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agrinature fukuoka agrinature marssfarm fukuoka agrinature fukuoka

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photosynthèse continue

L'agrinature tend vers la pratique native d'agriculture n'utilisant que les ressources du vivant en son effort de néguentropie insufflée par l'injection constante dans l'écosystème Terre des photons que lui dispense maître Soleil, étoile moyenne de la galaxie.

deux chaînes trophiques

La nourriture des plantes est pour l'essentiel un triptyque constitué par l'hydrogène de l'eau, le dioxyde de carbone de l'air & par voie indirecte l'azote de l'air.  Utiliser toute l'eau & tout le soleil disponibles en un lieu tout au long de l'année est l'enjeu d'agrinature.

observante attention

Cela signifie que le seul intrant en cette pratique agricole est d'énergie solaire. De ce fait nous prendrons soin à observer que les plantes présentes puissent faire emploi autant que faire se peut de ces deux ressources données à tous. - la lumière solaire & l'eau des précipitations.

prélever part infime

Deux parts au moins de la production est destinée à la fabrication des sols & une part prélevée comme nourriture. Nous intervenons le moins qu'il est possible afin de laisser aux êtres vivants de l'écosystème champ toute latitude d'oeuvrer selon leur nature propre.

simplicité du complexe

Pour que ces êtres puissent exister, nous devons proscrire l'usage des substances de synthèse que le vivant ne sait pas métaboliser.  C'est la diversité qui assure l'ensemble des fonctions requises & ce par le moyen de la complémentarité biologique des êtres.

humus & sens pratique

Les notions de pédogenèse sont l'essence de l'agrinature : la Terre doit redevenir terreuse, refabriquer ses sols. A l'échelle d'un siècle l'agronomie envisagera une combinaison des deux pratiques. Des paysans, paysannes, chercheurs & chercheuses affineront des méthodes applicables à plus grande échelle & éventuellement des machines simples & légères. Celles disponibles ce jour sont trop complexes, trop pesantes sur le sol & de ce fait trop voraces en énergie.

projection en nutriments

Des petites parcelles sont le cas idéal car les lisières & bordures sont des points de grande richesse biologique & parce qu'il est besoin d'arbres pour garder & fabriquer le sol. La production locale permet aussi le retour, le "recyclement" de la matière organique pour l’auto-fertilisation.

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67.2 / 10p / 8.9

Publié le 20/01/2022 à 16:31 par agrinature Tags : agrinature marssfarm fukuoka
  • coucou mars j'espère que ta passe une très bonne nuit chez moi il pleut Je suis le papillon du bonheur
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semis direct céréales

semis direct céréales azote mélilot 1+9p3K
  • de la gestion du commun, l'écosystème terre
 
  • mélilot tombé du ciel sur une parcelle du Limousin - Il se sema car les conditions du sol devinrent favorables sous l'action en auto-amendement opérée par les couverts EVA & ARE.

Dans la pratique, l'Agrinature est un idéal à atteindre & la permaculture une de ses voies, ouverture vers une liberté plus vaste : Agrinature, basée sur cinq non actions elles-mêmes fondées en notre reliance aux cinq éléments pourrait être ressentie comme un carcan d'interdiction en qui n'est pas déjà vraiment connecté à ces cinq par le truchement - & pourtant au-delà - des cinq sens percevant en simultanéité constante l'énergie que les éléments confèrent.

  • Tant que le milieu n'a pas retrouvé le seuil de fertilité minimal qui lui permettra de produire, les notions de la permaculture seront utiles en toute cause.  Un de ses primes axiomes est le devoir de récolte.  Agrinature, origine & aboutissement de la permaculture en est donc tout à la fois la semence & le fruit.  Relisant le passage de "The natural way of farming" à propos de la culture alternée de riz & d'orge, je réalisai les apports de fumier de volailles que Fukuoka préconise.

"Following the rice harvest, spread from 650 to 900 pounds of chicken manure per quarter-acre either before or after returning the rice straw to the fields - in mid-November.  An additional 200 pounds may be added in late February as a topdressing during the barley heading stage.  After the barley harvest, manure again for the rice.  When high yields have been collected, spread from 450 to 900 pounds of dried chicken manure before or after returning the barley straw to the field - in mid-May.  A small amount, from 200 to 450 pounds of chicken manure may be added during the heading stage, preferably before the 24th day of heading."

  • Ces quantités sont fortes : de l'ordre de quatre tonnes de fumier sec de poule par hectare trois semaines après le semis & deux tonnes trois semaines après épiaison.  Au total les apports se situent entre sept & onze tonnes.  Cet écrit de Fukuoka nous montre qu'entre l'idéal & la pratique un espace habite souvent - nous sommes ici en présence de l'inventeur soi-même!

Les protéines des céréales contiennent de l'azote qui doit être apporté à la terre par un moyen ou un autre.  En moyenne chaque tonne de fiente compte trente kilogrammes d'azote. Les apports que faisait Fukuoka à sa parcelle étaient de ce fait compris entre deux cents & trois cents unités d'azote par hectare, en vue d'une moisson escomptée de six tonnes chaque de riz & d'orge.  Nous approfondiront le sujet à l'article suivant.

to be continued...

  • Yann le 26.08.2012 : La non-méthode traditionnelle - qui devrait arriver spontanément - utilisée partout consiste à faire passer les canards ou n'importe quel autre animal après chaque moisson pour qu'ils y glanent. Puis, de temps en temps ils sont aussi lâchés à d'autres moments ou laissés en liberté tout le temps.
En France le tracteur à poule a toujours existé.  Les systèmes d'affouragement en bandes existaient partout il y a encore quelques générations.  Puis, les enfants partirent en ville & ces connaissances se sont énormément diluées.
  • On peut lire que Fukuoka n'avait pas eu d'autre choix que d'épandre la fumure à la main après qu'une route fit barrière entre la basse-cour et le champ. Épandre ainsi n'est qu'un pis aller, car le canard fait bien plus que juste apporter une fumure. Ensuite il a eu raison d'utiliser le trèfle puisque le principe de la rizière inondée est de fixer l'azote grâce à une algue et une cyanobactérie qui flottent sur l'eau, ce qui est un peu moins efficace que le trèfle qui donne disons vingt à quarante kilogrammes d'azote par hectare directement utilisable par an.
Pour la fiente de poule on a au total entre 5 et 11 tones par hectare par an, ce qui donne entre nonante & deux cents unités d'azote, plus environ la même masse lentement libérée au cours des années suivantes - d'où le fait que ses doses varient du simple au double.  Cela peut sembler beaucoup.  Ce serait oublier que le champ produisait six tones de riz & six tones d'orge d'hiver par hectare & par an, soit 120 quintaux.  Finalement, on tombe bien sur environ une unité d'azote par quintal de grain : c'est la dose historiquement normale.
  • Même en comptant le trèfle on doit de toute façon on doit trouver environ la même dose, car le trèfle fixe d'autant moins d'azote qu'on en a apporté par la fumure - ce qui correspond au fait que la destination effective du trèfle est d'être brouté par le canard ou tout autre herbivore ou ruminant. -dans Agrinature, semence & fruit de la permaculture.

Yann le 28.08.2012 : L'affouragement en bandes ou pâturage rationné est un type de rotation de pâture qui consiste à imiter ce qui se passait au temps jadis des grands troupeaux pour tendre vers l’auto-fertilité plutôt que de risquer l'appauvrissement des terres avec l'élevage.

  • Le principe en est que les bêtes n'ont pas accès à tout le pâturage, seulement une petite partie où on sait que les herbes sont au stade de croissance idéal.  L'enclos est mobile & chaque jour par exemple, l'enclos est déplacé & on revient au même endroit au bout deux mois.  Les volailles sont en queue de cortège pour se charger des parasites.  L’enherbement est spontané.  C'est donc c'est une tentative de retrouver une vraie forme d'élevage, différente des formes d'élevage / rabaissage qui forcément rabaisse / érode le sol.

On voit qu'un seigle clairsemé à la Saint-Jean peut entrer dans le parcours.  Il faudrait le faire brouter au lieu de le faucher & la couverture de trèfle blanc ne devrait pas poser de problème de météorisation si la repousse en cours a plus d'un mois.  La salive de la vache laisse une hormone de croissance sur l'herbe, ce qui est idéal & sans comparaison avec ce que nos faux peuvent faire.

-----
La meilleure définition de l'agriculture naturelle que j'aie pu trouver c'est de dire qu'agri signifierait aigu, tranchant, & que culture viendrait du latin culter, couteau.
L'agriculture exprime l'idée de manier des objets tranchants : houes, fourches, haches & faux.
La non-culture, l'agriculture naturelle sous-entend donc de recourir le plus possible aux tranchants couteaux naturels, l'ivoire, la corne, la chitine et les enzymes vivantes d'animaux & plantes.
Agrinature veut littéralement dire "la nature aiguë, aiguisée, vive".

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Il existe des moments clés pendant lesquels l'herbe doit être broutée.  Pour cette méthode particulière, voir le livre d'André Voisin "La productivité de l'herbe".  Ces notions furent aussi reprises par J. Salatin et son "salad bar beef".  Voir par exemple : http://youtube.com/watch?v=RHkIUcOB2vA
 
  • Yann le 26/08/2012 : La non-méthode traditionnelle (qui devrait arriver spontanément) utilisée partout consiste à faire passer les canards ou n'importe après chaque moisson, ils glanent. Puis de temps en temps ils sont aussi lâchés à d'autres moments ou laissés en liberté tout le temps.
    En France le tracteur à poule a toujours existé, les systèmes d'affouragement en bandes, etc., il y en avait partout il y a encore quelques générations, simplement les enfants sont partis en ville et ces connaissances se sont énormément diluées.
    On peut lire que Fukuoka n'avait pas eu d'autre choix que d'épandre la fumure à la main après qu'une route fit barrière entre la basse-cour et le champ. Épandre ainsi n'est qu'un pis aller, car le canard fait bien plus que juste apporter une fumure. Ensuite il a eu raison d'utiliser le trèfle puisque le principe de la rizière inondée est de fixer l'azote grâce à une algue et une cyanobactérie qui flottent sur l'eau, ce qui est un peu moins efficace que le trèfle qui donne disons 20 à 40 kg d'azote/ha directement utilisable par an.
    Pour la fiente de poule on a au total entre 5 et 11 t/ha/an ce qui donne entre 90 et 200 unités d'azote (et environs la même chose lentement libéré pour les années suivantes, d'où le fait que ses doses varient du simple au double). On dirait que ça fait beaucoup, c'est oublier qu'il faisait 60 q/ha de riz + 60 q/ha d'orge d'hiver par an, soit 120 quintaux à l'hectare par an finalement, on tombe bien sur environ une unité d'azote par quintal de grain, c'est la dose historiquement normale.
    Même en comptant le trèfle on doit de toute façon on doit tomber à 1, car le trèfle fixe d'autant moins d'azote qu'on en a apporté par la fumure -ce qui correspond au fait que le trèfle soit destiné à être brouté par le canard ou autre.

Yann le 28/08/2012 : L'affouragement en bandes ou pâturage rationné est un type de rotation de pâture qui consiste à imiter ce qui se passait avant avec les grands troupeaux, pour tendre vers l’auto-fertilité plutôt que l'appauvrissement des terres avec l'élevage.

Le principe c'est que les bêtes n'ont pas accès à tout le pâturage, seulement une petite partie où on sait que les herbes sont au stade de croissance idéal. L'enclos est mobile, et chaque jour, par exemple, l'enclos est déplacé et on revient au même endroit au bout deux mois. Les volailles sont en ***** de cortège pour se charger des parasites. L’enherbement est spontané. Donc c'est une tentative de retrouver une vraie forme d'élevage, pas "l'élevage" (rabaissage) qui forcément rabaisse le sol.

On voit qu'un seigle clairsemé à la St. Jean peut entrer dans le parcours, on peut le faire brouter au lieu de le faucher, la couverture de trèfle blanc ne devrait pas poser de problème de météorisation si la repousse en cours a plus d'un mois. La salive de la vache laisse une hormone de croissance pour l'herbe donc c'est idéal, c'est pas nos faux qui vont faire ça. Entre parenthèse, la meilleure définition de l'agriculture naturelle que j'ai pu trouver c'est de dire qu'agri signifie aiguë, tranchant, et culture vient du latin culter, couteau. L'agriculture exprime l'idée de manier des objets tranchants : houes, fourches, haches et faux. La non-culter, l'agriculture naturelle sous-entend donc de recourir le plus possible aux tranchants couteaux naturels, l'ivoire, la corne, la chitine et les enzymes de choses vivantes. Agrinature veut littéralement dire "la nature aiguë, aiguisée, vive".

Il existe des moments clés pendant lesquels l'herbe doit être broutée, pour cette méthode particulière y'a le livre d'André Voisin "La productivité de l'herbe", et ça a aussi été repris par J. Salatin et son "salad bar beef" par exemple : http://youtube.com/watch?v=RHkIUcOB2vA

  • les deux mamelles de la lande

En la pratique d'Agrinature, je fus surpris de constater que la méthode ne fonctionnait vraiment qu'en matière de culture des plantes frugales.

  • Les potagères peu exigeantes en fumure telles que les salades, radis, navets, persil, carottes, etc... croissent bien au sein d'une couverture de trèfle blanc pour peu qu'il soit installé depuis deux ans au moins, qu'elles soient semées en direct dans le trèfle scalpé ou plus simplement plantées en jeunes pousses.

En ce qui concerne les céréales, je m'aperçois que la productivité des parcelles fut au demeurant fort faible. Je crus tout d'abord que la carence était le fait d'une couverture de trèfle trop incomplète & croyait qu'il était possible d'obtenir une population de céréale avec du trèfle en sous-étage à la manière des sols des forêts qui portent en un seul lieu la haute futaie & le sous-bois tout en même temps.

  • Envisager cette disposition me conduisait à oublier le lent travail de patiente accumulation d'humus & construction de son sol que la forêt centenaire avait élaboré en cent ans, bâti un siècle durant. Sans nul doute, ce type de peuplement de céréale & légumineuse est-il possible en des sols de fertilité comparable, c'est-à-dire ayant bénéficié d'apport continus pendant cent ans. Il est probable compte tenu de cette donnée que les sols de la ferme de mars se trouveront dans ce cas dans quatre vingt douze ans !

Deux cas sont envisageables. D'une part, nous pouvons viser un peuplement de mélange d'une céréale & d'une fabacée, sachant que toute surface utilisée par la dernière sera nécessairement au détriment de la première, avec perte afférente de production potentielle en exacte proportion. Par exemple, si la fabacée occupait un dixième de la surface, le même sacrifice d'un dixième par rapport à la production potentielle de la céréale est à consentir.

  • Dans l'autre cas, nous devrons alterner les deux types de plantes. La fabacée pourrait occuper par exemple le sol en l'inter-culture d'été, culture dérobée à la rotation, mais le temps d'occupation du terrain ne serait alors pas assez long pour que la capture d'azote soit suffisante.

Plus classique encore, il s'agira plus simplement de l'alternance du labourage & pâturage chère au bon roi Henri.

  • J'avais sur-estimé la capacité des fabacées à fixer l'azote.

Une graine de céréale de haute qualité peut compter de l'ordre de quinze pour cent de protéines & le taux courant en azote des protéines est de seize pour cent. Dans ces conditions une récolte de huit tonnes par hectare correspond à deux cents kilogrammes d'azote. Si nous visions une production supérieure, ce serait nécessairement au détriment du taux en protéines. Les céréales de type industriel dont les récoltes sont si élevées, présentent des taux d'environ dix pour cent seulement.

  • Azote, quand tu nous tiens !

Une parcelle de céréale exige pour sa production par un calcul d'aritmétique simple deux cents unités d'azote - soit deux cents kilogrammes de la substance azote par hectare.

  • Une prairie pâturée occupée pour un tiers de sa surface par des fabacées & mise en culture après quatre à cinq années peut fournir cette dose indispensable. Cela nous montre que nos fabacées sont capables au mieux de fixer de l'ordre de cinquante unités par hectare & par an. Toutes conditions ne pouvant être que comparables, nous voyons donc que si nous cultivions des céréales en continu sur une parcelle en association à du trèfle, la production se limiterait à un quart ou un cinquième de la productivité maximum potentielle.

En ce cas, l'alternative ancienne d'alterner une pâture quatre ans & une saison en céréale nous semble préférable.  Il est une troisième possibilité : envisager une prairie pure de fabacées – trèfles ou luzernes - qui apporterait plus d'azote chaque année.  Manfred Wenz est partisan de cette solution lorsqu'il fauche une prairie de trèfle blanc nain durant deux ans, seule voie permettant d'obtenir un peuplement pur de trèfle, avant d'y installer un blé en semis direct à l'aide du semoir Ecodyn.  Le semoir Ecodyn est d'un type parfait, hormis son poids.  Cet outil conçu en Allemagne est si lourd qu'il est besoin d'un tracteur énorme pour le tirer, ce qui engage trop de consommation de carburant & représente un risque de destructuration & tassement du sol.  Philippe Guichard pour sa part utilise la luzerne en une configuration comparable, semant en direct également mais avec un semoir ordinaire précédé d'un outil à marteaux qui rabat la luzerne sans la détruire ni toucher le sol.

  • Le raisonnement inverse nous montre que si nous laissions par exemple un trèfle enrichir le sol un an, nous aurions une production potentielle de deux tonnes par hectare, soit un quart du potentiel maximum. Le trèfle cependant demande dix-huit mois pour atteindre la pleine association avec la bactérie qui lui permettrait de fixer l'azote en conséquence.  Compte tenu de cette dernière donnée, l'option de Wenz & Guichard est plus intéressante, sachant que la capacité de production de la céréale sur un hectare serait en ce cas forcément limitée à quatre tonnes de blé à haute teneur en protéines, soit la moitié du potentiel théorique maximum en bio.  Dans toutes les options, du fumier sera apporté en juste complément de ce que la prairie pourra donner, & ce afin d'annuler l'effet de limitation de la situation en cause. L'apport d'une prairie ordinaire peut être évaluée à vingt-cinq unités en première année & le double ensuite. Dans le cas d'une couverture pure de fabacées, nous pourrions évaluer un apport double de ceux-là. De ce fait, il faut compter quatre à cinq ans d'usage en prairie dans le premier cas & deux ans & demi en le second.

Puisque Fukuoka utilisait sa parcelle pour une production de céréales en continu, il assurait la totalité des besoins en azote de celles-ci par ses apports de fientes séchées.  Nous voyons en cela que l'utilité de la couverture de trèfle est au moins autant de contrôler les adventices que d'injecter de l'azote depuis l'atmosphère dans le sol.  Notons aussi que Fukuoka, en irriguant son paddy pendant deux à trois jours, deux à trois fois en saison, limitait aussi le développement du trèfle afin qu'il ne concurrence pas trop le riz à la saison chaude.  Ce risque n'existait pas quand Trifolium en sous-étage des orges était lors naturellement restreint par le froid de la saison vernale.  Le climat de Shikoku est chaud & arrosé en été & relativement froid en hiver.

  • Pour en revenir enfin à nos plantes potagères, un raisonnement identique doit être appliqué à toutes les espèces : nous tenons compte des besoins en azote des diverses potagères & apportons les quantités de fumier indispensables à compléter ce que les trèfles ou les autres fabacées avaient pu fournir au cours de la durée de leur présence compte-tenu également de la proportion de leur couverture du sol.

Yann le 12.09.2012 : Un haricot fixe jusqu'à octante kilogrammes d'azote par hectare par an,
une vesce jusqu'à cent vingt,
un trèfle blanc jusqu'à cent cinquante,
une luzerne jusqu'à deux cent octante,
un aulne, environ deux cents, tout comme pour l'Acacia mearnsii.  Enfin, l'espèce la plus capable devrait être par voie de fait celle utilisée par Noé.

  • La moitié de ces doses est disponible dans l'année.  Changer d'une partie par million - ppm - la concentration en molybdène soit en l'apportant soit qu'il soit rendu disponible, d'une terre peut avoir de gros effets.  Ensuite, c'est surtout une question de climat et d'exposition & aussi de la nature des roches. Une terre peut aussi donner jusqu'à deux cents kilogrammes d'azote directement utilisables par hectare par an par minéralisation de l'humus & une rhizosphère active.
En fin de compte, c'est une question de biomasse & le facteur limitant quoi qu'il en soit est l'activité biologique d'une terre.  Notons enfin que l'activité biologique d'un biome local est toujours reliée, en relation aux biomes alentour, liés eux-mêmes à ceux alentour & ainsi de suite.  Nous voyons alors que la santé des biomes de la terre ne peut être qu'une donnée globale & qu'ils sont tous interagissants les uns sur les autres. -  dans Azote, quand tu nous tiens !
  • marssfarm le 12.09.2012 : En vue de disposer de l'azote nécessaire à une récolte de blé sur une parcelle, la culture d'une féverole d'hiver une seule année suffit.  Il faut en revanche y maintenir un trèfle blanc ou une luzerne durant dix-huit mois, une vesce pendant deux ans, du haricot trois années ou du soja quatre ans.  Ces données sont théorie & moyennes - dans la pratique, le temps minimal peut varier.

 

x semer les céréales

15.15 - Carlo magnus & Charles Martel - the nursery - 0 p
  • Carlo magnus & Charles Martel - the wheat nursery

A gauche sur la photo - côté est - les seigles dépassent deux mètres, la taille de Charles, paysan-boulanger du Lot-&-Garonne qui aime à laisser croître des blés populations sur sa ferme.  A droite, côté ouest, des blés s'élancent presque aussi haut.

 

15.13 il faut des semences paysannes pour tout dire - p
  • une semence paysanne pour tout dire... - la capacité de tallage du seigle est toujours impressionnante
 
  • les blés de Thomas à Sardent
 
  • blés & seigles paysans à la ferme de mars - blés & seigles de semences paysannes en 2012 à la ferme de mars
 
  • un blé domestiqué frappe à la porte - let the corn come in !
 
  • la si belle moisson de l'an douze
 
  • Voici un mélange des blés issus des croisements que JFB réalisa en coopération avec I. Goldringer - chapter 26 - cliché Bruno.
 
  • blé poulard d'Auvergne en païs lemosin - Présent il y a cent ans en Limousin, il produit d'excellentes pâtes & peut être utilisé en panification à la ferme, lente non mécanisée.
 

w messicoles dans la prairie-céréale

 

tricolore
  • le bleuet,   la marguerite, le coquelicot - three colours -centaurée bleuet, chrysanthème marguerite & pavot coquelicot

Dans le champ de notre mémoire, la centaurée bleuet, la chrysanthème marguerite, le pavot coquelicot éclairent de quelques points de couleur l'ondulation du blé.  Les messicoles s'adaptèrent au fil des millénaires aux pratiques des paysans, mais presque disparurent en suite de l'usage immodéré que nombre d'agriculteurs & jardiniers font des herbicides & de la manie étrange de la plupart de ces derniers de tondre toute plante avant qu'elle ne puisse fleurir.  Ces deux comportements d'imitation dans l'absurde conduisirent la flore à étrécir le nombre de ses espèces survivantes.  La végétation des bords de routes se restreint désormais à quelques plantes coriaces qui produisent des graines d'abondance en continu & dont aucune ne possède de fleur aux couleurs spectaculaires.  Les fleurs jolies ne disposent plus du temps nécessaire que leur laissait le faucheur lorsqu'il utilisait l'herbe à quelque usage utile.  Le coriace des surviveuses offre une raison de plus au coupeur d'herbe en quatre - qui se coupa par son fantasme effrayé, de la terre & ses lois - à plus encore les persécuter.  Les messicoles ne concurrencent pas les céréales, ce qui est conforme au fil d'évolution qu'elles suivirent en leur adaptation patiente.  Des plantes gênantes par une taille importante se seraient trouvées en conflit avec le bien du paysan.  Les observateurs attentifs annoncent que par surcroît, ces menues plantes discrètes jusqu'à floraison sont très bénéfiques à la céréale en absorbant les toxiques que leur mode de vie secrète  au sol.  Nous pourrions décrire ce second point par le fait qu'en participant à une population de plantes de familles diverses, leur présence contribue de ce fait à une flore moins épuisante des ressources du sol que ne le sont les végétations constituées d'une seule espèce.  La diversité introduit par ailleurs des barrières, obstacles à la propagation des pathogènes potentiels.  Le facteur est loin d'être négligeable si nous songeons aux coût & nuisances auquels l'usage des pesticides nous expose.  Ces avantages aux dires des tenants de l'idée de laisser ces messicoles être dans les champs, contrebalancent la perte théorique correspondant à l'espace minime qu'elles y occupent.  L'ivraie parmi le groupe des messicoles est célèbre.  Elle est une plante poison.  Pourtant un peu d'ivraie dans la farine donne au pain le petit goût de je ne sais quoi, la saveur de presque rien, la texture inimitable des pains paysans, le petit grain de folie manquant à ceux qui prisent en poudre les désherbants !

  • Microcosme des jardins de curé aux jardins japonais...  Mêler les deux philosophies où fleurs, légumes, fruits, herbes folles s'organisent à la fois naturellement et par la main rude, savante, courageuse & poétique qui à la fois dispense son art & qu'on retrouve au hasard, mème au bord des routes... - par Anonyme le 29.06.2012
  • Vous avez raison... c'était si beau un champ de blé... Mais vous avez du remarquer le retour des coquelicots que l'on déroulait entre les doigts comme de delicats feuillets de soie... Il y a aussi encore du serpolet au bord des routes... des jacynthes dans nos sous-bois... des taches de couleurs qui renaissent à votre jolie philosophie... & multitudes de graminées le long du bitume... les ponts & chaussées deviennent... un peu... bucoliques... - par Anonyme le 27.06.2012
  • Oui l'ivraie a des grains contenant un champignon qui fabrique une substance psychoactive, tout comme c'est le cas de l'ergot - or c'est de l'ergot qu'a été isolé le lsd notamment. - par Yann le 24.06.2012
 

w prairie

w prairie p *

amendements doux

 

z olive châtaigne tilleul u.4.trees boutures

12.1 le bonnet phrygien du Limousin - 2 p

parmi les arbres olive châtaigne tilleul tombé douglas mixte agrofor. ombre u./trees esp.parapluie entraide

 le bonnet phrygien du Limousin

Tout comme les oliviers, les châtaigniers sont des arbres immortels.

S'il arrivait qu'un des troncs de cette plante meure, une tige nouvelle viendrait à le remplacer bientôt en une succession sans fin. On dit ce végétal originaire de l'Anatolie, la Galatie, la Phrygie – & des montagnes de Grèce. De même en fut-il des Gaulois, Gaëls, Gallois, Wallons, Welsh, Walsh, Galliques & des habitants de la Galice d'Espagne & de la Galicie de Hongrie – ces peuples colonisateurs de l'ouest de l'Europe, probablement partis du plateau du Golan & que les cités grecques dénommèrent Celtes – Kelts.  Les châtaigniers suivirent probablement la migration des humains,

Du fait de l'enracinement remarquable de l'arbre, il put devenir autochtone à cette région Limousin dont les sols sont pauvres en calcium, & sa présence est désormais une caractéristique de la région dont il fut choisi pour emblème.  Comme le font tous les êtres vivants partout, il y demeure par adaptation continue aux conditions toujours changeantes du milieu, du lieu qu'il habite.

Aux heures mouvementées de l'histoire, on le nomma l'arbre à pain, car ses fruits nourriciers confèrent l'autonomie alimentaire des plus démunis & permettent de ce fait le repli des peuples dans les montagnes & la résistance à un oppresseur toujours susceptible d'apparaître.

Les plantes nomadisent par leurs graines.  Les humains aussi.  Nous ne sommes que de passage en un lieu donné.  Ceux d'entre nous qui se croient indigènes d'un pays ou d'une région ont perdu cette dynamique vitale & nous indiquent de ce fait qu'ils ont opté pour une branche - au plan mental ou spirituel s'entend - en voie d'extinction.

 

 Jupiter & Venus - a chestnut & a lime -

Le cycle de Saturne régit les conifères, le charme, les thuya, les genévriers, le prunellier & les pruniers.  Les révolutions de Jupiter influencent les érables, le hêtre (pourpre), le châtaignier, les pommiers.  Mars est lié aux chênes, noyers, merisiers (griotte), cerisiers & marronniers.  Les périodes de lune montante sont recommandées pour les plantation & la coupe du bois.  Les Bouleaux, tilleuls, acacias, poiriers & mélèzes sont influencés par Vénus & Mars.

 

 

 

Le gros chêne, tombé il y a vingt ou trente ans, se releva, adoptant cette forme en crosse.

 

7.3 - quatre voyageurs de conserve - farmers & trees - 5 3p

 

Welcome back home, Mr. Douglas!

Le sapin de Douglas de la photo se trouve sur un lieu presque sans sol.  Deux ans après le temps du cliché, je dus le raccoucir en un août venté & chaud pour qu'il ait l'opportunité d'approfondir ses racines avant de s'élever.  Il refit plus tard un tête nouvelle...  Le Douglas hérita son nom du botaniste qui le décrivit pour la première fois.  Cet arbre majestueux est largement planté en Limousin.  De son origine américaine, il hérita une croissance rapide, c'est-à-dire une aptitude remarquable à fixer le carbone de l'atmosphère.  Son humus est doux & son odeur de citronnelle nous chatouille le museau.  Les écologistes du dimanche ne l'aiment pas car il est un immigré & ce critère semble suffire à leur inimitié!  Dans les roches du Crétacé, du Jurassique & du Carbonifère de l'Europe on trouve, fossile, du pollen de douglas.  Il était présent donc en Europe avant même que les humains n'existent.  Il disparut ainsi que de nombreuses autres espèces, aux grandes glaciations de l'ère quaternaire, du fait que les arbres se déplacent avec lenteur & que la mer de méditerranée bloqua leur migration plus au sud.

Nos ancêtres n'étaient pas tous respectueux de leur environnement & la flore arborée d'Europe est de grande pauvreté.  L'introduction, au vingtième siècle du sapin de Douglas en vue de régénérer des forêts ruinées par des coupes de taillis trop rapprochées, fut donc bien une réintroduction.  Les forêts naturelles sont mixtes & il est bon  lorsque nous plantons des arbres, d'utiliser un grand nombre d'espèces feuillues & résineuses en mélange.  Les résineux fixent le carbone dans la roche & les feuillus adoucissent cet humus brut : leurs économies en rapport au sol sont donc complémentaires.

une forêt naturelle mixte

Une forêt naturelle est mixte, composée à la fois de feuillus & de résineux.  Une chênaie-pinède ou une hêtraie-sapinière sont des types de forêts autrefois courants avant l'invention de machines.  Lorsque ou les feuillus ou les résineux sont absents d'une forêt, nous pouvons déclarer assurément que les humains sont par trop intervenus.  Les forêts pures de feuillus qu'adorent les écologistes ne sont pas naturelles, mais résultent de l'exploitation intensive qui eut lieu au milieu du deuxième millénaire à fin de bois de feu.  Lorsqu'une forêt est coupée à intervalles réguliers, les résineux en disparaissent car contrairement aux feuillus ils ne rejettent pas de souche, mais doivent repartir d'une minuscule graine.  Les résineux sont frugaux & à graines légères.  Ces deux caractéristiques les rendent aptes à coloniser les sols ruinés ou abandonnés.  Nous voyons donc que ces deux types d'arbres sont complémentaires comme Yin & Yang.  Ils se succèdent dans les assolements de la flore hors des interventions humaines.  Un forestier averti imite la nature.

 

7.9 - châtaigne, tilleul, bouleau, frêne, fruitiers - p

 

châtaigne, tilleul, bouleau, frêne, fruitier

La moisson est en cours sur la photographie.  En ce point sous les branches trainantes des Castanea, elle est toujours d'abondance sans autre amendement que ceux apportés par les l'humus créé par les deux gros arbres.  Un gros chêne voisin tomba sous la tempête, sous l'action combinée du vent d'ouest & des pluies qui amollissent le sol.  En Limousin, le châtaignier est un bonne option en agroforesterie, tandis que le rouvre s'avère bien trop gourmand de l'eau souvent rare d'août.

 

 

Un jeune Fagus sylvatica, fau, fayard, faou, fou aux feuilles marcescentes de feu se sema au coin de la ferme de mars.

 

 

 

a university for trees - l'université des arbres

Les arbres de la ferme sont pour la plus grande part semés par le vent, les animaux & les oiseaux, ce qui explique leur situation parfois absurde.  Ce jeune chêne rouge joue ici le rôle d'une espèce parapluie, abritant sous son gracile houppier plusieurs dizaines d'espèces.  Le pivot de racine confronté à une couche d'argile de lessivage dans le sol en économie acide, la tige exposée aux vents & à une surabondance de lumière, il ne parvient pas à s'élever & prit en dépit de son jeune âge la forme de table qu'adoptent parfois les vieux sujets en situation semblable.  Le pin pignon dit souvent pin parasol en est un exemple fameux.  A gauche, un tremble filiforme accolé à son tronc est désormais devenu pleureur!  A droite, un autre chêne rouge profite de la dynamique créée par celui qui est son aîné de quelques ans.  Fort de la protection du vent & du fissurement de l'argile en sous-sol que lui offre ce dernier, il s'élance en flèche vers le ciel à travers les branches d'icelui.  Toutes ces données nous ne trouvons dans aucun livre.  Seul le livre de la vie nous les livre, dont l'éditeur sont les presses universitaires de l'université qu'est l'univers.

 

 

 

Un chêne rouge d'Amérique dont le gland fut récolté près du lac artificiel de Courtille, puis semé par un oiseau ou un rongeur, devint espèce parapluie sur la ferme de mars.  Voyez aussi notamment la photo précédente - & en 19.0.  Sous le chêne, menthes, sauge, thym, tremble, chênes, saules, absynthe, ajonc, oseille, cyprès nain & beaucoup d'espèces dont je ne sais rien...

Commentaire de Yann : Le houppier s'élève ainsi quand l'arbre est de plein vent, non taillé, issu de semis; bref c'est plutôt sa vraie manière de s'élever.  Peut-être n'as-tu pas mulché au pied (enfin, la tête) alors ça fait beaucoup de monde à table - d'ailleurs les graminées émettent des substances qui empêchent les arbres; l'idéal c'est une couverture totale de trèfle.
L'année suivante les branches déjà sorties s'allongeront et se renforceront, tandis qu'au-dessus il sortira de nouvelles branches de la même manière naturelle qu'avant, & ainsi de suite, sans monter au ciel puisqu'il n'a pas faim de soleil.  On peut faire l'hypothèse inverse : si tu l'entourais de panneaux de sa hauteur, peut être se mettrait-il a monter - & d'ailleurs tout le monde qu'il y a dessous en serait houspillé.

 

0.10 interroger la mère - to give up & so decide - 5 p*

 

Un hêtre poussé à l'ombre de la haie, né d'un grand hêtre plus bas, à la fourche fracassée par la tempête, mais toujours vivant, germa au temps de la création de la ferme de mars.

 

19.7 - entraide d'un saule indigène envers l'immigré - 3 3p*

 

entraide d'un saule indigène envers l'immigré

Nous transportâmes ici la bouture de saule aux feuilles lancéolées depuis un hameau sis à un kilomètre, ce qui lui fournit des conditions de vie somme toute éloignées de celles de sa localisation d'origne, puisque chaque hameau de Creuse offre en lui-même un biotope remarquable.  Elle est aidée dans son installation par une bouture de saule marsault indigène dont les branches viennent envelopper le premier, gracile.  Nous voyons la synergie qui existe entre les deux espèces & une convergence des formes, les feuilles du marsault dans sa partie haute, plus allongées.

 

 

bouturer les deux bois de sainte-Catherine

  • En vue d'obtenir des boutures, prélever les rameaux de l'année : ce sont ceux qui ont porté les feuilles...
  • & chez les persistants, les rameaux qui portent les feuilles de l'année.
  • Si le rameau de l'an est trop fin, on peut prélever aussi la pousse de l'an précédent.

Pour obtenir de l'eau de saule, en broyer de fins rameaux & les laisser macérer dans l'eau au moins une semaine. L'hormone de croissance que contiennent d'abondance les bourgeons de saule se dissout dans cette eau. Les boutures sont mises à tremper & le surplus pourra être employé pour arroser à la plantation.

  • Sinon utiliser l'hormone végétale de bouturage en poudre disponible dans le commerce.
  • Tailler en biseau le bout d'une bouture de vingt centimètres environ.
  • La tremper dans la poudre avant de la planter dans du terreau.
  • Il faut au moins un oeil ou bourgeon dans le sol & un autre hors du sol.

Pour ceux qui voudraient bouturer selon la lune on prélève les boutures après la chute des feuilles lorsque la sève est active - c'est-à-dire dans une quinzaine de lune montant sur l'horizon. On attendra ensuite la quinzaine descendante pour les planter, lorsque la sève "descend".

  • Cette année on pourra prélever les boutures à partir du 22 novembre & jusqu'au 3 décembre...
  • pour les planter ensuite à partir du 5 décembre après-midi & jusqu'au 18.

Une seconde période de bouturage existe aussi en février-mars. Le calendrier en effet fête deux saintes nommées Catherine - le 25 novembre & le 24 mars.

  • Les boutures de saules & peupliers peuvent mesurer jusqu'à 2 mètres si on les plante en sol frais ou près d'un ruisseau & à 70 cm de profondeur.
  • On fait le trou à la barre à mine d'un mouvement en croix afin de ne pas lisser le trou.
  • Introduire la bouture. On rebouche en plantant plusieurs fois la barre autour du trou.
  • Ne pas tasser au pied : l'arrosage & la pluie y suffiront.

2. bouturage & marcottage d’après Michel Fraiteur

  • Bouturage & marcottage des deux Sainte-Catherine d'après Michel Fraiteur.

A la Sainte-Catherine tout bois prend racine … multiplier par bouturage ou marcottage les plantes pour échanger les espèces les mieux adaptées à une région.

  • Boutures ligneuses des arbres & arbustes à feuilles caduques.

1. Prélever un rameau vigoureux & sain de l’année déjà bien aoûté c'est-à-dire ligneux après la chute des feuilles du diamètre d’un crayon.

2. Couper la base juste en-dessous d’un œil à un ou deux yeux au-dessus la jonction avec la pousse de l’année précédente ou talon.

3. Garder 15 à 30 cm suivant la vigueur de la plante & couper au-dessus d’un œil en éliminant les parties trop jeunes ou frêles. Inciser en oblique.

  • Boutures semi-ligneuses des persistants & conifères.

1. Prélever l’extrémité d’un rameau avec son feuillage au point de jonction avec la pousse de l’année précédente ou talon.

2. Garder 15 à 20 cm & couper au-dessus d’un bourgeon ou feuille.

3. Éliminer les feuilles des 2/3 ou la moitié inférieurs.

4. Éliminer ou réduire de moitié les grandes feuilles de la partie supérieure.

5. Planter les boutures dans une tranchée ou sous châssis ou en pot comme décrit plus bas. Daphne, Deutzia, Ilex = houx, Mahonia,  Pyracantha, Prunus lusitanica & autres lauriers-cerise, Viburnum sp = viornes à feuillage permanent.

  • Plantation des boutures :

Préparation du sol : Il faut un sol frais c'est-à-dire qui demeure légèrement humide en toute saison. Pour éviter les expositions aux vents d'est ou du nord ou à l'inverse trop au soleil.  Le sol doit être préparé, fertile, meuble & bien drainé au moment de la plantation. Du sable & du compost peuvent être ajoutés si nécessaire. Ne pas utiliser d’engrais qui freine l'enracinement.

1. Ouvrir une tranchée étroite à la bêche en l’inclinant légèrement d'un côté d'un d'un mouvement oscillant d'avant en arrière.

2. Tremper la base des boutures dans une hormone d’enracinement avant de les planter.

3. Planter à 10-15 cm en laissant un œil juste au niveau du sol & un œil au-dessus.

4. Refermer la tranchée.

5. Durant l’année éliminer les boutures qui périssent & arroser si nécessaire.

6. Si elles sont vigoureuses les boutures peuvent être mises en place l’automne suivant.

  • Les espèces à enracinement rapide sont repiquées directement dans cette tranchée en pleine terre : Cornus alba, Deutzia, Forsythia, Hypericum ou millepertuis, Ligustrum ou troène, Populus ou peuplier,  Philadelphus ou seringat, roses avec des résultats variables selon les variétés, Salix sp ou saules, spirées, symphorines, viornes à feuilles caduques, Weigelia, groseilliers, vigne, cognassier, certains pruniers, figuier, Actinidia sinensis ou kiwi.

Pour les caduques rapides à tige creuse • Buddleia (T), Berberis (T), Sambucus sp ou sureaux (T), les persistants & persistants difficiles • Aucuba (T), Berberis (T), Ceanothus (T), Cotoneaster (T), Rhododendron (T) on effectue une bouture dite à talon. Le talon riche en hormones de croissance est la base courbée du rameau à son implantation sur la branche de l'an précédent.

  • Les boutures d'espèces à enracinement lent sont liées en botte & placées dans du sable ou du terreau dans un pot de terre enterré sous châssis ou sous une cloche de verre. Garder le pot légèrement humide. Repiquer au printemps en tranchée quand les premières racines apparaissent - à la seconde Sainte-Catherine le 24 mars. • Métasequoia & toutes les espèces à enracinement rapide si on ne réussit pas en bouture d'automne ou si la plante prélevée est peu vigoureuse.

Marcottes : on induit une branche à fabriquer des racines, ne la séparant de la plante qu’après l'enracinement généralement à l’automne suivant. Ce procédé est le moins violent.

  • marcottage simple : plier une branche jusqu’au sol & en enterrer superficiellement un morceau que l’on griffe légèrement. L'extrémité de la branche remonte hors du sol. Elle est fixée à un tuteur. La branche doit être souple pour ne pas casser. • Aucuba, Erica  = bruyère d’hiver, Chaenomeles = cognassier du Japon, Skimmia, Syringa, cognassier, noisetier, vigne, figuier, myrtillier américain = Vaccinium corymbosum.
  • Le marcottage d’extrémité imite ce que font les ronces.
  • Pour un marcottage en butte ou cépée, amasser de la terre au pied d’un arbuste afin qu’il produise de nouvelles racines au bas de ses branches : amélanchier, Hydrangea, groseilliers.
  • Le marcottage aérien consiste à fixer un manchon de mousse dans un sac plastique sur une branche & à le maintenir humide jusqu’au développement de racines. On peut utiliser un pot coupé en deux ou un pot plastique fendu puis lié ou un sac plastique. Emplir de terreau & maintenir humide. • Hamamélis, magnolias, rhododendrons.

Dans tous les cas l'hormone de bouturage favorise l’enracinement.

  • Divisions de touffes : de nombreuses plantes peuvent aussi se bouturer pas simple division.

3. eau de saule & racines de ronce

  • le bouturage à bois sec

De novembre à mars on peut multiplier les plantes ligneuses, arbustes, grimpantes & arbres. Le bouturage sur bois sec est facile & assure un taux de réussite élevé. C'est une multiplication végétative qui produit une plante identique au pied mère. Elle se pratique sur des rameaux lignifiés lorsque les végétaux sont en repos, défeuillés, en « bois sec ». Ne confondez pas ce bois vivant en repos végétatif avec les branches mortes, desséchées. Un bois lignifié est le bois mûr dont les tiges ont perdu la couleur verte en août, solides, de couleur brune. Le bois de l'année commence à se lignifier à la fin de l'été chinois, en août.  Préparez une tranchée en « V » d'une vingtaine de centimètres de profondeur le long d'un mur exposé au nord. Tapissez le fond de sable de rivière grossier pour favoriser l'enracinement. Mélangez la terre extraite du trou à une bonne part de ce même sable & réservez-la. Après la chute des feuilles caduques, coupez des extrémités de tiges de 40 cm de longueur. Divisez ces morceau en deux segments de 20 cm en coupant en biseau au dessus d'un oeil à l'aide d'un sécateur affûté. Réunissez les segments d'une même espèce par petits fagots de 5 ou plantez-les individuellement légèrement en biais dans la tranchée. Rebouchez alors avec le mélange de terre & sable. Ne pas tassez. Arrosez s'il ne gèle pas. L'arrosage suffit à tasser le sol. Laissez en place tout l'hiver sans soin particulier. Des racines se formeront en hiver avant le bourgeonnement du printemps. Installer définitivement dès l'automne suivant.

bouturage de novembre

  • ACTINIDIA ou kiwi : bouture ligneuse sous serre avec chauffage de fond
  • BUIS : en hiver dans tranchée étroite sablonneuse. Arroser, éviter tout dessèchement.
  • CHEVREFEUILLE : bouture ligneuse
  • CORNOUILLER : bouture ligneuse en terre sablonneuse.
  • GROSEILLER : bouture ligneuse en terre ameublie. Laisser dépasser les 2 derniers bourgeons.
  • GUNERE
  • MICOCOULIER : bouture ligneuse sous chassis froid. Taux de réussite aléatoire.
  • PEUPLIER : bouture ligneuse de branches de l'année. Laisser juste dépasser les deux bourgeons supérieurs.
  • POTENTILLE : bouture ligneuse de la base de branches.
  • ROSIER : bouture ligneuse en terre amendée de sable.
  • SAULE : bouture ligneuse directement en terre : branches de 1 à 2 ans.
  • SUREAU : bouture ligneuse 3 à 4 paires d'yeux enfoncées totalement en terre en décembre en enfonçant environ 20 cm en terre.
  • TROENE : bouture ligneuse en pleine terre amendée de sable.
  • VIGNE : bouture de bois sec prélevé à la chute des feuilles dans une terre amendée de sable.
  • VIORNE : bouture de bois sec 3 à 4 paires de bourgeons enfoncées presque totalement dans le sol.

- ACANTHES.

- ARBRE AU CARAMEL : après la chute des feuilles de rameaux de l'année hors gel. Réussite aléatoire.
- ARBRE AUX FAISANS
- ASCLEPIAS CORNUTI
- BIGNONE : bouture ligneuse sous chassis hors gel intense.
- BUDDLEIA : dans un mélange terreux de tourbe & sable sous chassis.
- CARYOPTERIS : bouture ligneuse en pleine terre mélangée de sable & tourbe.
- CORETE : bouture ligneuse de tiges épaisses en terre sablonneuse.
-ESCALLONIA : bouture ligneuse en terre sablonneuse dans les régions aux hivers assez doux.
- FORSYTHIA : bouture ligneuse en terre amendée de sable.
- PEROVSKIA : bouture ligneuse sous chassis dans un mélange 70% gravier.
- PHYSOCARPUS : bouture ligneuse à la chute des feuilles en terre amendée de fin gravier. Laisser dépasser les deux bourgeons supérieurs.
- SERINGAT : bouture ligneuse à la chute des feuilles en terre allégée de fin gravier.
- SORBARIA : bouture ligneuse directement en terre.
- SPIREE : bouture ligneuse des branches de l'année ou de l'année précédente enfoncées aux 3/4 dans une terre amendée de sable.
- STEPHANANDRA : bouture ligneuse sous chassis.
- WEIGELIA : bouture ligneuse fichée directement en terre.
& les plantes à grosses racines en général.

  • L'eau de saule contient de l'hormone végétale de croissance & bouturage favorisant l'émission de racines. L'écorce des saules contient de la salicyline proche de l'acide salicylique qui a la propriété d'empêcher chez les végétaux la cicatrisation des plaies de coupe ainsi que la déshydratation du rameau. Dans le cas d'une bouture, le végétal empêché de former un cal au point de coupure, émet plutôt des racines : la salicyline est ainsi une hormone de bouturage naturelle. On l'extrait de l'écorce des saules en préparant de l'eau de saule.

Coupez des branches lignifiées de saule blanc, pleureur, marsault ou autre. Faites  les tremper dans de l'eau 4 à 6 semaines. Au bout de ce temps de macération un gel s'est formé en surface de l'eau, sur le bois & sur les racines néo-formées. Ce gel est très riche en salicyline : récupérez-le & placez-le dans un petit bocal en verre. Utilisez-le comme hormone de bouturage : enduisez-en vos boutures avant de les mettre en terre. Il ne se conserve pas longtemps : préparez régulièrement de l'eau de saule pour avoir toujours de l'hormone de bouturage à disposition.

  • Une méthode plus rapide pour les plantes qui se bouturent dans l'eau consiste à débiter en rondelles des branches de saule ou les broyer & faire tremper ce bois dans de l'eau pendant quelques jours. Retirez ensuite le bois & utilisez l'eau riche en salicyline pour le bouturage.

On peut enfin récolter des racines de ronce, les réduire en poudre & mettre à sécher. La poudre est utilisable comme l'hormone du commerce.

 

0. façonner le paysage

 
  • Aux lieux en la parcelle où le granite affleure, nous laissons s'installer des arbres.  Ils vont fabriquer du sol, offrir une barrière mécanique aux lessivages & ainsi reconstruire les terrasses.   La terrasse n'est pas naturelle.  Elle n'est pas non plus artifice ou artéfact.  Elle se trouve au point de contact du paysan & de sa terre.  Elle apparait plus ou moins spontanément lorsque l'agriculteur est attentif à ne pas éroder son sol.   Sans présence humaine, certes nulle terrasse n'existe.  Le terrain d'une ferme s'établira en terrasses comme résultante du jeu des forces de la physique, de la chimie & du monde vivant lorsque le cultivateur a pris conscience par enseignement ou observation, de la somme complexe des forces en jeu.
 
  • Reconstruire des terrasses âgées de cinq mille ans est la manière la plus simple de restaurer le sol des parcelles.  Ici nous avons creusé plus d'un mètre sans trouver la racine du mur & remonté une partie des pierres chues & incorporées au sol d'éboulement.  Lorsque nous aurons atteint la base du muret, nous devrons creuser une rigole de diversion des eaux de drainage de la parcelle haute afin qu'elles ne rendent pas hydromorphe le sol de la parcelle basse. - rebâtir les terrasses de cinq mille ans
 
  •  Le ruisseau de la fontaine du mas cessa de couler nonante ans.  Désormais il chante.  Le chant d'un ruisseau est la plus fidèle définition du silence.
 
  • Pour construire une passerelle sur le ruisseau, couper le tronc d'un saule ou d'un peuplier tremble sur une de ses rives, qui tombé au sol se bouturera de chacun des côtés.  Nous aurons de ce fait ensuite un pont vivant. - une passerelle vive - a live bridge
See next page.
  •  synergie - mutual help - Sur la gauche, un rumex pousse en synergie d'une chicorée en train de monter à graine & sur la droite, les feuilles si caractéristiques d'un jonc, vestige de l'état antérieur hydromorphe de la parcelle.  Les pluies abondantes de ce printemps le firent ressurgir pour un temps le jonc.  Il dominait, écrasait toute autre présence au temps où le sol était une éponge gorgée d'acide doux aux allures de tourbe noire l'hiver, grise l'été.  Désormais dominé, il n'existe plus que par le support que lui offrent les deux autres plantes & ne pourra pas revenir aux années à pluviométrie normale : seules des pluies d'exception le font apparaître pour un temps.  Les plantes vestiges d'époques antérieures peuvent se manifester des millénaires après que leur biotope ait été modifié avec le changement des populations & espèces présentes, des conditions de la chimie & la physique du lieu & des données du micro-climat considéré.  En l'occurrence, le facteur qui changea récemment le lieu fut le retour d'un paysan sur une parcelle devenue avant lui "un étang de profondeur nulle" par le jeu de la perte progressive des règles de l'art agricole que le siècle passé désormais révolu révéla : un ruisseau & des terrasses disparus en apparence, mais toujours présents cependant, car quatre mille ans de terrasses ne peuvent s'effacer en un siècle, car toute source devient ruisseau en conditions ordinaires.
 
  •  auprès d'un ru réssuscité - a chicoree takes refuge -Une chicorée devenue pérenne monte à nouveau à graines en tige géante, s'incline & vient prendre refuge au contact d'un bouleau poussé là - près de l'eau du ru de la fontaine du Mas, le ru en mars réssuscité.
 
  • constance, patience, humilité - fortitude begets hope

La photo montre la reconstruction du bocage, c'est-à-dire des terrasses.  Une terrasse n'est à l'évidence pas naturelle, dans le sens d'une nature sans humains.  Elle résulte de l'interaction des trois facteurs, la photosynthèse ou action du soleil (3), l'érosion due à la pluie (4), & l'agriculteur, c'est-à-dire la présence humaine (1).  Nous n'avons pas voulu recréer les terrasses: elles apparaissent lorsque nous permettons aux terrains - qui étaient morts - de revivre.  Le bocage fut bâti il y a plusieurs milliers d'années & les sources temporaires ou permanentes présentes rendirent nécessaires alors la création de fossés ou rigoles en limite des parcelles agricoles.  Au cours du vingtième siècle, des parcelles furent regroupées & les fossés disparurent.  Ainsi le sol devint hydromorphe par excès d'eau en hiver.  Le sol humide se tassa sous le poids des tracteurs & des animaux qui le parcouraient alors qu'il était saturé d'eau.  A cause de ce tassement, il durcit & ce durcissement en chassa les êtres vivants, animaux foreurs & racines surtout.  Il se stérilisa en conséquence peu à peu.  Au fil des ans, sa partie vivante s'amenuisait & le processus d'appauvrissement ainsi qu'il courant en les milieux vivants s'auto-alimentait.  Après une période de nombreux tâtonnements, nous avons pu recréer les rigoles & rus des limites de parcelles.  Recréant ces fossés, les talus qui leur font naturellement écho réapparurent.  Il faut ensuite replanter les haies qui redonneront vie aux flux du sol & lorsque l'on use du tracteur, veiller à ne plus rompre ces talus & par le moyen de leur surrection, le lessivage horizontal du sol se trouvera interrompu.  Il faut de plus prendre le plus grand soin au sens de travail du tracteur, selon la pente ou - c'est mieux en travers au gré des courbes de niveau, remontant la matière autant qu'il est possible de préférence.  Par cette discipline, le tracteur remonte de la matière vers le haut de la pente générale ou la stabilise en plan plus ou moins horizontal.  Si une parcelle possède plusieurs pentes avérées ou intuitivement supposées, c’est qu’elle résulta de la réunion de plusieurs parcelles & il s’impose alors parfois de la subdiviser à nouveau.  Œuvrer de la sorte en remontant des matières minérales & organiques nous suggère que la pente des parcelles devrait augmenter; or c’est le contraire exact qui se produit & nous observons que la terrasse d’antan se rebâtit.  J’explique ce phénomène surprenant par une différence de vitesse de genèse du sol – ou pédogenèse – entre le haut & le bas: un peu de lessivage du haut vers le bas de la parcelle crée une activité biologique supérieure aux points bas & la pédogenèse y est donc plus forte.  La terrasse se nivelle de ce fait plus par une croissance du sol au bas de la pente que par l'érosion de sa partie haute.  L'érosion en bas est neutralisée en reconstruisant les talus & fossés & comme sa situation bénéficie de plus de nutriments, elle permet la croissance du sol.  Pour résumer ce que j’observe, je dirais que le sol s’accroît en profondeur partout sur la parcelle, du fait que l'eau de pluie peut désormais s'y infiltrer sans s'écouler, & que cette croissance est encore supérieure en les parties situées les plus bases – dans le sens de la pente générale du relief s'entend, puisque nos parcelles devenant terrasses auront de moins en moins de pente.  La croissance des sols est un phénomène ordinaire qu'un paysan qui n'en a pas la conscience peut interrompre ou même inverser.  Les sols de la ferme de mars croissent, simplement par notre prise de conscience, & le non-agir qui en nait.

  • Le non-agir ne signifie pas paresse, mais obéir sans délai à l'observation continue de ce qui est.  C'est une œuvre de constance, patience, humilité, une œuvre de douleur & félicité.

 

  • La photo nous révèle la perfection du paddy en Indonésie, coopération entre le collectif des humains & les saints cinq.

Fukuoka suggère de l'améliorer encore en semant le riz au lieu de le planter...

1. prémonition de la dynamique du paysage

  • par les usages du temps, des énergies - Arrivant sur un lieu, nous pouvons décider d'observer tout d'abord sans dire ni penser, laisser la nature de la géologie s'exprimer & pour peu que nous agissions le moins qu'il soit possible, cette force née de l'antique tectonique sortira du terrain, fera émerger des formes nées des lignes de forces magnétiques puissantes qui circulent au travers de ce qui pourrait nous paraître la matière la plus dure, le roc.  Nous connaissons le flux des marées.  Au passage de la lune, le continent aussi se soulève d'environ trente centimètres.  Sur la croûte terrestre, le sol est un fluide habité par les racines des plantes.  Il peut se contracter ou s'expandre selon les cas, gonfler, croître ou couler ainsi que l'y poussent les circonstances & les forces qui lui sont appliquées.  C'est pour cela que nous devons au lieu qui nous porte de le laisser parler, exprimer dans le temps son énergie... to be continued... 8928