfinir dans leur forme originelle, d'en supprimer les ajouts sans fondement réel, les débarrasser des superstitions qui au fil des siècles leur furent attachées.  La méthode ne fonctionne bien qu'en sol sain.  Si nous la démarrons sur un sol ruiné ainsi que ce fut le cas à la ferme de mars, sa productivité se révèlera modeste au début car l'essentiel de l'énergie reçue par le système servira à reconstruire, structurer & nourrir son sol.  En de telles conditions, le résultat de départ de cette pratique apparaissent médiocres.  L'échec relatif des débuts pourtant ne doit pas être une raison suffisante pour l'abandonner.

Les écrits de Fukuoka amorcèrent une transformation de la vision de leur métier en des millions de paysans sur la terre.  La transformation est en cours & ne cessera plus.

  • L'agrinature est un processus d'aboutissement, comme un  idéal qui ne peut être réalisé d'un coup car il suppose une transformation tout à la fois du terrain & de ceux qu'il porte.  Même si elle est un idéal, nous pouvons nous en approcher.  Cette approche ne peut que & doit être le fruit d'une démarche en commun de tous ceux qui s'y intéressent & s'y appliquent.  Avancer ensemble s'impose afin d'éviter le travers dans lequel tout inventeur risque de sombrer parfois, celui de l'ego qui nous fait accroire que nous pourrions réaliser l'impossible, narguer les lois de l'univers.  Croyant cela, nous retomberions lors en une hubris comparable à celle de l'illusion que le pétrole procure.
Viser l'impossible nous grandit à condition que nous acceptions plus tard de nous ranger au principe de réalité.  L'agriculture est un domaine des plus concrets où une carence de résultat devrait être vue comme le clair indicateur que la méthode entreprise est erronée ou incomplète.  C'est sur ce constat que naquit la permaculture, inspirée en grande part de l'agrinature, mais équipée de quelques principes de base dont celui notamment de l'obligation de récolte.  Forte de cette prise de conscience, toute notre pratique doit évoluer en vue de cet impératif: obtenir à tout coup une récolte.  Il est des productions qui comme les céréales exigent une bonne teneur d'azote - la substance mère des protéines - dans le sol.  Pour l'obtenir, deux voie complémentaires s'offrent.  La première est d’auto-fertilisation par le moyen du couvert EVA fixateur de l'azote atmosphérique & qui y injectera aussi de l'oxygène.  La seconde voie de restauration, nécessaire dans le cas d'un sol dont trop d'exports furent commis & devenu de ce fait carencé en ions & oligo-éléments, consiste à des apports modestes & répétés de composts ou fumier.  Une culture de féverole apporte par exemple assez d'azote pour une moisson de blé l'année suivante, mais un trèfle ordinaire devra pour apporter la même quantité rester en place deux, trois ou quatre ans.  Les céréales font partie de ce groupe des plantes dites gourmandes qui réclament un quota d'azote important dans le sol avant le semis.  De ce fait, elles ne peuvent en Limousin être produites en continu en mode biologique: trois années au moins d'une prairie riche doit s'intercaler entre deux céréales pour qu'une production digne de récolte à la moissonneuse soit obtenue.
Il y eut sur la ferme de mars au cours des premières années plus d'échecs que de réussites, car nous avions besoin d'explorer le tréfonds de la pratique, de partir de zéro, comme ayant tout oublié, pour renaître ensuite, envisager, reconnaître & parcourir la totalité du chemin, l'apprendre, le trouver, le découvrir tout entier.  Cette chute ne peut avoir qu'un temps car choir à répétition en matière d'agriculture, c'est aussi déchoir de sa condition de paysan, c'est-à-dire celle de producteur de nourriture.  Au volet des réussites d'Agrinature dès les premiers instants cependant, il faut noter pour faire bonne mesure:
  • la restauration des sols d'une ferme ou d'un jardin vers une fertilité proche de leur potentiel,
  • la reconstruction du terroir & de la beauté des parcelles.

commentaire le 28/10/2012 : La beauté des parcelles importe.  Comme en mathématique ou en physique, ce qui est juste est beau.  La beauté d'une parcelle implique donc effectivement une réussite & un résultat.  Pour le paysan, l'obligation de récolte est la base car il a charge de nourrir tous ceux qui lui permettent de vivre en fabricant ses outils, ses vêtements, ses pots, ses potions... - si l'on reste dans les besoins primaires.  Là résident son honneur & sa dignité, mais aussi sa force & sa gloire.  Le paysan traditionnel se sert de la terre comme elle le souhaite: des parcelles sont réservées aux céréales ou d'autres plutôt au fourrage...  C'est la terre qui commande & demande.  Ton expérience & ton humilité face à la nature, le caractère que celle-ci forge en toi petit à petit est déjà un grand accomplissement.  Chacun a son chemin.

  • Christine G.

4. l'hydrologie, les sols, le climat, les paysages

  • Nous pouvons par un régime fiscal simple résoudre la question des inondations & des sécheresses.

Tout terrain planté d'arbres serait libre de taxe.

Les surfaces de terrains privés que leurs propriétaires ont imperméabilisées, telles que les terrasses, les piscines, les voies goudronnées ou pavées & les gazons tondus pourraient être comptabilisées comme surface habitable & taxées comme telles au même titre & au même taux que les surfaces habitées d'un logement.

  • Les zones plantées d'arbres fabriquent des sols,
  • fixent le carbone de l'atmosphère,
  • participent à régler l'hydrologie de la région
  • & tempérer le climat de la planète.

Tous ces services écologiques gratuits sont sans prix.  Si nul arbre ne les accomplit, les catastrophes alors causées, sécheresses alternées d'inondations, seront d'un grand coût à la société entendue comme un ensemble.  C'est ce risque collectif qui justifie la taxe évoquée plus haut.

  • Organiser la collecte des eaux d'écoulement est une solution complémentaire pour réduire les dangers que causent les zones imperméabilisées.  Elle est cependant plus onéreuse & moins efficace que la plantation d'arbres.  Il est à noter enfin que les zones plantées sont capables selon les lieux, d'absorber & recycler les polluants de l'air & des eaux.

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L'agronomie moderne nous semble efficace.  Le fait qu'elle soit subventionnée devrait nous signaler le contraire.

Les subventions permettent aux agriculteurs de consommer pour leurs travaux, du pétrole sans souci du coût occasionné.  L'usage sans restriction d'énergie en vue d'une production de nourriture est la cause d'effets induits.

  • Ces effets sont la destruction de l'humus & des paysages,
  • l'érosion des sols & de la diversité biologique,
  • l'altération du climat & des flux hydrologiques,
  • la disparition enfin de la classe & de la fonction paysannes.

Il est possible pourtant de conserver un maillage large de haies & talus dans les plaines céréalières, mais nul agriculteur subventionné ne s'en préoccupe en pratique.  Un tel maillage permet de réduire les effets énoncés ci-dessus.  La présence de ce maillage est un frein aussi à la propagation des tempêtes.

  • des régions d'agriculture où nous pourrions vivre - (not edited yet)

La plupart des activités qui consomment du pétrole & de l'uranium, les deux sources d'énergie du vingtième siècle, sont en général subventionnées ou exonérées d'impôts - ou les deux pourquoi pas?  Toute la société financière est irriguée par ces deux sources d'énergie - la première pour faciliter le commerce de guerre économique & la seconde comme épine dorsale du commerce des armes.  Ainsi nous voyons que les centrales électriques nucléaires n'ont pas d'assureur en un monde où tout est prétendument assuré, où les assurances sont des formes de taxes obligatoires qui touchent tous les domaines.  Ainsi les infrastructures routières sont-elles financées par l'impôt, les usines manufacturiers d'automobiles sont-ils des lobbies puissants que les États protègent, les transports par route & par mer sont-ils exonérés de taxes & de beaucoup des responsabilités concernant l'impact en matière d'environnement de leur activités.   L'agriculture industrielle fait partie de ce groupe des structures voraces en énergie dont l'enjeu géopolitique est crucial.  Grande consommatrice de pétrole, c'est à ce titre surtout qu'elle est subventionnée & fiscalement favorisée.

  • Le système de privilèges dont bénéficient les mangeurs de pétrole implique que toutes les conséquences en matière d'atteinte aux milieux de vie qui affecteront le niveau de santé général que leurs activités consommatrices occasionnent, sont externalisées, prises en charge par la communauté en général ou reportées vers un futur que nous feignons d'ignorer.  Des politiques complexes de support de ces industries voraces sont mises en œuvre en tous les pays avec plus ou moins de puissance.  Elles se justifient par le fait d'une concurrence à leur sujet entre les États & les personnes.  Lorsqu'il y a concurrence, il est évident que la question de la dépense en énergie doit en un premier temps devenir secondaire.

A long terme pourtant dans la nature, ce sera bien cette question même de l'efficacité en énergie qui définira la perpétuation d'une espèce ou d'un individu par exemple.  Sous l’œil d'une observation grossière il peut sembler parfois que des comportements des êtres de la nature soient peu efficaces.  Nous pourrions prendre en exemple les phénomènes de procréation ou reproduction qui réussissent à des faibles taux.  Il s'agit cependant d'un biais causé par une observation trop étriquée ou limitée, car pour comprendre les processus en jeu, il est besoin de considérer un groupe, un écosystème*, un biotope ou un biome en sa globalité.  Pour ce qui est de la société monde des humains devenue si complexe, il est de besoin aussi de la scruter en son ensemble.  Tous les travailleurs savent que s'ils deviennent trop efficaces, ils chasseront du job leur collègue.  Tous les entrepreneurs savent que s'ils deviennent trop efficaces, ils chasseront du job leur concurrent.  C'est parce que la société devrait être perçue en son ensemble & non pas individu par individu.  C'est cet exemple que les plantes, les animaux & les forces orogéniques qui définissent la structure des paysages peuvent nous enseigner, celle d'une efficacité sans pitié alliée à la gratuité que confère la liberté, celle d'un conditionnement total qui sans cesser s'efforce de se déconditionner.

  • Les êtres & phénomènes de la nature nous offrent le spectacle permanent d'une efficacité d'apparence inefficace, d'une liberté d'apparence conditionnée.  Nous humains dont le cerveau compte autant de neurones que notre ventre risquons de nous perdre en cette dualité, ayant du mal à adopter ce que la vie nous montre comme milliards d'exemples en un seul jour, préférant à cet exemple réel le produit d'un mental tissé d'idées.  C'est à cet égard que notre espèce ne survivrait pas si nous détruisions - tel est le but inavoué des industries voraces & de l'agriculture pétrole - tous & tout ce qui ne serait pas nous, en une expression totale, ultime de la force égotique d'un Narcisse qui se noie en la mare où il chut.

L'antagonisme entre notre énergie spirituelle ou psychique & nos consommations d'énergie physique doit ici être soulignée.  Le fait d'antagoniser les activités industrielles de grande portée financière que sont les grandes industries & l'agriculture à base de pétrole, avec notre existence comme êtres biologiques, manifeste cette contradiction en nous.  Nous voulons le confort & la vie : ce sont deux forces égales & opposées.  Seule la sortie du dualisme résoudra ce dilemme en chacun & partant en tous.  Cette non-dualité existe en la nature & c'est en cela que son observation nous désigne la solution, la voie hors du syndrome de Narcisse en laquelle notre espèce se complaît.

  • L'agriculture a base pétrole ne se préoccupe pas des paysages, & pas plus des notions touchant à la pédogenèse, à l'humus, à la fertilité, à l'hydrologie, au climat, à la qualité des eaux, la pollution atmosphérique, la capture du carbone, & bien moins encore à nos besoins d'un sens de la vie ou à la santé publique, car ce sont des états résultant de phénomènes de très long terme qui porteront conséquence bien après que le "moi" de l'agriculteur qui les causa se soit éteint.  Il s(agit en réalité bien d'un moi collectif.  Le seul critère du modèle d'agriculture telle quelle apparut au dix-neuvième siècle en Amérique & qui domine pleinement encore à ce jour,  semble la production brute comptée en tonnes par hectare par année.  Les questions de la production nette en énergie & du revenu de l'agriculteur sont en cette mode d'une agriculture supposée productive, solutionnées par des subventions & exonérations fiscales.  Quant aux questions qui touchent aux milieux naturels - l'érosion des sols & la pollution des eaux - & aux critères de notre cadre de vie, de l'emploi & de la santé, ce modèle productiviste les nie ou les néglige, reportant au loin dans le temps & l'espace une éventuelle réparation des nuisances produites par une technique imbibée de froide violence.

La destruction des paysages, des modes de vie ruraux & - en tuant toutes les espèces sans restriction ni discernement - des repères de vie pour que nous puissions nous projeter au futur, ne sont pas les moindres parmi les calamités engendrées par l'agriculture industrielle.  Ces trois désastres qui touchent à notre culture & aux motivateurs mêmes de notre humanité sont tout à la fois ses plus subtils & plus profonds effets induits.

  • En ce mode de production désormais en voie de devenir total, il convient de désherber complètement le sol, ce qui en pratique revient à presque le tuer par tous les moyens disponibles en travaux mécaniques & substances chimiques.  On introduit ensuite une semence de qualité homogène connue avec précision, puis on attend que le climat manifeste ses effets afin que les plantes semées poussent.

Étant semées en un sol mort & compte-tenu de leur faible & identique potentiel génétique, ces plantes ne disposent d'aucun moyen de résistance envers une attaque quelle qu'elle soit.  Il faut donc les sustenter en fertilisants manufacturés & tenir à l'écart du champ tout agent pathogène qui pourrait les atteindre.  Ces intrants agricoles d'engrais & de traitement sont des produits fabriqués au moyen des sources d'énergie fossiles que sont le pétrole & le gaz.  Leur application répand au champ encore un peu plus de mort dans le support inerte que devient progressivement le sol en suite de l'usage répété des désherbants, insecticides, & fongicides systémiques & des engrais de synthèse.

  • C'est bien plus tard ou ailleurs que de l'argent public - beaucoup - sera dépensé pour résoudre les questions & pollutions que toute cette mort épandue sur tant d'hectares ne peut que produire à long terme.  Notons pour mémoire parmi ces effet, la perte de qualité des eaux de consommation, les excès climatiques exprimées en alternance de sécheresses & inondations, les épidémies modernes dues aux résidus de pesticides & à des modes de nutrition trop industriels - Alzheimer, diabète, dépression... - en train d'apparaître en les sociétés surnutries.  Nous devons rappeler à ce sujet que le pétrole est une énergie morte tirée du passé, du sous-sol où les générations passées imaginaient l'enfer.  C'est une substance gluante qui corrompt & répand la mort.  La saleté procède de sa nature.  Elle corrompt les corps en salissant nos milieux de vie, l'air, l'eau, les sols.  Elle corrompt nos facultés mentales, car l'usage des machines & trop de confort risquent de nous rendre paresseux.  Elle corrompt enfin nos forces psychiques, nous rendant plus égoïstes par l'illusion d'indépendance que les techniques font naître. 

En agriculture biologique, en permaculture & en agrinature enfin, nous proposons d'entrer en marche sur des voies vers un mode agricole qui n'utilisera à terme que l'énergie du soleil.  Nous devrons pour cela devenir experts en captation de la lumière par les plantes & des précipitations par les sols.  Nous devrons aussi étendre les surfaces agricoles en ces modes agricoles nouveaux compatibles avec la vie & l'habitation de la terre.

  • L'agriculture industrielle à base de pétrole chasse de ses terres toute présence humaine & toutes les espèces sauvages - plantes, arbres, animaux & micro-organismes.  Augmenter les surfaces agricoles en des territoires où les humains & toutes les espèces spontanées ou sauvages pourraient vivre est possible tout en faisant de ces lieux des paysages complets bénéficiant à la biosphère.  A l'inverse, les agricultures consommatrices de pétrole détruisent le tissu humain & la trame de vie de la planète, cette trame des êtres qui portent notre espèce.

Nous voyons là l'effet de l'antagonisme & le besoin qu'il est d'aller à la non-dualité qu'une observation de la nature de chaque jour & de toute une vie nous enseignera.  L'atténuation de l'ego ou la voie vers le non-faire en sont synonymes.

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* Un biome ou macroécosystème, aire biotique, écozone, écorégion - à distinguer du biote - est un ensemble d'écosystèmes caractéristique d'une aire biogéographique & nommé à partir de la végétation & des espèces animales qui y prédominent & y sont adaptées.  Il est l'expression des conditions écologiques du lieu à l'échelle régionale ou continentale : le climat qui induit le sol, les deux induisant eux-mêmes les conditions écologiques auxquelles vont répondre les communautés des plantes & animaux du biome en question.  Les biomes terrestres sont décrits par la science de la biogéographie.  La classification écologique des terres définit le vocabulaire utilisé pour évaluer la taille de ces zones du microbiome à la biosphère.  Leur concept embrasse les notions de communauté, d'interaction entre sols, plantes & animaux.  Par extension, on parle de microbiome, pour désigner l'espace de vie du microbiote.  En écologie, un biote ou biota [du grec βίος, vie] est l’ensemble des organismes vivants - flore, faune & champignons ainsi que les micro-organismes tels que bactéries, levures, microchampignons… - présents dans un habitat naturel ou semi-naturel ou biotope particulier, ou un lieu ou une région précise.  Les biomes sont les ensembles biologiques les plus larges que l'on puisse discerner à l'échelle des continents.  Leurs modèles de distribution sont fortement corrélés avec les modèles régionaux de climat & identifiés selon le type de formation végétale dominante.  Cependant, un biome se compose non seulement de cette formation, mais également de communautés associées, de faunes & de sols.  Aussi, un même biome regroupe généralement une multitude de paysages différents, une hétérogénéité d'écosystèmes.  Un même biome peut être subdivisé selon de multiples critères.

  • Biotope is an area of uniform environmental conditions providing a living place for a specific assemblage of plants & animals.  Biotope is almost synonymous with the term habitat, which is more commonly used in English-speaking countries.  However, in some countries these two terms are distinguished: the subject of a habitat is a species or a population, whereas the subject of a biotope is a biological community.  The word biotope, literally translated, means an area where life lives.
  • * An ecosystem is a community of living organisms - plants, animals & microbes - in conjunction with the nonliving components of their environment - like air, water & mineral soil - interacting as a system. - notes edited from Wikipedia

5. Former la forme de la terre par nos modes de vie.

  • cultiver de son pied - We garden when we tread a ground.

Les bergers & nomades œuvrent en leur parcours de la terre & c'est leur pied surtout, qui contrôle la végétation dont la faune par eux domestiquée fait bombance.  Le paysan, la jardinière en agrinature aussi prend conscience à chacun de ses pas de l'incidence que cette foulée génère.  Si nous marchons près d'une plante, nous limiterons son développement.  Si nous marchons sur elle, nous la limiterons plus encore, mais il existe des espèces comme le trèfle rampant ou le plantain, qui tout en étant nanifiées par cet acte en sont en même temps favorisées en une croissance lors plus horizontale.

  • Si nous marchons trop sur un point, nous le dénuderont de sa couverture herbacée.  Si nous persistions à piétiner encore ce point nous y tuerions - pour un temps - le sol par expulsion des espaces vides qu'il contenait.  Les chemins creux sont les témoins à long terme de l'érosion opérant sur un lieu piétiné sans fin ni répit.

le vivant, circonférence de la terre / tsp

le vivant, circonférence de la terre / tsp / p1K
  • Une terrasse soli-pluviale : la terrasse croit d'elle-même du seul fait d'une interruption de notre circulation.  Par la suite, des ligneux viendront s'installer sur la rupture de pente, même si nous n'en plantons pas dans l'immédiat.

 le vivant, circonférence de la terre - Accross the Earth.

  • Au centre de la Beauce, loin à dix mille lieues* de tout vivant, une plante drue des pampas germa.

Un agriculteur vient à passer.  D'un geste il arrache en sa fureur, la jalousie dont il orne son front l'herbe jugée mauvaise.  La graine chue ici n'était pas solitaire.  Nombre d'entre-elles aiment à temporiser en leur germination.

L'an suivant une autre plante drue au dit lieu germait.


Une jeune fille vient à passer, en cueille la fleur exotique dont la beauté la charme, l'empêche ce faisant de se perpétuer.  La graine chue ici n'était pas solitaire.  Souvent osent-elles temporiser l'instant des éclosions.

L'an suivant une même plante jolie au dit lieu germa.


Un sage vient à passer, salue la pionnière survivante, s'abstenant de la couper en la non-violence de sa discipline.

Or la vie de ces êtres se sait fort éphémère.  La graine chue ici n'était pas solitaire.

A toujours les simples peuvent attendre les temps propices aux germinances.

L'an suivant une autre fleur gracile, en ce lieu désormais béni, germait.


Un idiot vient à passer comme voletait au vent Cupidon facétieux.  La flèche tirée, le vilain se dit lors en son for décidé à revenir encore.  Passant, il apportait chaque jour vers la fleur quelque déchet, quelque humus, un peu d'eau, un regard, une parole, une direction tendue, un souffle de dispute, un oubli, un serment, une œuvre de la main, tout ce qui le traverse ou l’embarrasse en somme, le tourmente ou lui plaît.

La graine chue ici n'était pas solitaire.

En nombre ces petits s'appliquent à prévoir en foisons leurs occurrences, unir leurs différences.

L'an suivant d'autres plantes charmantes en ce lieu-dit germaient.


Un an vient à passer.  Trois cents fois le simple avait nourri la simple.  Les oiseaux, le vent du ciel l'y avaient aidé malgré eux.  En ce point du désert, milieu des terres de Beauce abandonnées des formes de la vie que des humains trop intelligents avaient déclarées inutiles, un jardin commençait d'exister.

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N'opposons pas ici les cinq visites que connut le lieu appelé à devenir un jardin,car chacune au tout servirent :

la malignité - l'amour - la connaissance - l'action - le temps. En une autre séquence nous pourrions les nommer :

la haine - la tendresse - la bénédiction - le service - la tolérance.

  • La haine qu'exprime l'exploitant agricole de ce conte n'est que le reflet en son œil aveuglé de ce que la société - en sa majorité des 50 % des votants inscrits - lui réclame, soit produire de la bouffe en abondance & au prix le plus bas pour que tous puissent s'empiffrer & poursuivre encore un instant l'illusion où ils sont qu'ils échappèrent l'humaine condition.  Or cette nourriture est nécessairement frelatée, car elle crut sur la mort de tout ce que nous aimions, tous ce qui était beau, hormis la finance & la technologie.  L'intelligence & le génie humain actualisés en la technologie sont utiles si & seulement si mis au service de tous.  A ce stade, nous viendrons - encore un peu de temps : c'est à nous, peuples de le réclamer. Vaïshas.

La tendresse de l'adolescent(e) envers la beauté potentielle de la terre, est le stade de jeunesse naïve qu'atteint l'écologie politique de ce temps.  C'est une phase immature empreinte de naïveté & de ce romantisme du dix-neuvième siècle & qui tarde à mourir, nostalgie de nos enfances qui n'étaient temps idéal qu'au yeux d'ignorance du bambin.

  • Le sage indique ici une découverte plus essentielle, que nous avons besoin de plus que d'un pain de médiocre qualité, la vision qu'en le monde si vaste, les formes de la vie sont sans nombre, que le vent du destin ne peut pas cesser de souffler.  La création que notre planète inventa ne cessera pas.  Au dire de la relativité d'Einstein, notre perception en éclairement de la conscience, crée le monde que nous sommes.  Détruisant tout, nous nous détruirions nous-mêmes; mais le pouvons-nous vraiment?  La bénédiction du sage consiste à dire du bien, à verbaliser que ce qu'il voit en vision sera - un monde où notre vie va continuer au-delà des apparence de mort que les égoïsmes en leurs antagonisation avaient fait en guerres militaires & financières émerger tel le champignon nucléaire, un chancre, un cancer, les déserts agricoles...

Le service* innocent insouciant, inconscient du "simple mind" souligne le mépris que nous avons de tous ces petits qui œuvrent en silence, à l'insu de toute statistique, ignorés des calculs des ordinateur du produit national brut.  Les métiers les plus essentiels sont de ce groupe des travaux ignorés.  La mère qui allaite son petit & maintient en cohésion la famille de son ouvrage constant offert, le métier de parent sont de ce groupe, qui demandent de savoir tout de la vie pour fonder en le jeune nouveau la base de l'éducation en son cœur.  Ces jobs qui incluent les bénévoles des associations sont des services gratuits donnés sans salaire.

  • A ce groupe qui au dire des économistes n'existerait pas, en ce temps nous devons ajouter les ouvrants, producteurs & ouvriers, manœuvres & "va-chercher", dits peu qualités tandis que leur savoir de la vie est grandiose, que l'effort qu'ils fournissent est constant & modeste.  C'est par l'ouvrage des petits que s'ouvre le ciel pour qu'il nous soit clément.  C'est par leurs mains que passent toute les nourritures que nous ingurgitons pour les déféquer ensuite.  C'est de leurs mains que surgissent tous les objets inutiles, indispensables ou néfastes que nos avidités de conforts superflus veulent sans transiger, quelles qu'en seront les conséquences pour quiconque & quoi que ce soit.

En leur loisir les humains, fussent-ils simples ou complexes, savent faire oeuvre utile parfois.  En le cas du vilain de notre historiette, les autres - le méchant pris par son ouvrage, le rêveur au risque de devenir un imbécile heureux & le discoureur sans mains qui nomme mais ne sait agir - le laissèrent construire son jardinet en un lieu auparavant maudit, mortellement atteint par John Deere & Monsanto, inexistant pour tout dire.  Le jardin né ici sort littéralement du néant que le nihilisme qu'implique l'usage immodéré du pétrole veut de toute la puissance de mort & de passé que cette substance en elle-même contient.

  • Semer un pin parasol dans le désert aride de nos cœurs, pour qu'une oasis en naisse un jour si les rôdeurs avides

- les six ennemis mentaux - avaient l'idée de génie de la tolérer un peu...

La tolérance mûrie en non-violence reconnaît à chacun le droit d'exister

puisque la vie est une anarchie d'un ordre sublime.

  •  Dix-mille lieues équivalent la circonférence de la terre. - L'idée de ce conte, nous empruntâmes au blog " éveil à la foi Port-saint-Louis ". - * Parmi les quatre varnas : vaïshas, kshatriyas, brahmins & sudras, les sudras figurent les pieds du corps social.

Reconstruire le  terroir, la beauté des parcelles. / quart-paysage.

reconstruire le terroir la beauté des parcelles / q.p. p1K
  • se soumettre, visualiser / la forme / la fonction /  échecs & réussites d'Agrinature - Did Fukuoka fail ?
  • commentaire de jjb le 15/10/2012 : Si cette manière est si brillante à la ferme, pourquoi vos récoltes sont mauvaises & leur faiblesse fait-elle si mal?
marssfarm le 16/10/2012 : reconstruire le terroir, la beauté des parcelles
  • L'agriculture naturelle telle que Fukuoka la définit ne fonctionne pas.  Pourtant, ce ne semble pas une raison suffisante pour l'abandonner.  Ses écrits amorcèrent une transformation de la vision de leur métier en des millions de paysans.  La transformation est en cours & ne cessera plus.  Agrinature est un idéal qui ne peut être réalisé.  En revanche, nous pouvons nous en approcher & cette approche ne peut être que le fruit d'une démarche en commun - ce afin d'éviter le travers dans lequel l'inventeur tomba, ce travers de l'ego qui peut nous faire accroire que nous pourrions réaliser l'impossible.  Viser l'impossible nous grandit à condition que nous acceptions plus tard de nous ranger au principe de réalité.  L'agriculture est un domaine des plus concrets où une carence de résultat devrait être vue comme le clair indicateur que la méthode entreprise est erronée ou incomplète.  C'est sur ce constat que naquit la permaculture, inspirée en grande part de l'agrinature, mais équipée de quelques principes de base dont celui notamment de l'obligation de récolte.  Forte de cette prise de conscience, la pratique sur la ferme de mars va désormais évoluer en vue de cet impératif : obtenir à tout coup une récolte.
La fertilité en actualisation des sols de la ferme est encore faible à ce jour & leur fertilité en potentiel ne lui est que de très peu supérieure.  Le maraîchage des potagères peu exigeantes en azote réussit très bien.  En revanche, toutes les productions qui exigent une forte présence dans le sol de cette substance mère des protéines échouèrent, car l'élément ne peut pas être fourni par les légumineuses seules.  N'ayant pas apporté cet azote indispensable par des composts ou du fumier ou un précédent de féverole, ces productions ne donnèrent pas le résultat que dans la naïveté du débutant, j'avais attendu.  Les céréales font partie de ce groupe des cultures qui réclament un quota d'azote présent dans le sol avant semis.  Elles ne peuvent en Limousin être produites en continu en mode biologique : trois années au moins d'une prairie riche doit s'intercaler entre deux céréales pour qu'une production digne de récolte à la moissonneuse soit obtenue.  Je pourrais dresser ici une liste de raisons de mes échecs, mais m'en tiendrai plutôt à la plus réelle que je viens de donner, afin que chacun puisse de ce fait en apprendre & en conséquence éviter de choir ainsi que je le fis.  Cette chute ne fut pas négative.  Elle me donna l'occasion d'explorer le tréfond de la pratique.  Je voulus partir de zéro comme ayant tout oublié, pour renaître ensuite, envisager, reconnaître & parcourir la totalité du chemin pour l'apprendre tout entier.  Choir à répétition en matière d'agriculture, c'est aussi déchoir de sa condition de paysan, c'est-à-dire de producteur de nourriture.  Au volet des réussites d'Agrinature, il faut noter enfin pour faire bonne mesure: la restauration des sols de la ferme en une fertilité proche de leur potentiel, la reconstruction du terroir & de la beauté des parcelles.
  • commentaire le 28/10/2012 : La beauté des parcelles : comme en mathématique ou physique, ce qui est juste est beau.  La beauté d'une parcelle implique donc effectivement une réussite.
Pour le paysan, l'obligation de récolte est la base car il a charge de nourrir tous ceux qui lui permettent de vivre en fabricant ses outils, ses vêtements, ses pots, ses potions... - si l'on reste dans les besoins primaires.  Là résident son honneur & sa dignité, mais aussi sa force & sa gloire.  Le paysan traditionnel se sert de la terre comme elle le souhaite : des parcelles sont réservées aux céréales ou d'autres plutôt au fourrage...  C'est la terre qui commande & demande.  Ton expérience & ton humilité face à la nature, le caractère que celle-ci forge en toi petit à petit est déjà un grand accomplissement.  Chacun a son chemin.
Christine G.
 
brigitisis le 29/01/2015 : Pema Chödrön, auteure, née Deirdre Blomfield-Brown le 14 juillet 1936 à New York, est une moniale bouddhiste, spécialiste du bouddhisme tibétain, auteur & enseignante de la Lignée Shambhala du bouddhisme tibétain, fondé par Chogyam Trungpa Rinpoché.
"Vivez sans entrave: en vous Libérant de vos Vieilles Habitudes et de vos Peurs."
Enfants : Arlyn Bull, Edward Bull
Très beau ton article, j'ai beaucoup d'admiration pour les gens qui ont le talent de créer, écrivains, peintres, et même le plus petit des jardins fleuris. ici on attend la neige pour deux jours... alors j'hiberne, puis j'irais refaire des photos des paysages avec leur manteau blanc.