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ImagesL'agrinature tend vers la pratique native d'agriculture n'utilisant que les ressources du vivant en son effort de néguentropie insufflée par l'injection constante dans l'écosystème Terre des photons que lui dispense maître Soleil, étoile moyenne de la galaxie.
La nourriture des plantes est pour l'essentiel un triptyque constitué par l'hydrogène de l'eau, le dioxyde de carbone de l'air & par voie indirecte l'azote de l'air. Utiliser toute l'eau & tout le soleil disponibles en un lieu tout au long de l'année est l'enjeu d'agrinature.
Cela signifie que le seul intrant en cette pratique agricole est d'énergie solaire. De ce fait nous prendrons soin à observer que les plantes présentes puissent faire emploi autant que faire se peut de ces deux ressources données à tous. - la lumière solaire & l'eau des précipitations.
Deux parts au moins de la production est destinée à la fabrication des sols & une part prélevée comme nourriture. Nous intervenons le moins qu'il est possible afin de laisser aux êtres vivants de l'écosystème champ toute latitude d'oeuvrer selon leur nature propre.
Pour que ces êtres puissent exister, nous devons proscrire l'usage des substances de synthèse que le vivant ne sait pas métaboliser. C'est la diversité qui assure l'ensemble des fonctions requises & ce par le moyen de la complémentarité biologique des êtres.
Les notions de pédogenèse sont l'essence de l'agrinature : la Terre doit redevenir terreuse, refabriquer ses sols. A l'échelle d'un siècle l'agronomie envisagera une combinaison des deux pratiques. Des paysans, paysannes, chercheurs & chercheuses affineront des méthodes applicables à plus grande échelle & éventuellement des machines simples & légères. Celles disponibles ce jour sont trop complexes, trop pesantes sur le sol & de ce fait trop voraces en énergie.
Des petites parcelles sont le cas idéal car les lisières & bordures sont des points de grande richesse biologique & parce qu'il est besoin d'arbres pour garder & fabriquer le sol. La production locale permet aussi le retour, le "recyclement" de la matière organique pour l’auto-fertilisation.
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3. espèce-variété-nutrition-densité-date / potager / EVA
5) - espèce, variété, nutrition, densité, date - selon le cycle de domination 54321 des 5 éléments exposé à un autre article.
Il entendit parler Masanobu Fukuoka exposant sa méthode il y a presque un quart de siècle & n'eut de cesse que de pouvoir l'expérimenter. Il avait l'âge de Flo, était comme lui & des milliards de paysans de par l'orient sous les cieux, un sans-terre. Il n'avait pas d'outils non-plus. Il prit un bâton de marche, simple branche droite de coudrier, traça une ligne sur un sol presque stérile sans le désherber & en le sillon ainsi ouvert sema quelques graines de persil, plante magique venue d'Arya. Rien ne vint au début. Vingt & un jours plus tard, les tendres pousses de persil poussaient.
« Agrinature est si facile. » se dit-il. Vingt-cinq ans plus tard, nous en sommes encore à mettre au point l'outil qui en maraîchage nous permettra d'ouvrir trois sillons sur la planche permanente couverte d'un EVA de trèfles vivaces entre les roues du tracteur. Nous sommes si lents à réaliser !
Le temps est propice à la carotte. Contemplant le désherbage ultérieur en perspective que les lignes ainsi semées représentaient, Sapoork ne les sema pas. - " Il n'est pas besoin de les désherber ! " Les cinq facteurs qui importent sont un sol sain, nourri en azote en adéquation avec la plante ou le mélange envisagés, des graines éprouvées au lieu dit dont la provenance nous indiquent qu'elles s'y plairont, semées avec précision au bon écartement sur la ligne & entre les lignes, & une date parfaite, quand la température & la photophase* déterminées par la course du soleil, & l'humidité ajustée par celle de la lune conviennent.
Le cœur du paysan, de la paysanne sont alors légers comme akène poussé par Vayu, car il résonne en harmonique des cinq ci-dessus énoncés. Nous ressemons tout de suite après le semis, EVA en espèces, variétés, densité & date qui siéent. Les espèces sont par exemple les trèfles incarnat, d'Alexandrie, nain, violet, rose, la jarosse.
La densité est presque rien. La date est tout de suite.
Il est étonnant de voir que le persil frais & la carotte riche de son beta catotène, deux semences poussières qui descendent trois semaines en n'éther avant de pointer le nez, sont les deux espèces qui réussissent le mieux en semis direct dans un couvert vivant. Cessons d'être étonnés : semons-les ! Car les deux plantes sont des plus nutritives. Elles confèrent un teint frais le jour qui nous permet d'endurer mieux les rayons du soleil, & la vision nocturne des chats loupes. Elles sont un casse-lunettes.
La vérité tirée de l'expérience mais enfouie en inconscient, tapie dans les limbes du mental, le cerveau reptilien diraient les neurologues anatomistes, sortit soudain sans qu'il y eut à y penser : " Il n'est pas besoin de les désherber ! "
Elle se manifesta en s'exprimant. En cela nous voyons l'importance de l'oralité, du dialogue, ou même de la joute verbale. L'agriculteur seul ne peut rien. Palabre à la veillée est le cœur du métier...
*La photophase est le cycle jour-nuit en sa croissance ou décroissance.
Les plantes mesurent en permanence pour le moins les quantités de lumière & d'obscurité, de chaleur & de froid qu'elles reçoivent ainsi que l'eau disponible en équilibre, excès ou déficit. Ces computations déclenchent les différents étapes de leur développement. Elles agissent souvent par le moyen des hormones végétales produites à un stade précis, puis ensuite détruites subitement ou progressivement par les facteurs du climat. Chaleur, éclairement & jours longs sont liés, de même que le froid, l'obscurité & l'humidité. Lorsque ces deux groupes d'opposés ne coïncident pas, une plante peut pour ainsi dire se fourvoyer en son jugement par une croissance que nous pouvons qualifier. Elles se trouvent alors au sein de la saison en une temporalité trop rapide, lente, précoce ou tardive selon le cas.
Ces excès qui pourraient être vus - par anthropomorphisme - comme de légères erreurs seront par la suite corrigés, ajustés par un ou des facteurs extérieurs que la pensée agronome de dualité nomme maladies ou carences. En Agrinature, nous nous gardons en ces occurrences d'intervenir, car ce serait entrer en le cercle vicieux des traitements, amendements & du "faire" sans fin.
Nous avions à un autre chapitre émis l'hypothèse d'au moins cinq sens de perception chez les plantes. Elle résulte d'observations empiriques à la portée de chacun. Lorsque nous réalisons que les plantes nous voient & perçoivent notre présence & nos comportements, notre manière d'être à leur égard ne peut demeurer celle d'autrefois.
trèfles blanc nain, violet & hybride avant le semis au potager au printemps. - Les trèfles reconquérirent l'espace laissé libre après les récoltes d'automne. - the market-garden in early spring, before sowing & planting vegetables there. We see amongst wild grass species, white dwarf clover, red clover & hybrids of the two. Clover covers three quarters to four fifths of the ground.
Doubler la surface du potager en acceptant d'en perdre la moitié de la productivité. Je vois en beaucoup des jardins de France un potager établi sur environ un dixième de la surface du jardin. Le reste souvent est de gazon, c'est-çà-dire sans production, sans beauté ni charme, totalement artificiel & de ce fait fort onéreux à maintenir. Il n'est qu'herbe sur la pelouse, une situation des plus antinaturelles qui soit en des climats & sols qui permettraient l'existence de forêts de cinquante mètres de haut! A l'inverse, au potager typique de France, aucune herbe n'est tolérée ni admise, ce qui est tout autant contre nature. Acceptons pour hypothèse de départ que l'agriculture naturelle – c'est-à-dire biologique sans travail du sol ni désherbage – offrirait une productivité égale à la moitié de ce qu'un jardin traité, labouré & sarclé à grand soin pourrait rendre. Il suffit alors sans risque envisageable de tenter l'expérience d'Agrinature sur une surface double, ce qui accessoirement nous débarrasserait de la charge d'un dixième supplémentaire du si laid gazon de notre orgueil conformiste. Le mot orgueil est bien la clé de compréhension du blocage, de l'empêchement où se trouvent nombre de jardiniers de franchir ce pas, de ce saut vers le nouveau, la découverte, l'inconnu. Au jardin classique traité selon les us & conventions, la fertilité décroit sans fin & doit être toujours rétablie par des apports toujours répétés d'un surcroit de fumier, de composts issus d'autres parcelles, d'engrais & d'amendements. Au jardin en Agrinature, la fertilité croîtra lentement, même avec peu d'apports, pour peu que l'on s'attache à y opérer toutes les restitutions, si bien que la huitième année, votre production potagère atteindra la productivité initiale. De ce rétablissement dû à l'accroissement naturel de la richesse du sol en ions, en structure & en approfondissement, le jardinier participe car dans le même temps il aura tant appris & de plus commencé de produire ses propres semences. Nous aurons donc dans cette hypothèse – puisque la surface est double, souvenez-vous! – la huitième année une production potentiellement double de celle que nous avions au départ. Le cycle d'accroissement de la fertilité se poursuivra encore, bien que le raisonnement ne puisse pas être poursuivi à l'infini du fait de la productivité maximale naturelle de tout terroir. Une majeure partie des humains refusent de considérer ce que je viens d'écrire - force m'est de le constater ! Je me suis efforcé au fil des ans à imaginer la raison qui sous-tend ce blocage en leur psyché :
Une mémoire de grande extension spatio-temporelle ne peut se trouver que dans le cœur, pas dans la tête. Le cœur considéré aux plans de l'énergie & de la conscience - au centre & à droite de la poitrine - est le réceptacle de l'intemporel. Il nous relie au passé & nous projette vers l'avenir en nous centrant sur l'instant.
Par son adjectif, l'agriculture naturelle sous-tend une simplicité d'usage aussi. La photo montre une pelouse de ville établie sur un terrain naturel il y a plus de vingt ans, où l'entretien unique fut quelques tontes peu rases chaque année, sans usage aucun de produits chimiques. Le résultat en est une prairie franchement dominée par les fabacées qui étaient spontanées avant même que la ville ne vint l'entourer. Notons parmi ces plantes, adventices du groupe trois, qui endurèrent les affres infligés par les tondeurs peloux*: la minette, les trèfles & notamment le blanc, le violet & leurs croisements, des vesces, le lotier corniculé, peut-être des gesses. Une plante autrefois répandue puis rendue fort rare à l’avènement des tracteurs, l'Ononis arrête-bœuf, capable d'adaptation au point de pousser ras si elle est tondue sans excès ou broutée & aux lieux où elle le peut, former un buisson rampant armé de quelques épines douces. Nous en présenterons plus de photos aux articles suivants. Je pense que le genêt à balais est capable de la même souplesse d'adaptation, mais il est indicateur de sols pauvres, voire ruinés cependant, ce qui ne peut être le cas d'une prairie permanente par définition même. Dans une prairie si riche, la culture de potagères pourra être pratiquée sans autre préparation. Nous y planterions alors tous les plants en motte que nous souhaitons - les salades, les choux, les tomates & leur cohorte des maraîchers. Les ombellifères, les crucifères & le groupe des pois, haricots & fèves peuvent y être semés après ouverture d'une ligne étroite dans la couverture des fabacées. Pour peu que les semis & plantations soient effectués de semence bien adaptée au terroir en cause & à une date propice, ils devraient suffire à obtenir une récolte - c'est-à-dire sans autres travaux. Couper l'herbe repoussée, lorsqu'elle risque de dominer nos culture est une option que nous pouvons envisager à la serpette en un potager de petite surface ou par mécanisation dans le cas d'un maraîcher. Une minuscule débroussailleuse à fil devrait convenir, mais j'avoue ne l'avoir pas tenté. Il ne s'agit pas de maraîchage, ce qui sous-entendrait une succession de plusieurs plantes sur une même planche en une seule année, mais bien d'une culture unique, fut-elle de printemps, d'été ou d'automne par année sur une planche donnée. La végétation dans l'intervalle entre deux cultures doit retourner à la prairie de fabacées jusqu'à l'an suivant au moins, ce afin de lui régénérer sa vitalité à produire. Les apports en proportion convenable de fumure & compost ne sont pas à écarter. Ils seront donnés comme il se doit aux potagères qui les réclament. De même, la rotation des cultures & familles de plantes sera respectée, car la régulation des maladies & de la présence des adventices invasives en dépend. J'ai toujours échoué à obtenir les liliacées dans ces conditions, car elles tolèrent peu le voisinage des fabacées. Il faudra leur trouver une autre couverture compagne, profiter par exemple de l'ouverture du sol que l'implantation d'une pomme de terre implique en associant ces deux cultures. En effet, si des tubercules sont introduits dans la rotation, leur installation & leur récolte entrainent nécessairement d’entamer au moins en partie la couverture du sol. Cet artéfact nous induit à devoir ensuite la reconstituer au plus vite. Reconstruire le couvert nous donnera lors l'opportunité d'essai à semer d'autres fabacées. Le trèfle incarnat & les vesces & gesses d'automne me semblent les plantes du plus grand intérêt à cet usage en Limousin. Au printemps & en été, d'autres couverts en mélange pourraient être tentés - je pense en particulier au fenugrec. La famille amie de notre humanité que sont les papilionacées fabacées compte des milliers d'espèces de par le vaste monde & aucune ne saurait nous être ni étrangère, ni superflue. Introduire une céréale dans la rotation permettra enfin de restructurer le sol. Des lignes de céréales semées à un écartement d'un pied ou plus n'entament pas la précieuse couverture dont la préservation doit en tout état de cause être le guide de nos pratiques. Tout au soin que nous prenons à la maintenir, nous la coupons & la régénérons par ressemis léger autant que nécessaire.
10) * à l'amertume nul n'est tenu - a bitter cucumber.
11) jardin : lieu sans dimension qui accepte ou possède un gardien
Deux compères dont l'un est aveugle voyagent en diagonale de campagne.
Ne pensez pas que vous êtes propriétaires d'un jardin :
Trifolium incarnatum ou trèfle du Roussillon, semé en août à la densité de vingt kilogrammes par hectare, couvrira le sol pendant un an environ. Dans son couvert, nous pouvons semer des potagères ou du sarrasin, du millet & autres plantes de semblable cycle. Pour le semis de potagères racines, feuilles ou fruit dans le couvert, nous ouvrons un sillon de profondeur insignifiante où nous déposons les graines avant de les recouvrir. Inclure ces graines en billes d'argiles permet d'éviter ce travail. Semer en lignes en conservant des allées rendra aisées les récoltes. Nous pouvons aussi planter dans le couvert de trèfle haut tondu avant sa floraison, toutes les potagères en motte hormis celles de la famille de l'ail & lys - lily - & y planter aussi toute tubercule. La plante qui figure sur la photo fut semée au printemps c'est-à-dire hors saison, dans une prairie naturelle. De ce fait elle est fort gracile & fleurit de misère.
"Pourquoi Masanobu Fukuoka voulut-il être le champion du monde de la productivité en son champ de céréales ?"
Prouver, comme tu le supposes délicatement, la validité de son attitude avec la nature ?
Si j'ai parfois lu des résumés de l'Agriculture naturelle par ce biais, je n'ai vraiment pas retenu cet objectif dans son travail.
Comment échapper aux règles et pressions si fortes de notre environnement humain demeure le fond, certes (d'autant qu'il nous façonne dès le plus jeune âge).
Toi qui l'a rencontré dans son grand âge et l'accomplissement trouvé, peux-tu aller jusqu'à entériner finalement que ce ne fut jamais son objet ou objectif que d'être "champion" ?
Ou encore que la performance ne l'a pas motivé, mais la révélation d'une vertu naturelle, celle de l'aggradation spontanée des sols, et de l'abondante production comestible pour l'être humain qui peut s'ensuivre.
A bientôt.marssfarm le 01/04/2014 : La remarque est fertile.
Le champion est un hérault, un émissaire qui au besoin combattra au risque de sa vie pour éviter que les armées ne s'affrontent. "Il faut qu'un meure pour que tous soient épargnés."
A ce titre, Fukuoka fut celui qui annonça le besoin d'un retour aux fondamentaux de la nature, la nécessité de produire, voyant l'agriculture moderne glisser par paliers vers une industrie dévoreuse de pétrole.
Au sens moderne du mot, il fut champion aussi de la productivité rapportée à l'unité de surface & en ce qui concerne le rendement énergétique de la pratique.
Il est du devoir d'un paysan de produire autant que possible, disait-il. Jadis en agriculture, on ne cherchait pas forcément la production maximale, sachant que des récoltes trop abondantes feraient baisser les prix & que le revenu tiré d'une terre en fin d'année risquait ainsi d'en pâtir. Les vieux savaient par expérience, empirisme & intuition que produire trop pouvait ruiner les stocks de nutriments de leurs sols & ce faisant les exposer à l'échéance d'une décennie à la ruine ou la famine.
En sa déclaration de son intention de produire autant que faire se peut, Fukuoka brise ce tabou, entrant franchement en la modernité, voyant le temps se profiler d'une malnutrition toujours en embuscade au coin des parcelles de la planète.
Son intuition se confirme. Pourtant, les cours des produits agricoles suivent désormais ceux de l'énergie, calés eux-même sur les cours mondiaux du pétrole en les transactions des financiers. L'intuition de Fukuoka se réalisera vraiment lorsque les sources d'énergie seront devenues si onéreuses que ce lien de prix cessera. Lorsque les sols n'auront plus comme fertilisants que les sources organiques, les composts & broyats, les déchets des villes épurés des polluants - ce que nous pouvons envisager à l'échéance d'un siècle environ - cet impérieux nécessaire de produire autant que possible sera vraiment justifié. La seule source d'énergie nous sera alors le soleil & nous devrons tous devenir des experts & la capture des lumières qu'il nous offre & dont à ce jour nous ne savons capter qu'un cent-millième.
Quant à désirer être le champion par orgueil, nous savons la vanité mesquine de ce type de chimères. Je crois à cet égard qu'il était libre de ces considérations, affranchi de leur pesanteur. Au bout de trente années de fertilisations minutieuses, quel sol n'atteindrait pas la productivité maximale de l'agriculture de son temps ?
"Il est du devoir d'un paysan de produire autant que possible, disait-il."
Merci Ben : je garde ce qui est écrit ci-dessus particulièrement, en ayant tout ce que je conserve de lui en même temps, et ce que tu précises aujourd'hui.C'est la parole d'un être à point, dégagé des influences néfastes et des calculs imtempestifs. Il sait, il a fait. Je ne peux m'empêcher d'aimer cet homme - à distance, et tout l'ensemble de sa vie.
J'espère pouvoir te dire aussi quelque chose sur le principal de ton article, Gilles Clément (également architecte paysagiste !) et ton projet d'une prairie. Ou je me contenterai de : une nouvelle porte, un seuil que tu franchis, toi, et qui risque de te mener beaucoup plus loin qu'une parcelle, et même un postulat conciliateur et intense ?
Trifolium & Co. - le mélange engrais-vert Agrinature / adventices, messicoles & compagnie
(1) adventices-tige (1).(2) adventices-fourrage, graminées (touffes) (2). (3) adventices-engrais, légumineuses (tiges ou rampantes) (3). (4) adventices-rosette (4). (5) adventices-rampantes (5).
In Agrinature we divide weeds into five kinds pertaining to four groups. Two among those coincide with both main families of agricultural plants, namely legumes (3) & gramineas (2). In describing the two other groups, we take into account the shape of a weed with no regard to botany & only in a practical perspective. Some weeds are deep-rooted & erect & so look like stemed (1) & rose-shaped (4) vegetables & can be very easily controlled. Moreover, they are useful in the way they dig the soil, extract minerals from deep beneath & so later consquently enrich the humus produced. Others are shallow-rooted & of the creeping type (5) extremely useful in nature inpreventing soil destruction & erosion because they are able to occupy & cover very fast a forlorn or naked spot on the ground. But for that same reasons, they may become a danger to our young agricultural plants as soon as the photosynthesis parameters become efficient, that is, on warm & humid days. Along chapter four & in the next article, we define the four groups with more accuracy.
Les adventices-engrais (3) appartiennent essentiellement à la famille des papilionacées nommées aussi légumineuses ou fabacées. Leur fleur isolée ou en bractées est la caractéristique qui permet de les reconnaître. Elles sont présentes sous tous les climats sous forme d'herbes, lianes, buissons, arbustes ou arbres.
Ce groupe de plantes constitue une base alimentaire essentielle pour la nutrition humaine car leurs graines, les pois, haricots, sojas, fèves & gousses de toutes sortes, sont riches en protéines. Cela est lié au fait que ces plantes merveilleuses sont capables de puiser l'azote au lieu où cet élément est surabondant, l'atmosphère. Elles sont de ce fait de forte constitution, s'accommodent des sols pauvres qu'elles fertiliseront & peuvent même devenir invasives, ce qui n'est pas la moindre de leur qualité. Leurs racines sont en pivot, profondes & équipées des fameuses nodosités fixatrices d'azote.
Les adventices-fourrage (2) forment des touffes. Elles constituent l'essentiel des herbes de prairie. La famille botanique de la presque totalité de ces herbes est celle des graminées, nom qui se réfère à leurs épis aux nombreuses graines. Notons par ailleurs que les céréales sont pour la plupart de cette famille & poussent également en touffes par suite du phénomène du tallage qui permet à un seul grain de céréale de produire beaucoup d'épis. L'enracinement est robuste, profond & en faisceau souvent dense, ce qui signifie qu'elles enrichiront en matière organique le sol qui les porte par la présence & la rémanence de ce faisceau.
Légumineuses & graminées constituent notre base alimentaire de toujours ainsi que le soulignent les principes de la macrobiotique. Citons pour mémoire quelques combinaisons culturelles selon les divers climats qui leur donnèrent naissance : le couscous accompagné de pois chiches au Maghreb, les plats de haricots & maïs en Amérique centrale, le riz consommé avec les sojas en Inde & en Chine, le millet & les lentilles des anciens peuples d'Europe, le pain & les fèves consommés sur les côtes de Méditerranée.
Elles sont aussi en proportion juste, la nourriture de nos animaux de bétail herbivores & puisque les lois de la nature tendent en général vers l'universel ces deux familles de plantes bénéficient grandement l'une de l'autre lorsqu'elles poussent mêlées.
Most fertiliser weeds (3) belong to the legume family which characteristics is a specific type of flower.
Those are often grouped in bunches & their size & colour vary greatly from one species to the next. Trees, bushes & grasses of this consequent family grow under all climates on earth.
Legumes are an important part of human food for they produce pulses of all kinds famous for their high protein content, such as peas, chick peas, beans, soy beans, broad beans, mungo beans, lentils... This is due to the fact those plants hold a unique ability to catch the nitrogen needed to manufacture their proteins from the one place where it is over-abundant, namely the atmosphere, a root-fact of their particular strength & ability as such to settle even in the poorest places they gradually fertilise.
Later on, having enriched the soil, they spead until they will colonise large areas: this is one amongst their foremost qualities! They have a pivotal root & so can open deep the ground. Bacterial bugs found afixed on those are actually responsible for the above-said nitrogen fixing.
Grass weeds (2) are tuft-shaped – typical prairie grasses.
A lot among them are grouped under the graminea family – a name suggestive of the ears of many seeds they produce. (Most cereals are gramineas too. Tilling is the way a cereal plant grows several shoots, each of them bearing an extra ear. Native cereals were sparsely sown by nature & it was why they produced tufts. Tilling is important in the fact it is the only way a cereal can get its natual shape & dense, strong rooting too.)
Grass weeds have deep & dense roots. We could say they somehow eat up the soil to transform it into organic matter & that is the way they enrich, plough, fertilise, in one word create it.
Legumes & gramineae are two complementary families of plants – the two-fold foundation of a healthy diet, as it was emphasised by Macrobiotics principles.
In every country around the world a traditional dish was based on a unique combination of a cereal together with a legume selected to fit the specific climate of the place. Let us give a few examples: cuscus & chick-peas in Algeria, beans & maize in Mexico, rice & soya in Japan, millet & lentils in Paleolithic Europe, bread & broad-beans in Grece. Those two families benefit from each other when they grow together & because the rules of nature tend to be universal, it was found the best food for cattle was grass from a meadow where legumes & gramineas are both found in proper proportion too.
Les adventices-rampantes (5) sont très invasives.
Elles courent sur le sol à la moindre goutte de pluie à la belle saison - de la mi-mai à la mi-novembre - sans presque s'y enraciner. Elles sont de ce fait les protectrices des sols abandonnés, défrichés, ruinés dont elles reconstruiront peu à peu la vie, la biomasse, la matière organique, l'humus.
Le labour précoce, au début de l'automne est le plus sûr moyen de les multiplier car elles sont des plantes de chaleur. Leur présence indique que le paysan ne maîtrise pas son sujet en matière de rotations, dates de semis, variétés, densités & amendements.
Les numéros que nous attribuons aux cinq formes d'adventices indiquent aussi l'élément du sol qu'elles préfèrent & par résonnance favorisent. Le feu ou énergie (3) est la clé de contact de l'univers & l'humus par nature s'y rattache qui est de l'énergie solaire stockée dans le sol. Les adventices de forme potagère sont classées (1) en tige & (4) en rosette. En matière de sol également, le subtil (1) est aussi le plus rare & donc précieux.
potagères d'antan
Ce sont ces caractères morphologiques qui nous conduisent à les nommer ainsi, sans souci de leur famille botanique. Elles sont en effet rattachées à des groupes divers. Nombre d'entre-elles sont comestibles & participaient au bol alimentaire de nos ancêtres avant que des migrants nouveaux venus au fil des siècles & millénaires n'importent les potagères utilisées ce jour.
J'adresse ici par parenthèse un messages aux racistes & xénophobes de tout poil, leur signalant que la quasi-totalité des plantes agricoles furent importées de terres & continents étrangers à l'Europe & qu'ils devraient de ce fait s'abstenir d'en consommer afin de mettre leurs actes en conformité avec leurs pensées!
Pour revenir à nos adventices de formes potagères, ce sont des herbes spontanées qui s'installent dans nos parcelles.
Elles sont de deux formes surtout :
semer cinq trèfles /semer treize espèces en EVA
Le trèfle blanc nain ou le lotier des marais dans des conditions de sol précises, tendront à devenir envahissantes. Parfois nous rechercherons ce caractère, car ils recouvriront alors sans tarder le sol que nous avions dû ouvrir. Si à l'inverse ce trait devient gênant, modifier les conditions du sol nous permettra de le limiter.
Une même adventice peut ramper si elle s'implante en sol nu, ou se dresser pour s'adapter à la concurrence de plantes voisines.
De ce fait, cette dernière sera cause de fabriquer du sol à la fin de sa vie, du fait que sa racine demeurera en profondeur dans le sol – en non-labour s'entend.
Il peut paraître un paradoxe que ces adventices dressées – en tige ou en rosette – exercent une moindre concurrence vis-à-vis de nos cultures que les herbes rampantes. Cela est simplement dû au fait qu'elles n'occupent qu'un lieu tandis que les herbes invasives se répandent pour couvrir le sol rapidement & de ce fait captureront toute la lumière & la pluie dans leurs feuilles & tiges, c'est-à-dire en fait la part majeure du potentiel de photosynthèse de la saison.
Notre seul ouvrage consistera donc, partant de ce constat, à amender le sol. Des amendements tels que les fumiers, composts ou de la marne peuvent être apportés à l'occasion. Les rameaux des arbres de haies alentour sont un auto-amendement riche en oligo-éléments & un générateur d'humus & de mycélium. Il en est de même des composts de toilettes sèches.
Ces amendements restaurent au fil des ans la santé d'un sol au préalable ruiné. Vous serez surpris du résultat à long terme! A mesure de la reviviscence du sol, le nombre d'espèces d'adventices va augmenter ou même exploser. Lorsque nous voyons une plante nouvelle apparaître, laissons-la s'intailler & grainer. En présence de ces herbes nouvelles – & de nos plantes cultivées aussi – les rampantes vont se trouver forcées de monter.
C'est là le signe du début de leur fin: à compter de ce stade, elles ne seront plus dangereuses. Pour les guider en cette voie, nous aurons naturellement semé en mélange de nos plantes agricoles – céréales ou potagères – les légumineuses les plus appropriées. Il est possible par exemple de semer cinq espèces à petites graines à raison d'un kilogramme de chacune d'elles par hectare & par an en une combinaison de vivaces & d'annuelles. Les meilleures espèces en la matière sont les luzernes qui ne peuvent réussir néanmoins qu'en un sol parfaitement sain – ni trop acide, ni trop humide, ni trop froid, ni trop sec – & déjà riche en humus.
Le trèfle blanc nain est vivace & rampant & de ce fait capable de refermer sans attendre toute ouverture dans la couverture du sol. Le trèfle violet, vivace également, peut être de grande taille avec un pivot profond – tel une petite luzerne. Le trèfle hybride est un compromis des deux. Il existe ensuite de nombreux trèfles annuels ou bisannuels dont une part seront capables de se resemer dans votre climat particulier.
Le lotier corniculé offre parfois un substitut à une espèce de trèfle selon les conditions particulière du lieu. Le mélilot & le sainfoin sont adaptés aux sols calcaires. Les vesces semblent intéressantes à utiliser en mélange des céréales, de même que les mélanges complexes abordés aux articles 3.10 & suivants. Pourtant, en la situation présente de nos habitudes alimentaires, ces mélanges devront se destiner à la nourriture des animaux.
Trifolium & Co. - EVA - le mélange engrais-vert Agrinature & les adventices de rotation engrais-vert ARE
Trifolium & Co. - le mélange engrais-vert Agrinature - EVA
L'implantation d'une céréale au semoir direct peut être effectuée par scalpage de l'engrais vert, ce qui présente l'avantage sans toutefois le détruire, de lui donner le retard indispensable à laisser la céréale d'hiver s'installer.
Lorsque nous semons ce mélange riche en été en dérobée de céréale, nous pouvons lui associer un peu de caméline, sarrasin ou tournesol, ou une crucifère - brassicacée - telle que les moutardes, les chou ou radis fourragers ou la navette qui aideront à structurer & couvrir le sol, puis s'éffaceront en gelant l'hiver venu.
On le nomme trèfle des prés & en anglais "red clover". Son extension est favorisée par une présence modérée des humaine & leurs troupeaux.La couverture de trèfle n'est pas totale par semis seul. Au stade maximum des quatre cinquièmes de couverture de trèfles & autres fabacées que montre la photo, aux temps des fenaisons nous pouvons couper la pelouse de trèfles & autres herbes à la hauteur de deux pouces au moins - cinq centimètres. Trifolium repens & ses compagnons repousseront en touffes pour occuper après quelques coupes la totalité de la surface. A des stades de moindre couverture, nous pouvons aussi choisir de seulement couper les herbes & graminées plus haut, à quatre ou huit pouces, au dessus des fleurs de trèfles afin de laisser ces dernières produire des graines en été - juillet, août & septembre. S'il est laissé pousser trop haut, par la chaleur moite de l'été venu, le trèfle violet souvent prendra l'oïdium - il est donc peu utile de le laisser trop s'élever.
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les couverts permanents renouvelés. - Ononis bugrane arrête-bœuf