Date de création : 13.05.2015
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la campagne de russie fut une bérézina parce qu'elle démarra bien trop tard, un 24 juin, soit sous le signe du
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avec la béatitude utérine, la vie nous fait avant l'aube une promesse qu'elle ne pourra pas réaliser sauf...
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a l'image de la vie courante, la reine possède tout potentiel - mais peut être prise - et le roi quant à lui e
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ImagesL'agrinature tend vers la pratique native d'agriculture n'utilisant que les ressources du vivant en son effort de néguentropie insufflée par l'injection constante dans l'écosystème Terre des photons que lui dispense maître Soleil, étoile moyenne de la galaxie.
La nourriture des plantes est pour l'essentiel un triptyque constitué par l'hydrogène de l'eau, le dioxyde de carbone de l'air & par voie indirecte l'azote de l'air. Utiliser toute l'eau & tout le soleil disponibles en un lieu tout au long de l'année est l'enjeu d'agrinature.
Cela signifie que le seul intrant en cette pratique agricole est d'énergie solaire. De ce fait nous prendrons soin à observer que les plantes présentes puissent faire emploi autant que faire se peut de ces deux ressources données à tous. - la lumière solaire & l'eau des précipitations.
Deux parts au moins de la production est destinée à la fabrication des sols & une part prélevée comme nourriture. Nous intervenons le moins qu'il est possible afin de laisser aux êtres vivants de l'écosystème champ toute latitude d'oeuvrer selon leur nature propre.
Pour que ces êtres puissent exister, nous devons proscrire l'usage des substances de synthèse que le vivant ne sait pas métaboliser. C'est la diversité qui assure l'ensemble des fonctions requises & ce par le moyen de la complémentarité biologique des êtres.
Les notions de pédogenèse sont l'essence de l'agrinature : la Terre doit redevenir terreuse, refabriquer ses sols. A l'échelle d'un siècle l'agronomie envisagera une combinaison des deux pratiques. Des paysans, paysannes, chercheurs & chercheuses affineront des méthodes applicables à plus grande échelle & éventuellement des machines simples & légères. Celles disponibles ce jour sont trop complexes, trop pesantes sur le sol & de ce fait trop voraces en énergie.
Des petites parcelles sont le cas idéal car les lisières & bordures sont des points de grande richesse biologique & parce qu'il est besoin d'arbres pour garder & fabriquer le sol. La production locale permet aussi le retour, le "recyclement" de la matière organique pour l’auto-fertilisation.
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Le nom de l’étoile est Absinthe. (1°) / des tsp /Publié le 28/04/2016 /
L'âge de la reine chamboule nos idées d'une longévité en lien à la gastronomie, à moins que... Un ethnologue brillant m'expliqua que la cuisine familiale anglaise est excellente. La mort de l'art culinaire en Grande-Bretagne survint dans l'après-guerre lorsque le pays fut inondé de denrées modernes importées des USA - des blés impropres à faire du pain de campagne, des sauces ketchup sucrées, des conserves, and so on...
A propos des chapeaux fantasques d’Elisabeth, il est à noter que leur origine est la même que le foulard des femmes d'Islam. Ain't it funny ?
Écrire requiert du temps & de l'énergie, mais comme toute activité pratiquée sans retenue, contient en soi sa propre énergie. La concision est ce qui demande le plus de travail en élagages & clarifications. Un auteur ne met sur papier que le meilleur de lui-même. Il ne faut pas s'attendre à le trouver saint plus qu'un autre.
Écrire ne vaut que si ce qui sera dit n'avait pas déjà été énoncé ou si cela avait été fait, qu'il n'en reste plus trace ou que la trace qui reste demande à être complétée éclairée envolée transcrite en une langue neuve simple.
Écrire n'existe que pour élever - élever l'auteur & les lecteurs en même temps, d'un seul élan, unique tracé trait de plume dans le livre de nos vies humaines reliées en vue de les délier un peu, les ouvrir à des possibles insoupçonnés d’inouï. La bouteille jetée s'échouera un jour sur une berge. Une âme inconnue la trouvera, l'ouvrira, saura lire le mot dont l'encre vibre encore. Alors encore commence le voyage de retour, le trajet à rebours en effort renoué vers la source d'où le message vint. Ainsi naissent les anguilles & les saumons de fleuve en océan & vice-versa.
Le génie de la vie est dans le groupe qu'est l'espèce dont chaque individu n'est qu'une infime parcelle. Chaque espèce aussi vit de la présence de tous les êtres en leur multitude & variété. Les personnes écrivant parlent en mots couchés que les proches qu'elles côtoient ne sont pas prêts à entendre, en l'attente qu'un humain d'un autre temps, autre lieu, autre extraction saura s'en saisir, les utiliser, en user, les user, les dissoudre en gestes de service. Qu'une seule personne les lise, les fasse siens pour les transmuer en actes & ils vivront. Jusqu'alors ils restent lettre morte.
Une altercation verbale me cloua au lit quatre jours, plus violente qu'une bagarre de rue.
A la suite de l'accident, une personne connut l’hyperthyroïdie douze ans durant. Puis le mal partit comme il était venu à l'échéance des douze ans - avant qu'elle n'ait eu le temps de voir un docteur, car c'est une personne réfléchie qui ne croit pas vraiment aux maladies. Son seul remède avait été de boire de l'eau claire. Elle était en un pays de cerf-volants au moment de l'accident, un pays lointain d'Asie hors de portée du nuage radioactif, mais elle prit la maladie à son retour en Europe par une sorte de solidarité reliant le corps, le mental & le groupe. Douze ans est un cycle complet dans notre développement.
« C'est assez qu'on ait vu par là qu'il ne faut point / agir chacun de même sorte. » - Les deux ânes / Jean de la Fontaine
7.1 - invention d'une espèce humaine néoformée (2 commentaires de 5.) - lescouleursdemyriam le 29/04/2016 : Tchernobyl : oui, c'est fou la capacité qu'ont les nuages radioactifs de respecter les frontières ! Pour Fukushima au Japon, c'est un peu l'omerta aussi, nous sommes plus informés à l'extérieur qu'à l'intérieur. Les japonais sont obéissants & ne cherchent pas à savoir mais là-bas même les chercheurs sont peu protégés & il risque d'y avoir plusieurs générations touchées.
D'autres accidents se produiront dans le monde. On peut supposer que l'humanité en sera grandement chamboulée en ses gènes & sa biologie pour s'adapter peut-être à une vie biologique en des biotopes radioactifs, pouvant aller jusqu'à la création d'une humanité nouvelle, un peu comme Néandertal & Cro-magnon avaient cohabité dix mille ans durant...
Nous avons déjà bâti de par la Terre presque cinq cents centrales dans le monde & de ce fait le retour en arrière est bloqué. Nous devrons mourir & vivre avec notre créature maléfique - la radioactivité artificielle en peau de léopard. Les riches à millions & leur servants choisiront, se réserveront les zones épargnées pour y dégénérer en douceur engoncés dans leurs coussins de soie. Les gens ordinaires retourneront vivre aux lieux irradiés en vue d'inventer une nouvelle espèce humaine.
L'ouverture du sol fut réalisée à la fouilleuse Actisol à très faible profondeur & uniquement sur les bandes de culture entre les roues du tracteur selon les courbes de niveau. La terrasse ici est ancienne de plusieurs millénaires, mais avait été regroupée au vingtième siècle aux parcelles attenantes. Sur la droite, invisible sur la photo, une zone de granite affleurant justifie la reconstruction de cette mini-terrasse adaptée au maraîchage biologique.
A la différence de la culture biologique basée sur l'existence d'un sol vivant, en agriculture à base d'intrants - que nous regroupons sous le terme générique "humicides" (5) (3) (4) il est possible de faire pousser des céréales sur un sol squelettique constitué pour l'essentiel de roche fragmentée. Ces intrants sont :
Cette culture de presque tout sans impératif de rotations ou d'assolements pratiquée en l'agriculture à base d'intrants - ou humicides - est rendue possible par le fait des subventions & externalisations excluant du calcul de rentabilité les coûts & les nuisances écologiques & sociales. Ces coûts & nuisances sont :
3. le martial macho se nourrit d'herbes folles - "Une armée marche sur son ventre." disait Napoléon. En de nombreuses occasions de l'histoire, des peuples ou des armées durent réapprendre à se nourrir des fleurs des champs & plantes sauvages afin de survivre.
Quatre mille espèces des sept mille herbes d'Europe que nous croyons & disons"mauvaises" étaient, furent, sont & seront la nourriture des humains qui nous précédaient, des humains pauvres ce jour & des humains sages demain. Souvent jardiner au potager ou cultiver au champ consiste à arracher des comestibles sauvages (5) pour favoriser des comestibles introduites :
Les plantes sauvages qui ne furent pas sélectionnées pour devenir obèses sont les plus nutritives de hautes concentrations en éléments rares, & des médecines tout en même temps que d'être des nourricières.
2. le dormeur du val - erixbd le 17/04/2016 : Voici le dormeur du val, quelques chansons & un film ou deux qui donnent réponse à cette série de question, mais à l'ouest, rien de nouveau... Lorsque je me rends au cimetière des sénégalais de Chasselay, j'ai la réponse... Ils sont là les soldats & ils n'apprendront jamais les autres. erixbd
De même que les Japonais construisaient après-guerre les centrales nucléaires qui sont en train de stériliser leur terre
& leur culture, parachevant au-delà de l'imagination l’œuvre génocide entreprise par Truman - l'homme vrai -
& Oppenheimer - l'ouvreur de maisons - dans le projet Manhattan - l'homme hutté - en préfiguration boomerang
d'un onze septembre 2001, de même des jardiniers ce jour écoutent les publicitaires experts en menterie
& épandent du glyphosate aux potagers de leur nourriture.
Les techniques de mort guerrière sont toujours converties ensuite vers l'agriculture industrielle. L'humanité un jour sortira de ce cycle continu d'auto-destruction. La question du quand seulement se pose. Il se peut que nous ne le voyions pas. Cette alternative est d'agricultures naturelles : permaculture, hügelkultur & agrinature & peut-être aussi de technologies simples, modestes & douces en maisons passives d'autoconstruction & autres activités bénévoles de socialisation hors taxe, non comptabilisées en p.i.b. - ces productions inutiles & brutales.
marssfarm le 17/04/2016 : La taille compte peu, oui & les temporalités de la nature nous dépassent. C'est pourquoi nous ressentons le besoin de planter des plantes sans presser trop pourtant de la plante du pied le sol portant, porteur, porte de contact des deux chaînes trophiques, vie & mort conjointes.
marssfarm le 21/04/2016 :
1. une fleur fille, un mari soldat, une tombe fleurie
words by Pete Seeger - the phrase "Will they ever learn ?"
from the original lyrics has been changed here for "Will we ever learn ?"
(traduction mars'sfarm)
Il y a vingt ans à Sarajevo les habitants survécurent quatre années de siège en consommant nonante plantes sauvages. Au-delà de cette fonction nourricière les herbes folles jouent un rôle de sentinelles de l’environnement, sont le langage du sol, anticipent les effets des changements climatiques. Leur présence ou absence sont significatives de notre rapport à la vie, au biome humain. L'incroyable biodiversité microbienne & fongique nous fait prendre conscience de notre intime affinité avec le sol vivant pour savoir reconnaître que de sa santé dépend la nôtre à travers des aliments qui protègent entre-autres affections de l'autisme & la dégénérescence nerveuse. Homme de terrain, l’auteur décrit précisément les bienfaits multiples des plantes, faits scientifiques vérifiables pour montrer qu'elles vécurent continuellement à nos côtés, ont encore beaucoup de solutions à nous fournir & qu’il nous faut rapidement brandir la Fleur Au Fusil. (quatrième de couverture)
47 juste vérité 5 création 6 service / croyances de la Terre / lumière au service de soi / sagesse du cœur / l'être au centre du cœur / l'âme s'envole vers la connaissance / le haubert gardien - 15 réalise 11 génie 3 dialogue / études expression inspiration développer l'entente familiale / linguistique juridique / développe spiritualité facultés de médiation / installer paix expression orale & écrite / les langues / le palais de cristal sur Terre / le soleil sur Terre / le rayonnement de la matière / la Force de la Vie / le Christ solaire à l'intérieur de nous / la joie d'être cœur - 1 élevé exalté au-dessus de toutes créatures 12 méditation 11 humanité / sept péchés la force du péché / désir du réel / matière bien-aimée amour de la matière & de ceux qui nous ont conçus / matérialisation de l'Amour amour de la Vie / Karma destin pardon vies antérieures le spirituel
marssfarm le 10/05/2016 : Au bout du monde trouve ma trace. Au fond du soi, tu me trouveras même. / Alors prends le temps... de travailler - c'est le prix du succès bienheureux respecte les horaires : tu partiras à l'heure. / ... de lire - c'est la source du savoir heureux capable de te reposer dormir comme un sage sans chercher d'excuses. / ... de jouer - secret de l'éternelle jeunesse : ainsi apprivoiser l'autre découvrir l'essentiel invisible aux yeux. / ... de penser - source de l'action car bienheureux si tu sais distinguer une montagne d'une taupinière : il te sera épargné bien des tracas. / ... d'aimer & d'être aimé - c'est une grâce : découvre que l'amour seul, le partage grandit. / ... de rire - musique de l'âme : si tu sais rire de toi-même, tu n'as pas fini de t'amuser ! / ... de faire des amis - c'est la voie du bonheur : admire le sourire de l'autre oublie sa grimace - la route sera ensoleillée. / ... de donner - la vie est trop courte pour être égoïste. S'appauvrir pour aider les autres, c'est accumuler les richesses du cœur. / ... pour rêver - le chemin qui mène aux étoiles. Si tu sais te taire écouter, tu en apprendras des choses nouvelles ! / ... de prier - notre plus grande force sur terre. Heureux si tu sais me reconnaître en tous rencontrés vraie lumière sagesse. Oui lors tu seras enthousiaste réalisé.
edited from Yvon Garel / http://chemindivin.centerblog.net
erixbd le 27/03/2016 : Effectivement, les français n'ont pas coupé la bonne tête, si tête il y avait à couper... Les canuts, lors de la seconde révolte furent manipulés par les républicains, puis devinrent des "voraces" prêts à couper toutes les têtes qui ne passaient pas sous la porte. En réalité, nous n'avons pas changé de système car notre société permet l'enrichissement à outrance. Mélanchon - adorateur de Robespierre - veut prendre aux riches & si je partage l'idée, j'ajoute qu'il serait important de le pas creuser les écarts, cesser de surproduire pour produire de la qualité, que l'argent circule pour améliorer cette qualité de vie avec le souci du respect de toute vie & de la nature. Si démocratie il doit y avoir, elle doit être participative & les règles doivent être discutées, débattues & écrites par le bas, & remonter par des gens de compétence concernés, professionnels & usagers de l'encadrement concerné.
Le changement du climat planétaire est un de ces phénomènes qui voient nos paroles contredire nos actes. Chacun se plaît à gaspiller autant d'énergie que le permet sa bourse. En revanche nous feignons de nous inquiéter des conséquences qu'aura ce brûlage en masse de combustibles sur la vie de ceux qui sont encore à naître. La nature trouvera toujours une solution, mais la nouvelle configuration du climat transformera la géopolitique & induira des migrations plus massives encore que celles en cours ce jour. Puisque aucun ne veut réduire sa dépense énergétique, nous devons nous préparer à ces mutations induites.
brigitisis le 01/05/2016 : C'est obligé que le monde évolue comme il a déjà évolué... les transformations naturelles mais aussi celles dues à la pollution, au réchauffement, à des catastrophes humanitaires provoquées par la main de l'homme... C'est peut-être pour cela que nous sommes tous de passage finalement... En tout cas je viens en courant t'amener un joli brin de muguet... Je suis admirative & tellement intriguée par la beauté de cette fleur de mai... C'est bien qu'elle ait été choisie pour porter bonheur.
1-3.gestion hydrique / terrasses soli-pluviales / drainage d'irrigation de pédogenèse / Publié le 26/03/2016 /
3. L'eau sourd - la parcelle se ressuie. / Publié le 07/05/2016 / 
A quelques mètres à l'aval de ce point (invisible à gauche de la photo) une grosse pierre forma un seuil, ce qui permet aux matériaux charriés par l'eau de se déposer. Nous curons ce bassin de rétention régulièrement pour en déposer la matière organique & minérale sur le bord de la tsp. Ce dépôt de bordure élève le niveau général de la parcelle en pente légère, l'établissant ainsi en une tsp, c'est à dire une terrasse sans mur de soutènement obtenue par le jeu seul des éléments :
Nous voyons ici en un avril pluvieux l'eau de la parcelle sourdre à travers la berge vers le ru reconstitué. La parcelle se ressuie lentement depuis sa nappe vers le le ru, de l'eau reçue en pluies les jours précédents & que la végétation n'est pas capable d'utiliser en totalité en ce printemps un peu frais. C'est pourquoi nous parlons de drainage d'irrigation de pédogenèse - didp - car l'eau en cette configuration est utilisée à l'optimum de ce que la nature sait faire : nulle goutte n'en est perdue. Le bocage & les tsp offrent de ce fait - comme les paddies des rizières irriguées par intermittence - un optimum de productivité agronomique en climat tempéré. Il fut inventé il y a plus de cinq mille ans & couvrait alors la totalité de l'Europe. Les tsp se constituent lorsque leurs habitants paysans & jardiniers appliquent la discipline consistant à circuler sur les bords des parcelles établis selon des courbes de niveau afin de réduire l'effet d'érosion autant qu'il est possible. Au fil des ans, ces limites deviennent les bordures des terrasses.
Lorsque j'étais enfant, je passais mes vacances dans le Beaujolais, dans une ferme, près d'un château. Au cours de mes aventures entre les vignes et chemin escarpés, j'ai vu des paysages et aujourd'hui en lisant cet article, j'en comprend un peu mieux le sens.Merci de ce commentaire. Savoir dire beaucoup en peu de mots est une vertu rare.L'enfant dont le mental n'a pas déjà été formaté par trop d'école trop de temps perdu à briser sa résistance & son invention sur des bancs égarés de la vie - l'enfant jeune est encore capable de voir ce jeu des éléments qu'il aime à explorer de ses cinq sens unis.Plus tard nous pourrons nous ressouvenir & revenir à cette connaissance innée qui dès le début nous avait été donnée.
le potager paysager / le jardin solaire-pluvial / l'agriculture soli-pluviale / sun-rain gardens / sun-rain-fed farmingIl s'agit ici de réaliser des potagers paysagers selon la pratique
du jardin solaire-pluvial. Plus tard ils feront naître une agriculture soli-pluviale.
We are about to set up landscaped vegetable gerdens according to the practice of the solar-pluvial garden. Later those gardens will impulse the appearance of a sun-rain-fed agriculture. As we invent sun-rain gardens, a sun-rain way of farming is going take shape.marssfarm le 29/06/2017 : Un verger potager paysager (1), jardin solaire dynamique (3) est établi au fil des saisons (2) selon la pratique de l’agriculture soli-pluviale (4) autrement nommée agrinature (5).The landscaped vegetable-orchard (1): a dynamic solar garden (3), is established over time & seasons (2), according to the practice of solar-rain-fed agriculture (4) otherwise called agrinature (5).(1) Le printemps selon le Tao caractérisé par l'éclairement, l'élément espace ou bois commence en février au mi-temps entre solstice & équinoxe.(3) L'été caractérisé par la chaleur, l'élément feu, débute en mai.(2) L'automne, saison du vent, de l'élément air ou métal, vient avec l'août.(4) L'hiver apporte les pluies, l'élément eau, en novembre.(5) Les périodes d'intersaison ou de transition sont les 18 derniers jours (un cinquième) de chaque saison de 90 jours, dominés par le recentrement vers une tendance continentale en résonance avec l'élément terre.---
" Il existe à Lyon au bout du boulevard de la Croix Rousse un gros caillou.
D'aucuns disent qu'il serait vestige abandonné par la fonte des glaces,
d'autres assurent qu'il s'agit d'un mégalithe dédié à un culte solaire pré-celtique...
Par beau temps les habitants vont s'installer à côté du gros caillou regarder Lyon
qui semble s'étirer jusqu'aux Alpes. Pour ma part je crois à la légende du gros caillou.
Elle raconte qu'un huissier voulait chasser une famille de canuts qui ne pouvaient payer le loyer.
Le "bon dieu" passant par là, agacé par l'attitude du "pousse cul", condamne icelui
à pousser son cœur de pierre au travers Lyon jusqu'à trouver un pire que lui...
L'huissier pousse à grand renfort d'effort jusqu'à parvenir au bout du boulevard
où il trouve un pire que lui en la personne d'un marchand de biens...
Depuis, le cœur de pierre de l'huissier est là. " *
Sa découverte remonte à 1861 lors du percement de la ficelle reliant la presqu'île à la Croix-Rousse : les travaux de percement du tunnel durent être interrompus car les travailleurs étaient bloqués par une roche extrêmement dure qu'ils n'arrivaient pas à briser. La roche en question dut donc être dégagée, extraite du substrat ce qui mobilisa de grands moyens & du retard dans les travaux. Finalement exhumé le Gros Caillou, symbole à la fois de la force persévérance des Lyonnais face aux obstacles & du rattachement de la Croix-Rousse à Lyon que le funiculaire matérialisait, fut déposé à la rupture de pente à l'est de la Croix-Rousse d'où il domine le Rhône & toute la plaine jusqu'aux Alpes. **
Flo le 20/11/2015 : Si les roches millénaires pouvaient parler...elles nous conteraient leurs légendes. Florent
Les montagnards souvent aiment leur montagne.
Les roches sont vivantes. Les montagnes s'élèvent & sont détruites par les vents, les rayons du soleil, le gel, les précipitations... Les minéraux parlent en couleurs, sons, vibration, texture & leur présence surtout.
A l'échelle minuscule de la vie humaine une montagne semble immobile, immuable. A l'échelle de la vie de la Terre, les minéraux émergent du manteau, deviennent continents & bien plus tard sont engloutis à nouveau. Les planètes dont les roches sont immobiles comme Mars n'ont plus d'atmosphère & ne portent plus de formes biologiques de vie. Le minéral est la première forme de vie dans l'univers. Sa matière possède les fréquences vibratoires propre au minéral & le niveau de conscience qui lui correspond.
Les continents sont comme des radeaux qui flottent sur le manteau. Le sol est un fluide mer à la surface des continents. Les arbres sont les vaisseaux de cette mer lagon. Les herbes en sont l'écume.
erixbd le 20/11/2015 : Merci d'en parler ainsi. Tout est dit en précision. Il ne vous reste plus qu'à venir vous poser à côté du gros caillou avec ou sans bouquin & apprécier ce petit moment.
Cros Jacques le 21/11/2015 : Tiens j'ai eu l'occasion de voir le gros caillou de Lyon !
Là est le lien qui doit unir les arbres et les hommes, car, lorsque vous marchez dans la forêt, les arbres vous parlent et lorsque que vous rentrez chez vous, vous n'êtes plus le même. Chaque fois un peu plus instruit de la vie. En réalité, le langage n'est pas un parler comme nous le concevons, mais un véritable échange et l'homme est normalement continuellement connecté aux vibrations de la terre, de l'air, de la nature.marssfarm le 04/12/2015 : Oui. Percevons-nous les 5 éléments à travers les sens ou est-ce le mouvement inverse de création des éléments par le mental? La vie est à l'interaction. Il y a en fait les deux mouvements - perception & création - comme en un dialogue qui construit ou établit des liens. Si nous prenons conscience que nous sommes cela, lors nous cessons d'exploiter & partant détruire ou dégrader quiconque ou quoi que ce soit. La nature est auto-nettoyante & de ce fait n'a pas besoin qu'on la nettoie hormis serait-ce de nos pensées superflues inutiles d'ego.
dessiner l'esquisse / didp / Publié le 12/10/2018 /
tsp : la terrasse soli-pluviale / Publié le 15/05/2015 /
dessiner l'esquisse - Création des terrasses soli-pluviales par interruption sur une bande étroite de la fréquentation agricole. La bande se plantera de buissons & nous y planterons des fruitiers.
C'est le poème écrit à la mort du jeune Thoreau par Emerson son ainé.
oblation / Khalil Gigran / terrasses soli-pluviales en formation / Publié le 07/05/2015 /
les terrasses soli-pluviales en formation
En automne, je récoltai toutes mes peines &
les enterrai dans mon jardin.
Lorsque avril refleurit & que la terre &
le printemps célébrèrent leurs noces,
mon jardin fut jonché de fleurs splendides &
exceptionnelles.
Khalil Gibran (sent by khadijamine)
traduction mars'sfarm
une terrasse soli-pluviale / Publié le 29/04/2015 /
terrasses soli-pluviales / Publié le 25/04/2015 /
construction d'une terrasse soli-pluviale / Publié le 16/03/2015 /
Nous avons détourné le ruisseau pour des raisons liées à l'histoire, car nous n'étions pas lors propriétaires du bois ci-désigné. Un des intérêts de ce détournement vers le second ruisseau du haut du Mas fut de former comme une lagune de ralentissement de l'écoulement pour servir comme un bassin de rétention des colloïdes lessivés depuis les sols de la parcelle. Le second intérêt est que l'eau courant sur la roche granite, en accélère la décomposition vers l'argile.
A cause des broussailles & jeunes arbres présents à l'époque en bordure de parcelle, la rigole fut creusée à distance du mur de limite. A mesure que nous curerons encore le ruisseau, sa position se rapprochera au fil du temps de la limite où ce mur sied. Beaucoup des pierres seront emportées, utilisées pour la fondation du chalet en prenant soin de laisser en place la base du muret de soutènement de la terrasse en reconstruction.
Selon nos observations, le niveau de cet andain certes s'abaissera par la décomposition des branchages, mais celui de la dite parcelle s'élèvera à l'inverse par nivellement & expansion biologique, pour rejoindre le talus andain & former la terrasse. Il s'agit de mouvements complexes résultats d'une combinaison de nombre de phénomènes du vivant, de la physique, de la biochimie & de l'hydrologie. Leur description demanderait à elle seule tout un ouvrage. A terme, le dénivelé entre la parcelle à gauche & le bois à droite - que nous transformerons en verger potager tridimensionnel - sera de l'ordre d'un mètre à la perspective d'une vingtaine d'années.
Nous observons ici le stade début du phénomène croissance d'une terrasse soli-pluviale. Au premier plan, une rigole reconstituée marque la limite ancienne des parcelles. A droite, coule le ruisseau reconstitué de la fontaine du haut du Mas, alimenté par deux sources voisines sises plus haut. Des arbres & buissons furent plantés & semés le long du ruisseau & de la rigole pour ouvrir la couche d'argile sous-jacente & produire de l'humus - chênes rouges, châtaigniers, noyers, saules marsault, saules osiers, frênes, bouleaux, chênes rouvres, noisetiers, framboisiers, cassis, mure, groseille, alisier...
Le ruisseau coule vers nous avec une pente de quelques pour-cents. La parcelle future terrasse est d'une pente générale d'environ un pour-cent en direction du ruisseau, mais horizontale en sa partie basse que nous voyons sur la photo. En son état actuel, ce bas de la parcelle est apte à accueillir des espèces à rhizomes ou hygrophiles telles que les joncs, les chiendents, les renoncules, le lotier des marais, les saules marsaults, les trembles & chênes sessiles, ainsi que nombre d'herbes & fleurs des marais - peu d'espèces agricoles, nous le voyons.
Les matériaux extraits par curage du ruisseau & de la rigole devant nous, sont déposés en bordure de la parcelle à constituer en terrasse sans qu'ils ne soit besoin de les épandre. Dans cette configuration de reconstruction des rigoles & même du ruisseau, il est besoin de les curer souvent & la quantité de matière ainsi extraite chaque année est considérable. L'observation par le passé sur d'autres parcelles nous indiqua qu'effectuer ces dépots suffit à ce que le niveau général du sol de la parcelle s'élève pour s'établir en une terrasse horizontale - ou en une pseudo-terrasse légèrement pentue lorsque la pente originelle est plus forte.
Dans le processus de terrassement naturel, trois niveaux de référence interagissent selon la pression exercée par chacun d'eux. Ces trois niveaux qui s'ajustent sont respectivement la nappe d'eau du sol, le niveau de la parcelle en son centre, & le niveau des dépôts effectués près du ru & de la rigole. D'une part, l'activité biologique - la croissance des racines des plantes présentes & l'activité de forage des macrofaune & mésofaune du sol - élève le sol dans la parcelle en augmentant sa structure, sa portance & partant son volume. D'autre part, les précipitations reçues, en en lessivant les éléments fins, tendent à abaisser la hauteur des dépôts de matière organique & minérale se trouvant à la périphérie de la parcelle. Ces éléments fins issus des produits du curage des rigoles & du ruisseau ont un effet fertilisant notable. La pression supplémentaire exercée par la présence nouvelle de ces dépôts périphériques tend à chasser un peu de l'eau du sol pour favoriser son écoulement vers les rigoles & en direction du ru. C'est par la combinaison de l'ensemble de ces facteurs interagissant que la terrasse soli-pluviale s'établit.
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commentaire de brigitisis le 29/03/2015 : Autrefois les rigoles étaient entretenues; cela faisait partie du travail quotidien des cantonniers & des paysans. brigitisis
Ils disposaient d'outils manuels spécialement conçus à cet effet : des taille-prés, des pelles droites.---
la terrasse soli-pluviale, basse & vaste butte - établir la parcelle en une basse & vaste butte
Prenons-la cependant comme hypothèse. L'ouverture du sol en vue d'y semer le blé ou l'orge était obtenue par traction par un animal d'une araire de bois qui ouvrait un sillon. L'animal ne pouvait effectuer ce labeur qu'à l'horizontale, soit selon les courbes de niveau pour que l'effort en soit minimisé. L’utilisation de l'animal suggère aussi qu'une part des terrains disponibles devaient être en adéquation consacrée à produire le fourrage de sa nourriture, ce qui indique la complémentarité entre labourage & pâturage, les assolements qui lui correspondent & l'organisation probablement des rotations entre ces usages complémentaires du sol.
Cette agriculture de Golan n'était déjà plus de l'agriculture naturelle du fait qu'une part de l'énergie solaire reçue par les champs était consacrée aux travail consistant à dénuder le sol pour un temps. En ces deux points, elle divergeait de l'agrinature : l'usage d'énergie pour une façon de culture & le dénudement du sol. Ces principes pourtant sont un guide en ce qui concerne les travaux du sol que nous devrons effectuer lorsque ils s'avèrent indispensables - divergeant en cela de l'agrinature en sa pureté idéale.
Avec l'usage du tracteur, tout devient possible en ce qui concerne la règle première & c'est pourquoi nous devrons la décliner, la détailler. L'utilisation de la machine se fera dans le cadre de terrasses soli-pluviales qui sont une assurance dune érosion peu opérante.
La règle qui consiste à border le tour de la parcelle d'un trait de charrue doit être appliquée en général & ce en l'idée d'une protection du sol, un ramassement sur lui-même & un sillon de protection à l'entour de la parcelle. Ce sillon présente de plus l'avantage de transformer la parcelle en comme une basse & vaste butte, de marquer mieux l'emplacement du talus entre deux parcelle, de couper les racines de surface - traçantes - des arbres que ce talus porte pour les inciter à approfondir leur enracinement.
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L'activité biologique va s'en trouver accrue.
Les parents de la terrasse soli-pluviale : la rigole du drainage d'irrigation & le talus de pédogenèse.
Creuser les rigoles autour de la parcelle constitue un moyen de réduire les effets qu'induisait un excès d'eau dans le sol. Cet excès avait pour effet essentiellement de rendre le sol froid, asphyxié, sans capacité de portance, prompt au tassement, & d'un pH trop bas ou trop élevé selon la nature de la roche-mère. Une fois le sol libre de l'eau stagnante, l'activité biologique en son sein s'en trouvera accrue en suite surtout de meilleurs ajustements en ce qui concerne sa température & de sa teneur en oxygène.
Il s'agit en ce cas de parcelles sans pente ou à tendance hydromorphe, surtout en premier abord d'une pédogenèse par le haut, par inclusion, insufflation par la vie biologique dynamisée, d'espace dans le pédon.
Établir ou laisser s'établir les haies en talus autour de la parcelle contribue à augmenter par ces dépôts répétés de matière ligneuse à son pourtour, la teneur générale de son sol en humus léger à décomposition lente. Le fait qu'un trait de charrue qui versera la terre vers la parcelle soit donné chaque année le long de ces lignes d'arbres fruitiers, forestiers & buissonnants, va stimuler l'approfondissement des systèmes racinaires dans la haie & sur le champ. Ces systèmes racinaires des arbres, arbustes & plantes diverses ainsi descendant plus bas, s'approcheront progressivement au fil des ans de la roche-mère du sol avec pour effet à plus ou moins long terme de la digérer ainsi que les racines savent le faire.
Pour conclure cet article qui nous l'espérons incitera de nombreuses personnes à des recherches plus poussées & complémentaires, notons que souvent les deux cas se mêlent : il n'est pas rare qu'un talus de pédogenèse devra être longé d'une ou deux rigoles pour le drainage d'irrigation. C'est le cas lorsque les terrains sont à la fois en pente & argileux en sous-sol & de ce fait abreuvés par la présence de sources ou micro-sources. Le sillon de charrue de chaque côté le long de la haie duquel nous versons chaque année la terre vers la parcelle est en soi une petite rigole.
Les rigoles du drainage d'irrigation & les talus de pédogenèse sont dans les faits toujours plus ou moins établis en concomitance, par le fait que tout creusement d'une rigole crée un talus & qu'un talus bien considéré sera bordé d'une ou deux rigoles. Le terme de drainage d'irrigation ou drainage de pédogenèse peut lors être utilisé, sachant qu'il ne s'agit pas de drainage ainsi que communément entendu en la science agronomique moderne. Ces deux outils essentiels du paysage & de l'agronomie naturelle que sont les rigoles - du drainage d'irrigation - & les talus - de pédogenèse - concourent en fait à une régulation subtile car vivante des flux montants & descendants de "l'oxyde de di-hydrogène" H2O depuis les plus hautes couches atmosphériques jusqu'aux nappes phréatiques, aquifères & hydriques les plus profondes de la géologie, & en retour, en vue d'en capter en passant la part qu'il est possible (de ces deux flux) pour le bénéfice global de la biosphère terrestre, l'expansion de la présence du vivant sur notre planète & la production de biomasse & d'humus autant qu'il est possible.
terrasses soli-pluviales / Publié le 24/04/2014 /
rupture diaclase magnétisme hydrologie
Il s'agit de ce que nous nommons des terrasses soli-pluviales.
l'économie moderne que nous appelons / le potentiel phénomène qu'est notre planète /
Si les humains prennent conscience du fait que leur terre s'en va, s'use, se fatigue, s'appauvrit, ils & elles peuvent commencer d'entreprendre des actes pour diminuer l'effet d'une fréquentation trop assidue. Tout d'abord en traçant des lignes courbes de niveau mises en défens - qu'il ne faudra plus traverser. Puis si l'érosion persiste bâtissant sur ce lignes des murets de pierres sèches ou les plantant d'arbres & buissons. Au fil des générations & des siècles des terrasses soli-pluviales s'établissent de part & d'autre de ces lignes mis en défens. Les arbres œuvrent en pédogenèse par leurs racines effacées & leurs rameaux chus. Les pierres des murets deviennent sol. Les terrasses sont dites soli-pluviales car construites par l'action combinée
L’œuvre des paysans & paysannes ayant pris conscience de la dynamique des sol peut s'avérer si positive que non seulement l'érosion qui était naturelle cesse mas que la genèse de sol impulsée par ces actes conscients, volontaires, systématisés peut s'en trouver multipliée, amplifiée, magnifiée d'un facteur remarquable. L'effet humain est crucial. Une présence sans conscience peut ruiner un sol en quelques générations. A l'inverse une activité mesurée accomplie en conscience peut fertiliser les lieux les plus incultes, ceux qui étaient à priori les plus impropres à la culture des plantes nourriture.
Par ce même effet en boule de neige ou synergie des effets, à l'inverse l'action humaine exercée en conscience de la nécessité de protéger les sols peut multiplier d'un grand facteur les processus naturels de leur fabrication & leur fertilisation.
une légère dépression circulaire au sol mou / puits / Publié le 29/09/2018 /
élever le sol / stimuler la pédogenèse / tsp didp /Publié le 12/10/2018 /
terrasse soli-pluviale / didp drainage d'irrigation de pédogenèse / Publié le 04/11/2013 /
aux rencontres de ciel & terre
Nous introduisons du volume dans le jardin en mouvement.
Ce qui rendait la culture en terrasses nécessaire était par exemple l'usage de la jachère qui consiste à travailler un sol répétitivement, le laissant de ce fait toute une saison sans couvert. Cet usage des jachères brunes nous montre que les méthodes anciennes étaient fort éloignées de l'agriculture naturelle qui consiste à garder toujours un sol couvert. Pour trouver trace de l'agriculture naturelle, il nous faut voyager bien plus loin dans le temps vers la Rishi Keti de l'Inde védique ou dans l'espace, avec les traditions de semis sous couverts vivants & des mélanges d'espèces que pratiquaient les natifs des Amériques.
Pour constituer le talus, il n'est rien à faire - do nothing. Il s'établira de lui-même s'il est traité comme une limite, c'est-à-dire une ligne pas ou peu fréquentée du pied des humains & du bétail & épargnée de leur dent aussi. Plus tard, souvent sur le talus ainsi épargné, des épineux s'installent qui le protégeront alors vraiment de la dent trop hardie & du pied trop véloce. En ces processus d'apparition du talus & de son maintien, nous voyons le caractère spontané à défaut d'être naturel des micro-terrasses. Elles se construisaient d'elles-mêmes par pratiques & traditions, selon les us & habitus du bon sens : il fallait pouvoir utiliser la terre sans qu'elle ne s'érode & délimiter les parcelles afin que chacun puisse reconnaître sa propriété. C'est par ces deux nécessités que les micro-parcelles de jadis s'établissaient & se maintenaient, par interaction entre les forces naturelles & la fréquentation d'un lieu par des paysans
Ces terrasses spontanées d'antan - spontanées en ce qu'elles sont dépourvues de murets de soutien - nous les nommons "terrasses soli-pluviales" car elles sont bâties toujours par l'action conjuguée de la croissance des plantes & du sol & de l'effet des pluies à niveler le terrain entre deux talus. Un talus sépare deux terrasses. De ce fait, il empêche les eaux pluviales de s'écouler, les force à s'infiltrer dans le sol. Par sa seule présence, son existence même, il permet aux terrasses de se constituer, car l'eau des pluies tend à rendre horizontal le sol de la terrasse en s'y infiltrant du fait qu'elle ne peut ruisseler.
D'une part, l'énergie du soleil confère aux plantes la capacité de croissance de l'écosystème par production d'une biomasse qui va s'accumuler. C'est cette énergie qui par les processus de l'humification est dévolue ensuite aux êtres vivants du sol : les racines, les animaux qui creusent des galeries, les lombrics, les microflores & microfaune du sol. Par leurs activités en son sein, ces êtres du sol font croître en volume, gonfler celui-ci.
Nous voyons ici que l'énergie lumière est une force qui élève le terrain, tandis que l'eau des précipitations rétablit son nivellement toujours. De l'équilibre de ces deux éléments, le feu qui toujours monte & l'eau qui toujours descend, la terrasse soli-pluviale naît. L'équilibre des deux forces continues ou alternées - vers le haut & vers le bas - est trouvé dans la formule biochimique de la photosynthèse qui utilise en égale proportion l'eau & l'air, la chaleur & la lumière.
terrasses soli-pluviales - sun-rain terraces
Il existe une corrélation souvent entre ces deux conditions. Avec l'augmentation des moyens mécaniques & de la chimie que l'usage du pétrole permit, le développement des techniques & la multiplication des machines, se trouve menacé notre niveau de conscience en la matière de la fragilité des sols & de l'impératif qui en découle de les protéger. Lorsque nous disposons de petits moyens, nous portons une attention extrême à chaque acte afin d'économiser autant que faire se peut nos efforts. Avec l'augmentation des moyens, notre attention diminue en égale proportion. C'est lors que nous commençons d'éroder les terres. Redécouvrir les terrasses soli-pluviales s'inscrit à cet égard en une voie vers une reprise de conscience en agronomie, un retour à la pédogenèse, la reconstruction des sols.
Par lecture du paysage, nous pouvons déterminer, définir quelle sera la position, le lieu de ces limites entre terrasses, pour ensuite les reconstruire selon les traces du passé ou selon des tracés nouveaux. En pratique, le choix sera souvent un compromis entre ces deux options car ancien & nouveau ne sont que des cadres de référence approximatifs, indéfinis. Les passés eux aussi connurent bien des variations & ne sauraient à cet égard être une référence unique selon l'échelle de temps choisie.
Certes, ce temps fixé de dix ans peut paraître long. Il n'est cependant pas un temps d'attente où rien ne se passe. Au cours de ces années délicieuses, la configuration du jardin advient, les parcelles agricoles nouvelles se dessinent comme sorties de terre. Au fil de ces ans, nous observerons avec attention, utilisant la mémoire du corps. Goûter ce spectacle d'un mouvement immobile de la terre convoquera en nous de l'imagination, de l'anticipation & de la subjectivité.
Ayant introduit du volume dans le jardin en mouvement, nous prenons conscience de cette expansion possible d'un sol qu'on aime. Au cours de ce court laps de dix ans, nous verrons le sol gonfler & notre joie s'expandra en proportion. Ensuite, ce mouvement se poursuivra sans fin. Nous ne nous y habituerons pas pourtant & il nous deviendra tout aussi indispensable que le vent, le soleil & la pluie, que l'hiver & l'été, que les joies & la peine.
Il est une seconde motion apparue sur la ferme de mars au fil des ans. Nous pourrions la nommer le drainage d'irrigation ou drainage de pédogenèse. Elle possède un lien organique à la terrasse soli-pluviale.
Avant l'existence du réseau de terrasses qu'est le bocage, ces eaux qui s'écoulent étaient des ruisseaux temporaires, voire permanents. La délimitation des parcelles au temps de leur création respectait à l'origine le faisceau des rus temporaires qui exista avant la venue des humains. Il était calqué sur la position des sources, adapté aux lignes de talweg qu'elles tracent. Avec le temps par érosion, le relief s'use, s'arrondit. Till en Anglais provient de l'Allemand ziel qui donna cible en Français. Avec l'invention du travail du sol, dès le début de l'usage de l'araire de bois, le sens d'origine de ce travail le limitait à tracer des lignes sur la terre, de petits sillons pour y semer les graines..
Avec le regroupement des parcelles & l'extinction de la connaissance fine du terrain, conséquence du génocide de la caste paysanne en 1914, une grande part de ces fossés furent détruits, oubliés, ou disparurent au simple mépris des lois du sol qu'autorisent l'industrialisation du métier agricole avec l'emploi de machines puissantes & de produits de synthèse. Les plus importants d'entre ces fossés, qui coïncidaient avec des ruisseaux plus permanents, on transforma parfois en drains ou pire en buses souterraines en vue de réunir des parcelles contigües.
Les rigoles au bord des parcelles ou en d'autres points servent à deux effets. En la saison hivernale, elles permettent aux eaux des précipitations de s'écouler lentement, nourrissant, fertilisant le sol. En la saison estivale, elles peuvent jouer le rôle inverse de collecter les eaux d'excès lors de pluies soudaines ou au contraire continues, jouant en ce cas le rôle de canaux d'irrigation temporaires.
le drainage de pédogenèse
Il s'agit bien d'un drainage d'irrigation, un drainage de pédogenèse qui rendra au sol, aux cultures & aux arbres & arbustes la capacité d'utiliser à l'optimum l'eau, les neiges & les pluies reçues par un terrain. Lorsqu'un tel système de fossés & rigoles est installé sur des parcelles, les plantes & le sol fonctionneront à l'optimum que le climat & la conformation du lieu permet.
Selon la classification des cinq éléments nous avions défini un sol comme l'espace prospecté par des racines. Dans les sols ainsi nourris par des rigoles en ce drainage d'irrigation, les racines des cultures, des plantes & des arbres s'approfondissent sans fin. En descendant plus profond, elles créent plus d'espace dans le sol. C'est la pédogenèse par le bas. La pédogenèse par le haut se réalise quant à elle d'une part par le gonflement d'un sol que structurent les activités de vie, croissance & développement des êtres vivants en son espace, les racines, les animaux foreurs, les lombrics & d'autre part par l'incorporation d'humus au sol. Cet matière humus reçue est la nourriture, la substance & le moteur des activités de vie des végétaux, animaux, microflores & microfaunes du sol.
Nous définissions la richesse d'un sol par l'abondance des éléments les plus subtils que sont l'humus, l'air & le volume. Le volume est d'espace, l'élément un, de la plus grande fertilité.
C'est un système où l'eau peut régler naturellement son débit à condition que les mesures anti-érosives aient été prévues. Elles sont notamment des bassins de rétentions & des banquettes herbées en amont d'un talus. C'est comme en l'écosystème des rizières un réseau de micro-parcelles où la présence humaine est nécessaire. Il fonctionne par lui-même en incluant en son fonctionnement une très discrète intervention des humains du lieu. En cela il exprime aussi l'esprit qui préside à l'agrinature.
Comment se forme le paysage ? Quelles forces contribuent à son élaboration ?
Nous pensons le paysage comme une image,
Le paysage est en marche. C'est par la marche surtout que nous pourrons l'habiter. Randonner en un pays sans pensée, toutes perceptions des sens ouvertes, c'est méditer enfin sur sa réalité supposée. Apercevoir, ressentir, savoir, traverser un terroir comme chaussés de bottes de sept lieues, portés par l'oxygène pur des contrées libérées. Écouter la cloche au loin qui échoie l'heure d'un village oublié. Anticiper les effluves du lavandin sous les neiges de décembre. Sentir le vent porteur des mémoires effacées. Goûter le serpolet auprès de la source qu'une lune caressera bientôt.
Par les 5 sens nous formons contact envers les éléments qui se manifestent en 5 formes d'action.
La chaleur du soleil fit pousser les plantes en forêts entières de Carbonifère luxuriance élévation verticale renouvelée. Ainsi la biosphère à son tour s'édifie, enfle la terre d'habitants qui la peuplent, plantes & animaux en combats singuliers, coalitions fougueuses. Le vent lors emporte la danse, vecteur horizontal. Blizzard, il recouvre tout de givre, fœhn il réchauffe, ou vent de mer qui transporte les pluies ce façonneur génial d'un pays.
L'espace se manifeste sous les formes des activités biologique & humaine. Il se poursuit en migrations, artisanats, tradition, les formes de la culture, l'historiographie du passé & les décisions de la géopolitique.
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Bonjour Ben, je ne donne suite qu'à ton premier paragraphe, l'autre est de ceux que je lis aux moments "olympiens". Se pose la question de la terre, l'humus, le substrat qui va remplir les godets. Je viens de transplanter de nombreuses plantules d'artichaut germées à même la fleur fanée du pied-mère, du fait de cet hiver doux quoique tempétueux, dans un mélange à base de broyat de chanvre récupéré près d'une zone de stockage agricole. Ce mélange me paraît intéressant & je le teste. En quelques points, il grouille d'animation, de vers de terre. J'ai un faible inconsidéré pour ces animaux, qui peut faire sourire le psy qui rigole au café du commerce, mais leur fragilité, leur lumière rosée, leur grâce ondulant dans l'épiderme de notre planète me ravissent. J'ai lu dans un cahier de biodynamie que du sang rouge - avec fer - coulait en eux. L'autre idée qui me tente est de caler le godet dans le terrain d'implantation définitif, en transférant le volume de terre soustrait dans le godet. J'aurais tendance à mulcher autour du plant avec des herbes vigoureuses coupées ici et là, tendres ou non. Je peux te communiquer une photo de la "vieille" ! fleur d'artichaut et de sa première plantule ! Quelle joie ce fut alors de la découvrir.
marssfarm le 22/03/2014 : Bonjour Florence. La photo m'intéresse, oui. Le substrat des godets & alvéoles est d'humus. On peut utiliser le terreau de dessous le tas de compost. Si le godet est petit & la plante peu exigeante en nutriments comme les laitues, tout substrat léger convient. Pour les plantes plus exigeantes comme les courges, les choux, les tomates & les plus grandes quantités, on peut acheter le terreau du commerce. Le trou de plantation devra être plus petit que la motte à y introduire afin de planter en très légère butte. En un sol tendre comme il devrait être le cas en Agrinature, il est intéressant de planter à mains nues, soit sans outil. Le verbe planter tire son origine du fait qu'il était loisible de tasser la terre avec le pied en finition de l'acte. A l'inverse, en Agrinature, nous ne tassons pas. Former au contraire la petite butte avec un peu de sol ou terreau rapportés & planter de préférence avant une pluie qui tassera le sol bien assez. En cas de sécheresse, c'est le premier arrosage qui installera le plant en sa place nouvelle.
Sepp Holzer invente, enfant, la permaculture. Il illustre ce faisant la réalité de l'avatar capable de puiser à tout savoir disponible aux plans subtils.
Modifier la topographie du lieu est un aspect de la permaculture. Cultiver en buttes est-il conforme à l'agrinature ? A l'évidence non à l'instant où le travail est réalisé, car il relève d'une intention mûrie, pensée, prévue, réfléchie, engage lors une dépense d'énergie énorme & demande d'ouvrir le sol comme en une opération de chirurgie.Une rizière appartient à un maillage plus vaste construit de main d'homme en patience & union. Comme les terrasses d'un bocage, des Philippines ou des Andes, les paddies forment un paysage stable, bénéfique, ancré dans la culture de bien des contrées. Pour que l'agriculture naturelle agrée le type de travaux consistant à façonner à ce point un territoire, sept conditions nous sont un prérequis : que l'ouvrage ait taille humaine,
qu'il soit réalisé par un collectif,qu'il puisse perdurer sans le besoin d'interventions ultérieures,qu'il soit profitable au bien de tous, de préférence dans le cadre précis d'une tradition& qu'il génère une accélération de la pédogenèse, la croissance en profondeur - élément 1 ou espace - du sol au lieu considéré.Le dernier aspect pour qu'un ouvrage de ce type nous soit agréable sera son résultat en un paysage beau, une harmonie des formes certaine.
Par la nécessité du maintien, de l'entretien & l'usage en partage du réseau de canaux qui alimentent les rizières, les peuples d'Asie héritèrent un caractère social. A l'inverse, la disparition des bocages en Europe coïncidait avec l'affirmation par ses peuples des valeurs & droits des individus au détriment des communs jadis gérés par les communautés locales de vie.Un sol fertile est facile à définir : il est l'accumulation antique de déchets, débris & excréta non toxiques. Le Limousin à ce jour tout arrondi était encore il y a peu terrasses aiguës & micro-terrasses en demi-lune.
Trouver, découvrir ou concevoir ce nouveau commun, quels que que soient nos moyens, ce nouveau commun ou ces communs, tenus que nous sommes de valeurs individualistes encore récentes, immatures, venant de nos itinéraires variés. Nous sommes en Occident ancien, Celtes, romains, barbares du nord : héritages profonds, largement guerriers, teintés du goût de l'organisation, de la pénible hiérarchie. Je ne renâcle ni à l'individualisme, ni à la solitude, ni à l'abstraction. Ce sont des ingrédients valides, & je voudrais les faire déguerpir, qu'ils riraient de moi. L'épiderme d'un seul est contact & reste ouverture. L'intérieur s'harmonise à l'occasion, en respiration. Je suis architecte de déformation, le suis à tout propos, quoiqu'au ban. Il se pourrait que l'être humain soit architecte par nature. C'est toujours avec celui-ci que je dialogue. De par ma déformation, l'aigu des moyens que l'on m'a transmis, je "réflexe" et perçois spécifiquement. Et la liberté conceptuelle de l'espace m'est acquise, liberté dramatique & possiblement pathologique, essentielle en partie & tout. Communauté, société, non-agir, donné - au sens philosophique que j'emprunte à Maurice Merleau-Ponty - agriculture naturelle en sont des chemins plausibles de réalisation, tout comme celui de l'architecte pèlerine de l'ami japonais que je deviens, maladroitement sans doute. L'on peut toujours s'ébrouer & enlever ou fissurer la peau devenue écorce. Il y a quelque chose de sacré - de je ne sais quel sacrifice - qui soutient. Fukuoka tient la lanterne. Le tâtonnement est du lot. La lecture de ton blog en entier m'a donné une flamme intense. Mais je ne suis pas de lignine & les champignons préfèrent le déchet. Keriadenn est au fond d'un vallon. La dernière terrasse des agriculteurs barbares contemporains. Tous les déchets y confluent, immondes & bienfaisants, en mélange. J'ai tendance à me baisser pour l'instant, ça ressemble à me cacher quand leurs machines passent. Nulle question de voir s'éteindre la flamme pour autant.laisser s'élaborer le jardin en mouvement
Un japonais d'éducation moyenne maîtrise pour le moins deux langues & cinq alphabets. Un citoyen de Bharat (1) parle au moins trois ou quatre langues, celle de son village, celle de son État, l'Hindi ou le Tamil & du dialecte d'Elisabeth. Les habitants de nombreux pays d'Afrique connaissent le même cas. La connaissance de chaque langue implique une part au moins de la culture qu'elle convoie. En Europe, il en était ainsi avant quatorze. Désormais en occident, nous parlons plusieurs langues très modernes & plus riches en chiffres que de lettres - la langue de la technologie, de l'administration, de la mathématique, de l'économie mâtinée de finance, de la publicité, de l'informatique & celle très répétée des journaleux. Ici est une différence encore entre est & ouest. Elle a trait à l'histoire, un temps défini du temps qui se déroule avec décalages en divers lieux.
Sur la ferme de mars, il est un lieu où se bâtissent des terrasses telles que j'imaginai qu'elles étaient il y a sept mille ans, selon les diaclases que le granite brisa il y a sept millions d'ans. Donner l'occasion à des terrasses de se rebâtir de cette manière prendra dix ans au cours desquels j'observe, regarde, contemple un spectacle grandiose au ralenti. Je le vois rapide pourtant puisque la célérité de croissance du sol au bas d'une terrasse est de l'ordre de quatre pouces l'an.
Le pétrole n'est pas encore très cher & une grue possède une puissance de plusieurs centaines de chevaux-vapeur. Un cheval-vapeur équivaut à trois chevaux animaux, car Denis Papin était un modeste. Un cheval animal dispose en chacune de ses pattes de la force d'un homme. Nous voyons ici que la grue que Sepp utilise accomplit l'effort d'une cohorte de trois mille hommes au moins.
Dans la construction d'un jardin, des alternatives se font jour.
L'architecte qu'est la planète vaincra quoi qu'il arrive, maintenant ou après nous - lorsque l'humanité aura quitté ce monde. Je vous propose d'être le canal de ce qu'il décide, qu'il vous utilise en vos méditations. Vous verrez lors devant vos yeux réjouis surgir manifestées des forces que vous ne soupçonniez pas.
J'aperçois désormais que les deux perspectives ne se contredisent pas.
Tout est possible en matière de jardinage.
Un jardin par définition est l'espace ultime où exercer notre liberté.
Les trois mots qui me guident sont pédogenèse, recyclements, discrétion :
construire du sol ici, ne pas rejeter de déchets là,
ni dans l'atmosphère en brûlis, ni dans la nappe en écoulements ou lessivages chargés
& n'utiliser de machines que dans le cadre d'un strict indispensable.
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le bocage, rizières d'Europe - gestion en commun des eaux, des sols & des plantes - paddies of Europe
Ces mêmes fossés & rigoles devenaient en cas de pluies soudaines ou durables les voies d'un drainage de surface. C'est ce que nous nommons le drainage d'irrigation ou drainage de pédogenèse. Parfois il existait des possibilités de dérivation vers une rigole ou l'autre en vue de les alimenter plus ou moins en eau selon les besoins. Je suppose que la profondeur d'écoulement aussi pouvait être réglée selon la saison pour rendre une parcelle plus fraîche ou plus sèche en fonction du besoin de la saison. Les châtaigneraies d'Ardèche pouvaient être ainsi irriguées par dérivation des rus descendant de la montagne à la fonte des neiges.
En notre modernité caractérisée par son machinisme, le mépris des ressources naturelles que sont l'eau, le soleil & la terre par exemple, & l'individualisme, l'abandon des communs & du sens d'appartenance à une communauté, les bocages ne survivent pas & devront s'effacer pour un temps.
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Le paysage du Pays Ouest Creuse est façonné par l’activité agricole. Elle participe à l'accomplissement des aménités de notre territoire, ces aspects agréables de l'environnement ou de l'entourage social qui ne sont ni appropriables, ni quantifiables en termes de valeur monétaire. Les agriculteurs aménagent le terrain afin de satisfaire leurs besoins & de fait ils créent des mosaïques paysagères composées de cultures & pâtures, très changeantes suivant les saisons. La richesse en qualité de paysage & de nature du territoire est également liée à la présence des groupes & structures arborés, bosquets, haies & arbres isolésaux formes diverses qui rythment le pays et y assurent les fonctions sans nombre qui concernent l'écologie, l'agronomie, l'économie, l'hydrologie, l'énergie, la pédogenèse, le climat, l'épuration des eaux & de l'air & le tourisme enfin.
d'après la présentation de l'université du paysage, Dun-le-Palestel animée par Gilles Clément
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Il s'agit ici d'une terrasse antique. Le paysan d'avant nous y avait ouvert une brèche pour passage, mais à cause de la pente, cela impliquait nécessairement de l'érosion, une migration de la matière sol depuis la parcelle haute vers le bas. La conséquence d'une fréquentation libre par les humains, les machines & les animaux tendit au fil de trente années de surpâture sans gestion, à abolir les terrasses, les remplacer par une morne pente continue d'un sol tassé, engorgé & carencé. Notre seul acte ici fut la décision de cesser de passer en ce point à fin de protéger les sols, leur donner une chance de revivre. Les personnes avant nous étaient des écologistes à leur manière, mais voulant ignorer les règles de l'agronomie que les algues vertes inventèrent en sortant des lagons saumâtres il y a cinq cent millions d'années. Nous vîmes en quelques années le dénivelé entre les deux parcelles se reconstruire par les jeux combinés des pédogenèses & des lessivages. Sur les deux terrasses qui se recréent d'elles-mêmes, le sol reprend sa croissance & cesse d'être usé. Les terrasses soli-pluviales apparaissent par la seule discipline consistant à ne plus traverser cette limite. Nous utilisons pour passer d'une parcelle à l'autre deux points où l'érosion ne peut pas jouer du fait de leur configuration particulière en pente presque nulle, à chacune des extrémités de la limite recréée. Replanter ici quelques arbres aurait accéléré le processus & marqué mieux la limite pour empêcher le passage des humains. Nous aurions pu aussi s'il y avait eu un danger d'érosion, reconstruire au préalable le muret de pierres disparu en ce point. Il est d'intérêt de constater que la terrasse se reconstruit même sans l'appui de ces deux auxilliaires puissants pour freiner l'érosion des sols que sont les arbres & les pierres. Elle se rebâtit aussi sans action directe, par le seul non-faire. Le non-faire découle d'une entrée en conscience elle-même née d'une observation fine qui se répète & ne cesse pas.
invention des terrases soli-pluviales / tsp / la prairie céréale / Publié le 24/05/2012 /
la terrasse soli-pluviale, basse & vaste butte / Publié le 08/09/2014 /
Aux lieux en la parcelle où le granite affleure, nous laissons s'installer des arbres. Ils vont fabriquer du sol, offrir une barrière mécanique aux lessivages & ainsi reconstruire les terrasses. La terrasse n'est pas naturelle. Elle n'est pas non plus artifice ou artéfact. Elle se trouve au point de contact du paysan & de sa terre. Elle apparait plus ou moins spontanément lorsque l'agriculteur est attentif à ne pas éroder son sol. Sans présence humaine, certes nulle terrasse n'existe. Le terrain d'une ferme s'établira en terrasses comme résultante du jeu des forces de la physique, de la chimie & du monde vivant lorsque le cultivateur a pris conscience par enseignement ou observation, de la somme complexe des forces en jeu.
Il se trouve sur la ferme 3 parcelles pentues d'exposition nord-ouest au sol squelettique en une situation qui du point de vue de l'agronome ne fait pas sens. La forme de petites terrasses qui avaient existé au passé, graduellement depuis dix ans avaient commencé de ressurgir de la topographie. Je vis un jour soudain que quelques arbres subtilement alignés soulignent l'existence en sous-sol des failles sur lesquelles les micro-parcelles d'antan calquaient leur contour simple. J'entrepris lors de rebâtir ces terrasses par un labour selon les courbes de niveau, prenant soin de verser la terre vers le haut des terrasses. L'an prochain, sur neuf terrasses reconstituées, le sol recommencera de se construire, croître en volume, en espace, affiner sa texture, fortifier sa structure. Nous cesserons lors les opérations de travail du sol pour revenir au semis direct de plantes réputées pour leur fort enracinement telles l'avoine, la moutarde, le seigle.
J'entrevois encore déjà, dans quelques années d'ici, sur la banquette de soutien de chaque terrasse de jeunes châtaigniers pommiers, pruniers qui les drainent, maintiennent, protègent, édifient, renforcent...
Ces 3 parcelles au sol stérile d'exposition dénuée de sens m'interrogeaient sans que je puisse y découvrir quelque réponse. Une haie demeurait au milieu d'elles, mais selon la plus grande pente, ce qui la rend sans objet. J'ai travaillé, ainsi que la science agricole & la technique de l'usage des tracteurs l'enseignent, dans le sens de la pente & seulement à la montée. Remontant ainsi de la matière, j' avais anticipé de voir la pente augmenter. Pourtant, c'est le contraire qui se produisit : la parcelle s'arrondissait comme un ventre où l'embryon germa.
Autour des 3 parcelles, des bois.
Par une vision plus pénétrante tournée au-delà des temps, plus loin que futur & passé fixant l'intensité du cours des ans, je découvris peu à peu les correspondances subtiles entre ces signes divers que la terre me donnait. J'y scrutais un entendement, une cohérence. Un jour de découverte enfin, je vis les plus aiguës parmi les pierres des murets coïncider aux lieux de rupture de pente & en même temps à la présence des arbres remarquables. - chênes énormes poussés sans sol.
Je commençai de voir lors que les 3 parcelles du cadastre de la fin du vingtième siècle étaient le résultat démembré par le parcours abêtissant des tracteurs propulsés à l'huile de pétrole.
La géométrie de rigueur des cristaux quartz & orthose se multiplie, s’agrège, enfle, élabore ce faisant le design de perfection d'un pan de montagne. L’aléa que trop souvent la nature aime à divulguer, toutefois introduira parfois dans la macrostructure une très légère irrégularité qui en son rôle va démanteler en la renforçant cette rigueur mathématique dans l'ineffable altérée pour y voir naître la beauté d'un pays.
Le dessein de leur sagesse sut d'emblée que l'exposition nord-ouest est la plus favorable, bénéficiant du feu brûlant de l'août & des pluies adoucies de mai & novembre tout à la fois, à l'abri des tempêtes de sud-ouest.
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photo missing :
A sa chute plusieurs raisons contribuèrent. Le facteur premier fut de rouler en tracteur sur ses racines les plus fortes du côté ouest. Le second facteur est le chamboulement du terrain que cette simple circulation occasionnelle occasionne : un dénivelé de deux mètres créé en dix ans. Sous la terre du talus on trouve les pierres du muret des terrasses antiques dont l'âge remonte à plusieurs millénaires. Le troisième facteur qui fit chuter le centenier étaient une longue période de pluie qui satura & ameublit le terrain à l'extrême. Un coup de vent porta l'estocade à notre géant dont le gland avait germé en 1914 dans les pierres du talus.
Il est un cinquième facteur qui contribua à la chute de l'ami, c'est le défrichement de la parcelle à l'ouest - d'où est prise la photo - qui modifia le régime de l'eau du sol, affaiblit le réseau des racines & exposa plus aux vents le houppier du grand arbre. A la suite de la coupe des autres chênes, deux Castanea ses voisins - visibles à l'arrière & à droite - reprirent de l'ampleur. Cette expansion nouvelle surprirent notre vieillard.
Les chênes peuvent vivre vieux, mais les châtaigniers sont immortels en produisant de nouveaux troncs à l'infini.
1914 était le temps des guerres, le temps de Mars qui gouverne les chênes, le temps de la fuite des paysans vers le front d'abord, vers les villes ensuite.
2014 est un temps où le châtaignier en Limousin doit reprendre sa place. On le nomme arbre à pain.
Son espèce est la meilleure aussi pour la construction légère, la production de bois de faible dimensions qui peuvent être manipulés sans les machines monstres des exploitants de ce jour. Elle convient enfin à l'agro-sylviculture du fait d'un enracinement discret, diffus fasciculé, à la différence des chênes indigènes qui sont des êtres typiquement sauvages ou sylvatiques.
Les chênes savent aussi s'installer en pionniers de seconde génération après les bouleaux & les trembles. Ils sont parmi les feuillus des champions en matière de pédogenèse. Leur pivot s'enfonce dans la roche ou dans l'argile pour la fragmenter, l'éclater, la percer, la digérer.
Nous devons parler des inondations qui se produisent régulièrement dans le sud-est de la France lors de pluies fortes & soudaines. Il existait il y a cent ans encore en Provence, en Lozère, en Ardèche des techniques de construction des terrasses, rigoles & canaux élaborées au long de millénaires. Comme c'est le cas dans les pays de rizières, la campagne était organisée comme un commun, un manteau d'Arlequin où chaque parcelle de terre, pré ou bois jouait sont rôle pour la conservation des sols (5), la protection du climat (2), le recyclement des matières (3), le maintien du paysage (1) & la régulation de l'hydrologie (4).
Il s'agissait de terrasses soli-pluviales & de drainage d'irrigation de pédogenèse avant la lettre.
Cette région de Provence ne compte plus guère de paysans. Ces techniques, méthodes & pratiques anciennes sont oubliées de ce fait. La densité de population & le niveau de vie sont élevés en cette région. On voit beaucoup de maisons qui s'entourent d'un terrain :
Il plut hier sur la côte d'azur l'équivalent de deux mois de pluie en trois heures. En dessous d'une densité minimale de lieux arborés, un paysage ne peut pas absorber de tels volumes.
S'il pleut peu, chaque goutte acquiert un caractère précieux & ne doit en aucun cas être envoyée à l'égoût, mêlée aux eaux sales. Collecter l'eau des toits pour arroser ensuite est sagesse élémentaire. S'il pleut dru, envoyer l'eau reçue par vous chez le voisin en contrebas ne peut que provoquer l'amorce d'une catastrophe en cascade.
Aujourd'hui, sous l'influence d'une littérature touristique peu soucieuse d'exactitude, le terme a pris le sens de muret de soutènement en pierres sèches, construit sur un flanc de colline plus ou moins escarpé, pour établir une terrasse de culture. Pour Edmond F. Barbier, la « restanque, synonyme de terrasse, est destinée à lutter efficacement contre le glissement des terres cultivées sur des terrains en pente ». La mécanisation des sols a accentué leur disparition, mais on trouve encore des murets constituant des paliers perpendiculairement à la dénivellation des terrains. Les restanques se sont généralisées en Provence à partir de la fin du XVIIIe siècle avec la conquête des terres incultes suscitée par l'accroissement démographique & l'introduction du mûrier. Leur construction se poursuivit durant la première moitié du XIXe siècle avec le partage des biens communaux. Elles ont été aussi un moyen de lutte efficace contre l'érosion provoquée par les déboisements importants des siècles précédents.
Le terme provençal bancau, prononcé bancaou, en languedocien bancal, signifie au sens propre « plate-bande ou planche cultivée » & au sens large « banquette de terre ou gradin de culture », étant entendu que le mot n'implique pas automatiquement la présence d'un mur de soutènement.
Le vieux mot français faisse & son pendant occitan faissa refrancisé en faïsse désignent dans un contexte foncier ou agricole, une bande ou lanière de terre en terrain plat comme en terrain pentu. Ce sens premier, conforme à l'origine latine du terme — fascia signifiant « bande » — est attesté dans les archives notariales du XVIIe siècle. Aujourd'hui le sens du mot tend à se restreindre à celui de bande de terre soutenue par un mur, en particulier dans les Cévennes, le Rouergue mais rien n'interdit de parler, selon le cas, de faïsses sur mur, faïsses sur talus, faïsses en terrain plat.
Les rideaux de culture ou talus qu'on ne rencontre que sur les versants, sont des aménagements destinés à lutter contre l'érosion par ruissellement & ayant pour résultat le formation de terrasses - à distinguer des terrasses diluviales* formées par les restanques en leur sens d'origine. Ces aménagements sont désignés par un très grand nombre de vocables selon leur situation géographique. En Picardie & au pays de Caux ils ont pour nom royons & sont attestés dès les XIIIe & XIVe siècles. - edited from Wikipedia
agrinature le 13/11/2015 : Un séjour à la ferme de mars ressemble à un stage de survie dans la nature. Il faut aimer ce genre d'immersion. L'agrinature est une manière de voir, ressentir, deviner, d'être. Il ne s'agit pas d'apprendre le geste car le geste survient de lui-même lorsque notre perception est bonne. Il s'agit d'ouvrir le cœur au sens ancien du mot.
Les vielles femmes s'aperçurent que des maladies étaient en train d'apparaître depuis que les paysans plantaient ces haricots supposés meilleurs. Les grands-mères & les petites filles sont en général les personnes en charge du potager familial & du jardin de médicinales. Elles partirent à la recherche des graines qui étaient en danger de se perdre. Les paysans maintenant retrouvèrent leurs centaines de variétés de haricots, pois, sojas & fèves & la santé aussi.
Fukuoka prit de l'inspiration chez les Hopis d'Arizona. Leurs maïs étaient petits nourrissants & de climats arides. Quand les plantes avaient trop soif en fin de saison, les hommes paisibles dansaient sur un rythme précis pour les fortifier. Les yankees alcoolisés crurent que ces danses appelaient la pluie. Non : ce sont des danses pour parler aux plantes, prendre patience, attendre encore un peu. En Inde aussi on expérimenta au sujet des danses traditionnelles, trouvant que la vibration du pied des danseuses sur le sol rendaient la végétation alentour plus luxuriante. Au cours de ces expériences il fut observé à l'inverse que des musiques disharmoniques pouvaient nanifier les plantes & même abréger leur vie au bout d'un temps plus ou moins long selon les cas.
bodhisattvas sortis de la terre.Debout entre ciel (1) & terre (5) désigne la position de l'humain selon le Tao. Si nous prenons la séquence des éléments du plus grossier au plus subtil, nous trouvons le feu (3) au centre entouré de l'eau (4) & de l'air (2). La lumière du feu soleil (3), l'hydrogène de l'eau (4) & le dioxyde de carbone (& l'azote) de l'air (2) sont en effet les trois nourritures des plantes. C'est pourquoi les bouddhistes considèrent que chaque plante est un bodhisattva, un individu ayant réalisé sa nature réelle (de Bouddha) puis décidé de revenir à l'existence pour servir autrui sans rien demander en échange.
Les plantes insufflent la lumière soleil dans la planète pour fabriquer ce que les éconologistes nomment la biomasse & qui est en fait la matière vie des vivants sur Terre. Elles créent ce faisant
en façonnant le relief (5) par des terrasses soli-pluviales,
& le climat en matière de vents (2), températures (3) & précipitations (4) d'un lieu en fonction de ses coordonnées
Surtout - & c'est là de leur travail l'incidence la plus quotidienne - elles abritent (2), nourrissent (3) & abreuvent (4) toutes les autres formes de la vie, tous les vivants - "you & me" ainsi qu'on le dirait aux USA.
| 1 | Ciel | éther | arbres | espace | bois | lumière | plantes | non-violence | vide | février |
| 2 | atmosphère | oxygène | nitrogène | air | métal | vent | fer | amour | gaz | août |
| 3 | Soleil | carbone | humus | feu | m.C² | chaleur | 1/2.m.V² | vérité | énergie | mai |
| 4 | Lune | hydogène | climat | eau | nappes | pluie | sources | paix | liquide | novembre |
| 5 | Terre | silicium | climax | terre | roche-mère | froid | minéral | droiture | solide | jan.juil.avr.oct. |
Si le sol est inculte & le jardin de la taille d'un timbre-poste, c'est l'occasion de faire une butte de permaculture. La butte peut mesurer quatre pieds de large à la base & jusqu'à un mètre de hauteur. La longueur de la butte est comprise entre un mètre & treize-mille kilomètres selon la taille du jardin dont on dispose...
Trouver de la matière végétale brute & la disposer en tas. Toute matière convient même des branches de toutes espèces si les plantes n'ont pas poussé en un lieu pollué par des métaux lourds. Couvrir le tas de ce compost non déjà décomposé d'une terre quelconque en couche fine - dix centimètres par exemple. Toute terre convient aussi avec la seule restriction énoncée plus haut de la prélever en un lieu non pollué par des substances non biodégradables. (Il est une exception cependant en ce qui concerne l'uranium 236 qui stimulera la croissance & donnera des fruits uraniens inouïs durant les 23 millions d'années à venir.) Le plus simple est de butter en creusant la terre de l'allée pour la déposer sur notre andain.
Sur la butte on sème soixante-dix espèces en mélange & en sur-densité. Les plantes sont des potagères, des engrais-verts & des compagnes semées, spontanées & introduites. On ne récolte pas tout. Une partie des plantes peut être mangée en pousses jeunes par éclaircissage des plantules en surnombre en un point donné. Une part minime des potagères sera laissée jusqu'à maturité. Les potagères en racines se plaisent sur ces buttes ainsi que les plantes à fruits. Les engrais-verts couvrent le sol en fabrication & le fertilisent. Parmi eux il est des comestibles comme les lentilles ou les fèves dont on peut manger les pousses ou les graines immatures. Un voisin de la ferme pratique la permaculture car son jardin est petit & le sol pauvre. Nous allons nous rendre & apprendre auprès de lui. Il obtient aussi en culture magnétique - dite électro-culture - cinq cents kilogrammes de pommes de terre sur un seul mètre carré ! Nous le verrons à un article à venir.
En l'agriculture industrielle la dépense en énergie est dix à vingt calories par calorie de nourriture espérée. Il y a donc un facteur cent de différence. Selon ce calcul, nous pourrions dire que l'agrinature a une efficacité ou un rendement énergétique de 0.9 ou 90 %.
Pour ce qui est du rendement de l'agriculture mécanisée sur de grands champs, le ratio ne peut en revanche pas être calculé car ce type de donnée suppose un nombre compris entre 0 & 1 (de 0% à 100%). L'efficacité de l'industrie agricole est largement négative : elle consomme dix ou vingt fois plus qu'elle ne produit. Il ne s'agit dont pas d'agriculture. N'étant de ce fait pas rentable, elle doit être subventionnée à 100%. Les subventions versées à la surface contribuent en retour à accroître encore la mécanisation par la disparition des plus petites fermes & le regroupement subséquent des terres en fermes géantes dont les parcelles s'étendent à l'horizon. (C'est la définition de la lieue.)
La politique agricole s'inscrit ainsi en un cercle vicieux, un vortex d'exploitation des terres & des hommes qui augure de pertes biologiques par la disparition des paysages & milieux variés où la vie s'abritait. Le processus s'arrêtera avec la fin de l'humus dans les sols ou la fin du pétrole dans le sous-sol peut-être. Avec la chute de notre niveau de santé sans doute, par le coût économique qu'elle induirait. Avec la fin de nos idées préconçues sur la nature surtout.
L'élevage est particulièrement touché car les animaux ne sont plus nourris d'herbe mais d'aliments achetés à vil prix. Nous savons que manger trop de produits animaux n'est pas raisonnable du point vue de l'agronome, de l'écologue, de la diététique ou même des humanistes.
Dans ces produits, ce ne sont pas vraiment les protéines que nous recherchons, mais aborder la question nous fait entrer un domaine qui touche à la fois à la santé physique & mentale, à la nutrition, à la psychologie, au spirituel & même à la géopolitique. C'est donc là un espace d'investigation si vaste que le ciel & le soleil réunis. Pourtant là est bien la question car agriculture & nutrition sont bien les deux faces d'une même pièce.
La non-violence est comparable au dialogue de Socrates avec son daimon. L'esprit susurre à Socrates ce qu'il doit faire & lui, vieux singe d'expérience, vieux sage exemplaire, sait qu'écouter & obtempérer le guidera à accomplir ce pourquoi il vint au monde.
A la fin, Socrates donne sa vie en obéissance à qui il nommait par humilité "mon daimon". Cette humilité des grands sages est la virilité ou vertu ultime. C'est pourquoi tant d'entre-eux passent inaperçus aux yeux de l'humain ordinaire. Ils donnèrent tout ce qu'ils avaient & allant nus & crasseux, passent pour l'idiot du village ou un petit vieux sans lustre ni perspective.
C'est le sujet de ce siècle 21 - unir les humains entre eux, au ciel & à la terre pour qu'ils ne disparaissent pas. God acts. Man reacts. C'est là une des cent manières de définir le non-faire. Aborder une difficulté le mental vide signifie que l'on est prêt à écouter la voix intérieure.
Un athée n'est pas sans Dieu puisque le mot "athée" contient le "Théos". Sur la planète la majeure partie des humains parlent à Dieu & spécialement les pauvres qui ne disposent que de peu de ressources. Un individu seul ne peut rien sans le bon-vouloir ou pour le moins la tolérance du groupe.
En France un philosophe peut se targuer d'être athée. C'est un luxe que permet tout le système divin des cotisations & assurances sociales. Entrant en l'humanité globale, nous trouvons que se dire athée résulte d'une situation de privilège parmi les peuples de la planète. En rejetant Dieu, nous nous coupons des racines de la culture qui consiste à rendre culte. Il s'agit en cela juste de rendre comme de juste ce qui nous fut pour un temps confié, acceptant notre infinitésimalité. Ce que nous mangeons fut tiré par un effort considérable, de l'union entre la terre & le soleil. Comment remercier, redonner la merci accordée ?
Croire en Dieu n'est pas croyance à celui qui croit mais une expérience psychique intérieure qu'un œil autre ne peut juger. C'est la part tierce de l'humain sans quoi nous penchons vers la bête. Yung parla du Soi. Freud parla du Ça. C'est ce point que le "Je" désigne. Ceux qui le rejettent le nomment l'inconscient car c'est ce qu'ils en espèrent : qu'il se taise. En sa nature de silence grandiose, le Soi n'est pas gêné qu'on lui demande de se taire. Notre action la plus vive se veut tout au contraire l'intimer à parler, susurrer, suggérer, chanter, rire & dire. Croire pour croître. La foi, c'est être fidèle au Soi. Le Soi est le moi libéré des entraves par lesquelles nous avions choisi de l'attacher, un moi dont on a tranché les amarres & largué les ris. Le Soi est le moi libéré des préjugés.
nkc : On se sent libéré, léger en esprit. Comment définir la fidélité au Soi ?
Avoir le mental vide est un premier stade. Ensuite il faut invoquer Dieu ou ses saints. Puis ne pas cesser.
C'est une constante qui nous garde, l'attention centrée spontanément sur l'essentiel du moment.
Comment Michel Onfray trouve-t-il ses inspirations ? C'est la question qu'il faut poser à un athée de haute stature.
Il se nourrit de la pensée des auteurs qu'il lut. Comme une pelle mécanique, il travaille en profondeur. Altruiste de la pensée, il ne parle pas de lui, mais aide à la compréhension des autres.
Dans ses cours, il est plus professeur que philosophe. Celui qui m'importe est au contraire plus l'homme Socrates que l'enseignant Platon.
Mais l'homme en enseignant dit qui il est tout comme un paysan le dit en cultivant. Le Soi est en cela.
Oui. On sent l'ecclésiastique en lui. C'est pourquoi ses quelques paroles contre Dieu peuvent exaspérer. C'est un homme qui obéit à son Soi. Le Soi nous dit & répète ce pourquoi nous prîmes forme humaine en ce monde. Entendons-nous un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout ? Nos différences y résident - en ce message de départ & en la capacité ou le bon vouloir à l'ouïr, l'écouter puis l'entendre. En accord ou fidèle à la voix intérieure, on sent léger & ça marche presque mieux dans la tempête que par mer calme. La confiance en soi, en la vie présente au départ va se transmuer peu à peu ou soudain en la confiance que notre daimon nous guide & que donc rien n'est à craindre sauf la crainte. Je est le nom le plus ancien de Dieu - ce je que les philosophes moralistes évitent... On ne possède vraiment que ce que l'on donne. C'est en donnant que nous sommes pauvres. Cette pauvreté est notre joie.
le non-faire en action intérieure vers l'infini (commentaires de ce qui précède)
marssfarm : Je vois Lise que vous lisez bien. C'est une qualité rare. "Ne pas se donner de mission dans la vie" est possiblement la plus haute mission, mais j'avoue lors que c'est là une question que je n'ai pas encore résolue...
Unity in thought, words & deeds is a reflection in an individual life of the oneness of nature, humankind & the cosmos. L'unité de pensée, parole & action peut être réalisée en un individu comme reflet de l'union primordiale entre la nature, l'humanité & le cosmos.
marssfarm le 01/08/2015 : En français, il n'est pas de mot spécifique pour "love". Cette pauvreté de la langue présente des avantages. De la même manière, le mot "mental" fut perdu, remplacé par "esprit". “Le corps poursuit sa vie dans la terre & notre souvenir en la pensée de ceux que nous aurons aimés.” Certes. Il est une troisième part plus difficile à définir. En Inde, on considère cinq enveloppes d'illusion concentriques autour de la parcelle divine que nous sommes - anna l'enveloppe de nourriture qui correspond au corps - prana l'enveloppe du souffle ou énergétique qui vitalise le corps, l'anime - manas l'enveloppe du mental qui nous permet la gestion des sens en lien aux éléments - vijnana l'enveloppe de l'intellect qui nous permet d'évaluer & décider – ananda enfin, l'enveloppe de béatitude ou corps causal en lien avec le sommeil profond & qui possiblement transmigre après la perte du corps.
Les discussions portent sur cette troisième part difficile à définir du monde réel. En védanta on la considère comme le réel vrai puisque tout le reste tend à fluctuer toujours & on ne peut de ce fait se fier aux choses & aux êtres du monde. Peut-on pourtant se passer d'elle, cette troisième part cordiale qui semble parfois nous embarrasser ? Cette réflexion fait penser à un prisonnier qui préférerait ignorer la vie de la rue & se concentrer sur son univers fermé, n'espérant pas sortir de la geôle qui en quelque sorte le protège. Les pesanteurs du spirituel naissent d'une part des gens de pouvoir - prêtres, mollahs ou politiciens - qui cherchent à nous imposer leur point de vue & d'autre part des désaccords à son sujet. (Ces désaccords naissent du premier point en fait.) Pourtant ce domaine du ciel est pour nous unir, notre point d'union possible. Nous parlons d'amour, d'argent ou de Dieu - trois valeurs virtuelles qui nous relient possiblement & nous divisent souvent. Beaucoup tentèrent de s'en abstraire. Nous sommes offusqués par exemple par la corruption, & si on nous ment, nous chercherons à séparer le vrai du faux, à retrouver une vue claire, à recoller les morceaux. C'est là éthique innée que tous ont en partage. Nous la constatons parfois même chez les animaux. Qui connaît les plantes sait qu'elles obéissent à la loi de l'univers & accomplissent tout de leur nature sans y déroger. Le sens de justice ou éthique, la bonté, le Soi, l'amour, le ça : nous ne pouvons pas nous en défaire car ces cinq génèrent & gèrent les motions de la vie. Des personnes regroupent ces valeurs en un mot unique, tandis d'autres préfèrent les garder comme des concepts juxtaposés. En Inde, on dirait d'Onfray qu'il est une très vieille âme. Là sont sa puissance & son charme faits de courage & d'honnêteté intellectuelle.
J'en déduis Lise que tu as atteint un jour à ce point lumineux. En tant qu'enveloppe la plus intime, nous l'imaginons comme le tégument de la graine au cœur du noyau. Mais puisqu'elle est en même temps ultime, elle touche probablement aussi tout à la fois aux confins de l'univers. Me trompé-je ?
Les êtres réalisés le cachent pour la plus grande part. Mais nous sommes hors sujet depuis longtemps car c'est la voie qui importe, pas un stade supposément atteint. La vie nous donne au début des aperçus, comme des éclairs de lumière. Ils peuvent éblouir & aveugler ou au contraire nous inciter à avancer. C'est là que la difficulté commence. Aux saints du dernier stade, il reste vingt-&-un jours, pas plus.
Vous pouvez aller sur le blog agrinature en lien ici - au chapitre genèse / base : le spirituel - aux repères g sp a) b) & c). Ramana Maharshi je crois fut le dernier des saints devenus une étoile. On parle de Samadhi ou absorption du mental dans le Soi. Au stade ultime du samadhi, comme l'ego s'efface tout à fait, la personne quitte son corps en pleine conscience au bout de vingt & un jours. Henri Cartier Bresson fit une photo de l'étoile, mais je n'ai pas vu ce cliché. Ramana quitta ce monde avec un cancer au bras gauche. C'était je crois une manière de prendre un peu de la douleur du monde sur lui-même.
Vingt-&-un correspond aux nombre d'agrégats qui constituent un être humain. Les cinq organes d'action – 1 voix, 3 mains, 2 pieds, 5 anus, 4 sexe - les cinq organes de perception – 5 yeux, 1 oreilles, 2 nez, 4 langue, 3 peau – les cinq énergies – 2 inspir, 5 expir, 4 éther, 3 digestion, 1 élévation – les cinq enveloppes – 5 nourriture, 4 souffle, 3 mental, 2 intellect, 1 joie sans objet - & enfin l'être individuel. La difficulté active commence après avoir aperçu un peu de la réalité. La nier induirait mal & maladie. S'y rendre demande l'abandon & l'effort – deux actions d'apparence contradictoires.
« Où en êtes-vous personnellement ? » « J'espère que vous n'êtes pas souffrant. » Merci Lise de vos questions. Il est difficile d'y répondre. Les transits de Saturne nous plongent dans l'introspection & à faire les bilans de ce qui précéda. L'action semble alors lourde & paralysée, mais une maturation s'ensuivra pour préparer la suite. Au sens courant du mot, je ne suis pas souffrant. Ce siècle qui s'ouvre verra le grandiose & je crois que la permaculture & l'agrinature participent de ce mouvement. Nous travaillons trop & délaissons notre œuvre d'humains véritable. L'action entendue avec sagesse ne consiste pas s'agiter ainsi que nous l'envisageons le plus souvent. Elle demande plutôt un travail d'entrée en notre destinée, une élévation sans fin.
La théorie des quanta (quantique) s'applique aux particules élémentaires qui nous constituent.
En climat tempéré, chaque mètre carré de terrain reçoit en énergie solaire lumière de l'ordre de trois mille kilowatt.heure par an (3 000 kW.h/an). Si le sol y est en bon état, des plantes présentes sur l'unité de surface pourraient produire un kilogramme de nourriture, ce qui correspond en calories d'aliment à un rendement maximal d'un quart de pour-cent en rapportant ces calories à la lumière qui fut disponible au cours de l'année sur la même surface. Pour produire ce kilogramme de nourriture, les plantes doivent aussi édifier leur soma & ce faisant fabriquer de l'ordre d'un kilogramme de feuillages, un kilogramme de racines & un kilogramme de tiges. Si elles le faisaient, cela pourrait équivaloir à un rendement énergétique total d'un pour-cent. Il s'agit ici d'un maximum rarement obtenu en pratique.
Ne nous moquons pas de ce qui peut sembler une faible efficacité. C'est ce un pour-cent qui fabrique & fabriqua tout ce que la planète porte de vraiment précieux, digne d'intérêt ou d'étude. Nous humains si fiers de toute nos techniques & technologies sommes en la matière d'une efficacité toujours négative car en tant qu'hétérotrophes nous ne savons que consommer & détruire. Le rendement de nos actes à cet égard est de l'ordre de moins mille pour cent surtout, souvent, au moins.
En utilisation de la biomasse, on peut prélever environ la moitié de cette production car il est sage de ne pas diminuer la fertilité du lieu, sa capacité à continuer à produire au cours des années suivantes. L'autre moitié doit rester ou retourner à la terre pour restaurer, reconstituer son stock d'humus qui est une substance labile & dont le stock doit de ce fait toujours être reconstitué.
En production de nourriture, il est bon de ne prélever qu'un quart ou un tiers de ce un pour-cent produit car il constitue en tout état de cause un maximum & parce qu'il est vital en ce cas nutritif d’œuvrer à l'augmentation de la fertilité. L'auto-fertilité a pour intérêt notable de fournir des fertilisants d'origine garantie exempts de polluants & métaux lourds.
Sous les climats des faibles latitudes, nous pouvons évaluer double la quantité d’énergie lumière disponible & double aussi le rendement possible de la croissance des plantes. Avec une irrigation par rigoles, une efficacité de photosynthèse d'un pour-cent est assez facile à trouver en climat chaud. En ces zones tropicales & intertropicales, le facteur limitant premier peut être l'absence d'eau en saison sèche. Sous les climats plus froids, les facteurs limitant la photosynthèse sont en saison sombre, le manque de lumière & de chaleur & en saison claire, éventuellement la carence hydrique ou sécheresse.
Cette question du facteur limitant la photosynthèse peut se résoudre en construisant des phytotrons, des serres, des rigoles d'irrigation par gravité & en employant des micro-algues comme capteurs photosynthétiques. Le drainage d'irrigation de pédogenèse, les terrasses soli-pluviales, l'hügelkultur & la permaculture sous couvert d'un verger sont des exemples de pratiques allant dans le sens de cette optimisation à la capture de notre unique source de vie :
Dans un phytotron, le rendement de la croissance des plantes est possiblement trente fois supérieur à ce qu'il est en plein air. C'est là une des solutions qu'adoptera l'humanité en ce siècle, pour faire de la permaculture sur les toits & façades des maisons, réservant les forêts à la production de biomasse à grande échelle.
3. memo data de la photosynthèse :
* 9000 kW.h correspond à un rendement minimal de 0.2 %. Il est possible d'atteindre 1% en climat tropical & beaucoup plus en un phytotron.
La proximité de murs de pierres permet par exemple une production remarquable de fruits à la manière de ce qui était jadis pratiqué à Montreuil, Bagnolet, Vincennes & Charonne - des vergers linéaires devant un mur dressé exposé sud. Dans le cas particulier de deux murs parallèles dans le sud de la France comme dans le jardin route numéroté 51, l'exposition importe moins : les deux murs en eux-mêmes créent un climat réchauffé dans l'allée qui acquerra de ce fait un potentiel d'hyper-productivité pour peu que l'on y organise un système de récupération des eaux courantes pour qu'elles entrent dans le sol ici plutôt que de rouler sur la route. La pluie lave les polluants de l'air que des bactéries du sol ensuite digèrent.
Nous sommes dans le paradoxe que deux murs, une route & une rigole de récupération des eaux que le ruissellement perdrait, peuvent presque équivaloir à un effet de serre ou un phytotron,
montrant ainsi que l'urbanisme & l'habitat humain ne sont pas en contradiction avec une haute production agricole, du fait que la présence humaine si elle sait être une nuisance - & nous le voyons souvent - peut aussi constituer une source de fertilité du fait qu'elle fournit à son entour cinq données très favorables à la croissance des plantes :
Combiner les lieux d'habitat & de production permet de construire des bâtiments plus bioclimatiques d'une part, & de réduire les excès du climat par l'effet modérateur de ce dernier qu'offre toute végétation. Il s'agit d'un cercle vertueux. Pour qu'il fonctionne, les polluants non biodégadables -
En culture, le facteur limitant le plus immédiatement modifiable est la sécheresse ou manque d'eau & ce type de phytotron hermétique présente l'avantage d'éliminer cette contrainte des arrosages & de l'irrigation. En climat tempéré, un facteur très limitant est aussi le froid & la serre atténue ce point à nouveau. Il est donc possible en de tels phytotrons de voir des rendements de photosynthèse très élevés.
Dans le phytotron d'origine, la plante sous cloche peut vivre très longtemps sans apport extérieur autre que de la lumière. Elle va cependant épuiser le stock de carbone dont elle dispose. Des parties végétales tombant au sol s'y décomposent, consommées par la flore bactérienne présente. Cela restitue du carbone libre au système fermé qui peut ainsi fonctionner en boucle avec pour facteur limitant de la photosynthèse, la quantité de carbone disponible.
Les aliments premiers des plantes vertes sont le dioxyde de carbone, l'hydrogène arraché à l'eau par réduction & la lumière solaire. Dans un phytotron clos, si les plantes ne consomment rien du fait d'un recyclage intégral, elles ne produisent rien non-plus car cette production est empêchée par carence en carbone.
Pour palier cette question de l'épuisement du carbone sous le phytotron deux voies s'offrent.
Les habitations humaines & les jardins produisent d'abondance d'une part
En incluant ces serres phytotrons dans l'architecture des habitations & autres bâtiments, nous, pouvons construire des maison passives qui produisent en même temps une part des légumes frais, condiments, calories, protéines végétales & fruits dont les locataires du lieu ont besoin. Il ne s'agit pas de viser l'autarcie qui n'a que peu de sens, mais de diminuer, voire annuler l'empreinte écologique des bâtiments en utilisant la complémentarité des types vivants divers – plantes, animaux, humains, fungi & les flore & faune du sol. Dans ce même esprit, l'épuration des eaux sales par les sols & les plantes peut être une grande source de production végétale en bois, en humus & en nourriture.
Sous les faibles latitudes, la maison phytotron peut atteindre à une très haute productivité végétale & la présence des plantes y jouer le rôle d'un climatiseur fonctionnant à l'énergie solaire : on ne cherche pas à chauffer la maison mais si besoin était, à la tempérer.
soils life inhabits / le jardin en mouvement/ low-tech modest wind turbines
Par la proximité de la ville & ses déchets organiques comptés en milliers de tonnes chaque jour, ces lieux ont un potentiel énorme de production. Sur les sols disparus, seul le pin d'Alep pourrait pousser & de tels reboisement causeraient sans doute un risque trop grand pour la cité en cas d'incendie. L'option alternative pour reverdir & utiliser cet espace consisterait à planter des noix & autres noyaux de fruitiers par exemple en lignes à grand écartement selon les courbes de niveaux - densité mille graines ou noyaux par hectare : 1m sur la ligne X 10m entre lignes.
shema missing
12. des terreux sur la terre / gousse ailée
Le réveil de l'embryon s'amorce. Si un mouton ou un chevreuil posait le sabot sur cette demi-gousse une de ces graines ne manquerait pas de compléter sa germination. Lorsque la gousse s'ouvre ainsi en conservant ses graines adhérentes, elle joue le rôle d'une aile pour la dissémination par le vent. Les plantes développèrent un million de stratégies pour disséminer leurs graines. Elles inventèrent ainsi les règles d'assolement (4) & rotations (2) à la base de l'agronomie. Une espèce particulière utilise le milieu (5) selon une manière qui lui est propre, y prélevant des substances données & en accumulant d'autres (3).
C'est pourquoi ces deux principes furent répétés par les plantes afin de bénéficier au milieu & ainsi à l'écosystème global. Dans la nature où le principe de vie s'incarne, la vie ensuite se doit de retourner au subtil. Ainsi l'action (3) est favorisée au dessus de l'inertie (4). Ainsi le mouvement (2) est favorisé au dessus de l'action. D'autres noms en toutes les cultures furent donnés à ce principe de mouvement - l'équilibre, le non-faire, la libération, le sacrifice, le commun, le don, le lâcher-prise, la confiance... Bien d'autres encore.
erixbd le 20/02/2016 : Érudit, sage, observateur & peut-être un peu visionnaire... l'homme que tu es sait-il - certainement - ce qu'attend dame Nature des humains ?
A partir de ce temps, de ce stade, il est possible de jouer simplement le jeu de la vie.
Il est possible aussi que tout recommence pour, à la fin d'un cycle nous reconduire
à nouveau au stade semblable à ce jour qui nous oppresse en turbulences & tribulations.
Chaque humain croît à son pas, à sa mesure. L'humanité est la résultante art algébrique
médiane statistique du groupe de ses membres. Selon les écrits des diverses traditions
un âge de repos, de paix est en vue mais peu en savent le "quand" avec précision.
14. Learning is love. / la brume, la lumière, le pin
Lorsque toutes les énergies fossiles auront été brûlées (3),
le bois (1), les herbes (2), l'humus (3),
le charbon (5), le pétrole (4), le gaz (2), l'uranium (5),
alors la Terre sera devenue enfin sœur de la planète Mars,
un roc rouge nu qui parle de passés glorieux.
Frère pin (& sa famille) lors repartira de rien avec comme ressource
juste un peu d'eau amour (4) & de lumière intelligence (3).
Trouverons-nous d'ici là la voie médiane médiocre médiatrice
du milieu sage entre ciel (1) & terre (5),
entre la guerre économique (4) & sa matrice la guerre militaire (3),
entre les religions belliqueuses (2) & la spiritualité Bételgeuse (1),
la voie permettant aux petits d'exister aussi ?
lescouleursdemyriam le 20/02/2016 : Je ne vois que la première image : si les jardiniers vont au bistrot au lieu d'aller au boulot, on aura du trèfle. J'aimerai aussi l'oseille.
erixbd le 20/02/2016 : Et toujours la nature reprendra ses droits jusqu'à ce que les humains comprennent qui ils sont... Cela dure dur bien au-delà des seuls 2000 ans d'histoire. Autrefois... il y a bien longtemps, les humains avaient déjà engagé ce bras de fer avec la nature... Ils l'avaient naturellement perdu, & repartant de rien, recommencèrent. Il n'est alors d'admirable, que notre obstination persévérance... Il n'est aussi de déplorable que le travers de notre entêtement... Apprendrons-nous un jour de notre passé ?
erixbd le 21/02/2016 : Il faut aller chercher l'histoire au-delà des textes d'école... Il faut chercher Atlantide, les Incas, les très vieux textes d'orient & même dans la bible & on se rend vite compte que l'histoire "ne commence pas où on la commence". On dit que les écrits restent & ils ont donc valeur de témoignage. Atlantide n'est qu'une ville très avancée parmi d'autres. Les Incas sont un mystère à travers leurs sculptures. Les vieux textes parlent de combats aériens & la bible utilise des images révélatrices décrivant vaisseaux volants & explosions atomiques.
Il est des jardins conçus par l'horloger
en lesquels un arbuste différent émet le parfum de l'heure.
Attirer un insecte qui viendra transporter les pollens d'une fleur à l'autre
est la stratégie qu'une co-évolution conféra à chaque espèce.
L'odeur émise lors coïncide à la disponibilité d'icelui.
Dans le jardin qu'est un coin de nature loin des jardiniers en pétarade
& des exploitants experts en chimiques poisons,
l'heure aussi nous est donnée par la fragrance que vent disperse.
Convoyer un atome seul suffit à diffuser trace d'un buisson, bosquet ou bouquet sis à trente pas.
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Devant chaque maison, une voiture & une poubelle.
La voiture est une sorte de poubelle à quatre roues
le conducteur, une ordure, tueur potentiel, destructeur de toute beauté
dessine des autoroutes, coupe les forêts, asphalte la terre.
Les passagers sont des déchets humains, cul-de-jatte aux membres impotents
les sens oblitérés par la carcasse d'acier, aveugles à l'abri des vitres aveuglées,
sourds à tout son autre que l'assourdissant moteur, drogués aux vapeurs de pétrole.
La poubelle est une sorte de voiture.
Je signifie en cela qu'elle regorge de tout ce que l'on peut acheter aisément
si on possède une automobile.
Puis jeter.
In front of each house, a car & a bin.
The car is sort of a bin on four wheels
the driver a piece of rubbish, potential killer who hates every aspect of beauty
carves highways across the country, draws awful scars through forests, covers the land with tar.
The passengers are decaying humans, their limbs impaired unfit for use
their senses foreclosed by the steel cage they are in, blinded people behind a blind windscreen
deaf to any sound other than the engine's roar, petrol addicts who lost their sense of smell.
The bin is sort of a car.
I mean by saying so, that it is so full of everything we can easily buy
provided we've got a car.
Then, discard away.
Un petit carré de gazon évoque un coin de paradis.
Si le gazon s'étend, se répand, ras tondu:
ses propriétaires se sont fermés, enfermés en leur inconscient.
Ils reproduisent sans y songer l'illusion,
l'apparence du cadre de vie
de leurs anciens, très lointains ancêtres,
bergers des steppes arides de l'Altaï,
seigneurs des châteaux au cœur aride,
agriculteurs dont la vache unique était la principale richesse,
moutonniers moutonnant sur les estives fraiches.
A tiny piece of lawn is a bit of Heaven on Earth.
Let the lawn be wide & neatly cut:
its owners have closed their mind on itself.
Unconscious, they recreate surroundings to their house
that look like where their fore-ancestors
used to live,
be they shepherds in central Asia,
landlords proud of their hunting games,
small farmers, single owners of a single cow,
keepers of sheep grazing too short the mountain commons.
terre – un lieu où nous pourrions décharger nos déchets.
eau – Est-ce là où déverser nos effluents?
feu – le moteur de nos moteurs, de nos centrales.
air – Avons-nous le droit de le transformer & l'utiliser à la combustion de tout ce que nous pouvons brûler?
éther – l'espace où nous avons pouvons ou pouvons cesser de nous connecter.
terre – Y poussent toutes pousses.
eau – le bain de la vibration prana où je peux boire.
feu – le soleil notre père qui fit croître & façonna tout ce qui est beau.
air – j'y respire & j'y pète, inspir & expir.
éther – le ciel des anciens, sans limite enfin.
Cinq élements : du dense au subtil.
earth – a place where we could throw our rubbish.
water – Are we allowed to mix it with toxic effluents ?
fire – it powers our engines, motors, factories & electricity plants.
air – Shall we really use it for combustion of everything we burn ?
ether – a space where we could or could cease to connect & unite our minds.
earth – there grows all that glows with beauty.
water – a bath in pranic power where we drink.
fire – Father-Sun, who grows many foods & evergreen plants.
air – we breathe it, smell it, feel it, inhale & exhale.
ether – our ancients' sky. Limitless, it lasts.
Elemental five.
Lasmier était un indigène de cette terre, natif d'ici. Il partit travailler au loin, puis revint à l'âge de la retraite. Il passait des journées entières à tondre l'herbe de son terrain. Une fois la tonte complétée, il recommençait, car le terrain est grand. Voir sa silhouette, assis sur la tondeuse, évoquait en mémoire les enfants sur leur petite voiture à pédales ou le mythe du tracteur auquel tout jeune en son temps dut rêver. Imaginez l'arrivée des tracteurs depuis l'Amérique après chacune des guerres du siècle passé, l'aura de puissance qui devait éclairer la machine déifiée ! Il n'est pas hasard que les tondeuses autoportées soient comparables en taille, design, puissance & niveau sonore aux tracteurs d'après-guerre, car elles relèvent du même imaginaire qui vise la puissance pure en vue de maîtriser la nature, car elles semblent actualiser le potentiel inouï d'un homme assis qui pourrait tout. Avec le tracteur d'abord & la tondeuse ensuite, chacun accède au statut d'empereur... Ils ne réalisent pas cet homme mythique & les femmes qui l'imitent, que ce pouvoir apparent que confère la machine n'est exercé qu'à détruire. Pour ce qui est de produire en matière de biologie, il n'est que les plantes.
Entre deux jounées de son labeur de Sysiphe, Lasmier entassait l'herbe frais tondue pour y mettre le feu. La matière humide ne brûle pas vraiment. Elle se consume avec lenteur, diffusant alentour une âcre fumée épaisse chargée de microbulles de vapeur d'eau & de gaz imbrûlés toxiques. Le tas d'herbe en combustion lente empoisonnait l'air de dioxyne des jours & des nuits durant.
Où avait-il acquis cette haine de l'herbe & des gens ? Je ne sais. Tenter à savoir la racine du mal nous ouvrirait peut-être à des mondes obcènes que nous préférerions ne pas approcher. Nous pouvons imaginer les vibrations de la tondeuse produisant l'effet d'un vibromasseur géant, un sex-toy grandiose. Peut-être Lasmier trouvait-il en cette tonte sans fin ni but, l'ivresse, la satisfacion du travail accompli ? L'absurde & l'inutile de l'oeuvre en l'occurrence nous suggère un fourvoiement. Je lui avais sugéré un jour de planter son terrain d'un verger, pour que l'herbe, à l'ombrage des arbres, pousse moins. Il m'avait ri au nez avec tant de mépris que je n'avais pas osé lui demander pourquoi.
Le nouveau voisin n'a pas de tondeuse, ni d'allumettes pour faire brûler l'herbe qu'il ne coupe pas. Il arrosa l'hectare du terrain de ce fameux désherbant si toxique, dont nous tairons le nom que tous connaissent.
Nous ne devons pas nous plaindre de ce qui est, car il est toujours possible que pire se produise.
Selon la nomenclature des éléments du subtil au grossier, gardons aussi en constance devant l'oeil du mental que les quatre sens empilés du verbe cultiver consistent en une plongée dans la matière & que les sens premiers toujours devraient nous guider:
Les anxieux de la VAT - value added tax - objecteront peut-être qu'en ces quatre termes, la production se trouve délaissée & que le cinquième donc est à ajouter. Je leur propose lors de couper le contact d'un tracteur qui développe la puissance motrice de mille chevaux de trait.
Il est dans la nature de la nature toujours de produire toujours à l'optimum de toute sa capacité sans cesser toujours le chemin vers un optimum successif avancé à son tour sur l'accumulation précédente des déchets, de l'humus & des informations précédentes. C'est là ce que la terre - ???? / Gaîa toujours fit & il est urgent aux petits d'hommes nés des femmes de le voir à nouveau. Agriculteur au regard fier, regarde ton tracteur subventionné & vois le bosquet au loin dans la plaine. Tourne tes yeux vers le vers. Tu sais au tréfonds de ton âme que le vers & le versoir de ta charrue ne sauraient coexister encore longtemps. Certes, les tentacules des villes s'étendent à la vitesse de l'éclair sur celles qui était il y a peu des terres agricoles aux sols profonds. Les bannis du faubourg qui rentrent dormir dans les banlieues habitent-ils la plaine au sens ou nous l'entendons? Nous voyons désormais les meilleures plaines bétonnées & couvertes des échangeurs des autoroutes. Détruire la plaine est le contraire de l'habiter, car une ville vit sous perfusion de ce que lui procurent les ruraux. L'agriculture en ce siècle devra trouver d'autres lieux & l'agrinature propose de nombreuses voies à fabriquer des sols nouveaux. Les bocages & forêts jardinées de la permaculture en sont un exemple de fame.
Flo le 13.06.2012 : Above the blacks clouds, the sun is shining. Have a good day.
Je cultive le topinambour. Il suffit de planter un bulbe pour récolter dix bulbes & avoir des légumes en hiver. Mais on doit laisser le sol se reposer un ou deux ans avant de replanter. Flomarssfarm le 14/05/2014 : En cas d'arrachage, il faut prendre soin à ce que l'érosion du sol soit impossible, ce qui devrait être assez facile si on cultive en planches fixes avec couvert permanent dans les allées & si on a agencé les parcelles en terrasses soli-pluviales. La pomme de terre se plait en compagnie d'un peu de lin & on ne peut les remettre au même endroit qu'au maximum tous les cinq ans.
Je ne sais ni lire ni écrire, qu'épeler. Oliviermarssfarm le 24/01/2013 : L'oral est la langue native des paysans. Appeler & se répondre de vallée en mont fut le moyen de créer la communauté d'agriculture - culturer le champ ou replat. Épeler évoque le temps récent quand l'homme brisa son épée pour la fondre en outil. L'outil créé nous permit ensuite de forger la forme pays pour s'y fondre en élément du paysage. Le paysan naturel nourrit d'humus son humanité.
Tous les articles ont quatre origines, d'abord, les actions entreprises sur la ferme, puis une observation du terrain, des phénomènes & de la société, ensuite encore, des dialogues ou conversations qui donnent l'occasion de clarifier ou énoncer ce qui peut être dit & enfin l'écoute à la radio d'émissions en relation au sujet.
Nous retrouvons ici les quatre niveaux de connaissance - par l'agir, par récollection mentale, par observation, par ouï-dire. Les quatre sont de valeur décroissante. Il existe une source première cependant, l'intuition ou perception directe.
Les actes & la perception directe sont notre source la plus sure de connaissance de qui nous sommes. L'observation empirique se réalise lorsque le mental en ses projections au futur & ses regrets & blocages psychologiques du passé, se fait silence.
Les dialogues – à distinguer de la discussion ou dispute- avec d'autres praticiens sont une source proche sise entre le mental & le perception directe.
L'observation d'autres pratiques proches, des phénomènes & de la société est une source complémentaire de savoir.
Le niveau de connaissance le plus bas vient de la compilation des connaissances en cours ce jour & l'écoute ou la prise en notes du résultat des travaux de recherche en tous les domaines.
L'intuition ou perception directe est propre à celles & ceux qui savent entrer en l'espace au-delà de la pensée, les artistes, les créatifs, les êtres simples, les méditants, les chercheurs, les vieilles âmes... Ce plus haut niveau de connaissance résulte d'une synthèse des quatre autres, plus une part de mystère. En elle se combinent les cinq sens mêlés, mais libérés du carcan de la pensée, des modèles, des schémas, des habitudes, de l'imitation, des peurs, & projections, de toutes ces marottes qui entravent la vision.
Lorsque le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt. - proverbe chinois.
Lorsque qu'un homme te montre la lune, regarde ses mains. - proverbe paysan.
Lorsqu'un être parcourt un paysage, regarde ses pieds. - proverbe creusois.
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En l'occurrence d'une rencontre sur la ferme, je décompose la cinétique de nos pas sur la terre.
Ce pas n'indique à priori rien de l'éthique de la personne rencontrée, mais en sa danse sur un sol vivant il révèle notre manière de reliance à la mère de toute nourriture terrestre, ce qui en fin de compte est la définition la plus pure de l'éthique.
Aimer est quoi qu'il en soit plus important que toute autre considération.
« Notre jardin, celui des hommes en quête de savoir
n'est pas un lieu d'épuisement des sciences, un objet observé à distance.
C'est un système sans limite de vie, sans frontière & sans appartenance,
nourri au rêve des jardiniers
& sans cesse remodelé par les conditions changeantes de la nature.
C'est un lieu de sauvegarde des réalités tangibles & intangibles.
Un territoire mental d'espérance. »
L'influence du jardin en mouvement impulsé par Gilles Clément libère la biodiversité en matière des plantes tolérées à habiter nos villes.
Les alchimistes la crurent magique.
Si loin que je me souvienne, je fus lecteur des paysages,
à les lire jour & nuit, tel un prieur des bois, tel un crieur de foire.
Même en une ville des arbres existent,
nous parlent de la terre au dessous, nous parlent de l'eau en son sein.
Les ciels sont la nuit, reflet des activités des humains.
Le paysage résulte d'une infinité d'interactions. En l'équilibre qui en naît peut surgir une harmonie. Nous trouvons en ce constat la limite d'un jardin qui ne serait conçu que par peu de personnes ou par l'application d'un nombre trop limité de domaines du savoir-faire.
En un court mémoire, nous présenterons le travail réalisé à l'automne dernier, transformer trois parcelles agricoles au sol stérile en sept terrasses de haut potentiel. Les seuls outils à cette tâche étaient l'observation de la conformation du terrain & un tracteur équipé d'une charrue.
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J'imagine Gilles Clément comme un artiste, qui poète qui interroge notre rapport au monde. Le fait qu'il soit décrit comme poète, paysagiste, écrivain, philosophe etc. est à cet égard assez parlant : cela pourrait être la caractéristique principale d'un artiste d'être imprévisible et indéfinissable. Cet un homme très à la mode dans certains milieux et ce sont ces mêmes milieux qui le mettront en valeur. Cet ainsi qu'il navigue de grands jardins en conférence d'école d'architecture, car au final son discours est bien ancré. Il est la figure de proue d'un certain milieu social, milieu social dont il vient certainement. Quelque part il est une caution. C'est ainsi qu'au jardin du Rayol où j'ai travaillé avec les jardiniers, j'ai pu ressentir cet ambiguïté, celle d'une certaine idée bourgeoise universaliste, d'un idéal de l'humain, qui doit être poli dans son sens, d'où qu'il parte. L'"ascension sociale"ouvrière et paysanne y est exception en ce qu'elle confirme la règle. Comme on peut ressentir un terroir ou une mentalité d'après le "paysage" de celui-ci, on peut ressentir la culture bourgeoise quand on s'immerge dans un tel parc. Qu'il soit la vitrine d'un groupe social ou de sa relation avec son environnement, c'est une chose. Qu'il soit la vitrine d'un ordre social, c'en est un autre. Le grand paysagiste peut venir pendant trois jours et être payé deux fois plus que les jardiniers sur un mois. Les jardiniers "jalousés" par la beauté de leur lieu de travail sont obligés de vivre à des dizaines de kilomètre d'un jardin remarquable isolé sur une côte prisée par les nantis.Assumer l'ambition scientifique et universaliste de cette culture bourgeoise, c'est aussi comprendre l'ordre social qu'elle légitime et qu'elle nous pousse logiquement à intégrer.
J'aimerai voir Gilles Clément comme il le prétend dans ses livre, un simple jardinier, et visiter son jardin comme je visiterai celui de mon grand père, avec la même attention et curiosité.marssfarm le 10/03/2016 : Oui. C'est le mouvement qui compte, le mouvement insufflé.
En tant que professionnel il est besoin de nos jours de faire de l'argent & personne n'y échappe. C'est un cercle vicieux qui nous prend tous.
C'est la réussite économique de l'artiste qui fait qu'il est reconnu. Et l'inverse.
Le talent, la persévérance, l'intention seront reconnus. Plus tôt ou plus tard selon chaque destinée.
Le vrai jardin est un potager. Sinon pourquoi clore un lieu, s'il ne contient pas une nourriture précieuse? Dans un potager, des fleurs viennent trouver refuge & aider à la culture. Ainsi les fonctions médicinale & décorative se développent.
Une agriculture née d'une observation fine, gestion bienveillante du tout disponible, crée les beaux paysage de notre mémoire ce jour disparus. Cette agrinature façonne la terre en créant le pays. Elle est œuvre d'art, ouvrage d'artisans, commun collectif d'êtres différents en harmonie, voire en amitié.
---dry stone walls / buckwheat fava bean rye soybean.
Dans les cas extrêmes d'une trop grande fréquentation ou présence humaine on peut construire un mur de pierres sèches. Ce sont les racines des plantes qui tiennent le talus : le mur en soi est juste un parement contre l'érosion. Le léger fruit ou inclinaison du mur donne aux pierres une pente vers l'intérieur pour que l'eau entre dans le sol plutôt que ruisseler. C'est ce stratagème qui est anti-érosif car l'eau fortifie les racines qui sont le ciment vivant du muret - un ciment qui se renouvelle à l'infini. La force du mur de pierres dites sèches nait du fait qu'il laisse le terrain vivant, permet au relief de continuer à évoluer tout en étant stabilisé. On dit les pierres sèches mais en fait c'est bien la circulation de l'eau pour la vie des plantes qui est la clé des murs sans ciment.
Un mur de pierres sèches produit une impression de beauté. Cela est dû au fait qu'il fallut pour le bâtir respecter les règles d'équilibre des éléments. Les pierres sont soumises à la pesanteur & disposées de manière à résister aux intempéries, au vent & à la fréquentation du lieu tout en permettant la croissance des plantes & la continuation de la pédogenèse. Cet équilibre est le même que dans la nature. Par distinction un mur cimenté enfreint une partie de ces règles d'équilibre. Le ciment du mur sans ciment sont les racines des plantes & la vie de l'humus qu'elles génèrent.
erixbd le 07/04/2019 : Sur les monts du lyonnais, il y a tout un tas de chemins bordés de ces murets. Les bergers à une certaine époque, les ont construits.
paysage habiter la terre culture / l'humus aigre-doux de la chênaie-pinède
erixbd le 02/03/2016 : Le problème n'est pas de croître... Le problème est de croître dans en même temps le respect de la nature... Ce mode de pensée se heurte à l'égoïsme qui n'est que l'expression de la peur de ne pas survivre... Ça, c'est ancestral. Hélas, pour qu'un processus d'œuvre commune se mette en place, il faut de la confiance, hors, nous n'avons pas confiance... pas confiance en nos élites, en nos dirigeants, en nos patrons, en nos voisins... Le levier est dans l'écart. Tant que les écarts pourrons se creuser, les personnes qui subissent les réformes s'y opposerons... par peur de ne pas survivre... & tant qu'il n'y aura pas de confiance, les gens qui subissent s'opposeront au changement.
Oui, sachant que selon la nature on ne peut croître à l'infini.
Un vieillard sage apprend toujours, mais son corps ne grandit plus & ses besoins diminuent.
Cette histoire de confiance rappelle que tout comme crédit le mot trouve son étymologie dans la foi, proche de la fidélité.
Être fidèle à qui nous sommes, à notre nature d'humains.
Les crédits bancaires seuls n'ont pas la vocation de remplacer la confiance indispensable en tous les domaines de la vie.
La séquence courante roule ainsi : de la confiance naît la satisfaction.
La satisfaction permet le sacrifice. Le sacrifice seul produit la réalisation.
Cette séquence est valable pour chacun pris individuellement & pour la société en son entier.
Il n'est ni raccourci ni alternative à cette suite mathématique universelle.
The first thing is to have self-confidence. After which alone will we get self-satisfaction. Once we have got self-satisfaction, then we can acquire the virtue of self-sacrifice. And after self-sacrifice alone, do we come to self-realisation.
Prenons l'exemple d'un jardin-forêt.
Les jeunes arbres utilisent tout ce qui est disponible pour leur croissance vers le futur.
L'ancien continue de produire tout autant & tout son œuvre est donné à l'écosystème.
Dans les sociétés humaines basées sur l'ego, l'effet inverse est obtenu.
Ayons un peu de la sagesse des arbres. Connais ton soi.
5.3 divin tropique (deux commentaires de l'article 5.1 du chapitre 3)
marssfarm le 05/03/2016 : Les animaux & plantes ne disparaîtront pas : il migreront plus au nord. En fait on prédit un climat de type méditerranéen sur toute l'Europe d'ici à... nul ne sait vraiment quand. Il y a certes la question des ours polaires qui voient leur banquise fondre. Déjà des individus commencèrent à quitter leur écosystème en régression pour se croiser avec des grizzlis & induire une nouvelle espèce formée.
marssfarm le 17/03/2016 19:29:07 : Quand on rencontre des personnes enfermées en leur mental, en une idée figée du monde selon les critères définis par leur culture particulière, l'impression forte qui nous vient est celle qu'ils s'égalent à leur corps. Ils se pensent comme un corps physique, des atomes avant tout & parfois en tout & pour tout. Ils peuvent ignorer ou même rejeter le fait que ces atomes soient spirituels.
6.1 moutons bandits / berger étranger Pinus sapiens
Quand les humains ont tout détruit, ils regardent la roche nue de leur désastre & s'exclament "Que la nature est belle!"
"Quelle nature?" dit le naturaliste : "Il n'y a plus rien. Nous avons presque tout détruit de la vie présente ici!"
***
Les pins aux graines ailées sèment au vent.
Parfois, un petit germe dans un creux du rocher.
Ce jeune pin de quatre ans n'a pas de cerveau dit-on.
Il reconstruira pourtant une planète détruite par l'espèce Homo sapiens.
Le latin de sapiens signifie raisonnable, judicieux, sensé, sage, habile, expert, doté de discernement, discret, philosophe.
Les écolos de France qui roulent en de belles voitures n'aiment pas les pins, les disant étrangers, immigrés, métèques, musulmans même...
Un seul pin sans cerveau est plus sage que nous tous nous disant sapiens.
La vie biologique est bien plus qu'un individu, bien plus qu'une espèce.
Elle est esprit souffle qui porte au lointain les graines de Pinus sapiens.
Le pin naît, croît, éclot, fructifie, dissémine. Il parle
des forêts du passé & des verts paysages fertiles que la vie reconstruira.
Quand la Terre se fendit / c’était sous le règne des bandits / qui avaient tout défiguré.
Chaque ville entourée par / son cortège de hangars, / ses parkings alignés.
Les autoroutes étaient pleines / des camions en file indienne, / de convois bloqués au péage.
On se parlait presque pas / & chacun pressait le pas, / son écran au ras du visage.
On séparait par croyances / les leçons d’auto-défense, / les rues interdites d’entrée -
la fumée ou le brouillard / - impossible de savoir - / chaque soir plus épais.
On noyait dans du plastique / des repas automatiques / que la mer rejetait sur les plages.
Braves gens dignitaires, / tout le monde laissait faire / par profit ou manque de courage.
Sous les pieds bousculés des moutons qui s’affolent, / le berger à genou qui cherche la boussole,
& les loups affamés qui attendent au grillage. / Tombé juste au milieu de la cour d’une école,
l’arc-en-ciel démonté qui traîne sur le sol / & tout le monde croit à des enfantillages.
Quand la Terre se fendit / c’était sous le règne des bandits / qui avaient bien prévu le coup :
bien tirer la couverture, / profiter de la nature / disparue on ne sait où.
Sous les casques & les enceintes / des télés jamais éteintes / tournait le même message :
"Pardon de le répéter, mais / y a pas lieu de s’inquiéter."
Le pays d’à côté est couvert de nuages.
"Y a pas lieu de s’inquiéter : / c’est le pays d’à côté, / le pays d’à côté qui est couvert de nuages."
"Ne ressemblez jamais à ces moutons qui s’affolent." / disait le berger un jour qui cherchait la boussole.
Le pays d’à côté est couvert de nuages.
Nous sommes les bandits, les loups & les moutons tout à la fois. Le pays d'à côté est celui dont nous pillons les ressources - la nature, les paysans, les travailleurs, l'étranger... Les nuages sont la souffrance de la misère, l'espoir de la religion, le danger lointain imaginaire que nos policiers sauraient tenir à distance...
| transmute | transforme | |||||
| pas d'engrais | engrais-vert | nitrifères | humus | 3 fruits | 1 printemps février | espace |
| ni taille ni greffe | forme naturelle | érudérales | en tige | 1 bois tige | 3 été mai | 2 mouvement 1 |
| ne pas traiter | rotations | érudérales | en rosette | 4 feuilles | inter-saisons 5 | 3 chaleur 4 |
| non-désherbage | mélanges | épiphytaires | en touffe | 2 fleurs | 2 automne août | 4 inertie 5 |
| non-labour | couvert constant | épiphytaires | rampantes | 5 racines | 4 hiver novembre | terre |
La plaine de la Crau est un semi-désert en France. Au plan biologique elle possède un potentiel énorme. Pour la protéger des bétonneurs, des reboiseurs en pin pour l'industrie, des plastiques de pétrole, elle fut déclarée réserve, est maintenue comme relique du dix-neuvième siècle façonnée par les moutonniers. Elle possède un potentiel d'exception en agrinature & permaculture avec ses 3000 heures d'ensoleillement par an & sa nappe phréatique proche. L'agriculture moderne la détruirait en dix ou vingt ans, en faisant un désert ultime & polluant son eau pour des siècles. Le boisement en résineux l'exposerait aux incendies. Le bétonnage a lieu partout ailleurs & jusque dans les jardins des particuliers : qu'il laisse la Crau ! C'est une zone précieusement épargnée. L'agriculture naturelle seule pourrait permettre de l'habiter sans détruire son potentiel. Pour l'heure ces sols fossilisés depuis l'antiquité attendent - ici comme en tant d'autres lieux de méditerranée. L'humanité n'est pas mure déjà pour l'agrinature.
Nous voyons ici les arbres spontanés résiduels de la plaine de la Crau. Les quatre arbres reliques caractéristiques sont les peupliers, les pins, les chênes & les fruitiers. Parmi les peupliers citons le noir, le blanc, les baumiers, le grisard, le tremble. Parmi les pins, le pignon, l'Alep, les noirs, le maritime, le sylvestre. Les chênes sont la yeuse, le blanc ou pubescent, le tauzin, le liège. Les fruitiers seront l'amande, l'abricot, les pêchers, la prune, les cerisiers, le mahaleb, l'aubépine, les prunelliers, l'argousier, l'églantine, les pommiers, les vignes, le kaki, le kiwi, les noyers, les agrumes en leur extensive diversité & des espèces arbustes en grand nombre. En France le cyprès d'Italie ne semble pas se semer spontanément. En ces régions ventées ses haies sont encore utilisées bien que moins que jadis du fait de l'agrandissement des parcelles pour la mécanisation & l'expansion de la culture du blé sous l'impulsion des subventions agricoles qui multiplient l'usage des intrants - humicides & pétrole. Sans intervention humaine, la Crau se boiserait de bosquets & fourrés de peupliers aux semences légères. Près des peupliers, des pins & des fruitiers sauvages peuvent s'installer, semés de vents & d'oiseaux. Près des pins & fruitiers, des chênes peuvent s'établir dont les fruits doivent être apportées par des animaux, les geais & les planteurs d'arbres.
vousamoi le 03/03/2016 : Ça c'est très beau - je ne sais pourquoi mais cette pousse me plaît de par sa forme & sa couleur.
marssfarm : C'est la forme en œuf rencontrée partout, depuis l'atome d'hydrogène jusqu'à l'orbite des planètes.
lescouleursdemyriam le 04/03/2016 : Ah bon, les écolos bobo n'aiment pas les pins ? De la jalousie parce que contrairement à eux ils ne perdent pas leurs feuilles ???
Florent le 10/03/2016 : La grande intelligence, la nature nous enseigne du monde qu'elle est équilibre, géométrie sacrée, chiffre d'or, créations d'étoiles par compressions d'atomes d'hydrogène par les courants magnétiques de l'espace, fusion atomique dans l'univers, principes mathématiques des étoiles, la gravité des planètes, la création des éléments venant des soleil étant une soupe d’électrons & formant les atomes les plus divers, le fer, l'or, l'oxygène, l'hydrogène, sur toutes les planètes.
En cette combe à peine marquée, des ornes. On a du mal à imaginer le pays moutonné & désert il y a un siècle. Plus difficile encore de l'imaginer quelques siècles auparavant, verdoyant, cultivé, peuplé d'enfants, d'adultes & de vieillards.
Les arbres pourraient être notre berger. Ils ne possèdent pas de cerveau,
ne développent pas de technologie, n'ont pas de bras pour aimer ou combattre.
Leur voix sont les vents sept. Leurs yeux sont les feuilles vertes. Ils sentent,
écoutent, regardent, odorisent l'air alentour. Les signes qu'ils nous adressent
en l'instant sont sans nombre. Ils savent dire le temps de leur courte vie.
Ils savent dire le temps qu'il fit, & dire aussi le temps qu'il fera sans doute.
Le temps est leur outil, leur milieu, leur courage. Ils savent s'effacer
devant le tempétueux tempérament des vents de septentrion
& des zéphyrs déchaînés, tomber au sol enfin pour le fertiliser. Ils savent dire
la vie de Terre depuis avant l'invention des mammifères. Ils se tournent
en croissant vers le ciel pour ses lumières, ses jours, sa rosée, ses nuées.
En leur vieil âge ils cessent de croître, consacrent toute énergie eau & feu reçue
à fabriquer le sol pour leurs rejetons. Les abeilles, le vent les fécondent en
hybridations éternelles. Chaque arbre est différent de son voisin, chaque feuille
une forme qui lui est propre. Au vu de l'arbre, la notion d'espèce s'évanouit.
Nous petits hommes combattons ou méprisons une personne si un seul gène
diffère du notre ou si - détail encore plus minime - une seule de ses pensées
s'écarte de la doxa capitaliste enseignée aux facultés des décérébrés - de la haute
technologie pour gaspiller plus tandis que les pauvres ont froid, ont faim.
Les arbres travaillent jours & nuits sans projet décelable, dans l'instant seul.
Ils s'adaptent à tout, inventent sans cesse la vie nouvelle à venir - triple pléonasme.
Quand nous prendrons exemple sur un seul arbre livré à lui-même, un arbre
que nul humain armé d'un sécateur châtié n'aura mutilé, alors il y aura espoir.
Les humains filles & fils des arbres en voulurent s'écarter & devinrent dégénérés.
Les enfants sont des arbres.
7.2) les arbres, seuls producteur de la terre.
erixbd le 08/03/2016 : Connaît-on plus grande générosité que celle de l'arbre qui donne, nourrit & abrite tout un monde ?
marssfarm le 08/03/2016 : Des arbres on peut dire qu'ils sont des espèces parapluie. Le terme est mal choisi. Il évoque une influence étendue au-delà du seul espace occupé. Il vaudrait mieux parler d'espèces hôtes, observant que les arbres hébergent & nourrissent des êtres en nombre, mais ce mot fut déjà attribué aux porteurs de parasites, ce qui est une idée assez différente. Umbrella species - "dont le domaine vital est assez large pour que sa protection assure celle des autres espèces appartenant à la même communauté" - Ramade, 2002. Les humains furent dès l'origine une espèce parapluie. Avec l’avènement de la technologie qui induit notre perte de contact à la terre, nous tendons à réduire notre action au rôle de prédateurs pilleurs à l'image d'une personne retournant le parapluie pour s'en servir de lavabo... Les arbres occupent dans la nature une place très particulière plus cardinale que ce que convoient les idées réunies d'espèce parapluie & clé de voûte. Ils créent leur environnement :
C'est l'association des arbres & des humains qui accomplit les plus belles réalisations de ce monde. Les plantes conversent entre-elles & avec les éléments. A cause d'une durée de vie longue, les arbres acquièrent leur grande taille qui par sa dimension même génère un potentiel d'action puissant.
Francis Hallé montra qu'un arbre est plus qu'un individu. Il le compare à une colonie de coraux. Il montra aussi que le seul déchet que produisent les arbres est la lignine, source unique de l'humus, seule fertilité d'un sol à long terme & dans le flux du temps.
* espèce parapluie ou paravent - en écologie, dont l'étendue du territoire permet la protection d'un grand nombre d'autres espèces si celle-ci est protégée. Il s'agit donc d'une espèce dont l'espace vital est très grand, comme la loutre par exemple : pour protéger la loutre, la restauration de son habitat est essentielle, ce qui par voie de conséquence améliorera l'habitat d'un grand nombre d'espèces aquatiques. En utilisant des espèces au statut très médiatisé, comme le tigre ou le panda géant, on peut également permettre la sauvegarde de l'ensemble de leur biotope.
Voici une restanque ancienne envahie par la ronce. Dans la ronce des arbres peuvent s'installer. S'ils sont laissés grandir vieux, ils ébouleront progressivement le muret. En Agrinature, on ne fait pas de terrasses autres que les tsp qui se bâtissent d'elles-mêmes par la principale discipline d'une fréquentation du lieu selon les courbes de niveau. Pour accélérer la constitution d'une tsp, planter des arbres au point haut est utile ou comme ici les laisser se semer naturellement. Les murets se justifient lorsqu'on désherbe & met le sol à nu. Dans le cas de la photographie, si des arbres germent & grandissent au sommet du muret, cela aboutira au bout d'un siècle à la transformation de la restanque en tsp avec recouvrement du mur par de la terre, des racines & de la végétation. C'est le cas idéal car la tsp induit le didp qui est fabrication de sol & optimisation du climat.
Voici des boisements spontanés sur des terrasses anciennes de déprise agricole en climat de méditerranée. Nous voyons des pins sylvestres, maritimes, noirs, parasols, des peupliers blancs, noirs, gris, des chênes verts & blancs, des fruitiers sauvages...
vousamoi le 16/03/2016 : Oh qu'il est vilain ce pylône haute tension en arrière plan.
Des lignes à très haute tension doivent exporter l'excédent d'énergie produite dans la vallée du Rhône vers d'autres lieux de consommation. Il est probable que le même lobby industriel qui favorisa ces productions centralisées des années 1960 sous l'impulsion de l’État & des corps de métier formés aux grandes écoles, ait donné naissance aux mouvements qui œuvrent à freiner le développement des panneaux photovoltaïques & autres éoliennes domestiques. On a vu le président Giscard militer contre les éoliennes. Le président Sarkozy démantela le modèle de financement des entreprises d'installation de panneaux solaires. Ainsi le pays réside en sa nostalgie d'un temps glorieux que les destructions de la guerre & le colonialisme avaient permis. Il est temps d'avancer.
| transmute | transforme | |||||
| pas d'engrais | engrais-vert | nitrifères 3 | humus | 3 fruits | 1 printemps février | espace |
| ni taille ni greffe | forme naturelle | érudérales | en tige 1 | 1 bois tige | 3 été mai | 2 mouvement 1 |
| ne pas traiter | associations | érudérales | en rosette 4 | 4 feuilles | inter-saisons 5 | 3 chaleur 4 |
| non-désherbage | semis direct | épiphytaires | en touffe 2 | 2 fleurs | 2 automne août | 4 inertie 5 |
| non-labour | couvert constant | épiphytaires | rampantes 5 | 5 racines | 4 hiver novembre | terre |
| exemples | érudérale tige | potimarron | nitrifère tige | haricot | épiphytaire tige | pommier |
| érud. touffe | blé | nitrif. touffe | trèfle blanc | épiphyt. touffe | seigle | |
| érud. rosette | bette | nit. rampante | lotier marais | épiph. rampante | chiendent |
quatre groupes d'arbres à la Crau - (image missing) Nous voyons ici les arbres spontanés résiduels de la plaine de la Crau. Les quatre arbres reliques caractéristiques sont les peupliers, les pins, les chênes & les fruitiers. Parmi les peupliers citons le noir, le blanc, les baumiers, le grisard, le tremble. Parmi les pins, le pignon, l'Alep, les noirs, le maritime, le sylvestre. Les chênes sont la yeuse, le blanc ou pubescent, le tauzin, le liège. Les fruitiers seront l'amande, l'abricot, les pêchers, la prune, les cerisiers, le mahaleb, l'aubépine, les prunelliers, l'argousier, l'églantine, les pommiers, les vignes, le kaki, le kiwi, les noyers, les agrumes en leur extensive diversité & des espèces arbustes en grand nombre. En France le cyprès d'Italie ne semble pas se semer spontanément. En ces régions ventées ses haies sont encore utilisées bien que moins que jadis du fait de l'agrandissement des parcelles pour la mécanisation & l'expansion de la culture du blé sous l'impulsion des subventions agricoles qui multiplient l'usage des intrants - humicides & pétrole. Sans intervention humaine, la Crau se boiserait de bosquets & fourrés de peupliers aux semences légères. Près des peupliers, des pins & des fruitiers sauvages peuvent s'installer, semés de vents & d'oiseaux. Près des pins & fruitiers, des chênes peuvent s'établir dont les fruits doivent être apportées par des animaux, les geais & les planteurs d'arbres.
soils life inhabits/ low-tech modest wind turbines
9. fabricants des sols que la vie habite - makers of soils life inhabits - soils life inhabits- Le réchauffement de la planète ne sera pas enrayé quelles que soient les décisions prises, car chacun - chaque pays, chaque personne - veut accroître son revenu & dépenser de l'énergie est à la base de toute activité. Si nous voulons un job, nous devons avoir un véhicule, prendre des douches, etc... Si nous voulons une famille, nous devons chauffer la maison, vivre comme tout le monde, etc... Pour ne pas produire de gaz à effet de serre, il faudrait accepter de s'appauvrir & cela n'arrive jamais dans les faits. Nous ne nous appauvrissons en argent ou autrement qu'en soumission à des faits têtus qui nous y obligent. La finance qui nous gouverne & que nous élisons par politiques interposés, vise le toujours plus & fait feu de tout bois – tout autant pour construire que détruire sans distinction. C'est le cas de chacun avec de très rares exceptions : pour la plupart nous prenons le job qui se présente. Rares sont ceux qui refuseront un travail pour des raisons d'éthique, à cause d'un mode de vie qu'ils réprouvent ou de considérations écologiques. Seule la sagesse peut nous inciter à limiter nos désirs besoins. Par définition, le sagesse est rare.
Nous brûlerons probablement tous ces fossiles sans limite. Ces combustions ouvrent une ère géologique nouvelle – l'anthropocène. Le carbone étant la brique de la photosynthèse, le calcium & le magnésium des roches sédimentaires étant à la base de la fertilité minérale des sols, ces substances libérées par l'agriculture & les combustions joueront en faveur des productions à venir qui les consommeront en vue d'une abondance en humus, une surabondance écologique & les productions d'énergie à base soleil. La sagesse collective des humains saura éviter les désastres les plus cuisants & la disparition ultime. Il sera fait à ce sujet à l'instar du fait que les grands désastres en guerres nucléaires furent écartés contre l'attente des perspectives les plus pessimistes des années septante au siècle passé.
10. micro-éolien de basse technologie - Sur chaque maison une micro-éolienne de basse technologie produit ce que peut. - low-tech small wind turbines.
Les éoliennes (même industrielles) peuvent montrer vertu :
Les autres nuisances évoquées par les personnes qui croient s'affirmer en s'opposant par un principe couard à tout ce qui est minoritaire - les "anti-tout" comme nous pourrions les nommer - sont sans réel objet. L'ancien président Giscard d'Estaing fut un opposant aux éoliennes en son vieil âge, qui avait auparavant initié en nombre des centrales nucléaires & des autoroutes dont l'impact écologique est bien plus néfaste & durable en radioactivité & métaux lourds dispersés aux quatre ciels. Chaque maison pourrait avoir une micro-éolienne sur son toit. Elle produirait ce que peut.
1. la séquence muret/talus instable/planté ou tsp
dialogue des pétales de pavots dans l'esprit vent sans désherbage (photo effacée)
1. La drogue pétrole - La drogue pétrole induit gaspillages & pollutions par emploi des technologies dont l'objet est de nous droguer au pétrole.
Une de ces boucles (1) est vers la fabrication de vie (2) par la captation de l'énergie lumière soleil par les plantes, algues & cyanobactéries (3). L'autre est la chaîne trophique de consommation (4) vers l'humus (3), la fabrication des sols (5).
Dans la société humaine tout se complique car elle ne compte que trois types de producteurs : les forestiers (1), les agriculteurs (2) & les opérateurs de moulins d'énergie renouvelable - qui sont des formes diverses de l'énergie solaire (3). Tous les autres humains sont des consommateurs (4). Une seconde difficulté vient du fait que les productions se font à la campagne & les consommations à la ville (5).
Dans le monde vivant les plantes produisent (3), les consommateurs mangent le surplus (4) & les déchets deviennent du sol (5) en la boucle trophique vers l'humus (3). Dans les sociétés anciennes tout le monde ou presque était un tant soit peu producteur. Elles fonctionnaient à la manière des systèmes de nature. A cause des deux handicaps de la société moderne
Il est une différence notable cependant - celle du rendement ou efficacité. Les systèmes naturels & anciens peuvent être de faibles rendement car d'une part ils absorbent sans cesse de l'énergie solaire (3), d'autre part toute ressource inutilisée par un être - ce qu'un humain pourrait nommer déchet - le sera par un autre (2) & ainsi vie & mort se mêlent en un tourbillon permanent (4). Au moyen de ces trois faits l'idée d'efficacité dans la nature & dans les sociétés agricoles n'a que peu de sens. Il faut noter aussi que lorsque les sociétés d'antan dégradaient leur lieu de vie & leurs sols, elles migraient ensuite vers des contrées voisines ou lointaines.
Cette société moderne que nous voudrions n'a pas plus de rendement ou d'efficacité que les sociétés anciennes. En cela nous le voyons nous sommes demeurés des êtres de nature.
Pourtant avec l'industrialisation rendue possible par les trois sources fossiles d'énergie (3) – charbon (5), pétrole (4) & gaz (2) - gaspillages & pollutions apparaissent (1). Ces sources fossiles d'énergie sont des drogues, des dopants qui démultiplient nos actes. Pourtant nous demeurons toujours aussi inefficaces en tout. S'il nous était demandé d'être efficaces en permanence nous mourrions sous le stress en quelques heures ou quelques jours car notre constitution ne le permet pas. Aucun être de nature n'est efficace longtemps. Cela ne peut se produire que par bribes. Cette idée d'efficacité qui nous obsède est en fait une projection du mental du capitaliste qui souhaite exploiter la force de travail des personnes qu'il emploie en vue de faire croître son profit. Ici nous trouvons le lien entre finance, exploitation, gaspillages & pollutions. L'objet du capitalisme est de dégager un profit pour quelques individus désignés comme supérieurs en externalisant une partie des coûts à charge de la collectivité, de la nature ou d'une contrée lointaine. A force d'à force de répétitions l'idée nous fut infusée malgré nous.
Sous l'influence de la drogue pétrole (3) nous nous sommes départis des voies naturelles (4). Nous voudrions bâtir une civilisation mondiale coupée de la terre (5). Le pétrole nous donne l'illusion que cela se pourrait. Mais c'est impossible : tout l'indique en ce que nous voyons autour des êtres qui se disent ou se croient efficaces...
Il nous faudra regarder comment les êtres de nature fonctionnent, nous inspirer d'eux & recommencer de nous mêler à eux. Des inventions véritables apparaîtront mais il faudra tout de même retourner vers la terre au sens de s'humilier.
Si j'étais président, nous écririons un décret
pour que les automobiles roulent à gauche.
Et une semaine après, les camions aussi.
J'emmènerai le gouvernement tout en haut
de la tour Cifelle & nous contemplerions le carambolage,
le bouchon géant que sera devenu Paris.
Au bout de vingt-quatre heures d'embouteillage,
les véhicules tomberont en panne sèche l'un après l'autre.
Dans la ville paralysée, nous irons gambader.
Les automobilistes interloqués diront :
"Monsieur le président, faut-y rouler à droite ou à gauche ?"
"Faites comme vous voulez !
Je suis fatigué d'avoir à décider pour vous."
Dans les voitures immobilisées, nous planteront des arbres.
Sur les routes éclatées, nous sèmeront des haricots.
(photo effacée)
2. déchet, efficacité, gaspillage : recycler ou polluer
La nature si elle est très efficace - & tout ce que nous voyons alentour fut créé par les photosynthèses : les montagnes, les sols, les arbres & tous ce vit sous les cieux & sous la terre – l'est d'une toute autre manière que ce que le petit mental du petit homme perçoit :
En la communauté d'un écosystème chaque espèce même n'est rien qu'en ses liens aux autres. La structure solide inébranlable de la communauté est tissée des forces sans limite que sont :
(photo effacée)
3.1La dualité douleur génère de la misère.
marssfarm le 16/12/2015 : Erix ce n'est pas la première fois que tu anticipes sur la suite d'un article - déjà écrite mais pas encore publiée. "Like minds are alike."
Nous voyons le monde selon notre disposition intérieure.
L'observation de la vie nous montre un monde loin bien loin de l'idée d'efficacité telle que la conçoivent & perçoivent le mental, l'ego. Les techniques d’ingénierie sont des émanation des pensées (mental) dont la vue est par nature étriquée, tronquée. Aux problèmes générés par les carences en perspective du mental, nous confions au mental de trouver des solutions qui génèrent plus de difficultés encore. Le cercle ainsi tourne.
Les ingénieurs techniciens intelligents peuvent créer la mort, la destruction, le conflit car ils regardent le monde du point de vue étroit par deux minuscules fentes. Par les deux fentes l'ego regarde. Il cherche à comprendre, prendre en lui-même le vaste cosmos sans début ni fin.
La plupart des technologies & techniques sont inventées tout d'abord pour la guerre. Il n'est que peu d'exceptions. Les énergies fossiles aussi sont tirées du sous-sol auquel la mort toujours fut associée. Observez une automobile moderne. Son efficacité en énergie en l'usage courant par un conducteur ordinaire est de l'ordre de un pour-cent, soit la même efficacité que celle des charrettes de jadis, la même aussi que celle des premières voitures inventées il y a presque deux siècles. Chaque progrès permis par la technique s'annula d'un gadget superflu ajouté qui contredit le gain en efficacité qui aurait été possible.
Cet exemple pris au courant de nos vies voudrait juste montrer que la voie vue depuis l’œil de l'ingénieur technicien ne fonctionnera pas. C'est notre vision sur le monde & partant notre vision du monde qu'il nous faut élargir. Le cosmos semble chaos lorsque perçu à travers le chas de l'ego.
lescouleursdemyriam le 26/03/2016 : C'est ainsi que des giroflées et des fougères poussent dans les interstices de mon mur situé à l'ombre. Le mur végétal s'est crée seul.
erixbd le 18/12/2015 : Et du chaos naquit la vie... Nous sommes le résultat d'une pensée. Notre utilité est de rendre concret cette pensée, mais nous avons aussi le rôle de créer ces pensées pour que "l'être en qui nous sommes" grandisse à son tour... Ce tourbillon infernal est comme la conscience qui s'éveille... L'ingénieur pense & crée selon les besoin de... De l'humanité ? De la planète ? Du "système" maintenant, afin que tout soit rentabilité, productivité, & non qualitatif, je crois. http://erixbd.centerblog.net
vousamoi le 18/12/2015 : Les voitures de nos jours fonctionnent au CO2. Autrefois les voitures tournaient au crottin !
Exact. Les sept sources fossiles d'énergie sont respectivement :
Les trois autres formes d'énergie sont :
lescouleursdemyriam le 23/12/2015 : La nature & l'humanité ne sont-elles donc pas faites pour vivre ensemble ?
3.4 épiphytaires & érudérales
marssfarm le 15/03/2016 : Les épiphytes ne sont pas sans racines : elles ont des racines aériennes qui parfois contiennent de la chlorophylle. La plante de la photo est un romarin, buisson pouvant dans la nature atteindre deux mètres de haut. Il n'est pas une épiphyte, terme désignant des plantes qui n'ont que des racines aériennes & vivent couramment sous les climats tropicaux. En climats océaniques tempérés les épiphytes sont possibles en des cas d'exception. On voit par exemple des lichens accrochés aux branches des arbres, mais les biologistes ne les classent pas vraiment parmi les plantes.
Dire que des arbres comme les pins ou le romarin vivent sans sol n'est pas exact. Ils sont capables de débuter leur vie sur un milieu presque exclusivement minéral, ce qui correspond en pédologie à un sol de profondeur nulle. Installé sur ce sol inexistant, le pin ou le romarin insère sa racine en une fissure, fait éclater le roc par la pression de croissance de la racine & dissout le minéral par des substances chimiques secrétées. Les arbres c'est courant fabriquent le sol dont ils ont besoin à mesure de leur développement. Cela est vrai de tous les arbres, mais les résineux & plantes à feuillage persistant sont plus forts en ces processus pour des raisons liées à l'évolution & à la physiologie.
| transmute | transforme | |||||
| pas d'engrais | engrais-vert | nitrifères 3 | humus | 3 fruits | 1 printemps février | espace |
| ni taille ni greffe | forme naturelle | érudérales | en tige 1 | 1 bois tige | 3 été mai | 2 mouvement 1 |
| ne pas traiter | rotations | érudérales | en rosette 4 | 4 feuilles | inter-saisons 5 | 3 chaleur 4 |
| non-désherbage | mélanges | épiphytaires | en touffe 2 | 2 fleurs | 2 automne août | 4 inertie 5 |
| non-labour | couvert constant | épiphytaires | rampantes 5 | 5 racines | 4 hiver novembre | terre |
| exemples | érudérale tige | potimarron | nitrifère tige | haricot | épiphytaire tige | pommier |
| érud. touffe | blé | nitrif. touffe | trèfle blanc | épiphyt. touffe | seigle | |
| érud. rosette | bette | nit. rampante | lotier marais | épiph. rampante | chiendent |
3.5 - adaptabilité / endsam au moyen de eva & are / Si on plante un pépin de pomme ou un grain de blé dans la fissure d'un rocher, leurs chances de vie sans aide de notre part sont infimes. Ce n'est pas le cas d'une graine de pin d'Alep ou d'une graminée sauvage. Là est la différence entre les épiphytaires d'une part & les érudérales d'autre part qui ont besoin de sol, de matière organique déjà présente pour prospérer. Dans la nature, beaucoup parmi les plantes dites spontanées - qui sont en fait des installées depuis longtemps en une région - sont des épiphytaires. Dès qu'une plante se déplace ou est sélectionnée pour l'agriculture - en agriculture les deux vont de pair - elle peut devenir une érudérale. Il existe deux sortes de plantes aux semences mobiles.
Les frênes ont des fruits volants nommés samares qui leur permettent de se déplacer au loin. Ils sont de ce fait des colonisateurs tardifs par exemple d'un vallon ouvert au sol frais & fertile & à ce titre des érudérales typiques. Pourtant dans le cas de sols plus secs & moins nourris, les frênes savent s'adapter en se nanifiant, adoptant une croissance plus lente & une morphologie de plantes de milieux secs. Leur seule exigence stricte semble être un besoin d'une abondance de lumière. Une forêt de frênes n'est de ce fait pas un milieu stable & c'est pourquoi leurs fruits légers, ailés volent.
En ce qui touche à l'observation des plantes cependant aucun savoir n'est définitif : les végétaux plus on les observe nous surprennent toujours, nous révélant tôt ou tard ce que nous croyions impossible.
| transmute | transforme | ||||||
| pas d'engrais | fabacées EVA | nutrition couvert | nitrifères 3 | humus | 3 fruits | 1 printemps février | espace |
| ni taille ni greffe | forme naturelle | verger potager | érudérales | en tige 1 | 1 bois tige | 3 été mai | 2 mouvement 1 |
| ne pas traiter | mélanges | densité date | érudérales | en rosette 4 | 4 feuilles | inter-saisons 5 | 3 chaleur 4 |
| non-désherbage | semis direct | espèce variété | épiphytaires | en touffe 2 | 2 fleurs | 2 automne août | 4 inertie 5 |
| non-labour | couvert ARE | associations | épiphytaires | rampantes 5 | 5 racines | 4 hiver novembre | terre |
| exemples | érudérale tige | potimarron | nitrifère tige | haricot | épiphyt. tige | pommier | |
| érud. touffe | blé | nitrif. touffe | trèfle blanc | épiphyt. touffe | seigle | ||
| érud. rosette | bette | nit. rampante | lotier mar. | ép. rampante | chiendent |
Cedrus atlantica - Sur sol ancien fossilisé en climat aride, un reboisement en cèdres des montagnes d'Algérie & Maroc. La production de bois d’œuvre est espérée à l'échéance d'un demi-siècle en équivalence d'une forêt de chêne en un climat où les chênes indigènes demanderaient plusieurs siècles pour un résultat équivalent. Autour des arbres plantés, la forêt mixte de pins & chênes se reconstitue. Le cèdres ont en outre la qualité de fabriquer du sol avec la célérité propre aux conifères. Voyez leur verticalité. Elle implique des racines qui s'enfoncent avec dynamique, mangent la roche au-dessous du sol & boivent en l'eau qu'elle retient & contient.
Celles & ceux qui croient le cèdre un étranger hétérochtone pensent-ils que Gibraltar soit une frontière autre que géopolitique ? En des temps reculés, les résineux furent exterminés d'Europe par nos ancêtres qui se chauffaient au bois & chassaient des sangliers mangeurs de glands. L'idée de plante indigène s'efface dès que nous prenons de la hauteur en temps & distance. Il est deux formes en écologie comme en politique.
4.1 - la voie du ciel & celle de la terre
Nous le voyons, ces deux voies ne font qu'une, celle du spirituel ou de l'intellect (1)
& celle du pragmatisme ou de la matérialité (5).
Entre ciel & terre petit humain peut se croire centre du monde. Or l'égoïste tôt ou tard se retrouvera seul & c'est bien là ce qui menace notre espèce, une grande solitude de mort lorsqu'elle aura éliminé toutes les autres, un "silent spring" à portée planétaire, la tristesse de ne plus voir d'autres formes de vie que la notre plus des champs de blé clones.
4.2 rajeunir les troncs & fortifier ainsi la racine / Deux chênes pubescents jumelles en passe de re-stabiliser le talus. Il est probable qu'ils y réussissent. Il sera bon de les recéper afin de rajeunir les troncs & fortifier ainsi la racine.
L'empereur de Baroda en Inde institua au dix-neuvième siècle la gratuité de l'eau potable, de l'éducation & de l'accès à la médecine. Ces trois biens vitaux ne doivent pas faire l'objet de commerce : il est criminel d'en faire profit car la vie de chacun en dépend. L'eau pour la santé, l'éducation pour le mental, & la médecine pour le cœur.
delta17 le 11/04/2016 : Que la nature reprenne ses droits ! La terre gronde - ne pas chercher pourquoi ! L'homme n'en prend pas soin : l'avenir est entre les mains de nos enfants.
erixbd le 15/04/2016 :
Ici nous avons une idée de ce que le talus peut devenir s'il est parcouru & laissé couvert de végétation.
4.3 les mieux adaptés aux conditions en sol & climat.
Leur présence est nécessaire en mélange des autres espèces car ils sont les plus dynamiques fabricateurs du sol & les arbres les mieux adaptés aux conditions écologiques - sol & climat - ici.
4.4 destruction & reconstruction / jardiniers de la terre
La séquence au fil des siècles s'écrit comme suit :
Il est à noter qu'en agrinature, nous procédons de manière inverse, conservant un couvert permanent autant que possible & laissant les tsp* apparaître en conséquence d'un parcours selon les courbes de niveau.
lescouleursdemyriam le 17/04/2016 : Je n'avais pas vu le mur, bien caché en dessous. J'aime quand la nature reprend le dessus. Contrairement à l'homme, elle s"adapte & survivra.
Ici la terre recouvrit complètement le muret ancien. Le talus est de ce fait devenu instable & s'érode. L'agriculteur ne se sent pas concerné par ces questions. Il irrigue la vigne & c'est à ses yeux l'essentiel. Nous sommes loin de l'agriculture naturelle. Pourtant ce talus en sa forme moderne correspond à la bordure d'une tsp. Si rien n'est fait, il se peuplera de plantes qui par leur présence le tiendront.
5.1 - Zarathoustra / nourrir les pauvres ou l'égoïsme
Le réchauffement général de la Terre concrétise la puissance du mental humain. Rendons-nous à l'évidence : le fait est que nous souhaitons collectivement ce réchauffement. La chaleur & la nudité coïncident avec notre culture l'idée que nous avons du paradis. Cela concerne surtout les dominants de ce jour, les sociétés les plus riches qui peuplent surtout les régions de climats dits tempérés. Nous nous inquiétons des changements géopolitiques que le réchauffement risque de générer. C'est surtout une réaction conservatrice : nous nous soucions des coûts induits en primes d'assurance que générera l'augmentation de la turbidité de l'atmosphère résultant de la tropicalisation de la planète, & les compagnies d'assurance font de grands profits des tempêtes multipliées. Mais au fonds, ce que nous voulons avant tout c'est croître. Même les personnes qui prônent la "décroissance" en réalité ne vivent pas sans argent. Ils ont des enfants qu'ile souhaitent voir prospérer. La croissance du produit intérieur brut – p.i.b. - implique d'augmenter les dépenses en énergie. La croissance la plus facile se fait par le gaspillages, car il se compte dans la mesure du p.i.b. indistinctement les constructions & les destructions. Ce qui motive l'accroissement du p.i.b. sont les profits en taxes & usure prélevés par les politiciens & les financiers respectivement. Nul surprise donc que ces deux castes dominantes s'unissent à vouloir cette croissance sans fin qui est un suicide collectif de notre espèce. La croissance est le fait des enfants, n'est-ce pas ? Les financiers & leurs serviteurs politiciens sont des vieux qui poursuivent des rêves de croissance enfantillage. Ils nous embrigadent dès l'enfance à le croire.
Chacun en occident (& ailleurs) ne rêve que de chaleur, de beau temps, de chauffer la maison les fenêtres ouvertes, de ne plus jamais marcher, même pour se rendre à la boulangerie voisine ou pour faire un kilomètre. Dans les faits donc, nous voulons ce réchauffement. La presse en conformité à son sujet, fait son beurre des inquiétudes & peurs nouvelles apparues que les changements en vue suscitent. Cette peur est celle des gens d'occident de perdre le privilège de classe dominante acquis au cours des siècles passés au moyen de la colonisation.
| nourrissement | contrôle | |||||
| pas d'engrais | engrais-vert | nitrifères | humus | 3 fruits | 1 printemps fév. | espace |
| ni taille ni greffe | forme naturelle | érudérales | en tige | 1 bois tige | 3 été mai | 2 mouvement 1 |
| ne pas traiter | associations | érudérales | en rosette | 4 feuilles | 5 inter-saisons | 3 chaleur 4 |
| non-désherbage | semis direct | épiphytaires | en touffe | 2 fleurs | 2 automne août | 4 potentiel 5 |
| non-labour | couvert constant | épiphytaires | rampantes | 5 racines | 4 hiver nov. | terre |
| transmute | transforme | ||||||
| pas d'engrais | fabacées EVA | nutrition couvert | nitrifères 3 | humus | fruits | 1 print. fév. | espace |
| ni taille ni greffe | form.naturelle | verger potager | érudérales | en tige 1 | bois tige | 3 été mai | 2 mouvem. 1 |
| ne pas traiter | mélanges | densité date | érudérales | en rosette 4 | feuilles | inter-sais. 5 | 3 chaleur 4 |
| non-désherbage | semis direct | espèce variété | épiphytaires | en touffe 2 | fleurs | 2 autom. août | 4 inertie 5 |
| non-labour | couvert ARE | associations | épiphytaires | rampantes 5 | racines | 4 hiver nov. | terre |
| exemples | érudérale tige | potimarron | nitrifère tige | haricot | épiphyt. tige | pommier | |
| érud. touffe | blé | nitrif. touffe | trèfle blanc | épiphyt. touffe | seigle | ||
| érud. rosette | bette | nit. rampante | lotier mar. | ép. rampante | chiendent |
marssfarm le 08/11/2018 : Les photos de cet article montrent les lieux d'une prise de conscience écologique permettant d'apprendre à lire les paysages. C'est un apprentissage constant. Au début on ressent, pressent, découvre la splendeur des forces gigantesques en jeu dans la nature où nous ne sommes presque rien. Plus tard au cours des ans on peut commencer à saisir les mécanismes qui animent l'énergie des atomes & des êtres. Ils sont de 3 sphères - physiques, mentale & spirituelle.
prairie fleurie / l'île de Vassivière 13mai14
flowers & weeds - fleurs des campagnes
| familles | genres | familles | genres | familles | genres |
| amarantes | Aquifoliacées | houx | Cistacées | hélianthème | |
| Apiacées | angélique | aristoloches | herbe d'or | ||
| ombellifères | berce | Arum | cornouillers | ||
| boucage | basalmines | impatiente | Convolvulacées | liseron | |
| carotte | Boraginacées | buglosse | cuscute | ||
| cerfeuil | consoude | Crassulacées | orpin | ||
| cigüe | grémil | Cucurbita | bryone | ||
| carvi | pulmonaire | Dispacacées | cardère | ||
| cumin | Myosotis | Knautia | |||
| buplèvre | vipérine | scabieuse | |||
| panais | Brassicacées | alliaire | Eleagnacées | argousier | |
| panicaut | crucifères | alysson | Erica | airelle | |
| persil | bourse à pasteur | bruyère | busserole | ||
| sanicle | cameline | arbousier | Calluna | ||
| Astéracées | achillée | cardamine | Euphorbes | mercuriales | |
| composées | anthémis | cresson | Fabacées | astragale réglisse | |
| armoise | diplotaxis | légumineuses | bugrane Ononis | ||
| Arnica | drave | papilionacées | coronille | ||
| bardane | herbe.de.Sainte-Barbe | fer à cheval | |||
| bleuet | lunetiaire | genêt | |||
| camomille | Lunaria | gesse (Lathyrus) | |||
| centaurée | moutarde | grande gesse | |||
| chanvrine | passerage | gesse des prés | |||
| chardon | pastel | gesse printanière | |||
| chicorée | ravenelle | gesse de montagne | |||
| cirse Cirsium | tabouret | gesse tubéreuse | |||
| crépis | Butomes | jarosse | |||
| épervière | Campanule | raiponce | lotier | ||
| Erigeron | Cannabacées | houblon | luzerne | ||
| inule | Caryophyllacées | céraiste | mélilot | ||
| laiteron | compagnon | minette | |||
| laitue | gnavelle | pied de lièvre | |||
| lampsane | gypsophile | sainfoin | |||
| liondent | herniaire | tétragonolobe siliqueux | |||
| marguerite | Lychnis | trèfle couché | |||
| matricaire | mouron des oiseaux | trèfle doré | |||
| paquerette | nielle | trèfle intermédiaire | |||
| pissenlit | oeillet | trèfle des montagnes | |||
| pas d'âne | sagine | trèfle des prés | |||
| salsifis des prés | saponaire | trèfle rampant | |||
| sarette | silène | trèfle renversé | |||
| séneçon | stellaire | jarosse.Vicia.cracca | |||
| solidage verge d'or | chénopode | arroche | vesce.des.haies | ||
| tanaisie | salicorne | vesce.à.4.graines | |||
| tussilage | vulnéraire | ||||
| familles | genres | familles | genres | familles | genres |
| Fumaria | fumeterre | Malva | mauve | renoncules | aconit |
| Geranium | bec de grue | Olea | troène | adonis | |
| herbe à Robert | onagre | circée | anémone | ||
| Erodium | épilobe | ancolie | |||
| gentianes | erythrée | Orchis | céphalanthère | clématite | |
| Globulaires | orchidées | Epipactis | Helleborus | ||
| Guttifères | millepertuis | Listera | hépathique | ||
| Hydrocharitacées | élodée | néottie | pigamon | ||
| nénuphar | ophrys | pulsatille | |||
| Iris | Crocus | sabot de Vénus | rose de Noël | ||
| Lamium | brunelle | Oxalis | souci d'eau | ||
| lamier | bugle | Papaver | coquelicot | trolle | |
| calament | pavot | corydale | Reseda | ||
| épiaire | chélidoine | Rubiacées | aspérule odorante | ||
| Galeopsis | piroles | gaillets | |||
| germandrée | plantains | shérardie | |||
| lierre terrestre | Plombaginacées | gazon | Rutacées | fraxinelle | |
| lycope | pourpiers | saxifrage | dorine | ||
| menthe | polygales | scrophulaires | bouillon blanc | ||
| origan marjolaine | Polygonacées | oseille | faux bouillon blanc | ||
| pied de loup | sarrasin | renouée | digitale | ||
| sauge | Rumex | gratiole | |||
| scutellaire | linaire | ||||
| thym | potamots | mélampyre | |||
| Lemnacées | lentille d'eau | Primula | coucou des prés | molène | |
| Lilia | ail des ours | primevère | mouron rouge | pédiculaire | |
| lis | ail des vignes | monnoyère | rhinanthe | ||
| colchique | Rosa | agremoine | Veronica | ||
| gagée | pomme | Alchemilla | Solanum | belladone | |
| hépathique | cerise | benoîte | tomate | datura | |
| muguet | fraisier | p.de terre | jusquiame | ||
| Muscari | potentille | tabac | morelle | ||
| parisette | pimprenelle | Typhacées | massette | ||
| sceau de Salomon | reine des bois | Urtica | ortie | ||
| scille | reine des prés | Utriculaires | |||
| lins | ronce | valérianes | mâche | ||
| Lythracées | salicaire | spirée | Verbena | verveine | |
| Viola | pensée sauvage |
En l'esprit fertile de deux enseignants du lycée agricole d'Ahun, germa l'idée d'un renouveau de la prairie fleurie que Gilles Clément sema déjà par deux fois sur l'île de Vacivièra.
Cette longue prairie de bonne pente vient mourir dans le lac. Tout en bas, le sentier des randonnées & promeneurs l'interrompt. Ici à Vassivière, le climat est froid & les précipitations abondantes. L'exposition sud, la proximité de l'eau & la réverbération de la lumière sur la bande de bois au sud, sans doute adoucissent un peu le climat localisé de la parcelle.
Du fait de l'abondance des précipitations, il n'est pas satisfaisant à l'agronome naturaliste vraiment de voir même un pré ainsi sur une si longue pente sans interruption. Si nous regardons le terrain, nous verrons que jadis existaient des limites, des subdivisions de la parcelle dont quelques traces demeurent. C'est la mécanisation de l'agriculture qui imposa la nécessité de grouper les petites parcelles d'autrefois.
Les forêts sont capables d'absorber toutes les pluies qu'elles reçoivent. Une part de ces précipitations ira alimenter les nappes phréatiques ou la nappe d'eau du sol & l'autre sera évaporée pour rendre possible la photosynthèse à chaque strate de végétation du peuplement forêt. Les racines de leurs arbres ouvrent le sol en profondeur & une fois sa limite atteinte, savent l'approfondir encore, s'insérer dans les fissures de la roche pour y poursuivre leur dynamique. L'humus qui s'accumule en sous-bois est tendre & brut. Il rend de ce fait le sol apte à stocker beaucoup d'eau. C'est pour les deux raisons de la taille des arbres & de leur longévité que les forêts mixtes sont considérées en climat tempéré être le climax de la végétation, la couverture optimale du sol qui partout s'installera au bout d'un temps donné si les humains ne faisaient rien.
La situation d'une prairie n'est pas la même. Elle a besoin pour pérexister d'herbivores qui la maintiendront. En un sol utilisé par l'agriculture sur une telle pente, le ruissellement n'est pas nul. Les précipitations sont absorbées pas la couverture vivante qu'est l'ensemble prairie-sol. Lorsque l'eau y pénètre, nous nommons ce flux lessivage vertical. Des éléments minéraux fins comme les argiles & les colloïdes d'humus sont entraînés vers le bas par l'eau qui percole. A une profondeur donnée, l'eau atteindra la roche mère imperméable de granite ou une forme altérée mais compacte de cette roche, imperméable aussi car riche en argiles blanches du type kaolin. Lors commence ce que nous nommons lessivage horizontal, une migration lente de l'eau dans le sol vers le bas de la pente.
En cas de précipitations prolongées qui saturent complètement le sol en eau, ou au contraire à l'occasion d'orages d'été soudains, un ruissellement de surface presque invisible advient qui est lui aussi un lessivage horizontal. C'est ainsi qu'une part des argiles & colloïdes d'humus migrent chaque année vers l'eau du lac sans que jamais personne ne le sache, sans que nul ne l'entende ni le voie.
Autrefois, avant le gigantisme des machines, avant que le lac n'existe, les parcelles étaient plus petites & les talus, interruptions entre elles formaient des barrières qui freinaient, ralentissaient, limitaient ces flux.
Un talus qui demeure en place longtemps au bas d'une parcelle, l'établit lentement en terrasse. Si le talus n'est pas traversé par les animaux de bétail & peu par les humains, il se trouvera tôt planté d'épineux d'abord, comme les épines blanche – l'aubépine - & noire – le prunellier - dont les graines sont apportées par les oiseaux qui en mangent les fruits. Les épineux constituent le stade premier - la fruticée ou lande à fruitiers - du boisement de cette forêt en raccourci que deviendra la haie à naître. A partir de ce point, les épines vont tenir écartée du talus la dent de l'herbivore. Sous leur protection, d'autres graines d'arbres germeront, apportées par les vents, oubliées par les geais, les écureuils & les mulots.
Lorsque la haie existe enfin, elle remplit le même rôle qu'une forêt en ce qui concerne l'ouverture du sol aux pluies fertilisantes & la digestion du roc en genèse du sol. Sur la terrasse en voie de se constituer, le lessivage va nourrir plus le bas de celle-ci, juste avant le talus dans le sens de la pente. Du fait que la migration de l'eau & des micro-nutriments qu'elle contient est ralentie par le talus, en les points les plus bas de la terrasse en train de se construire, le sol & les plantes seront plus nourris. C'est ce différentiel de nutrition entre le haut & le bas de la terrasse est ce qui la constituera, la nivellera au cours des années.
Ici, la pente est longue. Nous allons créer une interruption de l'usage de la prairie au bas de la parcelle. Nous n'allons pas planter une haie qui pourrait vraiment amorcer la recréation d'une pseudo-terrasse. La prairie fleurie sera une zone inexploitée, une aire d'observation qui va nous enseigner. Elle va remplir le rôle de filtrer & recueillir une part au moins des eaux du lessivage horizontal de la prairie. Voyons au fil des ans qui vont venir si le phénomène cité plus haut se produit, si son sol commence de gonfler aussi comme cela était sur l'amont des talus avant qu'on ne les arase.
projet du renouveau de la prairie fleurie de Gilles Clément sur l'ïle de Vassivière le 13 mai 2014
L'altitude du bas de la parcelle est de 650 m. Il s'agit d'un pré de trois hectares orienté vers le sud. A l'ouest, un bois mixte sur un sol peu profond. A l'est & en lisière haute, un bois feuillu sur sol de profondeur moyenne. Un sentier de randonnée borde le lac au bas de la parcelle.
A une équidistance de 5 à 10 m du chemin courbe, nous envisageons de semer une bande de prairie fleurie sur une largeur de 10 m, ce qui représente une surface de 1500 m².
La région de Vassivière est d'un climat de montagne à tendance océanique, très humide avec des températures basses & de nombreuses gelées. Les chutes de neige sont fréquentes en hiver ainsi que les brouillards. Le nombre médian de jours de précipitations supérieures ou égales à un millimètre est de 150 par an. La température moyenne annuelle journalière est 9° C. En médiane le nombre de jours de neige est de 25 par an. La pluviométrie moyenne est 1390 mm à Beaumont-du-Lac & 1550 mm à Royères-de-Vassivière. La température moyenne minimale à Peyrat-le-Château est 3,4°C.
Le long du bois à l'ouest, l'exposition est plein sud & la pente de l'ordre de 40 %. Au centre, la pente est de dix pour cents vers le sud-sud-est. Le long du bois à l'est, l'exposition est sud-est & la pente de 20 % environ.
Le mardi 25 mars; nous explorâmes les lieux. Les élèves firent un recensement de la flore herbacée & l'observation du profil du sol près de la limite ouest & au centre de la future bande. Le sol est de couleur sombre & de texture légère, de structure glomérulaire, sans tassement ni hydromorphie. Au centre de la bande, il est profond, lessivé, très riche en humus brut & humifié sur tout le profil. La flore inclut un grand nombre d'espèces dont une part notable indiquent une acidité, sans excès cependant. Aux extrémités ouest & est, le sol est de profondeur moyenne.
Un inventaire floristique de la prairie avant semis figure plus bas.
La vallée de la Maulde fut mise en eau à Noël en 1950. Un syndicat exploite les terres agricoles de l'île. La parcelle est parfois utilisée comme pâture, mais le plus souvent seulement pour la fauche.
façons culturales
le mardi 13 mai, préparation du sol par un labour très superficiel selon les courbes de niveau & en versant vers le haut ½ heure
hersage en longueur ½ heure
semis à la volée par les étudiants 1 heure
rouler la prairie 1 heure
Selon la quantité de graines dont nous disposerons, nous ajusterons la quantité par des semences de fabacées ajoutées pour atteindre la densité de 3 g / m² ou 30 Kg / ha. Les semences sont coupées de 2 volumes de sable sec pour favoriser leur dissémination. Les graines plus grosses sont semées ensuite.
Le tracteur & la charrue seront loués par le centre. Jean-Pierre Bény peut fournir au besoin une herse pour le tracteur & alternativement un rouleau de deux mètres à tirer par tracteur ou deux rouleaux plus légers qui seront tirés par les élèves selon les courbes de niveau.
Les fournisseurs qui répondirent à ce jour sont :
les jardins de Sauveterre de Jacques & Colette Girardeau à Moutier-Malcard,
graines de vie de Vincent Bourbon à Mérinchal,
le jardin du naturaliste d'Olivier Tranchard dans l'Oise,
le Biau-Germe de Philippe Catinaud dans le Lot-&-Garonne,
Perrine Garreau, la Valette, 23 110 Saint-Priest.
septembre
Nous réserverons un quart des semences pour un semis de septembre sur une bande complémentaire de 10 m de large le long du bois à l'est sur une longueur de 50 m au maximum. Le travail du sol pourrait être l’œuvre des étudiant armés d'une douzaine de grelinettes. Travailler à la main est une manière d'apprendre sans égale. Le second avantage de cette façon culturale est sa grande simplicité de mise en œuvre compte-tenu du fait que le centre d'art & du paysage ne dispose pas de matériel propre.
Le même travail pourrait être envisagé ensuite chaque année afin d'entourer au fil des ans toute la parcelle. A raison de 50 m par an, cela prendrait de cinq à sept ans. Recommencer l'opération présente plusieurs avantages. Cela permettrait à plusieurs promotions d'élèves d'y participer, d'élargir & affiner la liste des espèces, de renouveler la présence des annuelles & d'inviter à participer au projet les particuliers, les associations, les botanistes & les étudiants qui y le jugeraient d'intérêt.
Cette continuation offrirait à un grand nombre de botanistes & naturalistes l'occasion aussi d'observer une prairie fleurie dans le temps & sur les divers biotopes de la parcelle. Selon l'altitude & l'exposition sur cette parcelle de quatre ou trois hectares entourée de bois, il est probable qu'une grande diversité d'espèces se manifesteront diversement à cause des différences de condition du sol & d'ombrage aux divers lieux.
Des personnes habilitées pourraient par la suite récolter dans la prairie une part des semences en vue de les diffuser ou simplement les ressemer en d'autres points de la prairie fleurie.
Le caractère intensif de l'agriculture moderne induit les paysans à regrouper les parcelles & de ce fait réduire les marges où les plantes sauvages trouvaient autrefois par habitude leur habitat. Nous allons ici volontairement récréer une marge large qui deviendra un lieu permanent d'observation de ces plantes que nous connaissons si peu.
Nous avons encore, inscrite en nous la peur du sauvage, tandis que nous découvrons par intuition surtout que sans la diversité biologique, notre espèce même serait menacée. Les fleurs des champs inventèrent toutes une stratégie différente de survie en un monde où peu savent même les regarder. Il est parmi elles des comestibles aux qualités nutritives précieuses, reconnues, des médicinales aux vertus parfois même oubliées, des plantes enfin autrefois cultivées pour un usage industriel, comme les tinctoriales par exemple.
Hormis la joie que beaucoup ressentent à les apercevoir sans raison, c'est de la sagesse des simples que nous pouvons apprendre : c'est de leur persistance à exister quoiqu'il arrive & sans aide dont nous sommes affamés.
| Annuelles | Bisannuelles | Vivaces |
| bleuet des champs | bouillon blanc | achillée millefeuille |
| bourrache officinale | cardère | achillée ptarmique (perle) |
| chénopode blanc | chicorée | ancolie commune |
| chrysanthème des blés | digitale pourpre | campanule agglomérée |
| lin bleu usuel | julienne des dames | campanule à feuilles rondes |
| nielle des blés | mélilot officinal | campanule raiponce |
| phacélie | onagre de Lamarck à sépales rouges | fenouil |
| coquelicot | onopordon acanthe (pet d'âne) | géranium des prés (champs) |
| violette des moissons | vipérine commune | scabieuse des champs Knautia arvensis |
| adonis | Reseda luteola | lotier corniculé |
| dracocéphale de Moldavie | matricaire inodore | marguerite des prés |
| lin rouge | mélilot blanc | mauve musquée |
| nigelle de Damas | carotte sauvage | oeillet des chartreux |
| anthemis des moissons | molène noire | saponaire officinale |
| corydale pâle | molène phlomoides | scabieuse colombaire |
| fumeterre officinal | onagre bisannuelle | compagnon blanc Silene latifolia |
| immortelle annuelle | salsifis des champs | véronique en épi |
| mouron des champs | sauge sclarée | lin jaune |
| myosotis | molène blattaria | lin vivace |
| pied d'alouette | pavot de Californie | millepertuis |
| ravenelle | lupin blanc | plantain lancéolé |
| renouée des oiseaux | verges d'or | |
| spergule des champs | pimprenelle | |
| violette commune | tanaisie | |
| tournesol | centaurée scabieuse | |
| moutarde | compagnon blanc Lychnis dioica | |
| potimarron | Lupinus perennis | |
| potagères mélange | mauve alcée | |
| cameline | valériane rouge (des murs) | |
| gesse | agastache anisée | |
| trèfle incarnat | bec de grue | |
| trèfle de Perse | buglosse | |
| trèfle d'Alexandrie | campanule fausse raiponce | |
| vesce des champs | campanule des prés | |
| vesce des haies | campanule à feuille de pêcher | |
| vesce cracca | épilobe en épi | |
| vesce d'automne | lin jaune | |
| vesce velue | lin vivace | |
| lupin de Russel | ||
| millepertuis | ||
| pavot de Californie | ||
| potentille | ||
| Reseda lutea | ||
| silène blanc | ||
| topinambour | ||
| --- |
La haute philosophie de Gilles Clément ouvre nos perceptions vers une voie nouvelle d'agriculture.
C'est bien l'idée du jardin en mouvement qui se mit en place dans la prairie céréale à la ferme de mars, avant que nul d'entre-nous n'ait lors encore lu ses ouvrages. Il est des divergences entre le "ne rien faire" de l'agriculteur Fukuoka qui comme paysan cherchait toujours à enrichir le sol en vue de produire autant qu'il est possible tout en continuant à le fertiliser, & le "faire avec" de l'ingénieur horticole Clément qui appauvrit quelques points choisis d'un terrain, sachant que de la diversité surgira du besoin de combler le vide ainsi créé.
Notre rencontre avec le concepteur de ce jardin naturel où les plantes décident avant le jardinier, nous oriente en des horizons nouveaux, nous permet d'apercevoir la richesse qu'engendre la pauvreté. Un milieu pauvre se voit colonisé de beaucoup d'espèces qui chacune développe une solution différente à la question que cette faible fertilité pose. En un milieu riche en revanche, le nombre d'espèces se réduit, laissant la place aux quelques unes d'entre-elles les plus adaptées au lieu ou les plus voraces.
La nature enrichit toujours les lieux où nous la laissons faire. Elle le fait par les excès d'une production optimale & continue. Elle le fait par accumulation des déchets du vivant qui par recyclage tôt deviendront nourritures à l'étape suivante dans la chaîne alimentaire & ainsi une source de fertilité.
Ce que recherchent les jardiniers naturalistes comme Gilles Clément & Oliver Tranchard est d'appauvrir des points particuliers du jardin pour y laisser les phénomènes spontanés advenir, des plantes s'y installer en suite de la libération d'espace ainsi créée. Le travail des jardiniers en un jardin en mouvement sera surtout d'observation & d'observance, puis d'interventions précises, ponctuelles & volontairement limitées dans le temps & l'espace.
En agrinature, nous visons surtout à enrichir le sol, à le protéger des érosions. La perspective de ne plus craindre la pauvreté, allant jusqu'à la créer en quelques points choisis, ouvre une porte vaste vers une agriculture à naître.
Observer sans cesse, n'intervenir que par occasion, laisser aux processus naturels toute leur place sont trois êtres communs à l'agrinature & au jardin en mouvement.
En la pratique du jardinage fondé en certitudes & habitudes, l'appauvrissement est une action constante, largement dominante par le moyen des tontes, tailles, désherbages, brûlis & brûlage, destruction des rémanents ou même leur envoi en déchetterie désormais courant. En son jardin d'agrément, le jardinier détruit sans cesse les productions en une recherche constante de l'apauvrissement du terrain. Fertiliser signifierait une production accrue & donc d'avoir à couper, tailler ou tondre plus encore. A l'inverse en la part souvent restreinte du jardin dévolue au potager, il lui est loisible d'importer des fertilisants achetés à vil prix. Ces deux attitudes antagonistes sont rendues possibles par l'usage d'un grand nombre de machines, par une surabondance de l'énergie tirée du pétrole. Elles sont héritées d'un passé où la conscience écologique n'avait pas encore germé.
Les jardiniers bio en la force de l'âge, conscients du caractère précieux de toute biomasse, recyclent quant à eux toutes les matières produites par le jardin. Ils savent que rien ne vaut l'autofertilisation par laquelle des composts & mulchs riches de nombreux micro-nutriments & dépourvus de polluants ou toxiques sont obenus.
Sur une ferme d'antan, ces phénomènes d'appauvrissement & fertilisation différentiels existaient aussi. Le fumier était utilisé surtout au potager familial près de la maison, ce qui représentait une migration de la fertilité depuis la totalité de la ferme en direction concentrique vers le lieu d'habitation, le corps de ferme. Une exploitation des parcelles les plus éloignées des bâtiment pour la fertilisation des parcelles les plus proches existait bien, mais ces migrations se limitaient sur l'espace global d'une ferme qui fonctionnait comme une entité autonome en matière de fertilité.
L'éco-système de la ferme familiale fonctionnait par l'usage de deux voies. D'une part, les eaux sales de la maison étaient recyclées dans la nutrition du sol. D'autre part, il s'agissait à l'échelle de la ferme d'une auto-fertilisation : les migrations de matière se limitaient à la ferme, depuis ses parcelles périphériques vers les plus centrales.
Dans l'assolement classique d'une céréale en suite de plusieurs années de prairie, les mêmes processus de transfert de fertilité sont manifestés, mais dans le temps : la moisson prélève une grande part du stock d'azote d'une parcelle sur sol pauvre, puis la prairie ensuite, avec l'aide précieuse, l'action naturelle des animaux de bétail domestiqués, se charge de reconstituer en trois à cinq ans ce stock prélevé.
Pourquoi Masanobu Fukuoka voulut-il être le champion du monde de la productivité en son champ de céréales ? Sans doute voulut-il démontrer la validité de sa méthode. Sa pratique pourtant n'était pas d'auto-fertilité.
En la rencontre avec Gilles Clément, je perçois la direction que doit prendre désormais l'agrinature, celle d'une méthode inspirée de Fukuoka, mais avec comme guide de conduite de volontairement limiter à l'auto-fertilisation la capacité de production de l'entité qu'est une ferme ordinaire de petite dimension.
Si nous parvenions à ce compromis, nous unirions ainsi deux visions grandioses, complémentaires, celle du jardinier planétaire & celle du champion en rendement énergétique d'un champ.
marssfarm le 01/04/2014 : La remarque est fertile. Le champion est un héraut, un émissaire qui au besoin combattra au risque de sa vie pour éviter que les armées ne s'affrontent selon l'adage : "Il faut qu'un meure pour que tous soient épargnés."
A ce titre, Fukuoka fut celui qui annonça le besoin d'un retour aux fondamentaux de la nature, la nécessité de produire avec franchise, voyant l'agriculture moderne glisser par paliers vers une industrie dévoreuse de pétrole, des techniques qui consomment plus d'énergie qu'elles ne produisent de calories en nourriture.
Au sens moderne du mot, il fut champion aussi de la productivité rapportée à l'unité de surface & en ce qui concerne le rendement énergétique de sa pratique.
Il est du devoir d'un paysan de produire autant que possible, disait-il. Jadis en agriculture, on ne cherchait pas forcément la production maximale, sachant que des récoltes trop abondantes feraient baisser les prix & que le revenu tiré d'une terre en fin d'année risquait ainsi d'en pâtir. Les vieux savaient par expérience, empirisme & intuition que produire trop pouvait ruiner les stocks de nutriments de leurs sols & ce faisant exposer la caste des paysans à l'échéance d'une décennie à la ruine ou la famine. C'est bien ce qui advint à la fin de la mécanisation en agriculture, rendant nécessaire la solution transitoire du subventionnement des activités agricoles.
En sa déclaration de son intention de produire autant que faire se peut, Fukuoka brise le tabou ancien, entrant franchement en la modernité, voyant le temps se profiler d'une malnutrition toujours en embuscade au coin des champs de la planète.
Son intuition se confirme. Pourtant, les cours des produits agricoles suivent désormais ceux de l'énergie, calés eux-même sur les cours mondiaux du pétrole selon les transactions des financiers & spéculateurs. L'intuition de Fukuoka se réalisera vraiment lorsque les sources d'énergie seront devenues si onéreuses que ce lien de prix cessera. La nourriture retrouvera son vrai prix de bien très précieux lorsque les sols n'auront plus comme fertilisants que les sources organiques, les composts & broyats, les déchets des villes épurés des polluants - ce que nous pouvons envisager à l'échéance d'un siècle environ - cet impérieux nécessaire de produire autant que possible se justifiera alors pleinement. La seule source d'énergie en agriculture nous sera alors le soleil & nous devrons tous devenir des experts & la captation des lumières qu'il nous offre & dont à ce jour nous ne savons utiliser qu'un cent-millième.
Quant à désirer être le champion par orgueil, nous savons la vanité mesquine de ce type de chimères. Je crois à cet égard qu'il était libre de ces considérations, affranchi de leur pesanteur. Au bout de trente années de fertilisations minutieuses, quel sol n'atteindrait pas la productivité maximale de l'agriculture de son temps ?
aurores de l'humanité - fonder Agrinature
Dix ans durant, sur la ferme de mars, je décidai de me défaire de toute connaissance en botanique. Ne cherchant pas à identifier l'espèce d'une plante, j'apprenais simplement à les connaître sans les nommer. Comment se comporte-t-elle ? Quels lieux fréquente-telle sur les parcelles ? Quel est son mode de relation aux autres plantes ? Veut-elle cette année proliférer & est-ce en réponse à une action fautive en nos façons culturales ? A laquelle des cinq formes d'adventices pouvons-nous la rattacher ? Est-elle une fabacées qui enrichit le sol en azote ? Telles sont quelques unes des questions que je posais à chacune des plantes adventices sauvages messicoles rudérales compagnes que les parcelles de la ferme hébergent en nombre & diversité croissants.
Il s'agit d'un dialogue, le plus souvent par le regard aidé des quatre autres sens. Ces conversations nous permettent d'entrer progressivement en connaissance des plantes que nous rencontrons, approfondissant en suite de la découverte, chaque jour cette relation. Les adventices en ces dialogues nous délivrent des informations en nombre sur l'état du sol de nos parcelles.
Se basant sur l'observation que chaque individu d'une espèce est différent d'un autre individu, que la variation du vivant ne saurait montrer une frontière si stricte, Fukuoka contesta l'idée même d'espèce. C'est sur la base de cette observation qu'il n'est pas de barrière tracée une fois pour toutes entre les espèces nées les unes des autres par divergences & adaptations, que je choisis de ne plus nommer les herbes sauvages des champs de la ferme. Je pressentais que les nommer présentait le danger de faire écran à les connaître mieux. Je constate le bien-fondé de cette intuition : en cessant d'étudier les herbes de mes parcelles à la manière des botanistes, je pus les découvrir en une perception bien plus large, plus directe. Je les connais bien, mais d'une connaissance fine, indéfinie & indicible, d'un savoir qui s'accroît sans cesse & n'a ni fin ni termes. Ce savoir ne peut être nié. La question se pose pourtant de comment en parler, puisqu'il s'élabora sans verbalisation, sans nommer les participants à ce dialogue visuel.
Le mode de pensée développé en occident nous demande de nommer les êtres & les choses. Face à ce qui n'est pas nommé, le risque d'être considéré sans existence surgit. C'est pourquoi je vais désormais recommencer de considérer aussi les noms d'espèce des plantes, ceux que les botanistes depuis Linné leur donnent, ceux que les personnes qui les utilisent leur accordent depuis les aurores de notre hominisation.
Ayant pratiqué les deux modes alternativement, celui du botaniste & celui du naturaliste holistique, il devrait m'être possible désormais d'observer les plantes tout en les nommant à nouveau, de combiner ces deux manières de la relation aux simples, en vue de pouvoir en parler mieux.
Sur la gauche, nous voyons un rumex qui pousse en synergie de notre chicorée en train de monter à graine & sur la droite, les feuilles si caractéristiques d'un jonc, vestige de l'état antérieur hydromorphe de la parcelle. Les pluies abondantes de ce printemps le firent ressurgir pour un temps le jonc. Il dominait, écrasait toute autre présence au temps où le sol était une éponge gorgée d'acide doux aux allures de tourbe noire l'hiver, grise l'été. Désormais dominé, il n'existe plus que par le support que lui offrent les deux autres plantes & ne pourra pas revenir aux années à pluviométrie normale : seules des pluies d'exception le font apparaître pour un temps. Les plantes vestiges d'époques antérieures peuvent se manifester des millénaires après que leur biotope ait été modifié avec le changement des populations & espèces présentes, des conditions de la chimie & la physique du lieu & des données du micro-climat considéré.
La photo montre la reconstruction du bocage, c'est-à-dire des terrasses. Une terrasse n'est à l'évidence pas naturelle, dans le sens d'une nature sans humains. Elle résulte de l'interaction des trois facteurs, la photosynthèse ou action du soleil (3), l'érosion due à la pluie (4), & l'agriculteur, c'est-à-dire la présence humaine (1). Nous n'avons pas voulu recréer les terrasses: elles apparaissent lorsque nous permettons aux terrains - qui étaient morts - de revivre. Le bocage fut bâti il y a plusieurs milliers d'années & les sources temporaires ou permanentes présentes rendirent nécessaires alors la création de fossés ou rigoles en limite des parcelles agricoles. Au cours du vingtième siècle, des parcelles furent regroupées & les fossés disparurent. Ainsi le sol devint hydromorphe par excès d'eau en hiver. Le sol humide se tassa sous le poids des tracteurs & des animaux qui le parcouraient alors qu'il était saturé d'eau. A cause de ce tassement, il durcit & ce durcissement en chassa les êtres vivants, animaux foreurs & racines surtout. Il se stérilisa en conséquence peu à peu. Au fil des ans, sa partie vivante s'amenuisait & le processus d'appauvrissement ainsi qu'il courant en les milieux vivants s'auto-alimentait. Après une période de nombreux tâtonnements, nous avons pu recréer les rigoles & rus des limites de parcelles. Recréant ces fossés, les talus qui leur font naturellement écho réapparurent. Il faut ensuite replanter les haies qui redonneront vie aux flux du sol & lorsque l'on use du tracteur, veiller à ne plus rompre ces talus & par le moyen de leur surrection, le lessivage horizontal du sol se trouvera interrompu. Il faut de plus prendre le plus grand soin au sens de travail du tracteur, selon la pente ou - c'est mieux en travers au gré des courbes de niveau, remontant la matière autant qu'il est possible de préférence. Par cette discipline, le tracteur remonte de la matière vers le haut de la pente générale ou la stabilise en plan plus ou moins horizontal. Si une parcelle possède plusieurs pentes avérées ou intuitivement supposées, c’est qu’elle résulta de la réunion de plusieurs parcelles & il s’impose alors parfois de la subdiviser à nouveau. Œuvrer de la sorte en remontant des matières minérales & organiques nous suggère que la pente des parcelles devrait augmenter; or c’est le contraire exact qui se produit & nous observons que la terrasse d’antan se rebâtit. J’explique ce phénomène surprenant par une différence de vitesse de genèse du sol – ou pédogenèse – entre le haut & le bas: un peu de lessivage du haut vers le bas de la parcelle crée une activité biologique supérieure aux points bas & la pédogenèse y est donc plus forte. La terrasse se nivelle de ce fait plus par une croissance du sol au bas de la pente que par l'érosion de sa partie haute. L'érosion en bas est neutralisée en reconstruisant les talus & fossés & comme sa situation bénéficie de plus de nutriments, elle permet la croissance du sol. Pour résumer ce que j’observe, je dirais que le sol s’accroît en profondeur partout sur la parcelle, du fait que l'eau de pluie peut désormais s'y infiltrer sans s'écouler, & que cette croissance est encore supérieure en les parties situées les plus bases – dans le sens de la pente générale du relief s'entend, puisque nos parcelles devenant terrasses auront de moins en moins de pente. La croissance des sols est un phénomène ordinaire qu'un paysan qui n'en a pas la conscience peut interrompre ou même inverser. Les sols de la ferme de mars croissent, simplement par notre prise de conscience, & le non-agir qui en nait.
photo missing
Fukuoka suggère de l'améliorer encore en semant le riz au lieu de le planter...
1. prémonition de la dynamique du paysage
Arrivant sur un lieu, nous pouvons décider d'observer tout d'abord sans dire ni penser, laisser la nature de la géologie s'exprimer & pour peu que nous agissions le moins qu'il soit possible, cette force née de l'antique tectonique sortira du terrain, fera émerger des formes nées des lignes de forces magnétiques puissantes qui circulent au travers de ce qui pourrait nous paraître la matière la plus dure, le roc. Nous connaissons le flux des marées. Au passage de la lune, le continent aussi se soulève d'environ trente centimètres. Sur la croûte terrestre, le sol est un fluide habité par les racines des plantes. Il peut se contracter ou s'expandre selon les cas, gonfler, croître ou couler ainsi que l'y poussent les circonstances & les forces qui lui sont appliquées. C'est pour cela que nous devons au lieu qui nous porte de le laisser parler, exprimer dans le temps son énergie.
2. la beauté des parcelles importe
L'agriculture naturelle telle que Fukuoka la définit peut paraître magique lorsqu'on la décrit, mais sa pratique tôt nous renseignera qu'elle obéit seulement aux lois ordinaire de l'agronomie. Comment pourrait-il s'agir de se libérer de ces lois? Son propos est plutôt de les redéfinir dans leur forme originelle, d'en supprimer les ajouts sans fondement réel, les débarrasser des superstitions qui au fil des siècles leur furent attachées. La méthode ne fonctionne bien qu'en sol sain. Si nous la démarrons sur un sol ruiné ainsi que ce fut le cas à la ferme de mars, sa productivité se révèlera modeste au début car l'essentiel de l'énergie reçue par le système servira à reconstruire, structurer & nourrir son sol. En de telles conditions, le résultat de départ de cette pratique apparaissent médiocres. L'échec relatif des débuts pourtant ne doit pas être une raison suffisante pour l'abandonner.
Les écrits de Fukuoka amorcèrent une transformation de la vision de leur métier en des millions de paysans sur la terre. La transformation est en cours & ne cessera plus.
commentaire le 28/10/2012 : La beauté des parcelles importe. Comme en mathématique ou en physique, ce qui est juste est beau. La beauté d'une parcelle implique donc effectivement une réussite & un résultat. Pour le paysan, l'obligation de récolte est la base car il a charge de nourrir tous ceux qui lui permettent de vivre en fabricant ses outils, ses vêtements, ses pots, ses potions... - si l'on reste dans les besoins primaires. Là résident son honneur & sa dignité, mais aussi sa force & sa gloire. Le paysan traditionnel se sert de la terre comme elle le souhaite: des parcelles sont réservées aux céréales ou d'autres plutôt au fourrage... C'est la terre qui commande & demande. Ton expérience & ton humilité face à la nature, le caractère que celle-ci forge en toi petit à petit est déjà un grand accomplissement. Chacun a son chemin.
4. l'hydrologie, les sols, le climat, les paysages
Tout terrain planté d'arbres serait libre de taxe.
Les surfaces de terrains privés que leurs propriétaires ont imperméabilisées, telles que les terrasses, les piscines, les voies goudronnées ou pavées & les gazons tondus pourraient être comptabilisées comme surface habitable & taxées comme telles au même titre & au même taux que les surfaces habitées d'un logement.
Tous ces services écologiques gratuits sont sans prix. Si nul arbre ne les accomplit, les catastrophes alors causées, sécheresses alternées d'inondations, seront d'un grand coût à la société entendue comme un ensemble. C'est ce risque collectif qui justifie la taxe évoquée plus haut.
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L'agronomie moderne nous semble efficace. Le fait qu'elle soit subventionnée devrait nous signaler le contraire.
Les subventions permettent aux agriculteurs de consommer pour leurs travaux, du pétrole sans souci du coût occasionné. L'usage sans restriction d'énergie en vue d'une production de nourriture est la cause d'effets induits.
Il est possible pourtant de conserver un maillage large de haies & talus dans les plaines céréalières, mais nul agriculteur subventionné ne s'en préoccupe en pratique. Un tel maillage permet de réduire les effets énoncés ci-dessus. La présence de ce maillage est un frein aussi à la propagation des tempêtes.
La plupart des activités qui consomment du pétrole & de l'uranium, les deux sources d'énergie du vingtième siècle, sont en général subventionnées ou exonérées d'impôts - ou les deux pourquoi pas? Toute la société financière est irriguée par ces deux sources d'énergie - la première pour faciliter le commerce de guerre économique & la seconde comme épine dorsale du commerce des armes. Ainsi nous voyons que les centrales électriques nucléaires n'ont pas d'assureur en un monde où tout est prétendument assuré, où les assurances sont des formes de taxes obligatoires qui touchent tous les domaines. Ainsi les infrastructures routières sont-elles financées par l'impôt, les usines manufacturiers d'automobiles sont-ils des lobbies puissants que les États protègent, les transports par route & par mer sont-ils exonérés de taxes & de beaucoup des responsabilités concernant l'impact en matière d'environnement de leur activités. L'agriculture industrielle fait partie de ce groupe des structures voraces en énergie dont l'enjeu géopolitique est crucial. Grande consommatrice de pétrole, c'est à ce titre surtout qu'elle est subventionnée & fiscalement favorisée.
A long terme pourtant dans la nature, ce sera bien cette question même de l'efficacité en énergie qui définira la perpétuation d'une espèce ou d'un individu par exemple. Sous l’œil d'une observation grossière il peut sembler parfois que des comportements des êtres de la nature soient peu efficaces. Nous pourrions prendre en exemple les phénomènes de procréation ou reproduction qui réussissent à des faibles taux. Il s'agit cependant d'un biais causé par une observation trop étriquée ou limitée, car pour comprendre les processus en jeu, il est besoin de considérer un groupe, un écosystème*, un biotope ou un biome en sa globalité. Pour ce qui est de la société monde des humains devenue si complexe, il est de besoin aussi de la scruter en son ensemble. Tous les travailleurs savent que s'ils deviennent trop efficaces, ils chasseront du job leur collègue. Tous les entrepreneurs savent que s'ils deviennent trop efficaces, ils chasseront du job leur concurrent. C'est parce que la société devrait être perçue en son ensemble & non pas individu par individu. C'est cet exemple que les plantes, les animaux & les forces orogéniques qui définissent la structure des paysages peuvent nous enseigner, celle d'une efficacité sans pitié alliée à la gratuité que confère la liberté, celle d'un conditionnement total qui sans cesser s'efforce de se déconditionner.
L'antagonisme entre notre énergie spirituelle ou psychique & nos consommations d'énergie physique doit ici être soulignée. Le fait d'antagoniser les activités industrielles de grande portée financière que sont les grandes industries & l'agriculture à base de pétrole, avec notre existence comme êtres biologiques, manifeste cette contradiction en nous. Nous voulons le confort & la vie : ce sont deux forces égales & opposées. Seule la sortie du dualisme résoudra ce dilemme en chacun & partant en tous. Cette non-dualité existe en la nature & c'est en cela que son observation nous désigne la solution, la voie hors du syndrome de Narcisse en laquelle notre espèce se complaît.
La destruction des paysages, des modes de vie ruraux & - en tuant toutes les espèces sans restriction ni discernement - des repères de vie pour que nous puissions nous projeter au futur, ne sont pas les moindres parmi les calamités engendrées par l'agriculture industrielle. Ces trois désastres qui touchent à notre culture & aux motivateurs mêmes de notre humanité sont tout à la fois ses plus subtils & plus profonds effets induits.
Étant semées en un sol mort & compte-tenu de leur faible & identique potentiel génétique, ces plantes ne disposent d'aucun moyen de résistance envers une attaque quelle qu'elle soit. Il faut donc les sustenter en fertilisants manufacturés & tenir à l'écart du champ tout agent pathogène qui pourrait les atteindre. Ces intrants agricoles d'engrais & de traitement sont des produits fabriqués au moyen des sources d'énergie fossiles que sont le pétrole & le gaz. Leur application répand au champ encore un peu plus de mort dans le support inerte que devient progressivement le sol en suite de l'usage répété des désherbants, insecticides, & fongicides systémiques & des engrais de synthèse.
En agriculture biologique, en permaculture & en agrinature enfin, nous proposons d'entrer en marche sur des voies vers un mode agricole qui n'utilisera à terme que l'énergie du soleil. Nous devrons pour cela devenir experts en captation de la lumière par les plantes & des précipitations par les sols. Nous devrons aussi étendre les surfaces agricoles en ces modes agricoles nouveaux compatibles avec la vie & l'habitation de la terre.
Nous voyons là l'effet de l'antagonisme & le besoin qu'il est d'aller à la non-dualité qu'une observation de la nature de chaque jour & de toute une vie nous enseignera. L'atténuation de l'ego ou la voie vers le non-faire en sont synonymes.
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* Un biome ou macroécosystème, aire biotique, écozone, écorégion - à distinguer du biote - est un ensemble d'écosystèmes caractéristique d'une aire biogéographique & nommé à partir de la végétation & des espèces animales qui y prédominent & y sont adaptées. Il est l'expression des conditions écologiques du lieu à l'échelle régionale ou continentale : le climat qui induit le sol, les deux induisant eux-mêmes les conditions écologiques auxquelles vont répondre les communautés des plantes & animaux du biome en question. Les biomes terrestres sont décrits par la science de la biogéographie. La classification écologique des terres définit le vocabulaire utilisé pour évaluer la taille de ces zones du microbiome à la biosphère. Leur concept embrasse les notions de communauté, d'interaction entre sols, plantes & animaux. Par extension, on parle de microbiome, pour désigner l'espace de vie du microbiote. En écologie, un biote ou biota [du grec βίος, vie] est l’ensemble des organismes vivants - flore, faune & champignons ainsi que les micro-organismes tels que bactéries, levures, microchampignons… - présents dans un habitat naturel ou semi-naturel ou biotope particulier, ou un lieu ou une région précise. Les biomes sont les ensembles biologiques les plus larges que l'on puisse discerner à l'échelle des continents. Leurs modèles de distribution sont fortement corrélés avec les modèles régionaux de climat & identifiés selon le type de formation végétale dominante. Cependant, un biome se compose non seulement de cette formation, mais également de communautés associées, de faunes & de sols. Aussi, un même biome regroupe généralement une multitude de paysages différents, une hétérogénéité d'écosystèmes. Un même biome peut être subdivisé selon de multiples critères.
5. Former la forme de la terre par nos modes de vie.
Les bergers & nomades œuvrent en leur parcours de la terre & c'est leur pied surtout, qui contrôle la végétation dont la faune par eux domestiquée fait bombance. Le paysan, la jardinière en agrinature aussi prend conscience à chacun de ses pas de l'incidence que cette foulée génère. Si nous marchons près d'une plante, nous limiterons son développement. Si nous marchons sur elle, nous la limiterons plus encore, mais il existe des espèces comme le trèfle rampant ou le plantain, qui tout en étant nanifiées par cet acte en sont en même temps favorisées en une croissance lors plus horizontale.
le vivant, circonférence de la terre / tsp
le vivant, circonférence de la terre - Accross the Earth.
Un agriculteur vient à passer. D'un geste il arrache en sa fureur, la jalousie dont il orne son front l'herbe jugée mauvaise. La graine chue ici n'était pas solitaire. Nombre d'entre-elles aiment à temporiser en leur germination.
L'an suivant une autre plante drue au dit lieu germait.
Une jeune fille vient à passer, en cueille la fleur exotique dont la beauté la charme, l'empêche ce faisant de se perpétuer. La graine chue ici n'était pas solitaire. Souvent osent-elles temporiser l'instant des éclosions.
L'an suivant une même plante jolie au dit lieu germa.
Un sage vient à passer, salue la pionnière survivante, s'abstenant de la couper en la non-violence de sa discipline.
Or la vie de ces êtres se sait fort éphémère. La graine chue ici n'était pas solitaire.
A toujours les simples peuvent attendre les temps propices aux germinances.
L'an suivant une autre fleur gracile, en ce lieu désormais béni, germait.
Un idiot vient à passer comme voletait au vent Cupidon facétieux. La flèche tirée, le vilain se dit lors en son for décidé à revenir encore. Passant, il apportait chaque jour vers la fleur quelque déchet, quelque humus, un peu d'eau, un regard, une parole, une direction tendue, un souffle de dispute, un oubli, un serment, une œuvre de la main, tout ce qui le traverse ou l’embarrasse en somme, le tourmente ou lui plaît.
La graine chue ici n'était pas solitaire.
En nombre ces petits s'appliquent à prévoir en foisons leurs occurrences, unir leurs différences.
L'an suivant d'autres plantes charmantes en ce lieu-dit germaient.
Un an vient à passer. Trois cents fois le simple avait nourri la simple. Les oiseaux, le vent du ciel l'y avaient aidé malgré eux. En ce point du désert, milieu des terres de Beauce abandonnées des formes de la vie que des humains trop intelligents avaient déclarées inutiles, un jardin commençait d'exister.
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N'opposons pas ici les cinq visites que connut le lieu appelé à devenir un jardin,car chacune au tout servirent :
la malignité - l'amour - la connaissance - l'action - le temps. En une autre séquence nous pourrions les nommer :
la haine - la tendresse - la bénédiction - le service - la tolérance.
La tendresse de l'adolescent(e) envers la beauté potentielle de la terre, est le stade de jeunesse naïve qu'atteint l'écologie politique de ce temps. C'est une phase immature empreinte de naïveté & de ce romantisme du dix-neuvième siècle & qui tarde à mourir, nostalgie de nos enfances qui n'étaient temps idéal qu'au yeux d'ignorance du bambin.
Le service* innocent insouciant, inconscient du "simple mind" souligne le mépris que nous avons de tous ces petits qui œuvrent en silence, à l'insu de toute statistique, ignorés des calculs des ordinateur du produit national brut. Les métiers les plus essentiels sont de ce groupe des travaux ignorés. La mère qui allaite son petit & maintient en cohésion la famille de son ouvrage constant offert, le métier de parent sont de ce groupe, qui demandent de savoir tout de la vie pour fonder en le jeune nouveau la base de l'éducation en son cœur. Ces jobs qui incluent les bénévoles des associations sont des services gratuits donnés sans salaire.
En leur loisir les humains, fussent-ils simples ou complexes, savent faire oeuvre utile parfois. En le cas du vilain de notre historiette, les autres - le méchant pris par son ouvrage, le rêveur au risque de devenir un imbécile heureux & le discoureur sans mains qui nomme mais ne sait agir - le laissèrent construire son jardinet en un lieu auparavant maudit, mortellement atteint par John Deere & Monsanto, inexistant pour tout dire. Le jardin né ici sort littéralement du néant que le nihilisme qu'implique l'usage immodéré du pétrole veut de toute la puissance de mort & de passé que cette substance en elle-même contient.
- les six ennemis mentaux - avaient l'idée de génie de la tolérer un peu...
La tolérance mûrie en non-violence reconnaît à chacun le droit d'exister
puisque la vie est une anarchie d'un ordre sublime.
Reconstruire le terroir, la beauté des parcelles. / quart-paysage.
Si cette manière est si brillante à la ferme, pourquoi vos récoltes sont mauvaises & leur faiblesse fait-elle si mal?Pema Chödrön, auteure, née Deirdre Blomfield-Brown le 14 juillet 1936 à New York, est une moniale bouddhiste, spécialiste du bouddhisme tibétain, auteur & enseignante de la Lignée Shambhala du bouddhisme tibétain, fondé par Chogyam Trungpa Rinpoché.
"Vivez sans entrave: en vous Libérant de vos Vieilles Habitudes et de vos Peurs."
Enfants : Arlyn Bull, Edward Bull
Très beau ton article, j'ai beaucoup d'admiration pour les gens qui ont le talent de créer, écrivains, peintres, et même le plus petit des jardins fleuris. ici on attend la neige pour deux jours... alors j'hiberne, puis j'irais refaire des photos des paysages avec leur manteau blanc.
Aux débuts comme le montre la photo, les plantes sont nanifiées par l'aridité du sol inexistant, l'absence d'humus, d'argiles & de mycorhizes. Celles qui germeront plus tard bénéficieront du sol peu à peu créé par ces pionnières.